‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 183 sur 277 · I. Odyss., XIV · texte numérisé non relu

I. Odyss., XIV

'J. D'Arvieui, I, p. 150.

r>. il. Lewy, p. (>•>.

i. Slrab., XIV. 668.

•-LES Mil SICIENS M L'ODYSSl l

qui, vendue < Nnples, esl devenue, comme Euméc, membre de la famille où elle sert.

Sur les bateaux de la Méditerranée primitive, les jeunes remmes faisaicnl prime, non seulement a cause des services rendus à l'équipage, el ces navigations i|iu duraient des mois el des années ne pouvaient se Faire sans femmes l\ bord1, mais surtout a cause du prix qi c l'on en lirait aux bazars de Sidon « » 1 1 de Memphis. Ce inonde levantin ;i\;iil un grand besoin de femmes. Les hommes en ces temps heureux n'étaient |»;is seuls a posséder de beaux harems. Les dieux el les déesses possédaient des troupeaux de prostituées. Troupeaux cl harems avaient sans cesse des vides à combler. Secoué |>;ir la tempête, le capitaine sidonien vouait à l'Astarté des Promontoires une femme de sa cargaison, comme le capitaine marseillais voue un cierge a Notre-Dame de la Garde. Le pieux accomplissement de pareils vœux se pouvait faire, >;uis bourse délier, en enlevant sur la première plage de débarquement les femmes el les lilles attirées à bord. La légende grecque nous rapporte mille exemples tic pareils enlèvements. Mais elle nous parle ;ui>^i de femmes el de lillcs vendues <>u données par leurs pères el leurs maris aux navigateurs étrangers, jetées à la mer cl transportées ainsi de Grèce dans les Iles, en Chypre, en Syrie et en Egypte. Vugè, lilli' d'AI. -on le Tégéale, esl donnée par son père au héros navigateur Nauplios, qui va la vendre, elle el mui fils, au roi de Mysie Teuthras : « Les Mlles de Mycone, dit Dapper, n'ont rien de désagréable ni de rebutant. An contraire, on peut dire qu'elles sont belles el de riche taille. Il j a quelque temps, un capitaine île vaisseau chrétien en ayant voulu emmener une. avec le consentement du père qui la lui ;i\;iii vendue, elle ne voulut jamais s'j résoudre, ce qui causa un fort grand désordre dans l'Ile, toutes les femmes s'étanl attroupées qui remplirent la ville de tumulte el de cris '. »

Passons aux métaux el minerais.

Pour l'un d'eux, nous avons un souvenir certain, car il semble bien que l'or, si employé dans l'armemenl el la parure homériques, porte en grec un nom sémitique : tout le monde admet que yoûffoç, khrusos, esl la transcription exacte île vnn, khrous. .Nous savons déjà comment les Phéniciens, les premiers, exploitèrent les mines d'or de l'Archipel : Hérodote a vu leurs galeries sur la côte de IIi.i-hs qui regarde Sa motb race ; le nom sémitique de Siphnos, laMine,&&\ toujours resté ;i l'autre Ile célèbre par ses mines d'or*. Mais il esl d'autres métaux |Miur alimenter ce commerce primitif. UOdyssée nous parle de navigations métallifères. Uhcna se présente à Télémaque comme un prince des Taphiens,

I. \ Buphi li le Karien Pau mia [, 3, 27). C'est une histoire de sauvages

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tpi p, ■ '. i I, M. Cf. 11. Blûmner, IV p 19.

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Purin i les Vneiens, l'crliiin retrouvaient cette réiné u homérique dan le Sud de l'Italie. Sur le golfe de Saiiitr Kufcmic, une ville tic Temeiti ou Vemp << [mi dait d'aucicus établissements miniei , dos cuivrière , que un ce e le peuple étrangers, Uisoncs, hloliens, Carthuginois ou llomuins, di putèrcnl aux Brutliens indigènes. Près de celte ville, un compagnon il I Ivsse, IloXirr, . uvail un sanctuaire aminci le |>;i \ -> pendant longtemps uvail dû payer lu dlmc1 — Il est possible nue les marins de Taphos, c'est-à-dire de lu mer Ionienne, aïeul déjù connu le chemin de relie Italie méridionale, nui plm lard devint lu Grande Grèce. Il"* \ trouvaienl le cuivre dont leur pays a toujours manqué (lu Grèce si riche en argent cl en zinc n u pas de cuivre). Ils I échangeaient contre le 1er qu ils fabriquaient sans doute dans leurs' forges catalanes. Mais si le fer des Taphiens trouve une clientèle en Italie, c'est que le fer italien n'est pas encore exploité : la grande île du fer, l'Ile d'Elbe, n'a pas encore ouvert --es mines. Car du jour où ces mines abondantes et pures seront ouvertes, leurs produits chasseront des eaux italiennes toute concurrence étrangère. Nous verrons bientôt, en effet, i|ii il fut un temps où l'île d'Elbe ne produisait |»as le fer, mais le cuivre.

D'autres, parmi les Anciens, cherchaient la Témésa homérique dans l;i Tamassos chypriote, qui. elle aussi, avait des mines de cuivre. Ces mines3 étaient situées au centre de l'île, dans les montagnes couvertes de forêts : l'abondance de combustible les rendait faciles à exploiter1. Les cuivrières chypriotes ont eu, dans tout le monde antique, une juste renommée.

Que l'on prenne Inné ou l'autre de ces Témésa, il semble difficile de ne pas rapprocher ce nom de lieu du sémitique Dan, ©an, ternes, qui veut dire la fonderie*. Il est impossible, seulement, que le roi des Taphiens aille par mer à la Fonderie chypriote : Tamassos était dans les montagnes, au centre de l'île! .Mais, de même que la Mine de l'Archipel, Siphnos, avait sa Fonderie ou sa Raffinerie sur la côte de l'île voisine. Sériphos, il semble que les Fonderies chypriotes, Tamassos, avaient une annexe, forge ou raffinerie, dans un port de la côte Sud- Ouest, à Kourion, Koûpiov. Pour toutes les langues sémitiques, le mot TD, kour, désigne le four et la forge des métallurgistes; nue des villes de Juda porte le nom de Kour Asan; Kourion était le lieu d'invention des briques, des forges de cuivre, des tenailles, du marteau et de l'enclume, tegulas inreiiit Cinyra Agriopae filius et metalla aeris, utrumque in insula Cypro; item forcipem,

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