‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 220 sur 277 · Slrab., XIV · texte numérisé non relu

Slrab., XIV

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i"i.i ri gymnase, -uni l'œuvre dos Ptolémécs. Les marines égyptiennes avaicnl choisi cette relâche. Les soldats égyptiens lenaicnl garnison dans cette forteresso. I ii préfet égyptien étail « chargé d'aflaires >• à Thèra et, comme toujours, les dieux étrangers, accompagnant leurs serviteurs, avaient pris pied sur l'acropole : Isis, Osiris, Uni bis ri les Ptolémées eux-mêmes eurent ici leurs temples.

I n'en juger que par ses ruines, cette ville est égyptienne' S'il en esl ainsi

;ni\ temps de la thalassocratie gréco-égyptienne, le- mêmes causes uni dû j n« >duire le- mêmes résultats durant les autres thalassocraties levantines. Il ne reste pas en cet endroit île ruines préhelléniques. Pourtant les rochers \»>isins île la plage -'»ni creusés île très nombreuses chambres funéraires, que l'on s'accorde a rapporter aux Phéniciens.

\ nnii- m tenir an\ arguments topologiques, la tradition sur les premiers colons phéniciens «le Thèra esl donc aussi vraisemblable, aussi digne «le lui que la tradition similaire -ne le- premiers colons île Lindos. Seule-, des marines levantines uni |>u créer un l'aire prospérer ce- vieux établissements <|iii tournent le du- aux arrivages cl à l'influence île la Grèce. Thèra lui la Milo phénicienne. i>i examinez le doublet Thèra-Kallistè. Ka).Xîorr,, la Très Belle, esl un nom sûrenii'iii grec, quoiqu'on ail voulu lui trouver une étymologie hittite*. Le mol hébraïque T**n, tar, qui désigne la forme, la stature, esl ordinairement joint à un adjectif beau pour former une épithète laudative; mai- il se rencontre aussi dan- les locutions de l'espèce HKITVN, is-tar, vir fortnae, pour dire vir formonus, il ces locutions peuvent être appliquées aux choses : un beau fruit sera ~Nr-,~i. peri-tar. Ce mol iKn, tar, se retrouve dan- le- inscriptions phéniciennes ei les éditeurs <lu Corpus Inscript. Semiticarum le rendent par decus. 1 .1 locution ~iNr~w\ Ai-tar, rentrerait dans la série ci-dessus, insula formosa, xaXXioT7|, Belle-Ile, de même que, dan- la Bible, on trouve trr*33w, mol à mot petra gratiae, pour due pierre précieuse, M. lî. Dussaud me suggère pourtant une autre explication. Le nc (il du Corpus Inscript. Semiticarum esl une inscription chypriote de quatre mots : Teara, uxor Melekiationis architectonis, traduisent les éditeurs. Mais le nom propre KiNn, Teara, les choque et il- \ voient la transcription fautive du grec ©eoowpa, avec une grossière erreur du lapicide. Cette erreur esl peu vraisemblable. La seule raison que I on donne pour en légitimer I hypothèse esl que ce nom de femme, s'il esl phénicien, devrait s'écrire mun et f\<>w mur. Les noms de femmes sont extrêmement rares >\.)\i^ les inscriptions phéniciennes. Mais le nc M du Corpus nous en fournit un, qui m- laisse aucun doute, c'esl celui de Sema, kqv, fille d'Azarbaal : c'est une forme en x. exactement comme notre mnnf qu'il faul dune maintenir dans l'onomastique phénicienne et traduire, comme le voulait Schrœder, par formosa, la belle. D'ailleurs, même indépendamment de ce qui précède, si de la

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ii,,,,„ d'Orient, II, p W9. \ [liera, le P. de Cara reconnaît une couche pclasgiquc

I. ichc i'li. ni. i.'iiii.', /•/. .//"./ il ./ parfaitement raiêon. Le nom primitif de l'Ile,

haï --.r mu d'un vocable pchi!«i;o-liiUitc conlcnanl la racine hhai

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1 1 « • i < • ; car le tav initial est souvcnl rendu pai le (lrc< en '/. comme dan i» /O/. H/-//.///-,-,/, (-»(,!•;/., ete.; d'autre pari Valrph intermédiaire i i ni marqué par une voyelle longue r, : c'est le seul moyen i|ue le Grei uvaieul de le rendre quand ils ne le supprimaient pas. *

Les preuves toponymiques viendraicnl ainsi 8e joindre aux argument de la topologie. Ici encore nous aurions un double! gréco-phénicien, Thèru-Kalh On comprend alors toute l'histoire do cette Thèra phénicienne. Reportez-vous à l'exemple de Milo. Quand les Krancs disparurent il<' l'Archipel, Milo retomba dans son obscurité. Dès que les guerres de la Révolution achevèrent de détourner du Levant l'activité Française, ce fut la mort pour cette « Ibire » <l«'s corsaires, et le citoyen G.-A. Olivier, qui \ arrive le 28 messidor de l'an II. déplore le misérable étal de cette \ ille,

qui ne le cédait naguère à aucune autre de l'Archipel, mais qui ne présente plus que des ruines aujourd'hui. Nous fûmes frappés <lc voir de toutes parts des maisons écroulées, des hommes boursouflés, des figures étiques, des cadavres ambulants. \ peine quarante familles, la plupart étrangères, traînent leur malheureuse existence dans une ville, qui comptait encore cinq mille habitants dans ses murs au commencement de ce siècle.... .Nous fûmes voir les bains publics nommés Louira.... Les Grecs accouraient autrefois de toutes les Cyclades pour faire usage de ces eaux. Ces bains sonl à peu près abandonnés depuis que l'île a perdu sa population èl que le pori ne reçoit presque plus di1 navires'.

