‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 121 sur 277 · V. BÉRARD. — I. t'.l · texte numérisé non relu

V. BÉRARD. — I. t'.l

I I S Nil Nil II NS ET I "ODYSSl I

indigènes, ci i étaient ces indigènes, si l'on en croit Hérodote, tjni, les premiers, ;i> lienl appelé Colonne du Ciel nuire Muni aux Singes. Le texte d'Hérodote me semble formel : • Les indigènes donnenl l\ cette montagne le nom de Colonne «lit Ciel, '■'■ ■ b'jsavoù Xé* ou»t ot Èrcviûpioi ». Hérodote sail très bien

que les Phéniciens el les Carthaginois occupenl une partie de I Vfrique, nuis au même titre que les Grecs de Cyrène, par exemple, c'est-à-dire qu'ils sont venus de la mer el «pi 'ils sonl étrangers : ce ne sonl pas les indigènes. Hérodote oppose les Carthaginois, Kaoyyéo<moi, aux indigènes, ÈTCiytôoioi. Il dil : « Les Carthaginois vonl en dehors des Colonnes d'Hercule décharger leurs marchandises a un certain poinl de I • t côte où ils allument du feu; les indigènes, èir'yûpioi, apercevanl la fumée, accourent' — » Il sail «|n il \ ;i nue langue libyque, qui n'esl |»;is le phénicien : • Zegeries esl un mol libyque <|ni signifie montagnes, v. 8c Ce* tÔ ûi O'jvou.3 toûto s«rcl '.ùv Ai6uxév, Sûvorcai os xxcà EXXâoa

•/'•.TT7/ ioyvoî1 •. Donc Colonne <ln Ciel, Kîwv toû Oupavoû, es| la traduction grecque d'un nom indigène, libyen. Les descendants de ces Libyens subsistent encore sous le nom de Berbères. Leur langue, mal étudiée, nous esl peu familière : le séjour des Arabes l'a encombrée «le termes arabes que souvent il esl diflieile «le démêler. Dans le Dictionnaire berbère, dressé |«;u les soins <ln gouvernement français, tarsels veut dire lu colonnede pierre, paropposition à taquejdits, qui signifie la colonne de bois* \ mais ce terme est-il réellemenl berbère? est-il au contraire d'importation arabe?

Que, «les l'antiquité, le berbère ;«il été parlé sur celle côte, nous en ;i\uns l,i preuve par un autre nom de lieu. L'Anonyme de Ravenne dil «pie la côte africaine du détroit s'appelle Wauritania Gaditana, la Mauritanie de Gadès, ou, dans la langue des indigènes, barbaro modo, Abrida : « Le mol abrid, «lil rissot, veut dire «mi berbère chemin, défilé, passage. L'Anonyme nous a donc conservé le nom libyen que portail cette partie «lu littoral d'où s'effectuait le passage Au détroit4. «Toutes les onomastiques successives ont ici laissé leur nom «le passage: Vboulféda connaît, « à I endroit où la nier es| le pins resserrée, hâteau <lu Passage, Kasr-al-Medjaz! Abrid sérail au sémitique ibera, au gre< -'rJvi'j:. au latin fretum, à l'arabe medjaz, ce que tarsets esl peut-être .m sémitique abila, au grec -/t/v,-. xuuv ou ro^Xr,, au latin columnae, ce qu'un original esl a ses traductions. Sur celle même côte, Pomponius Mêla nous <lil :

Protnontorium guod Graea Ampelusiam, Afri aliter sed idem significante vocabulo appellant*, le Promontoire des Vignes, que les Africains appellent d'un nom différent «lu grec Ampelousia, mais ayant le même sens „ -, ce promontoire s'appelait Ampelousia (nom grec) cl hoirs (nom indigène).

l Hérod l\ 194

/;,,/ \h rbèrt Pari» Imp Koj , l*ii

Page 1