Diod. Sic, V
■ l l n PHÉNII IENS il L'ODYSSÉ i .
iln cap Sidero; le couranl porte généralement au Sud' t. Cette phrase des Instruction» nautique» montre bien dans quelles circonstances ce chenal sera suivi par les voiliers. Pour les navires qui, venant <lu Sud-Est, vculenl entrer dans l'Archipel, le détroit entre Rhodes et l'Asie Mineure, abrité «1rs vents du Nord, est préférable. Mais quand, venant du .Nord, les voiliers veulent sortir de l'Archipel, c'est à la porte de Kasos que le vent du .Nord et le couranl les mènent : c'est la porte de Kasos qu'empruntent les voiliers levantins destinés pour la Syrie ou l'Egypte. Kasos elle-même est très montagneuse: «ses rives consistent principalement en hautes falaises de roche avec de grands fonds à toucher »: mais, toul près, des Ilots offrent un bon mouillage à l'abri des vents
du \ord-l >ues| '.
appliqué à une telle lie, le nom d'Ecume s'explique sans peine. "Avvtj, ilii r Etymologicum Magnum, nova Xsicrénriç uvpoû te xal ÇTjpoû, s le mot Akhnè désigne toute particule ténue, toul duvet humide ou sec ». Dans ['Iliade, une comparaison revient souvent entre les poussières d'hommes tourbillonnant sons le vent de la fuite H les poussières de l'aire, où l'on vanne le blé pour séparer i ;< i m cl la bourre, xapitév te xal Svvaç'. I ne autre comparaison non moins familière au poète de V Odyssée nous montre le vaisseau piquant el bondissant sur la lame, toul couvert d'écume et de poussière d'eau, ti 81 ti -à--/ ayvr, -'irt. Les hautes falaises de Kasos, opposées, d'un côté, <;i l;i grande mer et an\ houles du Sud. et, d'autre part, au courant ti aux rafales du Nord, présentent souvent le spectacle décrit par 1rs vers de ['Odyssée : » C'étaîenl des côtes accores, rocheuses et pointues, où grondait la mer, el tout était couvert pai ['akhnè du Ilot*. » Pourtant ce substantif isolé, pris comme nom de lieu, déroute l'esprit : au lieu du substantif isolé, V Écume, on attendrait plutôt un nom composé, comme Vile de l'Ecume, ou une épithète, comme l'Ecumante, \y//:TT7 mi 'Ayvouffo'a, ainsi que nous verrons tout à l'heure la Boisée, x'ii. -.-i. ii /// Hurlante, KeXàSouroa. Une telle appellation ne semble donc pas un mot original, populaire. Les Français ont donné longtemps au Pirée le nom de Port-Lion ou Port-Lyon'; Porl du Lion eût été bien plus conforme à leur onomastique ordinaire. C'esl qu'ils ne faisaient que répéter, en le traduisant a peine, le nom italien Porto-Leone. On peut soupçonner quelque opération semblable chez les Grecs anciens au sujet de ikhnè.
Hocharl avait déjà constaté que I équivalent à' Akhnè sérail, en hébreu, WD, kas . On ii«' saurait trop insister sm cette équivalence. Homère compare
: liutrut i naut m 801, p. 210 211 " lliad XV, 6
\ UN) 105 ' i Ody \H KM
i :i. Pirrlulai le encore ce nom en édition tic 1824.
Chanaan I p '<' -
I il l SYRI \ les guerriers lovants ;m\ pailles que lo vent balaie m li uirc u< n
el la même comparaison se retrouve dans In Bible : C • le kat ou le
venl du désert, je 1rs ai dispersas », dil l'Eternel à Jérémic Ka ■■ K soruil on grec une excellente transcription du kas sémitique : non avon vu que le p initiales! d'ordinaire rendu par un k, KASt) Bàpvr,, Kaopiv/,)», Kaot-
/.. etc.
Kasos-Akhnè forment «lune loublel gréco-sémitique. De ces deux nom .
lequel esl l'original? el lequel est la traduction ? is ne pouvons rien en savoir
encore. Notons cependant que Kasos serait plutôt, d'après certains indici l'original et Akhnè, la traduction. Pour en revenir, en effet, .:i notre exemple de Porto-Leone el Port-Lion, on peut prés sr que les Grecs copierenl el traduisirent tout à la fois le nom sémitique, en l'écourtanl sans doute : Kas devait être précédé d'un déterminatif, comme île ou roche, l~Kas, I Ile de V Ecume, ou Sor-Kas, la Hoche de I Ecume.
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Fie 50. — Rhèneia :'.
II. L'ile la plus voisine «le Délos, colle que les marins actuels appellent la Grande Délos, était pour les Anciens Rhèneia et Kéladoussa : 'Ptjvsmc quam Anticlides Celadussam vocal. Hem Artemin Hellanicus*. Strabon ajoute le nom
d'Ile aux Cailles, 'Optuyta, qu'il rapporte à une période antérieure, wvojjiâÇeTo 3s xal 'Opxuvta irpoTspo'v*. Mais la plupart des autours réservent ce dernier nom à la
IVIili1 Délos Kelados, -/iÀaooç, dit VEtymologicum Magnum, signifie le
tumulte et le bruit, oTip-aîvet tov 8ôpuêov xal rr\v xapà^v. Homère emploie ce mot pour désigner le brouhaha de la bataille, le choc des armes et les hurlements dos combattants. Il emploie l'épithète keladon pour les torrents mugissants el pour les vents qui gémissenl sur la mer,
y.y.zy.fi Zecpopov, xsXaSov -' z-\ ttôvtov6.
Kéladon, le Bruyant, est resté le nom d'un torrent d'Arcadie que la Télémakheia nous a l'ail connaître. Le nom de Bruyante ou Hurlante convient à la Grande Délos. Sa forme déchiquetée, les haies fissurées et profondes qui- la coupent