Choiseul-Gouffier, I. p
i. Instruct. uaut., n" 691, p. I7i.
.'). Tournefort, Voyage du Levant, II, |>. 2-3.
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rhipel. • I ueforl n visité Syra; il en parle en témoin oculaire. Wanl lui,
Niévenot, qui n'était |>;is venu dans I Ile, en avait emprunté une description ;'i un i mémoire •• de navigateurs, nous ilil-il : ■ L'Ile de Syra, qui en grec vulgaire veul dire sianoi'a i>u maîtresse, esl ainsi appelée parce qu'elle commande par sa hauteur Unîtes les autres iles. Sun terroir ;i peu d'arbres el esl sec. Toutefois il abonde en toutes choses, \ ;i\imi de quo\ vivre, c'est le 's.',-.',: homérique, tant en viande de venaison qu'en poisson. L'eau se prend ,i une source un peu escartée de la ville : mais ;uissi elle esl très bonne. Ils n'ont point de villages dans la campagne |>nr ci par là. Ils sont presque tous Latins el il j ;i plusieurs églises don! la cathédrale esl au somme) de la ville, dédiée à --;iiui Georges el desservie par plusieurs prêtres qui oui pour supérieur un évesque latin1. » Nos Instructions nautiques semblent recopier le mémoire de rhévenol : • L'Ile esl bien cultivée el produit de l'orge, des ligues, des olives, du blé, ilu vin, etc. 'mi expédie ;i Athènes cl à Constantinople une grande quantité de légumes. I ;i population est de 34000 habitants Sa position centrale "'n rail le marché de I Archipel ri son port esl un porl île chargement pour les bâtiments, surtout pour les vapeurs de presque toutes les nations. Le climat esl remarquablement sain; les froids extrêmes ci lu gelée y ^<>ul inconnus; en été on ressent quelquefois une chaleur étouffante; cependant les vents prédominants soufflent iln Nord ri maintiennent la température fraîche1. ••
Syra esl aujourd'hui la capitale de I Vrchipcl grec. Centre de ravitaillement, île chargement cl de déchargement pour toutes les marines étrangères, c'est comme le ponton où les indigènes des Iles cl des terres voisines viennent trafiquer avec les matelots «lu dehors, russes, égyptiens, français, italiens, allemands ci anglais. C'esl ce commerce étranger, ce commerce de transit, qui fait la prospérité de Svras. Cette prospérité esl il ailleurs h m le récente el déjà elle est en train de disparaître. Il \ n deux siècles, au temps de Tourncfort, Syra n'avait aucun rôle. Elle resta s;ms grande importance jusqu'à la Révolution grecque. Mais alors elle devint une sorte de porl neutre, grâce à la religion de ses habitants : " Toi. disait Tournefort, l'Ile la plus catholique de tout l'Archipel; pour scpl ou huit familles du rite grec, on j compte |dus Je six mille âmes du rite latin. ■ Ces Latins descendaient des conquérants génois ou vénitiens, ou lient des métis de corsaires francs cl de femmes indigènes : les Provençaux avaient fréquemment alors un ménage dans I archipel, s;uis compter leurs liaisons passagères avec les esclaves en-levées aux Turcs, les chrétiennes délivrées des harems, etc. •• Les corsaires chrétiens, qui venaient autrefois infestei l'Archipel, passaient leurs quartiers d'hiver ;i l'Argentière. Ils y man- . -n. Mil I .11 geiil de leurs prises el \ laissaient des richesses <|u ils faisaient ;i l;i ité pavci bien cher ;m\ habitants par toutes leurs vexations. Ils y avaient
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qu'il iiurail mis j la voilo1.... » Los Latins de Svro iHaioul croupi autour do l'église tirs Capucins, sous la croix catholique cl ou» In protection françui c Ils ne prironl aucune pari h I insurrection grecque, Unir porl lui. <\r IN20 o 1830, le seul endroil où étrangers el belligérants pouvaieul la ire relAoln trafiquer on toute sécurité. Les guerres linies, I habitude était prise : Syra, nu cours de iv siècle, demeura ce que sa voisine Yl \ U i »i h >-~ nvail été aux siècle précédents, ce que son autre voisine Délos lui au temps < I < ■ Home el de I lomo, In grande escale el le grand entrepôt tics étrangers dans I archipel.
Le trafic de la mer Egée semble à travers les siècles régi par une loi constante. Toutes les fois qu'un commerce étranger est maître de I archipel, c'est au centre de In mer, dans l'une des huis Mes, Sua. Délos ou Vfykonos, <|n il lui faut « un reposoir », comme disent les marins du xvn' siècle, un ponton el des <locl>s, diraienl les marins d'aujourd'hui. Quand au contraire ce sont l<^ indigènes du continent, sur les côtes européennes on asiatiques, qui détiennent le trafic, le rôle de ces i 1rs centrales disparait. Kilos en cèdent les bénéfices à des ports de la périphérie continentale, Corinthe, Athènes, Salonique, Smyrne, Ephèsc ou Milel. Avec la renaissance <lu commerce grec et levantin, nous assistons aujourd'hui à la décadence de Syra et au réveil du Pirée el de Smyrne1 l u coup il œil sur une carte de I Archipel el la lecture des Instructions nautiques nous expliqueront tacitement cette loi.
Il Paul nous représenter l'Archipel comme un champ clos. Quatre parois le ferment, la Grèce à l'Ouest, la Thrace au Nord, l'Anatolie à l'Est, la Crète et 1rs îles voisines au Sud. Ces parois continentales ou insulaires sont presque ininterrompues. Elles ne laissent à leurs angles que trois entrées ou sorties. A l'angle Nord-Est, une bouche conduit aux Dardanelles el vers la Marmara. A l'angle Sud-Est, une grande porte entre lihodes et la Crète s'ouvre vers l'Extrême-Levanl : niais celle porte sert beaucoup moins aux navigateurs que l'étroit défilé entre Rhodes el le continent asiatique. De même, à l'angle Sud-Ouest, au pied du continent européen, c'est le canal de Kythère, autant el plus que la grande porte entre Kythère et la Crète, qu'ont toujours fréquenté les bateaux