‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 117 sur 277 · I II I M I \ ( M III I I I · texte numérisé non relu

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fleura violette» I n vieux drapeau inni'ocain, c ;hé pni lu font, •. i-ui i |

calcaire iimonceléa cachent dos ruines, dont lu mui nul i ni dopiorn non fiiinmti ci grossièrement taillées : les Inilructiont nautique» uni lui e veulent j voii d< ruii do citornes portugaise Sous rencontrons, dans un las do dôbri , de tuile d Mai cille

"l111 toi jjnonl que récei ni on b voulu in I illei ici un abri Nou avon exploré le

Bommel el les pentes de l'Ile. Noua avons découvert quelques trous, grotte* ou anfi tuositôs, détaille médiocre, aucune ne peul être celte grotte des Palombes que ignalenl

les Irutructioitê. lucune ne peul renfer r les 200 hommes don) elle nou parlent

Nous sommes assez déconfits de ce résultat. Nous ne pouvons descendre vers la fnçfMr méridionale de l'Ile qui regarde In côte marocaine. L'Ile n'offre a cette côte qu'une muraille droite. Nous ne pouvons des cendre non plus vers la façade orientale qui regarde Gibraltar, a cause de la pente trop brusque. Nous revenons .'i notre embarcation sur la côte nordoccidentale el nous prenons le parti de faire toul !<■ périple de l'Ile en canot, malgré la houle, en nous tenant aussi prés <|iic possible du rivage. La côte Sud. j pic, ne présente que des flancs dénudés. Mais la côte Kst est plus accidentée. Une grande dépression sépare les deux blocs de l'île el cette dépression elle-même es1 découpée par deux petites criques étroites, des sortes de fjords à pic où Ton ne peul entrer que par mer : ce sont les anses du Roi et de la Reine, disent les Instructions.

Dans le fond de l'anse septentrionale, nous avions aperçu du sommet de l'île une excavation assez large. Mais d'en haut il n'était pas possible d'en atteindre la bouche qui s'ouvrait au ras de la vague, tout au bas de la muraille abrupte; il nous avait été même impossible de voir l'ouverture réelle et

d'en deviner la profondeur, parce que nous n'avions pu nous aventurerai! liane de cette paroi presque à pic.

Notre canot pénètre dans l'anse. Il faut prendre quelques précautions. La mer est calme, mais la (tasse est semée de roches, (".'est un fjord pittoresque aux parois abruptes. aux eaux très claires et d'une merveilleuse transparence. Le tond, par quelques brasses, apparaît jonché de blocs multicolores, en éboulis, et tapissé d'algues calcaires, rouges el violettes. Au niveau de l'eau, tout le pourtour du fjord est revêtu de polypes d'un rouge écarlate très \if (cariophyllea) e\ la houle a [toussé dans cet abri une multitude de petites méduses violettes. Le beau décor et la jolie ornementation pour la demeure d'une

Fie. 14. — L'Anse du Roi.

déesse marun

Au fond de la crique, voici la grotte. C'est d'abord une l'ente plus haute que large. Je crains que la photographie ne vous rende que petitement cette grande bouche. Les dimensions sont en réalité très grandes. Si l'ouverture vous parait étroite, c'est qu'elle

I I s i n i \|i h \s ET L'ODYSSEE.

i une vingt ai ne île moires en hauteur el seulement sept ou huit mètres de large, Telle

quelle, c'est une grande caven I dont on ne peut apprécier dès l'abord l'étendue, parce

qu'elle se compose de « !•■< i \ salles qui ne 9ont pas sur le même axe. Elle ne parait donc .m début que peu profonde, puis, au bout de I" mètres environ, elle fait brusquement un coude el l'on pénètre dans une autre salle qui a '•<• ou 50 mètres de long, el qui \ i aiment est une reti aite spacieus

I p c mol est arrivé à travers la brume el les roches jusqu'à la bouche de la caverne. Sous mettons pied à lerre, sur les nulles émergées, opération qui sciait tout à l'ail impossible par grosse mer. iprès avoir sauté de roches en roches émergées, nous entrons dans 1 1 première salle Le seuil esl formé de gros rochers où la mut brise toujours,

même par temps calme. La pente de blocs éboulés sorl rapidement de l'eau.

Ces blocs de calcaire couvrent le sol de l,i première salle, en pente assez, raide. L'axe de la seconde chambre esl presque perpendiculaire à l'axe <lc la première. I.a rampe «lu sol continue de mouler vers le plafond qu'elle atteint au fond de la salle. Celle pente, assez raide elle

aussi, esl Couverte dans celle seconde

s;dle d'un amas de poussière rougeâtre, qui provient de l'altération des parois schisteuses : dans celle poussière, abondent les ossements de petits mammifères el d'oiseaux. Le fond de la

s, die esl très obscur : il a fallu des lioil-

gies pour j pénétrer. Dans les deux salles, le plafond est j peu près horizontal. Il esl formé d'un conglomérai de gros galets. Ce conglomérat devait.

