Arist., kirab
4. Je renvoie à J. Beloch, Campaniefi, où tous les textes sont réunis.
5. Sirab., VI, 253-ti54; cf. Cluvcr., Italia, p. 1251 et suiv.
ne sont qu'un seul et môme peuple, les habitants des « Yeux » que nous allons étudier autour du golfe napolitain. J'ai montré déjà comment Messapiens et lapyges ne sont que les habitants de la Guette Blanche, Messap'a lapug'a : ces noms datent de la même thalassocratie que les noms de Kume et d'Oinotrie. Je crois qu'il en est de même pour le nom de ces Chones que Strabon unit toujours aux Oinotriens.
Les Chones habitaient la péninsule du Bruttium. En ce pays, sur la projection « aiguë, escarpée et entourée de grands fonds », que nous appelons Capo Alice, les premiers colons hellènes occupèrent la pointe qu'ils appelèrent Pendue^ xpipTo-a, et, au-dessus, était la ville Chonèy xal X(Î>vt,v iroXtv bizkp aÙTTÎ^, d'où les Chones prirent leur nom : c'était le temps où les villes fuyaient les plages et se réfugiaient sur les hauteurs*. Plus tard, dans la plaine cultivée, sur une colline ronde qui domine les champs et les bois, se bâtit la Ville Étalée, Pétélie, -îrr.Xia. Je crois que les deux noms Krimisa et Chonè sont dans les mêmes rapports que Kyklopia et Oinotria, dans les rapports de traduction à original. Car si Krimisa est pour les Grecs la Pendue (xp£[xa(rr/,, xprjjxwo^, xpsjxà;, xpsjjiàvvujjLi), je crois que pour les Sémites Chonè avait eu le même sens. Toutes les langues sémitiques ont la racine pD, k-ou-n, avec le sens de se tenir droit, se dresser, s'élever; la forme participiale naiD, kon'a ou khona, nous donnerait l'original de Chonè, XwvTi, le D initial étant souvent rendu par un y^ : Khon, ip, est le nom d'une ville phénicienne. Sur une carte marine, on comprend la renommée qu'eut ce promontoire parmi les navigateurs. Juste en face de la Guette Blanche (Messap'a lapug'a), le Promontoire Pendu se dresse sur Tautre bord du golfe de Tarente : c'est Tune des bornes de la navigation italienne, l'une des guettes ou des points d'appui indispensables aux premiers thalassocrates. Il n'est donc pas surprenant que Chones et Oinotriens datent de la même époque.
Oinotriens, Chones, Messapiens, lapygiens, tous ces noms furent imposés ou traduits par les thalassocrates du xi*" ou du xii*^ siècle avant J. C. Ces prédécesseurs des Hellènes, ces Sémites dénommèrent aussi la Ville Haute et fondèrent llypérie. Nous avons dit que cette fondation d'Hypérie remontait au xi*^ siècle avant J.-C. La date de cette première fondation de Kume a soulevé d'interminables discussions. Helbig les a résumées en un appendice de son Épopée Homérique (trad. Trawinski, p. 553 et suiv.) :
Eusèbe, dit-il, fixe la fondation de Cumes en Tannée 1049 avant J.-C. Strabon proclame cotte ville comme la plus ancienne colonie fondée par les Grecs en Occident et Yelleius Paterculus dit qu'elle fut fondée avant la colonisation de l'Asie Mineure par les Éoliens.... Mais la critique historique a le droit et même le devoir de rejeter des dates aussi artificiellement arrêtées. 11 ne faut pas considérer la ville de Cumes comme un précurseur dans la colonisation hellénique de l'Occident. Il faut simplement lui assigner une place dans le mouvement de migration générale. Les plus anciens établisse-