I. Odyss., V
M S l'Ilï Ml II \s II I 'ODYSSI I
tempête m' retourne pas le radeau, et il lient le gouvernail, les yeux fixés sur 1rs es. I ikrion il avant porte un mal avec un»' hune,
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Je Iraduis par hune le mol homérique epikrion en me reportant aux vaisseaux égyptiens de la Wlll dynastie ou, mieux encore, aux vaisseaux des Peuples delà Mi'i . • Le château d'en haut », Vepikrion, désigne, je crois, cette hune en l'orme de cuve, la gabie, qui couronne le mât et dans laquelle se lient une vigie :
1 •Hun.' le-. Vrahes. dit P. Lucas, ne sont pas navigateurs, ils ne voyagent jamais que le jour, ayant mi homme sur la proue cl l'autre sur le haut <lu mal pour observer la mer. Ils mouillent d'abord que le soleil est prêt a se coucher et ne lèvent I ancre que lorsqu'ils ont le vent en pouppe, employant ainsi deux ou in>is mois à une navigation de sept un huit jours'. » Les indigènes <ln Détroit devaient naviguer ainsi. Sur leurs radeaux plats, les ikria peu élevés ne leur permettaient pas de dominer la mer ni d'apercevoir les dangers assez tôt pour les éviter. Il leur fallait un château supérieur, un epikrion juché au sommet «lu mât. La \inir se tenait sur cet epikrion et donnait des a\is au pilule ji^i^ sur le château d'arrière. Le mât devait être implanté sur le château d'avant. J'imagine le radeau d'1 lysse d'après tel monument figuré où nous voyons Héraklès étendu sur nu pareil radeau, qui porte une voile à l'avant et, contre le bordage. des cruches arrimées1 « La déesse, <lii VOdyssêe, lui donna une outre de vin, une outre d'eau, et un sac de provisions ». (Cf. la gravure de nuire titre.)
Pour empêcher que le Moi ne balaie «lu plancher ses provisions de route et les autres présents de Kalvpso, I Ivsse tresse un bordage en claies d'osier,
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Je me demande s'il ne faudrait pas serrer ici le texte d'Aviénus tFaussi près que possible et lui faire dire luui ce qu'il peut dire. Texere rate* signifie smis doute dans la langue poétique construire des vaisseaux. Mais proprement texere veut dire tresser. Les radeaux de la Mer Rouge avaient leur voile en nulle de juin. 1 es radeaux du Détroit devaient avoir aussi des parties tressées: si leurs voiles étaient îles li-^ns de lin ou de chanvre fournis par les Phéniciens, le liordagc devait être en treillis d'osier ou de jonc. Ces radeaux d'Aviénus me paraissent semblables de tous points à notre radeau homérique. Il se peut même qu'entre le texte odvsséen et le texte il ^viénus, il \ ait des ressemblances pins précises encore. Le treillis doit servir, dit VOdyssêe, « à écarter le flot »,xuua*coç uv : \\ienus dil la même chose en un long vers nlns obscur,
quo cumba tergum fusior breviut marié
jii m-liiliri ilur.
I I- I . M III p 1
g Ireh Hiêi 1892 p 276 I Courtaud, La navigation d'Hercule.
I II I 1)1 I \ I \l III I 1 1 \ \ mi i ri h' 1 1' lin lil.nii i'. | i'n ,11 1 1 \ i' .1 i n \ i t i i lu pu ihiliti il n m
ri un m m nr. il il il ru I ri un nu' |iri i |ili- i|ii ,i plu ni n ItVIl de di I.uii r. \ vieilli ni In | m n ' 1 1 ' hiI\. rru ,iii i ,in ni i miiiiii Lui lieux . \ \ n nu fl VOIIC I • uipinul II II
I m i ijiln rartlmginni d llimilcou. 'le ni' di pu - que i >■ in^iiic pri iplc il Mm ni' un .< sciai ,iu poète odyssécu. Mais iiuiis savons comment, .i travci le marine
SUCCCSsives OU le- ili\ riM's i'|Mii|ur tl iinn iinnii' ni.ii nie. le .ni Uni « I * - péri pli'
se copient los • ■ t • — les mitres. \ lu mode de m^ hmlriii lions ii(iiili(jiiei<, fa lu i l>
des périples grées m i des portulans italiens, les vieux périple émitiqin1* s|' trmismettuienl dans les mômes termes les mômes observations : liimilcoii répétai pour Wiénusce que ses prédécesseurs avaient raconté déjà uu poète de I Odynuée.