Milo n'a pins aujourd'hui ni port ni commerce : cette île, <|iii fournissait jadis drs pilules à inui le Levant, ne compte pins que vingt-sept navires de moins de trente tonneaux*. Pourtant des familles franques et des prêtres catholiques s'y sont maintenus jusqu'à nos jours. De père en lils, telle de ces familles a gardé sa nationalité française et s'est transmis la charge d'agent consulaire de France. Les escadres françaises prennent encore à leur bord des pilotes de Milo.... I. 'histoire de la phénicienne Thèra dut être pareille. Les Phéniciens disparus, Thèra dut voir aussi décroître sa population et sa richesse : ses sept \illcs d'autrefois tombèrent au rang des bourgs inconnus; sa fertilité même et sa beauté, xaXXûroi, s'évanouirent : « Si M. de Tournefort revenait à Milo. écrit Savary en 1788, il ne retrouverait plus la belle île qu'il a décrite. 11 gémirait de voir les meilleures terres sans culture et les vallées fertiles changées, en marais. Depuis cinquante ans. Milo a entièrement changé de face3.» Les mœurs et l'influence phéniciennes se maintinrent pourtant à Thèra. comme l'influence

I. A Olivier, Voyage dans l'Empire Othoman, II. p. 202-2 1 7 . 'J. 'Ejnrôpiov xifi "EXXaSoî, Athènes, 1890, p. 136, r>. Savary, Lettres sur /« Grèce, p. 559,

. LES Nil SICIENS II I ODYSSÉE.

Iïaii<)uc i) Mil", longtemps après la disparition des Hottes étrangères. Les relations de rhèro avec la Crète continuèrent, même quand l'Ile cul reçu de nouveaux arrivants. Car cette nouvelle colonisation ne chassa pas les anciens possesseurs, oyoautô; >v xutouî1 : elle ne lii nue combler les vides, ainsi

que rerail aujourd'hui une colonisation de Vlilo. I es nouveaux arrivants venaienl du golfe de Laconie : c'étaient des pirates du Tavgète. Vprès la disparition tics marines franques, ces mômes pirates reparurent. Quand Olivier arrive à l'Argen-

tiè n 170-4, il trouvée moitié déserte cette lie que Tournelbrl avail connue

-i Hpi issante grâce au commerce des Français .

Nous i ri i r i » • — bien surpris de trouver les habitants sous les armes el surtout de les voir nous coucher en joue pour nous empocher d'avancer. Nous ne tardâmes pas à savoir mse de cette alarme. On nous ilii qu'une vingtaine de Mainotes les avaient surpris un jour de fête el leur avaient enlevé leurs effets les pins précieux. Ces Mainotes habitent l.i partie méridionale de la Morée, les environs de Sparte, et plus particulièrement la partie qui s'étend jusqu'au cap Matapan. Cultivateurs ou pasteurs, marins ou pirates, suivanl les besoins el les circonstances, il-- sont toujours prêts à quitter les petites villes qu'ils occupent sur les golfes de Goron el de Colocythia .

i .• sont an— i des Mainotes, des Minyens du Taygète, que Thèras aurai! amenés a Kallistè3 el les descendants de ces Mainotes adoptèrent el continuèrent les relations commerciales de leur nouvelle patrie. Les Cretois d'Itanos viennent chez eux; ils vont chez les Cretois d'Oaxos d'où ils ramènent des femmes : ils mil elie/ eux des métis d'indigènes el de femmes Cretoises '. Il- devaient, quoi qu'en

• I i -i • Hérodote, n'avoir pas oublié les routes pin- lointaines encore des marins de Sidon. Hérodote leur prôte des sentiments d'Hellènes : quand l'oracle leur i onseillc d'aller en Libye, il- ne savaient, dil Hérodote, où ce pays pouvait bien rire el ils n'osaient pas se lancer ainsi dan- I inconnu . Ainsi raisonnaient, en effet, leurs contemporains de l'ilellade : quand, après Salamine, les Ioniens veulent entrainei la flotte grecque vers la côte asiatique, les Hellènes vainqueurs ne veulent aller que jusqu'à Délos; au delà, pour eux, toul semblait terrible, tô

• i . --.',-<•>-.::'■> -i i oetvov r.v toîti I. /././ n, el ils connaissaient si peu les distances qu'ils crovaienl par ouï-dire que Samos était aussi éloignée deux que les Colonnes d'Hercule! Mais les Thérécns n'en étaient pas là. Il leur restait certainement quelque souvenir <m quelques indices des navigations de leurs ancêtres : quand il- se décident a coloniser la Libye, ils vont toul droit a une station phénicienne. Vziris, en effet, qu'Hérodote nous donne comme la première fondation des rhéréens, semble bien avoir été d'abord l'une des ('-tapes phéniciennes sur la route que >\>^ noms sémitiques jalonnent, au long de la rive africaine, entre Tyr el Carthagc. izar, tîm, en hébreu el en phénicien, signifie

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