‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 169 sur 277 · Thévenot. II. chap · texte numérisé non relu

Thévenot. II. chap

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Mais alors une tempête causa noire naufrage. Jeté sur les eûtes «les Thesprotes, i \ rus accueilli el habillé par le roi, qui me confia cl nu* recommanda à un navire thesprote. V peine en mer, l'équipage, < 1 1 1 i avail l'intention de me vendre, 1 1 1 1 * dépouille de mes habits neufs, me jette les haillons nue je porte encore, et, le M'ir. quand nous arrivons sur la côte d'Ithaque, ils m'attachent au mât pendant qu'ils débarquent pour souper. Je parviens alors à me délier cl je m'enfuis. •• Cel équipage thesprote ne se conduit pas autremenl encore que nos corsaires du xvu' siècle. A terre, tes gens de bien protestent de leur religion, de leur lovalisme, de leur obéissance aux volontés rovales. En mer, ils ne connaissenl ni Dieii m roi. Paul Lucas, après avoir été corsaire, devienl victime i —i » 1 1 tour :

Le \ juin 1708, je m'embarquai sur un petil vaisseau anglois qui alloil à Livourne el je le fis d'autanl plus volontiers que par là je n'avois presque rien à craindre des ennemis île l'État. Je me persuadois que, portant sur moi les un lies du Roi, si le vaisseau anglois l'inii attaqué par quelque François, je serais également en sûreté el que «les gens de Sa Majesté ou même des gens de ma patrie n'auraient garde de me maltraiter — Mais parvenus à la hauteur de l'isle de la Cabrare, qui n'esl |ias éloignée < !<• Livourne, nous découvrîmes un vaisseau i|iii venoil sur nous à toutes voiles el à toutes rames. Notre capitaine, ayant reconnu qu'il étoil François et le voyant s'approcher de nous en corsaire, nui dans son esquif son argent el ce qu'il avail de plus précieux, el les gens « j 1 1 ' i I \ lil

descendre eurent ordre de gagner la lerre de Corse. Par là il sauva son bien Comme

la bon ace régnoil alors sur la mer, le corsaire, qui avoil beaucoup de rames, nous fui bientôt à tire de canon. Vprès en avoir essuyé cinq coups, nous amenâmes nus voiles ■ i l.i chaloupe du pirate nous vint à bord. Là commença à se faire un pillage dans toutes les formes.... Lorsque l'on vint à moi, je <li> que j'étois François comme eux, mais qu'outre cela j'avois l'honneur d'être à Sa Majesté et que j'étois porteur de ses ordres el défences à ses sujets el à imis autres d'attenter sur moi ni de me faire aucun tort....

Je me li*- même ner à bord du capitaine, Joseph Brémond, à qui je montrai les

ordres du Roi Mais il me dit tout nel que mes ordres du Roi étoienl une chanson..., que j'étois son prisonnier, que c'étoil à lui tout ce que j'avois el que chez lui, François

mu Rutre, c'étoil la méi :hose Il prit mon argent, mes armes, sans s'en cacher, en

me disant à moi que j'étois à lui avec toul ce que je possédois.... Que dire à un corsaire qui ne respire que le pillage el le sang, el le maître absolu dans son vaisseau1?

Dans leur archipel, les corsaires français avaient dos lies où ils déposaient leurs prises. IU j relâchaient de longs mois. IK \ menaient, grâce aux vins cl aux femmes du pays, la vie qu'on peut imaginer : a L'Argentière était leur rendez-vous et ils \ dépensaient en débauches horribles ce qu'ils venaient de piller sur les Turcs; les dames en profitaient. Elles ne sonl ni dos plus cruelles ni <\>-^ plus mal faites; toul le commerce de cette lie roule sur cette espèce de galanterie sans délicatesse, qui ne convient qu'à des matelots; les femmes n'y

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dans la \ il If mari lime de Patras devenue I nu de entrepôt du roinnu

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hommes ot, plus (jue foin mes au monde, lidèlc aux prutî<| ne <l Aphrodite I > plupart gagnent leur vio h travailler le hj • •■ d'Elide; elle en fonl de kekru phalen el autres vêlements1. •• La Syrie de I Odynxéc eonuail déjft ce bonne lileuses ou tricoteuses, pas mal faites, el cette galanterie en plein air, au délicatesse : .

» Miln. reprend Tourucforl . abondai! en toutes sortes de biens dans le temps que les corsaires français lenaienl la mer. Ils amenaient leurs prises en cette Ile, comme à la grande foire de I Vrchipcl ; les marchandises - \ donnaient à bon marché; les bourgeois 1rs revendaient à profil el les équipages consommaient les denrées du pays. Les dames \ trouvaient aussi leurs avantages; elles ne sonl pas moins (•(M|ii(>ilcs que relies de I Argentièrc "

Ce dernier passage nous expliquerait, mieux encore que nous l'avons fait, la description de la Syria homérique. Cette Ile où tout abonde, surtout les provisions, \i;indes. \ins et farines, doil sa prospérité passagère aux corsaires de

Sidon. Ils s'y donnent rendez-vous el en font la foire de l'Archipel. Cette Ile j ■

pour les Phéniciens d'alors le môme rôle que Mykonos plus tard pour uns Français : c'est leur grand entrepôl du Nord. Les français, dans leur Archipel, onl trois de ces grands reposoirs ou magasins. Entrés par la porte du Sud-Ouest, ils trouvent d'abord, juste aux bouches de Kythère, le groupe de Miln. qui leur offre le premier i^ile d'étape, le reposoir du Sud. Symétriquement, entrés par la

porte du Sud-Est, les Phéniciens trouvaient juste aux bouches de Rhodes le

Kasos leur entrepôt du Sud dans le groupe de Théra et d'Anaphè, colonisées par eux. disait-on, et dont les poils, eu effet, sont tournés vers le Sud-Est. Au centre de l'Archipel, les Français fréquentent ïo, si peuplée de leurs corsaires qu'on l'appelle « la petite Malte4 » : la rade d'Io ou de Nio, comme ils disent, ouverte vers le Sud-Ouest, leur tond ses deux promontoires. Pour les Phéniciens, c'est Oliaros qui fut cet entrepôl du centre : la grande rade, toute remplie d'ilôts, que laissent entre elles Parus et Antiparos, s'ouvre aux arrivages du Sud- Est Vu Nord, enfin, Syra et Mykonos se font face et, symétriquement tournées

l'une vers l'Ouest et l'autre vers l'Est, leurs rades. — nous l'avons vu. — se remplacent suivant la direction orientale ou occidentale des courants commerciaux : Syra est l'entrepôt phénicien, Mykonos l'entrepôt français.

Mais si les entrepôts changent de place, le commerce reste toujours le même. Nous pouvons reconstituer, en ses moindres détails, la lointaine « marchandise »

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