Car c'est un périple sémitique, ou mit' traduction de périple sémitique, que le poète odysséen eul devant les yeux. \u seul contenu de ce périple, nu pourrai! deviner qu il né ta il pas grec, puisqu'il nous décrit des parages inconnus aux Grecs de ce temps-là : les Achéens n'étaienl pas allés jusqu aux Colonnes; l'île de la Cachette ne leur étail pas connue. Mais, en outre, le texte môme fl les noms odysséens nous donnent nu plus sûr argument : Abila-Atlas, Ispania-Kalypso forment des doublets tellement unis que ces jumeaux nul sûrement In même origine. Il est vrai qu'on pourrait supposer encore que tous les deux, par des voies différentes, sont venus d'un même original indigène: chacun • le son côté, niais sans communication de l'un à l'autre, le Sémite cl le Grec auraient traduit l'onomastique berbère. Il est des indices prouvant que les choses n'oni pas dû se passer ainsi. Notez d'abord la ressemblance que nous avons trouvée entre la cosmographie odysséenne et les conceptions levantines du firmament et des piliers célestes. Regardez ensuite certaines expressionsdu poète. « L'île de Kalypso, nous dit-il, a de molles prairies de persil et de violettes »•
auœi os àsiulwvsç 'jLa/.axo'. iou riôe treÀivou.
Perejil est nue Ile du Persil cl c'est une île de violettes ou de slalices violettes. .Mais ce bloc de rochers n'a rien d'une prairie, au sens que les Grecs et non— mêmes nous donnons à ce terme. Ce n'est pas une molle prairie où l'herbe drue pousse dans la terre humide. Perejil n'a (pie des étendues rocheuses, deux laides de calcaire couvertes de végétation arborescente et de maquis.... (.'est à ces étendues plates, à ces plantations d'arbres, à ces tables de persil marin et de statice, «pie le périple sémitique donnait le nom de Vsn, abel, exactement comme l'Écriture donne à telle plantation de vignes ou d'acacias les noms de o'd.q-7:ik, Abel-Keramim, label des vignes, — "AêsX 'Atj.7tsXwv, dit Eusèbe, — ouO'et&n-TiN, Abel-as-Sithim, Vabel des Acacias. Les Sémites connaissent peu nos prairies unions et vertes, nos prés de gazon mou et de loin haut. Leurs abel ne sont que des ('tendues verdoyantes à peu près plates. Traduisant avec raison ubel par
Lt>S MIK MCI K> S II L'ODYSSÉE.
. prairie, le poète ;i eu le lorl seulement de se représenter une prairie grecque, molle, humide, un peu marécageuse. Il ne s'esl trompé que pour i\«'ii accordé 1 1 » >[ > de crédit au texte original et pour avoir traduit par un mol i mol trop lidèle toutes les expressions de ^m modèle sémitique.
Voyez d'autre pari comment, dans le voisinage des Colonnes, les us et coutumes il'"- premiers navigateurs onl laissé leurs traces. Les Sémites de Carthagc ou de I vr» comme leurs cousins d'Israël, devaient avoir le nombresept pour nombre rituel. Nous avons déjà retrouvé ce nombre dans les rites du Kithéron et dans les mesures de Thèbes la Béotienne. Sept domine les traditions el les mesures du Détroit. Atlas, qui se dresse ;i l'extrémité du couchant, Ulas, au pied duquel habitaient jadis les Ethiopiens du Couchant, ÉTicioioi, au pied duquel habitent aujourd'hui les Maures du Waghrib-el-aksa (de l'Extrême Couchant), Atlas-Colonne du Soir était le père des sept Nymphes du Couchant, des sept Hcspéridcs. \ -r^ pieds, est le monument des Sept-Frères. Les roseaux merveilleux \ ont sept coudées tic haut. I ne caverne mi rveilleusc \ a sept stades de profondeur'. Entre la Colonne de Libye el Carthage, il \ .1 sept jours el sept nuils de navigation; nui-- >k\l;i\. qui nous donne cette distance, ajoute aussitôt, de 1res belle mu igation, toû xaXAwrou izXoû itapàicXouçV Certains prétendent que le Détroil n'a que sept stades etrj les Col onn es,
ted ad Columnas auidquid inlerfunditur iiml.r sestuanti* stadia septetu vix ml Damastus*.
