‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 227 sur 277 · rhucyd., I · texte numérisé non relu

rhucyd., I

•'. Odyss., V, 54.

">. Cf. Ebeling. Lexic. Hum., s. \.

I l v Nil Mi II \s l I L'ODYSSl l

helléniques el qui d'ordinaire sonl des noms étrangers, doublés d'un nom grée. \u\ temps historiques, l'Ile ;i\.iii un autre nom : elle s'appelait Korkyre ou A // . Ko itypa ou Képxupa. Mais, | » ; i — [dus que le précédent, ce nom ne parail susceptible d'une étymologie grecque : nous verrons bientôt qu'il rentre aussi dans la classe des noms étrangers. Il esl vrai que l'Ile avail un autre nom encore, grec celui-là, Drépanon ou Drépanè : elle était Vile de In Serpe. Spcicavov. i e n'esl pas, quoique certains l'aienl dit, pour la raison que l'Ile a la forme d'une serpe. Elle a cette forme, en effet, sur nos caries : elle présente la courbure allongée d'une serpe ou d'une faucille. Mais ici encore il ne faul pas juger des noms anciens par nos conceptions ou nos vues de géographes ou chambre : les premiers navigateurs n'avaienl pas no- cartes -nus les yeux el leurs regards n'embrassaienl pas, au-dessus de l'eau, on une vue cavalière, les cent kilomètres de la courbure corfiote. Sur la moi' el non sur la carte Corfou n'esl pas une serpe, mais une haute el longue muraille découpée, l'Ile s'appelle aussi Vlakris In longue, <lonl la hauteur va croissanl <lu Sud au Nord. Si les premiers marins la nomment In Serpe, c'est qu'ils virent dans ces parages la serpe qui avail servi à émasculer le bon père Kronos. Zeus avail joli'' cette serpe sur les côtes corfiotes, avec les testicules sanglants de sou père, el i orfou avait roui cette serpe toute rouge de sang : èxaXewo Apeitàv») 8ièc -Jj Ixet ~ ji j-.-.izh-j:. -.c opeitàvrv ~.t-i -.< t. (-':/.}•* rôiv toû Kpévou kiooûov, dit lo scholiaste*. Les Instructions nautiques nous disenl :

I i pointe San Stefano, qui est médiocrement élevée, forme l'extrémité Y-K. de Corfou. \ I •' mille dans If S. -(t.. on \<>ii sur une colline haute de I tu mètres les ruines d'un moulin. Les Roches Serpa, qui -mil juste à Heur d'eau, gisent à environ I 5 de mille de la petite anse qui se trouve -nu- le moulin. Ces roches sont accores avec de grands rond» sur leur côté Est. Elles réduisent à mille la largeur du chenal qui les sépare de li côte d'Albanie. Par temps calme, elles s'aperçoivent à leur couleur rougeûtre qui contraste avec la couleur bleue de la mer*.

Voilé bien la Serpe sanglante que possède Korkyre. Le mythe du dieu émasculé el i\f la serpe sanglante esl très ancien chez les Hellènes : Hésiode lo chante déjà. Les premiers navigateurs grecs retrouvèrent donc ici la serpe que Zeus avail jetée dan- la mer du Couchant : ils connaissaient cette serpe depuis leur enfance. Ce rocher de la Serpe donna son nom au mouillage voisin, puisa la terre qui portail ce mouillage, à l'Ile tout entière. C'esl ainsi que nous avons vu, sur la côte <\r Cérigo, le l'en lier de l,i Mitre nu du Bonnet donner --on nom au mouillage voisin, puis a la ville et a I île du Bonnet, Kythèra. C'esl tout pareillement, peut-être, que le Rocher de la Cachette a donné son nom a huit le ( ontinenl d'Iapania. Sans même sortir de Corfou, c esl ainsi que les deux ^iuumets du mouillage vénitien, Kopucpol, Kopucpoùç, Koryphous, Korphous, four-

■ni h ■ i.'.u |. ii.

i il i m * Il Cl I M I i i.

m t ,i l.i ville moderne !<• nom tic Corfou, que l'Ile tout < • ■ > i < « « • • porte

nujourd hui.

\ Cérigo, par tua situations réciproques de la roche el du i liage, non

aurions pu dcunrr que l09 manu-. inVCUtCUl du IlOtll Iwlln-i.i. mu. m ni dll

Sud. Car la Roche du Bonnet clovnil leur nervir de reconnaissance el d'altcri i • pour atteindre le mouillage; elle devait, pour eux, Atrc au devanl de lu cote

insulaire : ils rencontraient d'abord lu roche, puis le illage, el i e i poui

quoi le nom |>;iss;i de la première au sec I El constatons, en effet, qjic

ces navigateurs venaient de Phënicie, au long «1rs côtes crëtoisc . el qu il abordaient Kythere par le Sud-Est. Faites lu môme comparaison poui lu Roche de la Serpe el pour notre Ile de Korkyre. dette roche gii dans le détroit <|iii sépare l'Albanie <le Corfou, mii poinl If plus resserré du canal, sur la roule des barques qui passent soii de la côte albanaise à la côte corfiote, soit du canal intérieur de Corfou à la mer libre du Nord. Ce sont donc, ou dos navigateurs indigènes venant d'Albanie, ou des marins grecs venus des iles helléniques et voguant vers l'Adriatique, qui transportèrent le nom de la roche à la côte insulaire el qui firent de Corfou loul entière l'île de la Serpe, Drépanon ou Drépanè.

On pourrait imaginer un nom de même sorte, niais un peu différent, donné h celle même ile de Corfou par des navigateurs qui l'aborderaient sur l'autre façade. La cèle Nord-Occidentale de l'île, en face des mers italiennes el du grand détroit vers l'Adriatique, offre aussi un rocher caractéristique dont le profil très net a toujours frappé It >s navigateurs : c'est, surgissant de l'eau, un navire qui marche, avec sa mâture dressée, sa voilure déployée et son canot attaché à l'arrière. Découpé comme à remporte-pièce, ce rocher sans épaisseur a sur les deux côtés le même profil. De toutes les montagnes qui occupent la partie Nord de 1 île, les indigènes peuvent apercevoir à l'horizon ce caïque pétrifié : « \u du col d'Hagios Pandeleimon, dit 0. Riemann4, et éclairé par le soleil, l'îlot ressemble tout à l'ail à un caïque qui navigue, sa voile triangulaire déployée.... et un rocher émergé à l'arrière semble le canot attaché à l'arrière du grand navire ». De tous les sommets, de tous les promontoires septentrionaux de l'île,

Page 1