‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 225 sur 277 · Odyss., VIII · texte numérisé non relu

Odyss., VIII

, I Kn l'Ill-Mi [ENS l l L'ODYSSÉE.

[\>rtues, elc. Ces populations misérables vivent, comme les Kyklopes homéi iques, siih cultiver la terre,

O'jti - j-.-j'. iZ'.-i ■ I ::t'.v sutov out ipôtoaiv1,

> /.il t

et, comme les Kyklopes, elles ne ressemblenl pas aux civilisés, aux .Vain/airs -/<■ Grains, SiToçàyoi,

ouoè èûxev

XV031 "•: TlTOCOaYd)

ri ii'

\u S i h I -INl ilr l'Egypte, dil un périple de l;i Mer Erythrée, il \ a quatre grands peuples : le premier, qui vil près <!•"■> rivières, sème du sésame ei «lu millet; le second, habitant les lagunes, se nourril de roseaux el de pousses tendres; le troisième esl nomade el vit de viande et de lait ; le quatrième, étanl maritime, \ii de pêche '. » Aux temps homériques, les marins de la Méditerranée établissaient déjà de pareilles distinctions : Homère connail les Kyklopes qui vivent de viande et de lait, les Lotophages « qui se nourrissent d'un mets ileuri

... ot t iv8ivov eiSap eSoumv4

et les Galaktophages qui habitent au Nord de la Thrace el qui traient leurs juments,

... xvaûiov I --'j'jrj /.•■(•) v

vXaxToœaYwv '.

Loin des fariniers, les Phéaciens habitent donc parmi les sauvages. ;i l'écart du monde civilisé. C'est qu'alors le monde civilisé finit à Ithaque. Ithaque esl ;i l'Occident la dernière terre achéenne, » la phi^ éloignée des ilc^ vers le Nord-Ouest

i r.i, Se y'iy.yy./ /, navuirepTaTT, zv/ -//.'•. xeixa

Quand nous arriverons ;i l'étude <l Ithaque, nous verrons combien ce vers a suscité de commentaires H de polémiques. Je légitimerai mol par mol la traduction que j'en donne ici : 7cavuitepTàTïi c^i l'exact équivalent du latin suprema, nvec le double sens de hauteur el d'extrémité; Çécsoç est le côté <lr l'ombre, la partie Ouest-Nord-Ouest, que le soleil ne visite jamais. Ithaque esl « la suprême Ile vers le Nord-Ouest », parce que le poète odysséen emploie, comme toujours,

I Odgêt l\ 108

i\ \m km

~ <,, „/ liraee Vin l p l -"'

. Uiaà Mil B li Orly

I M l 1)1 CHDISKI II

le luilgNgC 'I'' m. uni . i' roiupali m|r>, nu ilu | m - 1 1 1 1 1 • - ipii lui R|*| l||< li ni

Syrin était « bu dolà de DtJlo . voi le < imk liuul - M ulx i ■ i m i la plu loin laine des Iles • l« ■ I U'chipell, .m dire il< ceux (pu l'ont vue llhaqtu i i de môme le dernier reposoir uchécu .1 l'entrée de In Mer (|' 1 idenlnle On \ \.i pai la

roule entière ipu mène ilu l'i ' 1 1 > | m n 1 1 m • i ■ . i I \ili i.il illlie, ru ii.i \ i ■ u.uil fil] Slld-I I

vers le Nu ni Ouest. Ithuquc esl donc bien la dernière Ile vei le coté de I ombre Au de! ii. s'ouvrent les mystères de lu mer Occidentale, avec les horreurs de monstres, la barbarie de ses Kyklopcs el l'anthropophagie de ea Lestrygon Ithaque esl la dernière Ile « farinière ».

Il faul compter que la Phëacic esl séparée d'Ithaque par une nuil il*' navi hou. Pour venir aux Iles achéennes, les vaisseaux phéaciens mettent environ une nuil. La navigation d'Ulysse sur le vaisseau phéacien sera semblable «le huis |»uinls ii la navigation de Télémaque vers Pylos. Toul ce que nous avons dil de celle-ci peul s'appliquer ii celle-là. Comme le vaisseau de Télémaque, le vaisseau phéacien d'I lyssc partira le soir, pour profiter de la brise de terre qui se lève trois heures après le coucher du soleil. En pleine nier, il trouvera le venl du Nord qui le fail courir, « voler avec la vitesse d'unépervier ». \ l'aurore, il atteindra l'un des ports d'Ithaque. Que l'on calcule au maximum cenl quarante kilomètres puisque ces croiseurs phéaciens sont de meilleurs voiliers que les bateaux achéens : la Phéacie, à l'Ouesl d'Ithaque, serait bien dans les parages de Gorfou : cuire les pointes extrêmes îles deux ile^. on a eu ligne droite environ cenl vingt kilomètres.

