‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 166 sur 277 · Odyss., V. 272-277; cf. Iliad., XVIII · texte numérisé non relu

Odyss., V. 272-277; cf. Iliad., XVIII

i. Pour toutes ces légendes, je renvoie te lecteur au Dictionnaire de Roscher,

."). Cf. A. Bloch, Phoen. Glossar, s. v.

»1ES in» Mi IENS l l L'ODYSSÉE.

querail la transcription 'là- lu : nous sommes t » ;i I » i 1 1 1 *'■-> à ces noms de femmes en (•>. K-j/ji'K Ivtô, Kuutl), etc. Io est une déesse de la navigation, une nymphe navigante. Quant ;i son gai*dien Apyoi, '' ,,s| ;1 l,,''m' l>»'s"in de montrer sa parenté nominale avec le gardien de Kallisto, Apxa;. L'un et l'autre d'ailleurs descendaient d'un ancêtre commun, lasos. Irgos, suivanl les uns. avait, sur la tête, un œil unique, mais énorme, et quatre yeux autour du crâne; il avait, suivant d'autres, ou cent yeux ou mille yeux pour tout voir, iravôirojç, Liupuoiciç. i constellation du Bouvier esl composée en effet d'une étoile très grosse et 1res brillante et d'une foule d'autres étoiles plus petites et plus effacées1: l'Arktophylax, que les vieux auteurs nomment le Bouvier, est couvert d'astres -m tous ses membres : mu- sa tête flambe une aigrette ' »,

[rklophylax, sive, m reines cecinere, Bootès...

luiuil tamen unquam

in picturatx plaustrum procurrere matris

fas datur

Sec munis ni iiirinhris lui nlli iiid.fi ma rihrat

omnibus . ardei apex capiti; muni ignea laie

ilftlfni; (Itimmtiiiliir luimrri : /Itimnuiin movel instar

intff ut rumque fémur etc.*.

Il esl possible que la plus grosse et la plus brillante étoile de celte constellation soil le W ou ©*y, 'is, des Hébreux, dont lasos serait peut-être la transcription grecque : dans les langues sémitiques, la racine wiy, 'uns, ou wy, 'ass, signitie faire In ronde de nuit, et les Arabes donnent le nom de 'aassoun&u veilleur ou gardien (homme nu chien) qui lait la ronde nocturne autour du troupeau; ce serait exactement nuire gardien, yûXaÇ, grec*. Mais l'astronomie hébraïque nous r-i m nul connue qu'il vaut mieux ne pas nous arrêter à celle hypothèse. Par contre, il me semble probable qu'une légende attique nous fournit l'original phénicien de Bootès. Ce Bouvier, êoûtrjç, êodjTyjç, bubulcus, qui esl le Gardeur d'Ours en Arcadie, s'appelle chez le- Athéniens Ikarios ■. dans toutes les langues sémitiques, "DM, ikar, signifie le meneur de charrue . Ikarios ,>i le charroyeur fidèle de Dionysos. Sur son char, il promène l'outre du dieu. Il circule ain-i. plaustro onerato*, avec sa fille Erigone. Le Bootès in est aussi Philomèlos, l'inventeur de la charrue7. Il me semble donc que doublets lo-Kallisto et Bootès-Ikarios indiquent la double origine de la double légende : l'Ourse est grecque et les Hellènes de tout temps appelèrent Ourse cette constellation; pour les Sémites, elle était le Char\ nous disons

I Poui loul l; Brnwn, Primitive. Conntellntiont, p. 282 cl suiv,

: i /'■ mai '

fab 130.

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SIDONII VS RI M ilIKl II l \i

cucoi ■(• le Chariot de David. De toutes façon jo croi qu Hérodote uvail raison de r.ini' naviguer lu bollc l«> sur les flotte îles l\i ou do Sidoii Ce "ni le

l'Iiénicieiis ■ | m i mil introduit ni Grèce ('Cttt! I * : > 1 1 ' I - .1 tl'OIlUlllîlIUC, ■ < m 1 m<- il

oui inti'oduil I, niiic légende astronomique de Kndmo féléphu! .1 Kuropi

Revenons b l'Ile Syria el à notre nurse phénicienne. Grâce aux m. hum franques, nous pouvons compléter le récit de [Odyssée el mieux connaître l'histoire «le cette belle esclave. En face de ses aventures, telles qu'elle-même en rail le récil à son corsaire de compatriote, il suffît de copier I histoire il une belle Maltaise, telle que nous la raconte deux nu trois mille ans plus tard le corsaire français Paul Lucas.

Au temps qu'il étail corsaire (vers 1695), Paul Lucas enleva a l'entrée des Dardanelles un satnbiquin (sorte de vaisseau) qui emmenai! un aga turc à Mêïelin1. Il y trouva loni le harem de l'aga, c'est-à-dire trois femmes H deux éphèbes. Les femmes criaient et pleuraient, sachant le sort des femmes à bord d'un corsaire.

J'ordonnai à un des matelots qui parloil turc de demander à ces femmes ce qu'elles avoienl à pleurer. La plus jeune, qui n'étoil âgée que de seize à dix-sept ans, me <lil en italien qu'elle étoit chrétienne : « Vous avez tort, lui dis-je, de pleurer, puisque je vous ôte d'entre les mains des Turcs. — Il esl vrai, seigneur, me répondit-elle, mais je suis entre les mains d'un corsaire. Non, ma belle, ajoutai-je, les corsaires ne sont pas si méchants : consolez-vous. »... Quand tout fui tranquille el que j'eus l'ail ranger les voiles, je demandai à la jeune esclave son pays el par quelle avenlure elle étoit tombée aux mains des Turcs. Elle éloil de Malle, lille d'un médecin assez riche, nommé Lorenzo

J'ai l'honneur d'être de Sidon riche en cuivre, dit la Phénicienne de l' Odyssée; je suis la fille d'Arubas, qui jouit là-bas d'une belle opulence....

îx uiv -'.ocôvoç: -oAjyàAxo'J suyouat etvai, xo'jor, 0' eïu.' Ao'jëavTo; èvw ouSov àcpvsiow*.

Lorenzo dans le texte français de Paul Lucas esl un nom étranger. Il esl possible i\uArubas soit aussi un nom étranger dans le texte grec de VOdyssée. On a voulu du moins lui trouver une étymologie sémitique. Il est certain (|u"As'jëa; ne semble pas grec : il ne se retrouve qu'une fois durant toute la période hellénique, appliqué à un roi d'Epire. On l'a rapproché du nom hébraïque ïiy, Oreb* : la transcription Oreb-Arubas est tout à fait impossible.

1. Paul I. uens. Troisième voyage au Levant. 1. p. t~> el suiv.

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