;"i l'origine, remplir toute la caverne. Il

s'est lentement décomposé SOUS l'aclion

îles eaux souterraines. Les traces de

celte action sont encore licitement \isi-

liles. i.uii sur les parois de la grotte que dois les stalactites, peu nombreuses il esl vrai.

t celte grotte principale, sur la gauche, s'adjoint une partie creuse formant grotte

secondaire. Il est possible qu'autrefois ce réduit fût une autre chambre de la caverne.

Celle-ci devait être, en eflet, beaucoup plus longue. Elle devait, Bemble-t-il, occuper toul

le couloir malin, que le fond de l.i crique remplit aujourd'hui de ses eaux. Ce couloir,

, ciel découvert maintenant, portail un plafond <|ui s'esi effondré : les blocs gisenl

,lin> le. m peu profonde; sur le pourtour des parois, une corniche saillante subsiste,

indiquant encore la hauteur du plafond. La caverne devait donc s'avancer jusqu'à la

mer profonde, ou peu s'en faut, el présenter aux marins un refuge |dus \isil»le.

Vctuellement, des épaves de filet, des flotteurs de liège et de Imis jonchenl encore le

euil de l'entrée; les pécheurs doivent connaître el fréquenter cet abri, que l'on ne

peut atteindre que pai mer, car, du côté de la terre, il est littéralement inaccessible :

i poui les marins me rachelte presque introuvable ci un inexpugnable réduit.

Il n s n pa dans I Ile d'aiguade onde torrent, Mais j| est possible de se procurer

i ; , i entrée du Ijord.

I II I l'I ! \ i \< III I I I

h, ii.'iiirni iir iv, m m In i -i>ii- mu un' ili' nombreux lorrenl tombent 'lu Muni

Silllft' l.i \ri illll r ili' i r lui I rnl ,i 1 1| 1.1 1 1 1 1 i l.i 1 1 [(> !•' CllIlUI'l1 .lilili II' | • • ■

où l'on 1 1 H'i <i>i i quelques troupeaux de chèvre el de vni lie

Voilil toul ce que fui cette expédition, qui |>i .■ imle quelqui Prit i m n m

danger, quoique les Instruction» nautiques recoinnwndenl In prudence et parlent de

Fie. iii. — L'entrée ilo ta Grotte.

incursions soudaines des pirates Rifains. La grotte offrirail certainement aux marins un bon lieu d'embuscade, une excellente cachette, et l'île toul entière est véritablement une cachette dans le détroit : il faut la connaître pour la découvrir : à quelques nulles, nous ne la distinguions déjà plus parmi les contreforts du Muni aux Singes.

Voilà donc l>ion Vile <!<• ht Cachette, Vile de Kalypso (xaXûirrâ, je eache,je couvre), l'île boisée, v^a-oç Ssv3pr,s<7<ra, l'île toute pleine de persil et de fleurs vio-

I I S l'Ill'Mi II NS El I 'ODYSSf I

Icttes, se dressant sur les Hots comme un nombril mu nu bouclier, el portant deux tables, deux étendues planes, couvertes de bois el d'herbes. Que les premiers navigateurs du détroit aienl connu el Fréquenté ce refuge; que, Tyriens «•il Carthaginois, ces caboteurs de la ente africaine aienl adopté cette merveilleuse station de pèche, de commerce el de piraterie, nous pourrions a priori l affirmer. Avec la rade couverte de t"ii-> vents, qu'elle Lusse entre elle el la rAte; avec cette caverne accessible aux seuls gens de nier el inaccessible aux indigènes, facile à découvrir quand on vienl de l'Est, impossible à \ « > i r de Ions Irv autres côtés; avec celle cachette souterraine aux longs replis mystérieux; avec sa haute guette dominant la mer du Levant el du Couchante l'entrée du détroit, Percjil est la meilleure embuscade el le meilleur entrepôt, la véritable échelle des barques primitives. La topologic seule nous permettrai! d'imaginer comment en ce point les premiers explorateurs de la Porte Gadiride curent une de leurs étapes d'abord, puis un de leurs points d'appui pour la découverte el pour l'exploitation de la mer Occidentale : la seule topologie nous dit que Pereiil fui Vile, VÂlgesiras, des premières marines. Mais, en outre des données topologiques, 1 1 « > 1 1 — avons un texte ancien.

Les textes classiques ne mentionncnl plus celle station africaine. Grecs el Romains, caboteurs de la côte espagnole, ignorent celle cachette. Mais Strabon nous a conservé le souvenir, qu'une tradition locale sans doute perpétuait, du premier établissement tyrien en ces parages. Il faul seulement bien prendre

-aide ;'i ce le\le du Géographe, <|iie les copistes semblent a\oir gâté : « Les premiers Tyriens, envoyés pour explorer le détroit, toùç 8è Tcejxœôivraç xaTamoin;; yàptv, s'arrêtèrent à la passe que domine Kalpè, i-zv/r, xatàt ïèv itopQuàv èvévovTo 7', //./-y. 77/ KàXirqv, en considérant connue les bornes du monde les deux promontoires qui forment le détroit, xh Sxpa rcoioûvra tèv rcopOuév (donc Abyla- \ila-> cl Kalpè-Gibraltar) el ils s'établirent en un certain point dans l'intérieur des passes, xaTOffveîv :•.,- ttvwpîov èvrèç twv arrevtov, sur le territoire actuel des Axitans, 77;.v y, -.(h/ AÇlTavtôv 7tôXlçl. » Les inaiiiiscrils donnenl Axitan.8,