VOdyssée nous fournit une autre distance. La terre des Phéaciens doit être à dix-sept jours et dix-sept nuits de navigation des Colonnes. Calculons encore une navigation de cinq à six milles à l'heure : nous aurions environ deux mille ou dcu\ mille cinq cents milles. (Test à peu près la distance de Gibraltar à Corfou. en tenant compte des coudes de la navigation. Mais le calcul des distances odysséennes ne peut jamais être que lointainement approximatif. Sauf le^- impossibilités que parfois il nous signale. — telle la navigation d'une nuit qui ne peut pas conduire d'Ithaque à la Pylos inessénieunc. - il ne fournil que des arguments douteux. Dans le cas présent, ce calcul esl particulièrement difficile. Nous avons vu que le nombre de jours entre la terre sémitique de Kalypso et les mers déjà grecques des Phéaciens semble l'addition de deux chiffres rituels ou usagers, dix -+- sept = dix-sept. En outre la navigation d'Ulysse se fait sur un radeau et non sur un vaisseau, et l'on peul objecter que la vitesse de ces véhicules est toute différente, très inférieure à celle que nous prenons. Il est probable cependant que le poète a reproduit dans ces vers la distance que lui signalait son périple entre Ispania et les mers grecques, et ce périple calculait le nombre de jours d'après la marche des bateaux.... Pour notre calcul de la distance entre la Phéacie et Ithaque, on peut objecter de même que le voyage d'Ulysse lient du miracle. A première lecture du texte. les vaisseaux phéaciens apparaissent extraordinaires : « Ils n'ont, dit-on. ni pilotes, ni gouvernail; ils sont

m les l'in nu uns et [/odyssée.

doués de la pensive dI ils savent d'eux-mêmes le chemin. Ce sonl «les êtres l'an- (astiques el non de réels vaisseaux. • L'objection vaul qu'on s'\ arrête, car on en iinliiii le plus souvent t|iic la Phéacie est une terre fantastique el non |»as mie Ile réelle : il serait oiseux, dit-on, d'en chercher le site puisqu'elle n'a jamais existé. I exemple de Syria, cette « Ile mythique » des archéologues, nous a servi de leçon. Quand le texte de l'épopée apparaît plein de « tératologies », c'est que min-, le lisons mal ou que nous ne savons |>as l'interpréter. Pour la Phéacie, il en est de même. Grands navigateurs, 1rs Phéaciens ont de meilleurs vaisseaux que les Vchéens. Leurs croiseurs --oui supérieurs en vitesse el en nombre de rames. Mois que If- bateaux d'Ithaque n'ont qu'une vingtaine de rameurs, les croiseurs d'Alkinoos en ont cinquante-deux :

TÎOtUTOTtÀOOV, XOUÛtO 06 VJ(') '/.'/'. ttîvty X0VT7. /.-.•:rj-[U<n xatà oy.mov'.

(ni comprend alors la renommée de tes croiseurs parmi les insulaires voisins. Les Ichéens témoignent à cette marine étrangère l'admiration que les matelots de l'Archipel turc gardent encore pour nos vapeurs. En avril 1888, le petit stationnaire turc de Rhodes était mouillé devant lasos, dont son équipage exploitait les ruines: les pierres el les marbres devaient servir à la reconstruction des quais militaires et de l'arsenal de Constantinople; c'est la façon dont les Turcs entendent la conservation des antiquités. Ce petit vapeur était commandé par un lieutenant de vaisseau turc qui, très vieux, savait un peu naviguer el très mal écrire, el qui, par cette double science, était arrivé au commandement. Comme nous lui demandions la permission de copier les inscriptions du théâtre, il nous permit de les lire ainsi que l'ordonnait notre firman, mais Hun de 1rs copier, puisque le firman ne spécifiait pas ce droit. Il nous invita pourtant à son bord el voulut faire montre de ses connaissances. Il nous conta qu'il avait vu une fois \\w frégate anglaise si rapide qu'elle allait en un jour de Stamboul au Caire, el si grande qu'entrée dans la Méditerranée par le détroit de Gibraltar, elle n'en pouvait ressortir que par la même route, le canal do Suez