Entre les Colonnes ••! Ophioussa, le trajet par terre est de sept jours, teptem dierum tenditur pediti via*.
Le périple <\r l'Ibérie, au dire du même Skylax, serait aussi de sept joui-- el de sept nuits*. Pour d'autres, la largeur minima du détroil était de septante stades. Des Colonnes au détroit de Sicile, il \ a sept mille stades (la terre doit avoir alors septante mille stades), el il \ ;i sept mille stades encore des Colonnes ;i Marseille*. L'Ile de Gadir, dit Pline, est proche du continent, dont moins de n<7>/ cents pieds la séparenl ii l'endroit le plu-- resserre el plus de sept mille pasà l'endroit !•• plus large » Hérodote use, au contraire, du système décimal des Grecs (nous reviendrons là-dessus). Il met dix jours d'intervalle entre les tertres >\r sel • 1 1 1 i jalonnent le Rem pari des Sables ii travers toute la Libye, ev -■?, oçpÛT) in ■--.■/ v.v oéxa f.uesétov oooû xXôc Èori Toûoea — npÛTOt uiv à-o Br.oétov otàt
i su ib XVI, x-.':. 82«
i Omet »//(- I p 00.
" \.i. ii !*i<H) "71
I triée iv 151.
S ' / '.' "■ ' Vin I p I '
•, ,i. m 105-101) l ■-'.' I.!" Cf. dans Edriai, Irad. Jaubert, I, p. 5, et II, p. 14, les Sept mer» du mondi ■"/'' i olline* de ' •
: Plin i\ M
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semble que l'Odyssée use concurremment des deux systèmes. Lu première tem« |iiii'. qui chasse I lysse des niera grecques vei*s I Ile de Kalypso, le ballotte duranl neuf jours el le pousse la dixième nuil sur I 'Ile de la Ca< dette,
, ■ 1 1 >■ 0 ■ M /UXtI U / ''•",
v/T'y/ 1; iovuvIt.v -.i>-ii Scol
M;iis dans cette lie sémitique I lysse reste *ep< ans prisonnier,
sv8a luv i-T7.:T:; uévov luitcoov —
La liuilième année, Zeus ordonne à Kalypso <l«' le délivrer el déclare que le héros arrivera le vingtième ilO >.; 2) jour chez les Phéaciens. Ulysse construit son radeau : il travaille quatre jours el le cinquième tout es| prêt. Il s'embarque : un hou venl le pousse; dix-sept jour*-, il navigue sur les mers sémitiques, | u 1 i mit le^ mers grecques : le dix-huitième jour il aperçoit l;i terre des Phéaciens,
£-77. os '/•/'. ôéxot ixev 7sàeov r.'xy-y. itovroitopsucov.
Il semble bien que nous avons dans V Odyssée l'alternance ou la combinaison des deux rythmes sept et cinq, et que cette numération soit, comme la toponymie, gréco-sémitique. Or, comme la toponymie, cette numération suppose une source écrite, un périple étranger, qui ne compte |»;is en dizaines ou douzaines
les distances approximatives, mais en semaines.
K11 résumé, l'île de Kalypso au pied de l'Atlas ne peul être Ispania au pied d'Àbila, la Cachette au pied du Pilier, Perejil au pied du Mont aux Singes, que
>i deux conditions sont remplies :
lu II faut que le poème soil contemporain d'une thalassocratie phénicienne ou postérieur à cette thalassocratie. car il faut qu'aux temps odysséens les marines sémitiques soient, d'une part, en possession des Colonnes et, d'autre part, en contact avec la Grèce homérique.
2e II Tant que le poète grec ait eu sous les yeux l'original ou la traduction d'un périple sémitique.
Si nous ne prouvons pas que l'une et l'autre de ces conditions étaient remplies, on pourra toujours invoquer contre nous les rencontres surprenantes et le-> effets du hasard. Les dévots de l'hellénisme croiront détendre le poète homérique en disant que les similitudes signalées par nous sont tout accidentelles entre Ispania et Kalypso. Ils déclareront que hien des iles méditerranéennes présentent entre elles les mêmes ressemblances fortuites et que l'on ne peut rien