‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 164 sur 277 · Cf. Ebeling, Lexic. Uom., s. v · texte numérisé non relu

Cf. Ebeling, Lexic. Uom., s. v

'.). Uni., i. '>i el 50.

. I ES PHI Mi IENS M l/ODYSSÉ I

lu mémo extension « 1 * * sens, quj, de <>i<>n<>s désignant les instruments de la divination, a (ait un synonyme de présage, donne pareillement au verbe arabe gaapa la signification de tirer des augures et à gaïpoun le sens de devin. Chez les Gréco-Romains, ce sont les .'/""/' **, ■ ïraç, dil Plutarque, qui sont les meilleurs donneurs de présage, ypûvrai ixâXiTca icpè; toik oitimauoûç.

La transcription de w, goup, en • j~-> va de soi : nous savons que le 3 initial est souvenl rendu par un •;: nous voyons dans l'Écriture le nom propre ns*y transcrit en raupi, Gaipha, par les Septante. Le f/"/** passait chez les Grecs pour un oiseau étranger, originaire d'on ne sait quelle mystérieuse patrie :

il m- nichait ni ne pondait jamais en Grèce, mais il \ venait il la suite (les

armées1. Les Egyptiens racontaient que tous ces oiseaux étaient femelles cl concevaient par le souffle du zéphyre. « (m avait choisi le [fixip pour les pré- -. dit Plutarque, parce qu'Héraklès l'avait jn^é le pins juste des oiseaux de proie : c'était Héraklès lui-même qui l'avait choisi*. » Il faut toujours prendre garde aux légendes de l'Héraklès grec et surtoul à ses importations. Tyr ou Sidon, en pins d'un cas, semblent en avoir été les fournisseuses. C'esl

de Inné de ces \illes que goup a dû passer aux tirées. La suite de nos éludes

va nous faire découvrir dans V Odyssée toute une série de noms d'oiseaux, qui o.ii de semblables doublets nous conduiront à de semblables étyroologies sémitiques : la légende mégarienne nous a fourni déjà le doublet Nis-1'Épervier, :»•;. ni«-vÎ70{-UpaÇ.

Mais si iihiis acceptons ce renseignement de V Odyssée et si nous admettons

celle importation d'artisans et d'artistes levantins, il faudrait bien envisager certaines conséquences. En cet état de civilisation où les arts et les sciences viennent des peuples de la mer, l'admiration et la confiance des barbares s'attachent sans discernement à Ions 1rs gens d'outre-mer el leur attribuent talents, savoir, habileté universelle. Dans l'Asie Mineure du dernier siècle, dans tonte la

Turquie du ivn", un Franc quel qu'il soit est | ■ les indigènes un médecin, un

grand médecin qui peut en remontrer à tons les guérisseurs du pays. C'esl ce que nous dil le poète odysséen du peuple d'Egypte : « Chacun y est médecin et dépasse en savoir les antres hommes ». il suffi! d'arriver d'outre-mer pour trouver clientèle et crédit. Les voyageurs du \\n' siècle rencontrent dans le Péloponnèse de prétendus • nourrissons de Pise ou de Padoue » qui n'onl jamais étudié que dans les cuisines un les prisons de Zante, de Corfou el de Venise.

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Ce ne boiiI pas toujours dos étrangers, de p'runi Ce onl pniToi du imli gène . de Levantin nui, partis du pin . "ni revenu apri quelque iimitW* m disait! qu'ils avuieul lui leurs étude cl i onqui leui i . > < ! . roui le monde les croit sur parole jusqu'au joui' oi'i quelque Ii.um. uyuul recoin b leui

soi'vico, s'opereoil de leur complMe ignorance : ils avaient) pcndiuil leui ub >■

du pays, servi comme domestiques dans la maison de quelque Vénitien de Zanlc, donné les lavomentsou assisté aux saignées de leur maître, el il avaient lunl

bien que mal retenu quelques formules el quelques opérai - de médecine

européenne.

Pour les autres arts, il en est < 1 * * même. Duns I estime des barbares, les gens d'outre-mer savent toul Paire el tout fabriquer, construire des palais el jouer de la flûte, peindre, graver <>n sculpter el fondre des canons, réparer 1rs montres el diriger les locomotives. Aujourd'hui encore, <lr prétendus ingénieurs européens sont tour à tour installés parle gouvernement turc dans les services les plus différents : ils font «les routes aujourd'hui el ils dirigenl des bateaux demain. .1 'ai vu le Pacha de Rhodes, préfel (1rs Iles, entrer en fureur contre l'agent-voyer de sa province qui avouait ne pas pouvoir lui construire en quelques semaines une pompe à vapeur. Dans la cour du Palais <lu Bey à Constantinc, subsistent encore les fresques exécutées en 1822 par un cordonnier sicilien. Ce malheureux avait élé enlevé par les corsaires el vendu comme esclave an Bey (|ni lui ordonna de décorer ses murailles : l»ms les Italiens ne sont-ils pas peintres? Le Bey voulait des fresques, italiennes d'exécution, mais turques de conception el de goût : il promit la liberté à son cordonnier, qui lui badigeonna lent aussitôt quarante mètres de muraille et lui lit. à la mode turque, des Hottes naviguant vers Stamboul, des bateaux tirant le canon, des mosquées avec leur minaret, des dômes au milieu de jardins, etc. 11 suffît de regarder l'œuvre pour deviner qu'avant ce début dans l'art de la fresque, notre cordonnier n'avait jamais de sa vie terni le crayon ni le pinceau. Le Bey fut pointant enchanté du résultat : il libéra son esclave.

Devant ces peintures « grotesques » (dit irrespectueusement le guide Joanne1), je pensais malgré moi aux stèles de Mycènes et à leurs grossières conventions : « Le sculpteur n'avait pas sn trouver la place du glaive sur la cuisse dn combattant. Il voulait pourtant rappeler l'arme redoutable dont savait si bien se servir le héros. Avec un sans-gêne naïf, il l'avait jetée quelque part dans le champ. Ce serait affaire à l'imagination du spectateur de la remettre dans la main du héros*. » Les chars et combattants des stèles mycéniennes valent les fresques de Constantine, comme maladroites copies de motifs fort répandus. Les archéologues pensent que eette maladresse et cette naïveté sont une authentique marque de fabrication indigène; ceux-là mêmes, qui sont disposés à reconnaître une influence orientale dans la fabrication des vases d'or, poignards et

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