étant trop étroit \n\ temps homériques, les marins d'Ithaque ou de Pylos

parlaient ainsi des croiseurs phéaciens : « Ce sonl des bateaux rapides comme la pensée ou comme les oiseaux. Ils filent si vite qu'on n'a pas le temps de les voir. Ils sonl invisibles. Ils disparaissent dans la mer el dans le venl »; el les aèdes d'Ionie ajoutèrent : « lin ww joui', ils vont a l'autre boul de la mer, en Kubée, '-i reviennent ». Ce ne sonl là que façons ordinaires aux causeries de matelots Dans nos ports, les retraités <\>' la marine, assis au Imui du môle, racontent de pareilles histoires el chacun embellit ses souvenirs el exagère se exploits, sachant bien que le voisin ne sera toujours que trop disposé à ne pas

I ii,/,,.. \||| ;

i il i m i ROISI i i;

itinl croire. Pour ta il I li' iiivrni omhlaiirc du i < • n i I\ éc i trop cnaiiti

\n sujet des vaisseaux do Phéacie, elle iliVpn cul toute le! iMiriir [m1

cos exagérations oui scandalisé les philologue crupulcux M llicuuiuu ou i i

même 1111 peu < 1 1 * m 1 1 1 < - ' \ première lecture, In sévérité do plulol - emblc

juste, Mais pcul être onl ils un pou m "jli'.'i' une seconde looture plu i ritiuiic du texte el du contexte. Le passage, où sont réunie , en une vingtaine de vei invraisemblances et ces exagérations, me semble une interpolation pure cl impie Que l'on relise on effet ce passage. Ce i l'interminable discours d Ukinoo* a la lin du cliaui VIII. Le poème ne contient pas un autre discours. je ne di pas : récit. de cette longueur. En dehors des descriptions el fies récits, les discours de V Odyssée, en effet, sont brefs, rapides, sans phrases inutiles, el ne servent qu'à coudre ensemble les récits cl descriptions. Or Alkinoos parle ici

durant cinquante vers (v. 535-585), el si l'on veut analyser son discours, n

voit lotit aussitôt l'incohérence el la division très nette en deux parties. Le début est parfaitement utile el raisonnable. A.lkinoos dit les choses qu'il a besoin de dire et qu'amène la suite du récit : ses paroles sensées viennenl en leur temps el place. Car Alkinoos a vu qu'Ulysse pleurait durant les chants de l'aède : « Faites taire le musicien, dit Ukinoos : il ennuie notre hôte » (v. 535-543). La fin «In discours esl non inoins utile pour amener la suite du récit : « El toi, notre hôte, dis-moi d'où lu viens el pourquoi tu pleures » (v. 572-586). Ulysse répond: « Vaillant /Ukinoos, la musique ne m'ennuie pas. J'aime la musique de laide. Mais lu me demandes mon nom el mes aventures. Les voici. » El Ulysse commence le récit de son Nostos. Im discours d'Alkinoos ainsi allégé à la réponse d'Ulysse, il n'y a pas le moindre heurt : celle-ci correspond à celui-là, el le discours d'Alkinoos rentre dans la mesure el le ton des discours odysseens. Mais du vers 543 au vers ôT'2. j'ai supprimé trente vers d'un bavardage insupportable. De ces trente vers, les uns sont des lieux communs ou dos stupidités i\. 546-554) : « C'est un frère «pie l'étranger ou le suppliant aux yeux de l'homme qui n'est pas dépourvu de sagesse. N'élude pas mes questions (tardes pensées rusées : il vaut mieux que lu parles. Dis-moi le nom donl t'appellënl et ton père et ta mère et les autres qui habitent dans la ville et qui habitent autour. Car il n'y a pas d'homme qui soit tout à fait sans nom, qu'il soit lâche ou qu'il soil brave, quand une fois il esl né; mais à tous, les parents, quand ils onl mis au jour, donnent un nom. » Il faut lire ces vers dans le texte pour en apprécier la maladroite niaiserie :

z'.-' ovou.' otti ?z xsiOi xàXâov

V UL71T71Q ~l

OU U.SV YCLQ T'.C 7càu.TOXV avtovyuôç j~t" ivOptOTîtov 111 l l • l

O'J xaxô; ouSs ixÈv ècrGXôç, stct.v -j. t.zù-j. ~hr-y.:.

Page 1