‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 119 sur 277 · Polyb., III.' 24, 2 el i · texte numérisé non relu

Polyb., III.' 24, 2 el i

~>. Pour toul ceci, cf. II. Lewy, p. 1 16. 1. Strab., III. 147.

M S l'Hl \h IENS El I 'ODYSSl I

Vlais si, pour le sens, I Espagne est bien Vile du Trésor, je ne \ ois pas commh'iiI l-sapoun ou l-êapin nous donnerai! la transcription îspania. D'après les similaires de l'Écriture, en effet, nous ;i 1 1 1 i « > 1 1^ l-saphonus ou Isaponum : "prv, >-;/'(<//. est rendu en Sâ^ptov |»;u- le- Septante (dans le district minier espagnol, Strabon connaît mie \ill<' Sisapon, Sktôikov, qui est peut-être devenue l« Mine Al-Maden, des Vrabes). Je ne puis donc admettre la transcription de I-sapoun en l-<l>tniiit. Iniit en gardant la racine sémitique sapan, vsot, j»' «rois qu'il faut i liercher une autre élymologie. C'est notre Ile de Kalypsoqui va nous h fournir : li racine sémitique *~v. sapan, est l'équivalent exact du grec jtaXûicrta, cacher,

■ unir, rulrrrri ; Ispanitt, c i's| Ihcii l'Ile (l) de KalvpSO \s/><lu'tt), v/,toç

K/'/ j/-;;. l'Ile de la Cachette. Car, de la racine "j~ï. sapan, se forme régulièrement l<" nom verbal ruEï, «pana (comme ~-n~ dag'a, de iN~ rfao-, np^n haWa, de pVi halak, nnis tdak'a, de dts sadak, etc.), et spania en est l;i transcription l.i plus exacte qu'il soit possible d'imaginer : ï = s, 2— |;, := //,n = : ou

El OU I.

Je crois donc que l'Ile de la Cachette portail ;i l'origine le nom d'I-spania et que ce nom passa, dans la suite, au continent voisin. A première vue, il peut sembler étrange que ce nom d'Ile africaine ;iil été appliqué |>;ir les Romains à l.i péninsule espagnole. Mais que l'on songe, un instant, aux échanges de populations et d'onomastique, qui, de tout temps, s'effectuèrenl entre les <lru\ bords de ce canal. La rive africaine est aujourd'hui jalonnée * I»* noms espagnols, 1 nia Grande, Perejil, Punta Leona, Punta Blanca : nous avons imposé au h|i'!).'l Mhim;i des Aral)es notre nom de Mont aux Singes. Inversement la rive espagnole est peuplée de noms africains, Algésiras, Gibraltar, Guadiana, Tarifa, etc. L'Espagne est aujourd'hui maîtresse de la côte africaine par se9 présides de Ceuta et <lo Melilla. Les Instructions nautiques espagnoles affirmaient dès 186*2 que Perejil appartient à l'Espagne, puisqu'en IT'iî* los iu^ônieurs espagnols en dressèrent le plan pour v installer un bagne. En 1887, I Espagne essaya de faire revivre ces droits ••! de construire un phare sur I Ilot : les indigènes de la côte et le gouvernement marocain s'\ opposèrent. Au Moyen \.\ ce lui l'inverse : les africains gouvernèrent le Sud de l'Espagne. Durant I antiquité romaine, les Romains d'Espagne trafiquent surtout avec la côte il Vf ri que et les empereurs font entre les deux ri \ «•-- des échanges de populations. Il- prennent les Africains de Y\\\- i|tiv- Tanger) pour fonder en Espagne Iulia |m/.i qu'ils appellent aussi la Passée, Transducla, et Pomponius Mêla esl né dans cette ville, quam transvecti ex Africa Phoenices habitant. Inversement Empereurs installent ;i Zilis une colonie romaine, <|u ils rattachent ;i la Itétique, Cotonia iugusta Julia Constantia Zilis, regum (Mauritaniae) <liii<>ni exempta et jura Baetica petere jussa*. ivant les Romains, lc9 Carthaginois, l 1 leurs garnisons, en avaient usé '\<- même : Annibal, au début <\r son

