‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 120 sur 277 · I. Polyb., m · texte numérisé non relu

I. Polyb., m

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le nom se lïil n n'été aux Pyrénées qui dressent un obstacle presque infranchissable et qui marquenl pour les terriens une frontière de |>;i\s. Mais, venu par mer, il poussa vers le Nord aussi loin que les Hottes <|iii l'apportaient. Quand les Hellènes connurent le nom d'ibérie, il s'étendail jusqu'au Rhône,

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M » ■ 1 1 • • m i • - se i .1 |i|M-iiTi'ii i toujours que ce n'étail pas le nom d'un peuple qui aurait occupé imii le pays, mais le nom d'un district qui de proche en proche ,i\.iii débordé el conquis le voisinage. Ils localisaient cette première Ibcric sur les bords d'un fleuve Unir. l&f)po>, notre Une'.

L'histoire tin nom Ispania m'apparail analogue, mais un peu différente. Les seuls Romains nous ont transmis ce nom. Jusqu'aux temps gréco-romains, les Hellènes l'ignorent. S'il eûl été courant parmi 1rs navigateurs de (a Méditerranée tk'cidentale vers le temps où les colonies grecques s'j installèrent, il esl probable que les Phocéens de Marseille, les Chalcidiens ou les Ioniens de Grande Grèce el de Sicile l'eussent l'apporté dans la mère-patrie : les Hellènes auraient, eux aussi, connu Y Espagne. Quand donc les colons el navigateurs grecs parurent dans les mers du Couchant, l'Ile de la Cachette avait perdu sa renommée : il l.nii nW Ispania remonte |>lns haut que les temps helléniques. Les Italiens connurent ispania aux temps préhelléniques, à lu môme date où la renommée de Kalvpso arrivait jusqu'aux oreilles du poète odysséen, ;|11 temps où «les marines sémitiques exploitaient les côtes italiennes comme les parages levantins. Les Sémites devaient employer ce terme pour désigner vaguement l'extrême région du Couchant : dans 1rs échelles italiennes, ils parlaient mystérieusement «le la i achette, d'Ispania, comme il-- parlaient il«' Tarsis dans les échelles de Syrie ou de Kalvpso dans les échelles grecques. Longtemps, les Romains et les Italiotes entendirent H répétèrent ce nom d'Ispania sans trop savoir ce <|ii<' le terme représentait. C'était une terre mystérieuse, aux extrémités «In Couchant, hors de leur trafic «■! de leurs atteintes. Les Sémites s'en réservaient l'exploitation : « Les i artliaginois, ilil Strabon, avaient |>ris l'habitude de couler tout navire étranger l'encoiitré par eux sur la route de la Sardaigne ou des Colonnes : d'où l'incrédulité i|ni longtemps régna sur la réalité de ce mond icidental3 ». Les Italiotes

ne connaissaient pas le détroit de visu. Leurs traités avec Carthage leur en interdirent durant plusieurs siècles la navigation. Ispania leur restait donc aussi mvthique que Kalypso avail pu l'être aux marins de Y Odyssée. Les Sémites déliants ne se souciaient pas de préciser parmi leurs clients ces notions demindaires : ils parlaient, eux aussi, de la mystérieuse Cachette avec des réti- ■ eii( es "ii des mensonges —

Quand les marines grecques prirent à leur tour le chemin du détroit, elles implantèrent parmi leurs clients italiotes le nom d'ibérie qu'elles rapportaient

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la Ibis. Longtemps ils durent employer ees deux termes aun trop connaître lu véritable position des deux puys. L'Ibérie était la pui'tie grecque, I I. pugne lu partie sémitique do la Terre <ln Couchant, de l'Hesjiérie. I Ibéi ie étuil loi uli

;iiiiuiii de I I libre, l'Espagne autour du Détroit, auprès «1rs Colonne* (in. nui

tomba lu puissance carthaginoise, quand les marines el les armée romaine! arrivèrent en ces parages, il \ ;i\;iii longtemps que la prospérité de liudè <'i le cabotage un long des côtes européennes avaient ruiné la clientèle el la réputation de lu Cachette. Le nom d'Ispaniu, que les Romains rapportaient avec eux, était donc sans emploi parmi les riverains du canal. Qui se doutait seulement que cette rameuse Espagne était en réalité un morceau de rocher, perdu dans une rade déserte, invisible, inconnu «les marins eux-mêmes, qui, longeant lu cùtc adverse, ne pouvaient plus l'apercevoir? Sur la terre européenne, certains noms installés déjà prêtaient à l;i confusion : Hispalis était mit' ville européenne, la Séville actuelle, et l'on confondait parfois Hispalus el Hispanus; l'Andalousie avait une ville de Sisapon, et la Tarraconaise une ville «le Ispinon. Les Romains appliquèrent donc leur nom d'Ispania au seul pays qui leur parûl digne «le cette vieille renommée, à la terre de l'or et du cuivre, que les Hellènes nommaient Tartessos : où pour eux finissait Plbérie, commença l'Espagne. Les doux noms d'Ibérie el d'Espagne trouvaient ainsi leur emploi : l'Ibérie allait jusqu'aux C.nlonnes: l'Espagne commençait au delà.

Pour ce transfert d'Ispania, nous aurons par la suite de nombreux exemples qui nous montreront mieux comment les marins transportent à une grande terre le nom d'un îlot côtier: nous verrons les Hellènes donner à Corfou le nom de Serpe, Drepanon, à cause du rocher de la Serpe qu'ils rencontrent dans le détroit eorliote; nous verrons une pareille roche côtière valoir à Cérigo son nom de Kythèra, le Bonnet. .Mais déjà nous aurions peut-être un exemple fort instructif dans ce même détroit, si nous connaissions mieux l'histoire et le sens réel du vieux nom Tartessos, que je signalais tout à l'heure. La Tartessos des Grecs est la Tarsis des Sémites. C'est un pays voisin des Colonnes et certains géographes rapprochent de t'es noms Tarsis et Tartessos, les noms de certains indigènes riverains, Turdules et Turdetans. Je ne vois pas comment on pourrait passer des uns aux autres : le rapprochement me semble peu légitime. Et pourtant il me parait certain que les deux noms Tarsis et Tartessos doivent être indigènes. Du moins ils ne présentent aucun sens ni dans l'une ni dans l'autre des familles de langues sémitiques ou indo-européennes. Or considérons que, dans ces parages, certaines idées ou certaines vues de côtes ont toujours été traduites en noms de lieux par les marines successives. Durant l'antiquité, du moins, toutes les marines qui ont fréquenté le Détroit ont eu leurs colonnes : Domains, Grecs et Sémites eurent leurs columnae, a-c^Xai, xûov, aTAxc, abila. Or., avant les Grecs et avant les Sémites, il y avait des habitants sur ce rivage, des

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