I. Xénoph., Anab., III. -J
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lui |kin perdre l'occasion de m'entretenir. Nous causâmes ainsi jusqu'à l;i pointe du jour, qu'elle se relira
I \ii liipel de Paul Lucas el celui de I Odyssée sonl semblables en Ions points. Les étrangers, rrancs ou phéniciens, \ jouenl le môme rôle, lour à tour ou en même temps eorsaires el convoyeurs, pirates el marchands, bandits el galantes
-. Les indigènes m «mi pas grande confiance dans ces liions, toûxtou, «lit
I innée, »'l cependanl ils onl recours à eux pour transporter leurs biens ou môme leurs propres personnes. Car ce sonl d'habiles marins, vauffûcXutoi, « I î l Euméc : -m leurs bateaux on a moins peur du naufrage. Au temps de la thalassucratie arabe, les pèlerins chrétiens prennent passage vers la Terre Sainte mu des bateaux musulmans : Bernard, moine français, s'embarque à Tarente (vers 842-871) sur un navire sarrasin. Inversement, les Italiens, devenus maîtres de la mer, servent ensuite dp passeurs entre l'Afrique el la Sicile musulmanes, entre l'Asie turque el la Syrie arabe: c'est un bâtiment génois qui en 1332 porte Uni Batoutah de Laodicée de Syrie à Alaja. Sarrasins, Vénitiens el Génois se font pourtant entre eux la course el même la guerre à toute occasion propice1. L'aga turc de Paul Lucas prend une barque française pour rentrer d'Alger à Constantinople. Le môme Paul Lucas1 a connu à Constantinople un 1 1 1 1 < de qualité, qui se louait forl des bienfaits de notre nation.
II s'appeloil lousouph-bey. Il avoil été envoyé en Uger de la part du Grand Seigneur.
II s'étoil embarqué sur une barque française qui devoil le mener à Tripoli de Barbarie ri il avoil eu soin de demander un passe-port à Monsieur I ambassadeur. Arrivé à Tripoli, il trouva un vaisseau turc; il se mil dessus pour continuer son voyage; mais une tempête le jeta sur les côtes <lr Sicile. Il lit un naufrage assez triste el l'on lii esclaves lous ceuj i|iii se sauvèrent à la nage, lousouph-bej avoil sauvé son passeport. Il le montra aus magistrats, aussitôt ils changèrent deconduiteà son égard; on les babilla, lui el toute sa suite; on leur Fournil avec honnêteté toutes les choses dont ils eurent besoin cl on lui donna un bâtiment qui le conduisit en Uger. Lorsqu'il j voulut se rembarquer, on voulut lui donner un bâtiment du pays pour le reporter; mais il ne le
i pas assez bon pour se mettre dessus, et l'honnêteté qu'il avoil remarquée chez les I rançais le détermina à les prendre pour les guides de son retour. Il entra dans un vaisseau qui revenoil à Marseille. Il j fut comblé d'honneurs; mais ce qui augmenta Ba bonne opinion pour la nation française, ce lui le bon accueil qu'on lui lil dans toute la ville et, surtout, le soin qu'on lui prit de Faire ses provisions pour le voyage de i onstantinople.
Remplaçons dans ces récits Uger par Egypte el Marseille par Sidon, el nous comprendrons mieux 1rs histoires d'I lysse, Yaga d'Ithaque : « L'idée nous prit daller en Egypte. Nous arrivons el nous irions l'ancre dans le fleuve. Mes compagnons débarquent, pillent les moissons, enlèvent les femmes, tuent 1rs hommes el les enfants. Les Egyptiens accourent. ^\rc leur roi sur sou char de
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guerre, ol massacrent notre troupe. Je dépo e lu hum .i le no nie auvi». Je reste la *<•/</ uns ol je fuis Ibi'tunc; ear les Rgvption nie i omhleiil de < aile m
Survienl un Phénicien, un Mou, neluiul i • • < i le i . / i >/-./
'.'-'•>-. ol qui avail déjà dû rouler bien des gens. H me décide i pu ei • * ■ ■ Phéuicie : | \ reste un an. Puis il me charge sur son bateau poui la Libye; non* devions commercer à pari égale; il avail quelque intention de me vendre là h ;i beaux deniers comptants; je m'en doutais; mais nue foire?
Des Turcs, raconte Thévenot, chargèrent de marchandises en Uexandrie deux vaisseaux François dont l'un estoit au capitaine Durbcqui et l'autre au capitaine Crivilliei cl un vaisseau anglois, njoyennanl bon naulis. Le capitaine Durbcqui, au lieu d alli Constanlinople conunc il l'avoil promis, B*en alla à Livournc avec dessein de profiter des marchandises qu'il avoil sur son bateau. Le capitaine Crivillicrs cl l'Anglois suivirent bien tosl après son exemple. Après cela les vaisseaux n'osoienl plus venir de chrétienté en Egypte, craignons qu'on oe se vengeas) mit eux de celte perte. Le Bâcha du Caire dissimula sa colère, puis lit enlever les Consuls qui oc sortirenl de prison qu'avec il'1 grosses sommes d'argent que les Malions payèrent.
Autre histoire racontée par le même Thévenot. Le fils aine du de) de Tunis, tyrannisé par son porc et marié contre son gré, s'enfuit en Sicile Los Jésuites le baptisent ol lui donnent le Vice-Roi ol la Vice-Reine pour parrain et marraine. Il s'appelle désormais don Filippo. Il passe à Homo où il est bien reçu du Pape, qui lui l'ail i\c beaux présents. Il va ou Espagne ou le roi lui donne une pension. Il s'établit ol so marie à Valence.
Mais la mère do don Filippo estoit fort affligée do la perte de son Mis, qu'elle aimoit passionnément. Ne songeant qu'aux moyens de le recouvrer, elle lii tant auprès d'un capitaine anglois, qu'il lui promit de le lui ramener. Ce traître, pour bien exécuter son
dessein, s'en vint à Valence, lit connaissance avec le prince cl, trouvant qu'il estoit sans argent, lui en presta. Don Filippo, ayant de l'argent, lit son train et trouva bientôt la lin de celle somme. Ce capitaine lui redemandant quelque temps après son argent, le Prince fort embarrassé offril une lettre pour sa mère, qui payeroit tout ce qu'il lui avoil preste. Mais l'Anglois n'en voulut point, disant qu'on ne le connaissoit plus en ce pays-là depuis qu'il estoit ehrestien. Il lui conseilla de retourner à Rome OÙ il avoil été bien reçu el. où Sa Sainteté lui l'eroit tant de bien qu'il auroil moyen de payer. En même temps il s'offrit de l'y mener sur son vaisseau. Le Prince accepta l'offre et. s'eslant embarqué sur ce vaisseau avec, sa femme el des valets chrétiens, ce capitaine au lieu de prendre le chemin de Rome prit celui de Tunis, de sorte que le PrincefUt tort ëstonné lorsqu'il reconnut la Goulette1.
I Ivsse est plus rusé que don Filippo. Il se méfie du capitaine phénicien. Mais que faire? Il est. comme don Filippo, en pays étranger. Comme don Filippo. il a peut-être signé quelques billots, malgré la pension que lui taisait le roi d'Egypte. Il est dune forcé do s'embarquer : « Et jusqu'en Crète, tout alla bien.