\ I.-./ /'./. C'est une faute évidente. Sur cette côte ou dans ces parages, il n'existe aucune ville portant ce nom. Les éditeurs corrigent d'habitude en Exitans,

K;'.7v :/<>/. ei pensent a une ville de la côte espagnole que Strabon appelle, en effet, \ iilr ih-s Exitans, 'EÇtxavwv ->,/::. mais à laquelle Ptolémée el les Latins donnenl son vrai nom de Sex ou Six. Cette ville espagnole est située à l'Est de Malaga, près <\f Mo tri I. C'est un port de la Méditerranée, «pie 200 kilomètres pour le moins séparent du détroit de Kalpè. Il est liés loin à l'extérieur des p.i^>i^. Or, sans compter que les ryriens oui dû venir le long de l'Afrique et que leur premier établissement n'a pas dû être sur la côte d'Europe, le texte de Strabon nousdil formellement que cet établissement tyrien est dans le détroit, .i l'intérieur >\r^ passes, ivri; twv Trtvwv.

m no

I 'Il I l'I I \ I \l III I 1 1

Il faudrait c goi autrement le lextc de Slrnli i lire \si\li\l(in \ i

-(.iv, mi / ■' c/|//|/////.s. i ■':•]/ :\ i >*>>». la fuulc l'expliquerait il « -I I ■ • ni- ii m- l<-

siiil n t'OpitlllI s'OSl trompe il 1 1 1 1 . i •. il ;i . 1 1 1 1 < • ilu | > 1 1 - 1 1 1 1 < i ni p< 011(1 I I m Ifl

côte africaine. 6 I intérieur des passes, un pied il Uiiln, Ptolémée inenlionnc une fixilimtn, 'EijiXirca, qui sernil lu ville de Strnbou :

C'est dans l'anse do Benzus que devail être située l'Kxilissa de Ptolémée, «lit h iot( Les distances qu'indique Ptolémée entée cette position >'i celles qui précédent ou «pu suivent, se] retrou venl exactement. La latitude indiquée pour Kxilissa prouve, d'autre part, qu'elle était considérée par Ptolémée comme le poinl le plus septentrional de la côte; or les deux pointes Blanca el Lcona sonl précisément, de toutes les saillies du littoral,

celles i|iii s'avancent le plu^ vers le Nord <>n trouve encore dans cette rade de

Rcliouncsh les ruines d'une ville arabe qui a dû être florissante. Ces débris n'ont lui que se superposer aux débris antiques dont El-Bekri signalait encore l'existence au

\r siècle L'anse de Beliounesh offre d'ailleurs toutes les conditions indispensables/)

l'existence d'un centre de population; l'eau, assez rare sur toute cette côte, j jaillit en abondance des contreforts rocheux «lu Djebel Mouça (le Mont aux Singes); le plateau, qui s'étend entre ces contreforts et le rivage, présente de riches cultures; abritée .1 l'Est el à l'Ouest, l'anse de forme demi-circulaire offre un mouillage sûr H profond.

Cette rade de Bcnzus est toute disposée, en effet, pour le bien-être el la prospérité d'une ville, mais d'une ville indigène. Quand les indigènes naviguent ou quand les navigateurs étrangers sonl maîtres du pays, une grande ville peul naître el prospérer en ce site. La sûreté <!»> la rade el l'abondance des sources jaillissantes peuvent grouper en ce point une assez forte population. Les Romains eurent ici leur Kxilissa. et les Arabes leur Beliounesh.

.Mais, pour subsister au fond de ce cirque, que les montagnards riverains dominent de toutes parts, il faut qu'Exilissa ait imposé aux indigènes la paix romaine, el Beliounesh, la fidélité musulmane. Dans celle cuvette, impossible à défendre, un établissement maritime est à la merci des indigènes : les étrangers ne peuvent pas tenir la côte, si les indigènes ne leur sonl alliés ou sujets. Aussi le jour où un royaume indigène se l'orme sons le nom d'Empire du Maroc, le jour surtout où les indigènes du rivage, les Rifains, ne connaissent plus de loi que leur bon plaisir, c'en est l'ait de la Beliounesh des Arabes. Elle disparait comme l'Exilissa des Romains a disparu dans l'écroulement de la l'orée romaine et comme, auparavant, avait disparu la première Exilissa des Sémites. Car la tradition rapportée par Strabon est tellement vraisemblable qu'elle s'impose à notre créance. Il me parait certain qu'en celte rade, auprès de ces sources, les premiers Tyriens ont dû tenter un établissement. Durant ce premier établissement, l'Ile de la Cachette, avec son mouillage plus sûr, son observatoire pins découvert el son réduit, ne put manquer d'avoir un rôle et une renommée. C'esl de ce premier établissement que dateraient, à mes yeux, la renommée de Kalypso

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