I n l DE l \ CACIIETTI

expédition contre Roino, assure lu tranquillité île ce province en cnvoyunl d'Kspugno douze cents cuvuliei cl lires île treize mille funtii m indigène lenii garnison ;i Motugonion el h Carthugc même, el ru i.u mil venii <l Afrique en Ksnaguo prés de trois mille cavaliers el près de douze !•■■ 1 1*- fan lu in , dont un coutinguiil muure, MaupouvUov tûv ■•> Ux tvèv',

On imaginerai) sons peine quet dérivant d'un bord .1 l'un Ire, ii.ui porté comme les populations elles-mêmes, le nom ufricuiu «I Ispauia ail pu devenir le nom do la cùlo européenne, quand l'Ile de lu Cachette eul perdu sa clicntèu?el sa iriioniniir.ii quand ce nom sans maître llottu pour ainsi dire dans le détroit. Si les indigènes ou les marins couservuienl un souvenir «lu sens exuel <lr ce nom, Kulypso » qui habile les cavernes creuses » pouvait se transporter sur \,\ côte espagnole, dans les cavernes qui trouent le rocher de Gibraltar el que imis lis voyageurs signalent encore : is mirutn in tnodum concavus, ab en parte qua spécial occasutn médium fere latus apevit ah/ne inde ingressis totus admodum pervius prope quantum /miel specus, « I ï l l'espagnol Pomponius Mêla

lin bien des détroits, on trouverait «le pareils échanges <lf toponymie. Les Romains s'il faut un exemple - donnent à lu terre des Hellènes le nom de Grœcia, Terre des Grecs, qu'ils prirent on ne sail trop où, cl qu'ils appliquèrent à toute la péninsule. Les Grecs, rpaixol, à l'origine, étaient probablement un peuple «le l'Lpire, qui, peut-être, comme les Albanais d'aujourd'hui, avuil des représentants ou des n'huions politiques cl commerciales sur les doux rives du détroit adriatique. Mans le détroit même de Gibraltar, il est possible (pic les Sémites en aient use de même. A la côte espagnole, les Sémites ne donnèrent pas le nom do Vile de lu Cachette', mais l'ayant appelée la Terre du Passage, Iberea, ils appliquèrent peu à peu ce nom à toute la péninsule. Faute de doublet, il est impossible d'affirmer le sens exact du nom Iberia. Je croirais pourtant à une étymologie sémitique. La racine abar, ~\-°J. signifie passer, traverser. Les Chananéens donnèrent le nom de iT3X, Iberi, au peuple qui passant l'Euphralc ou le Jourdain était venu chez eux de l'autre codé du fleuve : cEêpato^, Hebraeus, Hébreu: les Septante nous fournissent le doublet 'Eêpaioç-TîspaTr,?, Hébreu-Peuple du Passage; l'épithète transducta que les Romains donnent à la ville espagnole Iulia ïoza traduirait exactement iber, hébreu. L'Écriture emploie le nom de lieu "Dy, eber, pour désigner les pays au delà du fleuve ou de la mer. .le crois que les Phéniciens donnèrent le nom de Iber'a, mas (formé de la racine abar, "!3ST, comme spana de sapan, etc.l à la côte du détroit. De la côte, ce nom s'étendit à tout le continent, ainsi qu'il est arrive pour le nom de Palestine, qui désignait originairement le rivage des Philistins, et qui désigne aujourd'hui tout le pays jusqu'au Jourdain et au delà. L'Ibérie monta vers le Nord à mesure que les flottes phéniciennes poursuivaient leurs découvertes. Elle dépassa les Pyrénées, ce qui prouve, je crois, sa migration maritime. Venu

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