‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 157 sur 277 · I. Touraefort, 11. p · texte numérisé non relu

I. Touraefort, 11. p

•'. Choiseul-Goufûer, I. p. 7t>.

•". Thucyd., I. 7-8.

'.. Odyss., XV, \. H 2-415.

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pas nu. i- r, pour ces temps primitifs, une vieille ville sur la roche el une

ville neuve au porl : le texte même de V Odyssée n'admet |>;is une pareille interprétation. Les deux villes, « qui se partagent tout le territoire », doivent avoir chacune son domaine : elles sont éloignées l'une de l'autre. De plus, tout le récit i|ui va suivre aura deux théâtres, la ville haute avec son palais el ses ruelles, el l.i source avec son lavoir : « Si vous me rencontrez soii dans les rues, suit a la source, • «lit la nurse

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si dans la ville haute que I»' père d'Eumée a son palais; c'est à la source que sont campés les Phéniciens, près du vaisseau qu'ils ont tiré à sec. C'est à la ville haute que montent les Phéniciens pour offrir leurs colliers el autres • superfluités »; c'esl à la source, pour laver, que descend la nurse d'Eumée. C'est le qu'un jour (die se laisse enjôler par l'un de ces Phéniciens : en plein air idle s'abandonne. Quelle que fût la liberté de ces mœurs primitives, il fallait encore que l'endroit fui désert, écarté de la ville; il est vrai que la coque du na\ iic les cachait nu peu :

tcXuvoÛot t'.; Tcpûra •j.:--ri xo'ikr, Ttapo vtïÎ1.

l.i Syra de Toumeforl a. pareillement, la maison de l'évoque sur la pointe de sa colline ci < la principale fontaine de l'Ile coule toul au fond d'une vallée, assez près de la ville8 ». C'esl donc la même disposition des lieux qu'aux temps homériques, la ville en haut, la source eu lias. Au temps de Tournefort, un mille environ de terrains vagues s'étend cuire la ville el la plage, el le même intervalle existe aussi dans la Syros homérique. Car, le soir de l'enlèvement, tannée et sa nurse descendent par les ruelles obscures, puis, la ville quittée, ils s'en viennent en courant vers le port, où les Phéniciens ont amené leur navire i émis a Moi,

tulzÏc S le Xiuiva y.i.j-.'st nXQouev uixa xiovreç*.

Il semble dune que le poète ancien ail eu de Syros la même vision que le voyageur moderne. Il ne devait connaître qu'une ville auprès de la rade, une ville haute, atiiw rtoaUOoov, suivant la fréquente épithète homérique, el c'esl peut-être cette épithète homérique même de Aipeia qui sérail la meilleure traduction du sémitique Sour, Eûpoç. Voici du moins à l'appui de cette traduction quelques-uns de ces doublets gréco-sémitiques, auxquels il faut toujours revenir.

In Chypre, nous avons expliqué déjà l'origine el le sens du douldel Aipeiai <• . 121 i"i i, Il p "

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Soloi, lu I Ule \rdue le» Roche* ou le* Pierre*, Le poème homérique ineii tiennent une autre [ipeiacw Mcaaéiiin. CohI l'une de eut ville m< énienne

toutes voisines do la mer. . > i u 8' r/ù iX«4ç\ qu tgamemnon veut doi

tahille.

Quelques-unes de ces villes inessénieiiues se maintinrent duui In tirée»! hellé nique : Kardainutè, lu Cre**onnière, a duré jusqu'à nous. Mai . déjà au tcinn? de Strahon, bien des noms homériques n'étaient plus exactement localisas. 4l4>itiiii<* Antheia, la Fleurie, comme llirè, la Sainte, comme Knopè (qui semble n'avoir aucun sens en grec), comme Pédaso*, ta I ille du Bond (??), \-~ wt, /" Boche-Ardue, disparu! aux temps historiques et, Buivanl l'opinion des géogra plies, le nom de Koronè, de Méthonè ou de Thouria l'avail remplacé. Strabon penche pour Thouria, parce que cette ville, dit-il, osl bâtie sur une haute colline cl mérite ainsi le nom d'Ardue : r> 8' Aticcia vGv 8oupîa xaXelrai îSputai S1 î-;. Xicpou u'L/Aoj, àœ' ou xal tô ovoiia1. Thouria étail bâtie sur la rive gauche du Pamisos, à la lisière (le In plaine marécageuse, à quatre-vingt-huil stades de la mer, dix-huil kilomètres : a peu près la distance d'Athènes au Pirée, un peu au Nord iln porl actuel de Ka la m a ta et sur les premiers contreforts du Taygète5. Ces! le type des anciennes villes, écartées de la nier à cause «les pirates, habitées lanl que <lnre la piraterie, puis désertées quand les pirates onl disparu, xal péypi toûSs êm àvtpxwjiivoi sict*. « Les gens de Thouria, dit Pausanias, habitaienl autrefois leur ville perchée sur la hauteur, èv [xereupu ; mais, par la suite, ils sont descendus vers la plaine et c'est là qu'ils habitenl aujourd'hui. Pourtant ils n'onl pas entièrement abandonné la ville liante, ttjv îv<o -oA'.v; ils y gardent encore, parmi les ruines de leurs murailles, un sanctuaire qu'ils nomment le Temple de la Déesse Syrienne, tepèv ôvofjiaÇétjiEvov 8eoû Suptaç8. » Ainsi — nous l'avons vu l'ont encore aujourd'hui les gens de

Kalymnos. Au temps des corsaires francs et des pirates turcs on chrétiens, ils habitaient loin de la iium-, au sommet d'un morne, au centre de l'île. Aujourd'hui, descendus à l'Echelle, ils ont abandonné la vieille ville dont ils continuent pourtant à entretenir les églises : ils y remontent pour les tètes de la Vierge et de leurs autres patrons.

Dans la vieille Thouria, le culte de la Déesse Syrienne semble avoir surpris Pausanias lui-même : « Ils disent que c'est un temple de la Déesse Syrienne ». Le culte" de la Déesse Syrienne lui est pourtant familier : la Déesse Syrienne a conquis le monde gréco-romain. Mais, venue récemment de la mer, c'est dans les poils et dans les villes du temps, c'est-à-dire, par ce temps de paix romaine. (Lins les villes de la plaine et de la mer, que la déesse s'est installée. Ici, nous la

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