I. Photographie <\o M"" V. Bérard
'!■ o. Riemann, p. II.
Fis. l>~. — Corfou '•
. LES Nil NICIENS II L'ODYSSl l
i. Bateau i-\ visible el distinct : il peul servir de poinl de repère sur toutes les roules terrestres, dans le fouillis de collines el de vallons qui occupent le Nord de < "i fou. Il de la mer, pour les navigateurs, le Bateau t"-l ;uissi distinct. I ' . 1 1 mi li'- Ilots ri les rochci s qui sèment le front Nord de l'Ile, il laisse toujours iin.iiiir se masse noire el son profil caractéristique, qui se découpent sur I ri i .m des falaises blanches :
ic côte septentrionale de Corfou esl généralement basse el sablonneuse, bordée de petits fonds el de roches. Elle forme une rentrée comprenant les baies de Sidari et de San Georgio. Les navires mouillent fréquemment dans ces deux baies el l'on communique facilement «l<- Sidari avec la ville de Corfou par une belle route carrossable. Le
cap Drasti, i l'Ouest, esl une projection calcaire, blanche, peu élevt I entourée par
un baul l I qui s'avance à quatre encablures dans le Nord; la côte voisine esl formée
de falaises calcaires. \ l'Est, se trouve le cap Vstrakari reconnaissable à ses falaises blanches; à prés de I mille I i dans le Nord, uii le dangereux fond d'Astrakari, de roche et couvert seulement de I m. 8 d'eau1.
Les Instructions nautiques ajoutent une description minutieuse de tous les Ilots qui bordent cette côte septentrionale de Corfou. Les navigateurs ont toujours eu besoin de bien connaître ces parages dangereux, que longent deux routes de mer importantes. Car les vaisseaux qui montent dans l'Adriatique ou qui en descendent, croisent ici 1rs vaisseaux qui passent des terres grecques aux terres italiennes ou, inversement, des côtes italiennes aux côtes albanaises. Le carrefour de ces routes maritimes esl dangereux l\ cause du terrible Bora. i liasses par un coup de vent du Nord, l<^ bateaux peuvent être jetés dans le fouillis d'Iles el de roches qui sèment le fronl Nord de Corfou. Pour atteindre les mouillages et les plages de la côte corfiole, il faut manœuvrer prudemment : ■ Le courant entre ces Ilots, ainsi <|u entre eux H Corfou, est quelquefois très fort*. Notre Rocher du Bateau esl doue un amer, un guide de grande utilité. i •■ire- modernes l'appellent Karavi, !<■ Unirait, C'est le nom qu'ils donnent . i ■■ — ■ — i à un»' autre petite lie entre Cérigo el la Morée, « petit Ilot un rocher stérile liranl son nom de sa ressemblance, ii distance, avec un navire sous voiles; il est haut i\*' 53 mètres, accore i\<' tous côtés el presque inaccessible; pai beau temps, il esl fréquenté des pêcheurs*. » Notre Karavi de Corfou ;i môme hauteur H même aspect : « il est élevé de 30 mètres et accore ».
Par sa situation ;i l'extrême Nord-Ouest de Corfou, ce repère du Bateau esl utile surtout aux marins qui viennent de l'Ouest. Sur nus cartes marines, l'établissez le cabotage <\<^ vieux lhalassocrates. Parties de la dernière pointe italienne, du cap S. Maria di Leuca, leurs Hottes auront à traverser les quatrevingt '»u quatre-vingt-dix kilomètres, ■ le grand abîme de mer », de notre canal <l Otronte. Sui l'autre bord >\\\ détroit, l'Ile Kano leur offrira le premier refuge;
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banc de soinles irrégulières mu la réunit à l'Ile de Corfou De Leucu h I .mu. les Occidentaux gouverneront donc sur ce haul pic de in* mètres qui pointe un Sud-Oucsl de Fano:
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Vu.. 58. — Canal d'Otrante*.
ils auront ici mi reposoir : « L'ile est bordée par îles rochers el des écucils; mais une petite haie, sur sou côté Sud, abrite les caboteurs contre les grosses luises Nord- Ouest de l'été. » Puis de Fano à Samotraki et de Samotraki à Corfou, la traversée, beaucoup plus courte mais plus dangereuse, devra se guider sur le
Bateau, toujours reconnaissable, toujours distinct. Nos grands vapeurs d'aujourd'hui ne fréquentent plus ces parages. Comme ils ne cherchenl pas les traversées les plus courtes, mais les navigations les plus commodes, ils ne vonl pas de Leuca à Fano : ils préfèrent hi roule bien plus longue mais plus sûre entre les poils plus commodes d'Otrante ou de Brindisi el de Corfou la Ville. Mais cela esl tout récenl : nous verrons les bateaux du wii" siècle cahoter entre Leuca, Fano et Karavi, et c'est à la fréquentation îles galères antiques que notre Bateau valut sa renommée parmi les anciens géographes : « en face du Cap Chauve de Korkyre, dit Pline, on voit la Hoche du Bateau, ainsi nommée à cause de sa forme qui lit reconnaître en cet îlot le vaisseau pétrifié d'Ulysse, a Phalacro Corcyrae promontorio, scopulus in quem mutatam Ulyssis navem a simili specie fabula esl7'. »
La description odyssèenne du bateau pétrifié trouverait ici. en effet, son exacte application*. Quand les Phéaciens ont déposé Ulysse sur la plage d'Ithaque,