‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 161 sur 277 · SIDONIENS ET MARSEILLAIS · texte numérisé non relu

SIDONIENS ET MARSEILLAIS

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Dans notre Syrie homérique, les deux \illes Naxos et Syros remontent à l'époque où, suivant Thucydide, « des pirates kariens ti phéniciens habitaient la plupart des ilos ». Alors les fils de roi, comme le petit Eumée, avaienl des nurses phéniciennes. Car sur notre ile régnait Ktésios Orménidès, semblable ;ui\ immortels. Le petit Eumée étail son lils et, pour garder ce polisson qui ne demandail déjà qu'à courir les rues,

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Ktésios ;<v;iil une nurse phénicienne : « J'élève le lils de cet homme dans sou

pillais »,

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dit elle-même cette grande et belle fille. Ce n'est pas aujourd'hui seulement que la thalassocratie britannique a implanté chez les puissants de la terre la mode des nurses étrangères. Sous toutes les thalassocraties, nous voyons de pareilles habitudes : les puissants de la terre empruntent ou achètent aux peuples de la mer des serviteurs, des familiers, des ouvriers, des artisans et des artistes. Dans les poèmes homériques, Paris le Troyen va chercher en Sidonie les brodeuses dont il a besoin, comme Roger, neveu de Robert (iuiscard, ira chercher dans la Grèce byzantine les tisserands de soie, qu'il ramènera de gré OU de force dans ses villes d'Italie1,

... Ta; aù-rôç 'AXé^avSpoç BsosiSt^ç V'ayîv ï'.oovu/jîv* —

I. Cf. YY. Heyd, Commerce du Levant, I. p. 199. •2. lliad., VI, 290-291.

'Ils PHENICIENS ET L'ODYSSÉE.

I >< • iiHinr kit mo- achète cette nurse de Sidon, i|in esl à la fois une licite femme ri une bonne brodeuse, joignant ainsi l'utile h l'agréable,

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\u temps de la lhalassocratie française, Tourneforl rencontre sur une route d'Asie Mineure la caravane il un pacha : « Sun médecin était de Bourgogne et son apothicaire de Provence; où est-ce qu il n \ a pas «le Français'? * et Paul Lucas fait la connaissance à Ispahan de « Monsieur Jourdc, français, orfèvre < 1 1 1 nu (de Pei*se) avec quatre mille livres de pension, présentement le seul orfèvre français dans ce ||;|}^ • Les étrangers tiennent dans la Grèce homérique les mêmes métiers. C'est I Egypte qui esl alors la terre des remèdes, la patrie des médecins el des apothicaires, car là-l>as chacun esl meilleur médecin el plus savant que les autres hommes,

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et la terre \ produit des drogues innombrables, les mies salutaires, les autres pernicieuses,

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tpàpuaxa, tjj'/.i-j. ixèv i-h'/'-j. u.etuYuiva -<•//.).'/ 8e i:r-A. .i i i i 1 1 ii

C'esl d'Ég\'ple que vienl le laineux anesthésique du temps, l'éther ou la morphine homériques, le népenthès qui supprime la douleur, calme l'excitation el l'ail oublier tous les maux,

v/jTïevOéî t1 ayoXov -z. xaxûv ÏTzlXrfiov àîcavrwv.

An temps de Diodore, les Égyptiennes deThèbes onl encore la recette de celle drogue du vTjitevOèç*. Cette drogue merveilleuse <ln népenthès valait, sans doute, an\ médecins el apothicaires d'Egypte ou à leurs élèves la môme renommée et l,i même clientèle, que, durant ces derniers siècles el même ces années dernières, notre quinquina el notre quinine valut aux o nourrissons de Montpellier ou de Padoue ». Dans l'Asie Mineure actuelle, le moindre voyageur « franc », pourvu de quinine el d'audace, peul rapidement se faire une célébrité <lc grand médecin. \u wn siècle, c'était |»l u> facile encore : les indigènes n onl ni médecins ni chirurgiens", imi- les explorateurs «ni trafiquants de celle époque prennent le titre el la qualité de guérisseur : « Aussitôt que je fus à Sparte [hbarta d'Asie Mineure), raconte Paul Lucas, il se répandit un bruil <|n il était venu nu grand médecin étranger. Le Bâcha de la \ille demanda a me voir et me

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italiennes. Tourneforl ol P. Lucas" rencontrent partout ces Ksi u lapes :

Los médecins ordinaires tiu Lcvunl s'mi dos Juifs ou di»i ' indiolr nou u «!••

r.iiluiir, i|in n'oseï 'iiicni purger que dos convalescents, route In science de Orientaux en rail de mnlndies consiste il ni- poinl donner de bouillon .i < i ceux qui ont la

fièvre etc. La médecine esl exercée i'i Naxos par les religieux latins Le Je nilen

cl les Capucins \ nul de très bonnes apothicaircrios. Les Cordeliers - en mêlent an i le supérieur a été chirurgien major de l'armée vénitienne durant la dernière guern Voila les docteurs nui composent la faculté de médecine de Nuxio : il- sonl tous trois François et ne s'accordent pas mieux pour cela.... M. Chabcrt, apothicaire de Provence, étoil établi depuis longtemps à Constantinople, où il étoil fort employé dans sa profession, Sun lils étoil apothicaire d'un pacha et nous fut d'un grand secours1 —

La colonie franque de Saïda a deux médecins-chirurgiens-apothicaires. Cet ni en

1658 les sieurs Thibauld et Margas5.

Cet exercice de la médecine esl fort utile au commerce : par leurs relations iliius le peuple indigène, par leur influence sur les pachas et officiers <lu Grand Seigneur, les guérisseurs étrangers peuvent beaucoup pour le développement ou le rétablissement des affaires de leurs compatriotes. .Mais la médecine sert davantage encore les iulérèts de la religion : il esl si facile de prolonger l'ordonnance médicale par des conseils religieux! les prescriptions thérapeutiques nièiienl aux prescriptions rituelles. Théatins en Mingrélie et en Géorgie, Jésuites, Capucins el Cordeliers dans l'Archipel ou en Syrie, tous le> religieux francs soignent les corps pour conquérir les âmes : les Jésuites ont encore aujourd'hui

leur Faculté de médecine à Beyrouth Dans l'histoire religieuse de la Grèce

homérique, il faudrait ne pas oublier ce rôle et celle influence du guérisseur levantin.

« Los François, ajoute Chardin, sont en grand nombre à Smyrne et dans tout le Levant. On en trouve en tous poils de Turquie et non seulement des marchands, niais de toutes sortes de métiers. I! y a peu d'arts mécaniques dont l'on ne trouve quelque ouvrier parmi eux*. » Dans la Grèce homérique, c'est du dehors aussi que viennent les artisans. oY.a'.o^yo-., « les devins, les médecins, les constructeurs en bois, les chanteurs divins qui charment par leur voix. »

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