‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 255 sur 277 · I. Photographie de M'" V. Bérard · texte numérisé non relu

I. Photographie de M'" V. Bérard

•J. Photographie de M"" V. Bérard.

v. BKiiw.n.

I I S llll MCII \s II L'ODYSSEE.

cependant jusqu'à lu mer. Entre deux pentes d'olivettes, c'est bien un fleuve est-a-dire un lil de cailloux roulés avec quelques trous d'eau boueuse. I ne "i '• profonde, entre les falaises taillées à pic, nous conduit à la plage île sables qui cercle l'anse d'Iophilia. Quelques traits de ce site correspondent aux vers odyssêens. Voici la plage de graviers et de petits cailloux où les femmes de Nausikaa étendent leur lessive. Plus haut, les collines en pente douce inclinent les fourrés et le- olivettes qui couvriront de leurs feuilles sèches If sommeil <ln naufragé. V chaque bout de la petite anse, des falaises droites, des roches aiguës il des écucils exaspèrent le Ilot; celle mer fermée, par ce temps calme, sans le

moindre vent, brise encore autour des cailloux cl les borde d'écumes Mais «le

fleuve, pas. Il est impossible île donner ce nom à ce couloir de pierres sèches qui peut-être amène ici des eaux furieuses durant l'hiver ou après les orages de l'été, mais qui n'a déjà plus un filet d'eau constante ;i la lin du mois d'avril. Ce n'est pas le fleuve « an beau courant » du poète. Est-ce à dire qu'il faille renoncer un peu à nulle méthode «les Plus Homériques et ne voir dans cette épithète du fleuve qu'un ornement poétique, une banalité, une cheville? Les femmes des

Phéaciens venaient ici laver leur linge quand le Meuve avait de l'eau \ la

rigueur, toute l'année, elles pouvaient installer un lavoir autour de ces trous d'eau i|ni parsèment le lil caillouteux et que peuple le coassement des grenouilles Mais non : ceci ne peut être le fleuve odysséen et ses liouches d'eau

courante.

-'j-.-ji.'j'.'j v.j-.'j. Troua xaAAiooo'.o

li' Meuve •■ aux lavoirs constants », reXuvol èirrçeTavot, •■ aux eaux abondantes ».

-'j'i j '.' û8u>p, que refoule le Mut de la va^ue. :ç itoTatiov xXiuup^evra Nous

remontons au pont de la route où notre voiture nous attendait. Assurément ce

torrent desséché n'est pas le Meuve de .Nausikaa. Maison donc relu m ver ce Meuve'.''

Le pourtour de la baie n'a pas un autre cours d'eau. Il faudrait contourner la falaise du Saint-Ange ou franchir '•> muraille de l'Arakli pour atteindre au Nord le réseau de petites rivières et la vallée du « Grand Meuve ». qui vont aboutir aux -ailles d'Aphiona. l'u haut An Saint-Ange, on peut apercevoir le cours brillant de ces ruisseaux et de ces rivières constantes; on domine de là-haut tout le pavs du Nord et la mer et la côte nord-occidentale jusqu'au Karavi, jusqu'au Bateau de pierre qui toujours flotte a l'horizon. Mais la falaise droite du Saint-Ange n'offre pas la moindre corniche pour un sentier. La muraille abrupte de l'Arakli est pareillement infranchissable : a grands renforts de lacets et de terrasses, mie piste carrossable monte jusqu'au plateau de Lakonais; plus haut, les chèvres et leurs gardiens mil tracé de vagues seules. | n piéton peut difficilement franchir

bord >\r «elle margelle. Jamais un char n'a pu s'\ hasarder.... OÙ retrouver lr fleuve et la mule de Nausikaa?

i \ VILLI i i il i i i m i

Nous voici revenus nu délllé de nu lie qui ramène du paj du Plu'1 m icii < l'intérieur de Corfou. N'oum alloue fronchii' lu margelle oui encercle lu l»aic de

