‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 111 sur 277 · Imlruct. naul .. n- 760, p · texte numérisé non relu

Imlruct. naul .. n- 760, p

'2. Geog. Graec. Min., I. p. 90-91. Cf. aussi Stnik. XVII, 827.

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ces deux hauteurs quoique forl inégales apparaissent pourtanl avec la même uelteté : le Muni aux Singes, vu de lace, se découpe sur le ciel : lu Pointe deCeuta, vue pai li' travers, se découpe sur la nier. Si l'on en juge par les plus anciens documents que nous avons sur le détroit, je veux dire Homère cl Hésiode, les premiers navigateurs se dirigeaient sur Ulas-Abila seulement, c'est-à-dire sur le Muni .ni\ Singes. Dans VOtlyssée, Ulas-Abila « sait 1rs abîmes de toute la mer »-. c'est une très haute montagne qui domine non seulement les baies voisines, mais encore l'entrée du détroit, cl toul le détroit, el toute la mer du Levant cl du Couchant, &* icàonr;; ôaXàyrr,; 6év9sa oiosv. Regardez les vues schématiques dans mis Instruction* el vous verrez qu'Abila connail en effet 1rs abîmes de toute la mer. Vbila domine la mer de toutes parts. Ccuta ne domine que sa petite rade. Gibraltar, plus élevée el plus dégagée que Ccuta, domine l'entrée orientale du détroil cl la rade d Ugésiras; mais, j mesure qu'on pénètre vers l'Ouest, la « "il1 espagnole masque Gibraltar peu à peu el finil par le couvrir. Seul, le Mmii aux Singes, au centre d'une presqu'île que rien ne masque, appa rail de Imis les points des mers voisines, mer Intérieure ou mer Océane, Teào7|î 'ïj/jzzi,: 6cvQe9t. Le périple traduit par Aviénus, toujours exact el précis, nous donne d \l>ila une description, que nus Instructions nautiques pourraient transporter a leur Muni aux Singes, en gardant jusqu'au moindre mol :

Scopuli «tant ardui utrimque :

unu* fin m Europam, Libyam procul aspicit aller. v tl itère ta fréta procera cacumina celais enticuere juyis; sic mirant su m profiinrfum;

sir siihriinl unîtes; sir eieliiin ml ire fnlril \lniini \lnln. ri ilnrsii rnnsii rijil llihrririi Ijil/ir'.

i es terres sonl d'une reconnaissance facile par les formes qu'elles affectent. Le morne de Gibraltar présente h son somme! une arôte assez étendue, s'inclinanl légèrement du Nord au Sud : la partie Nord qui est la plus élevée estde forme arrondie », disent les Instructions nautiques : « Kalpè dresse son échine, ilm sn consuryit Calpe », dil Aviénus. « Le Muni aux Singes (toujours couverl de brumes) présente deux sommets coniques liés rapprochés », reprennent les Instructions : ■ vbila soutien! le ciel de sa tôle, coelum vertice fulcit Maura \l,ihi i, ajoute Vviénus, ce qui, nous l'avons vu, traduit exactement l'épithète

de l'Atlas irrec, Colonne du Ciel, Kîwv toû Oùoavoû. Ce n'esl pas assurément de

lieu ta el ^^ son muni \khu que l'on peul dire que, sur leurs pauvres buttes, ils supportent le ciel.. Les renseignements fournis par Pompon i us Mêla concordent, ici encore, avec ceux d Aviénus : « Uiila el Kalpè, dit-il, sonl deux promontoires avancés dans la mer. Mais Kalpè pointe plus avanl dans 1rs lluis où elle pénètre presque toul entière, Abila et Calpes uterque quidem sed Calpes magis etpaene h, in, m mare urominen*'. » C'est bien la difïérence entre Gibraltar, véritable

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1 1 1 ' de roches ,i peine soudée nu continent nui Mil i ilinir li.i . ii le Monl aux Singes qui 1 1« > î 1 1 1 « - dans la mer son Promontoire Blunc, mai i|iii ticiil poi loule •,i i nasse à l,i terre ferme. Si Vbila (Huit, comme le \ <i 1 1 1 1 <>i . notre pre nu Ile de (leutUi le texte de P. Méln serait incompréhensible : Ceutn esl une Ile roi heu e, toute pareille à Gibraltar, el nui pointe dons lu mer uutanl que Gihrullai Mais I 'Odyssée csl plus exacte encore. Kilo sein hic copiei les I nst ruct iont < elles-ei ou nous décrivant le Monl ;m\ Singes parlent dos doux sommets conique . une m Pomponius Méln ni Vviénus ne mentionnent) el l'Odyssée n'ignore pas qu'Atlas ;i plusieurs colonnes, un faisceau de colonnes pour séparer le ciel de la terre, Mais, en réalité, ces deux sommets très rapproches ne fonl qu'une seule el même montagne, et, pour le poète odysséen, I»' seul Vtlas possède les deux Colonnes, r/si ïi te xîova* aù?ô$.

Nous a\ons retrouve" Allas. l'Homme aux Colonnes. Voici maintenant, je crois, sa fille Kalypso, la Cachette.

Au pied de I Ibila-Atlas, qui esl leur Mont aux Singes, les Instructions nautiques connaissent mie petite lie toute proche de la côte africaine, si proche môme que du large on ne l;i distingue pas. Elle porte le nom espagnol de Perejil : « Quoique haute el terminée parties falaises à pic, elle se distingue à peine au milieu des hautes terres du Monl aux Singes, dont elle esl entourée1 ». Pline nous dit : « On parle d'une île adossée à l'Atlas el nommée Atlantide, traditur et alia insula contra montent Atlantem et ipsa Atlantis appellata. « Au leni|)s (!(> Pline, Allas n'est plus sur le Détroit. Il csl plus loin vers le ^\u\. sur les bords de l'Atlantique. La tradition que Pline nous rapporte vient-elle du temps où Allas était encore sur la Méditerranée? Atlantis sérail notre île de Perejil. Nous comprendrions alors la légende et l'histoire de celte mystérieuse Atlantide, — l'île fille d'Atlas, vy'toç "AtXocvtoç Suyà-r/ip, connue dit VOdyssée, — dont les prêtres égyptiens avaient révélé à Solon l'existence et la disparition et qui, depuis Platon, a tant l'ail parler d'elle. On imagine facilement pourquoi cette Ile Perejil fut d'abord familière aux caboteurs de la côte africaine. - c'està-dire aux Sémites et à leurs patrons d'Egypte, — el comment par la suite elle devinl invisible pour les Grecs qui naviguaient au long des eûtes espagnoles : elle se confondait pour eux avec les contreforts du Monl aux Singes dont elle esl entourée. Car (die esl 1res difficile à distinguer, lui milieu même du détroit, on l'aperçoit à peine dans le fouillis des roches el des monts du rivage. Seul, le cabotage de la côte africaine la peut faire découvrir.

Durant loule l'antiquité classique, personne ne semble la connaître. Que l'on excepte la phrase si peu claire de Pline (qui s'applique peut-être à l'Atlas gréco-

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