‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 209 sur 277 · Hérod., IV · texte numérisé non relu

Hérod., IV

(i. Hérod., IV. S. 10. oie.

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septénaire semble présider bu calcul de ses distances el de ses dates : les Scythes restent vingt'huii ans (7 • l) en Médie; les Scythes nomades s'étendenl sur quatoi :■■ jours de route iT 2), les Sauromates sur une quinzaine, les Boudinés sur *ept; les trgipaiens sont tellement loin de la côte qu'il faul sept interprètes el tepl langues pour arriver jusqu'à eux'.... Nous verrons |>;ir la suite que le texte d'Hérodote contient même un doublet gréco-sémitique. Et vers les i i\;i^cs de la Scythie, depuis l'Archipel jusqu'à la Crimée, nous pouvons tracer la route suivie par les premières navigations phéniciennes. Reprenez, en effet, la série des noms el sites maritimes au I<>ml: de ces côtes nord-occidentales de l'Asie Mineure : \nih retrouvez la suite de nos doublets.

Dans l'Archipel, le dernier reposoir des voiliers asiatiques, avant la porte des Détroits est, au >ml de la Troade, le golfe de l'Ida. Ce golfe esl le dernier abri que rencontrent les barques avant le grand courant d'air qu'est toujours le Détroit. Aux temps homériques, ce golfe esl occupé |>;u- des Ciliciens. L'antiquité classique ne connaît plus ces Ciliciens de l'Ida. M;ii^. aux temps homériques, ils sonl les amis el alliés des Troyens : Andromaque esl une fille du roi des Ciliciens; elle a sept frères*. La ville <!»• ces Ciliciens s'iippcllc Thèbes, S^ftrj, comme la ville <lc Kadmos (el par la suite un double! nous prouvera l'origine sémitique de ce nom , et, si Thèbes la Béotienne esl l;i ville aux Scpf-Portes, V-.--j.-j //,,-. Thèbes la Cilicienne ;i la rivière des Sepf-Gués, 'Eircàiropoç, que l'on appelle aussi le Fleuve ;m\ Nombreux-Gués, HoXûicopoç, ce qui montre bien l'allure légendaire el rituelle de ce nombre sept*. Ce golfe «le l'Ida porte aujourd'hui le nom •!<' golfe d'Edremid, el la ville turque de ce nom occupe l'emplacciin-iii de la vieille Adramyttion, \^yv>j-.-.\'jj . Olshausen ;i reconnu depuis longtemps3 l'origine sémitique des iiums de la forme M ni mil ou Adramyt, 'Acoaulrai ou AopauÛTav, ^cpauûftov ou Aopautmov, \8pûu7]T0ç on 'Aopoûur.TOÇ, nui se rencontrent dans la mer Arabique el dans toute la Méditerranée : l'onomastique arabe nous en offre encore aujourd nui l'original dans l'appellation uV Hadramniii. Les Latins transcrivirent ce dernier mol sous la forme Âtramitae, el les Grecs sous la forme Khatramotiles, Xa?pau.tim?ai. Ces diverses transcriptions se justifient sans peine. Le nom sémitique est, en effet, composé «1rs deux mois um, khatar, el niD, moui : la Bible nous les donne avec la vocalisation moderne Uni/tu niiimiri . La lettre initiale esl I aspiration forte n, het, que les Grecs, nous le savons, tantôt rendent par un y ou par un esprit rude, tantôt négligent entièrement. L'orthographe arabe nous explique pourquoi, dans leurs transcriptions Ulramut, Voaauûriov ou iopûariTOç, les dires le plus souvent négligent le n : l'arabe a ici un ha non pointé, doux. Pareillement l'arabe, qui a pour seconde consonne un dad, nous explique la transcription <lu s en dentale, t ou 8, el non p.i- en sifflante, - : nous savons que les Grecs hésitenl toujours entre l'alterna-

ad Ml -"-' SU il. . Mil. p 602

M n MM 1853 p. 3*20 el nuiv.

1 1881 H M UAMTACTIIIKS tivo d'uno doutait) ou d'une it'llnulo poui rendre le y don lo nom éinitiqui

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du grand océan ludion, esl la porto dos tempêtes, dos cyolonos, do la moi un lies ol sans refugo, le vestibule de la mort. Mais dans notre archipel, lo uoll'o d'Edremid est aussi lo dernier vestibule avant la mer terrible, inhospitalière ol ténébreuse du Pont-Euxin. Les voiliers montant aux Dardanelles quittent ni I"' canal si bien abrité de Chios, Sumos el Rhodes : ils trouvent en ce golfe leur dernier refuge. Ils \ pourront, ils \ devront parfois séjourner. Nous savons déjà comment les Dardanelles, pour les navires venant du Sud. sont infranchissables, quand le vent du Nord souffle un peu violent. Ce Bora, fréquent pendant l'été, c'est-à-dire pendant la saison navigante', dure parfois plusieurs semaines, \u-si le golfe d'Edremid est-il souvent plein de voiliers attendant une accalmie'. Les indigènes vivent de ces relâches des étrangers. Ils fournissent des vivres aux équipages. Ils fournissent surtout du l><>is pour les navires endommagés. La côte montagneuse esl couverte de chênes et de sapins : depuis Strabon jusi|u';i mis Instructions nautiques, Ions les géographes marins nous signalent cette richesse forestière et cette industrie des habitants*. Ils nous signalent aussi la tentation et les facilités que ces indigènes ont à se faire brigands et pirates pour profiter sans trop {\c scrupules dos aubaines de la tempête : Homère, auprès des Ciliciens, connaissait déjà les écumeurs (!<> la mer qu'il appelle Lelèges5.

Si jamais les Phéniciens ont entrepris la navigation de la mer Noire, on peut èlre sûr d'avance que leurs barques ont fréquenté ce golfe d'Edremid. Ils ont séjourné sur ces côtes, établi des postes pour l'hivernage et pour l'exploitation de ces forêts et de ces mines : Strabon dans le voisinage signale nue mine de cuivre *. Ce golfe de l'Ida est le symétrique pendant d'un autre golfe asiatique que nous avons étudié à l'entrée des mers grecques. Au point où les navigateurs levantins quittent les rivages abrupts et nus, asiatiques, de la Cilicie et de la Pamphylie, pour entrer dans les fines dentelles des côtes lyciennes, kariennes, puis ioniennes, à la porte des mers helléniques, nous avons étudié le golfe d'Adalia et la station de Phasèlis. Le golfe de1 l'Ida marque la fin de ces mers helléniques, comme le golfe d'Adalia en marquait le commencement. A l'autre extrémité i\c cette mer des Iles et des Estuaires, à ce nouveau tournant de la roule vers le Nord, la haie de Ciliciens homériques est un site1 tout à fait comparable à la baie des Solymes. One le frère de Phoinix, Kilix, soit venu s'installer en cet endroit, rien n'est plus vraisemblable : monts, iles et ports.

1. Cf. Michaud el Poujoulat, Correspondance d'Orient, III. p. 300.

2. Strab., Mil, p. 606; Instruct. naut., 110 681, p. 566 el suiv. 5. Cf. Strab., Mil. |>. 606.

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