I i,i|i.mI;hs. Kntro lu chaîne du Pantokralor cl lu Sierra de lu côte dcutiilc, lu

brèche m ii pas mil mètres de large et, de chaque côté, I e i ai pcmcul de « uli aire mi monte, d un seul jet, à soixante ou quatre-vingts mètre I u Phéacic m n pu

d'autre porto terrestre. I lysse el N'ausikaa n'onl pu venir que par ici tu sortit

des roches du défilé, nous retrouvons le pays de collines el de vallons, de plai nettes, d'olivettes, de champs, de vignes el "I"' cyprès qui couvre le centre île Corfou jusqu'à N* mer du détroit. \ notre gauche, la muraille du Pantokratoi dresse sa paroi sauvage, sans une coupure. \ notre droite, les pentes boisées de la Sierra côtière fonl place soudain à la longue plaine de Ropa, qui Fuil vers !"• Sud entre deux lignes de coteaux. Cerclé de pentes douces que les olivettes chargent de leurs masses ondulantes, cel ancien lac vidé étire à perte de vue sa nappe encore miroitante de marais et d'herbages. Là-bas, vers le Sud. par une brèche de la Sierra côtière, un petit fleuve décharge le trop-plein des maréi dans la baie sablonneuse d'Ermonais. Voilà « 1rs champs cultivés el les travaux des hommes » que les mules de Nausikaa traversent en courant.

Le fleuve est là-bas. Dix kilomètres de roule plate, à travers la plaine de Ropa, nous y mèneraient vite. Mais il se fait lard. Le soleil couchant allonge sur lu campagne les grandes ombres du Pantokrator. La tranquillité de ce doux pays se fait plus grave. L'obscurité tombe lentemenl des vieux oliviers. Tout bruit se calme autour des cyprès. Une buée monte de la plaine et dessine au loin la Tuile des marais. Il faut rentrer vers la ville. Nous irons demain à la haie d'Ermonais el au fleuve de Nausikaa.

Sur la côte occidentale de Corfou, dans la Mer Sauvage, la haie d'Ermonais occupe la place symétrique aux deux haies de là capitale actuelle sur la côte du

détroit. Quinze OU seize kilomètres mènent d'une nier à l'autre, de la capitale à la haie déserte. Cette roule n'est aussi qu'une allée de parc. A travers les hauts cyprès el les vieilles olivettes, au bord des haies fleuries de roses, sous les coteaux chargés de vignes, autour des plaiuetles inondées et des petits lacs, elle va sans heurt, en courbes sinueuses, respectant les vieux arbres et évitant les roches. Une succession de collines el de vallons détrempés couvrent le pays. Sur les huiles, les blancs villages se penchent dans leur ceinture de cyprès. Au fond des vallons, les marais de l'hiver ou les lacs constants miroitent. La politique vénitienne laissa, par système, les marécages envahir les champs : l'île ne devait produire que de l'huile pour la République qui la payait en grains.

Nous arrivons au sommet des dernières collines qui bordent la plaine de Ropa. La cuvette s'ouvre devant nous. Long de neuf kilomètres, large de deux ou trois. cel ancien lac vidé est aujourd'hui la plus grandi1 plaine de l'île. Mais le marais

• LES Nlf NICIENS l l I 'ODYSSÉE.

i»n couvre encore les trois quarts. Bordée à l'Es! par une ligne infléchie de collines, qui ne laissent passer aucune rivière vers la mer du détroit, la cuvette est

sc|w le la Mer >;i u \ .im- par la Sierra côtière. Devant nous, * - * * 1 1 * * barrière

ni gué ferme l'horizon; elle dresse ses pointes entre les deux bornes du Panto-

krator, au Nord, et du

■Zi'-sS* 4 "f Saint-Georges, au Sud. I„- 'É+r*Q "I'usm' trie ronde du l'an

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