LES PHÉACIENS
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Les Phéaciens ^<>nt un peuple étranger el un peuple de marins. Ils sont venus par mer s'établir sur une rôle barbare : « Autrefois, ils habitaient dans Hypérie ;ni\ \;i>ii'- plaines, près des Kyklopes insolents qui les tracassaient étant les plus forts. Le divin Nausithoos leur fil changer de pays; il les installa dans Schérie, construis! I le rempart, traça les rues, lit les temples des dieux el partagea les terres1 . Ukinoos est fils de ce Nausithoos. Les Phéaciens continuent de vivre de la mer. Ils mil quelques olivettes et quelques jardins : sous la montagne qui le-- enserre, chacun a reçu un coin de champ. Mais leur richesse vient de la mer: ce n'esl pas un peuple d'agriculteurs, ni de pâtres, mais de caravaniers el d'industriels. A la différence des Albanais, leurs voisins, qui n'ont jamais pensé
qu'aux armes, • ils n'ont aucun SOUCI de I air ni <lu carquois. Voiles, rames el
vaisseaux pour traverser la merécumante, \ ni là ce qui fait leur joie •>,
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Nous savons que leur agora n'esl pas un marché aux herbes, aux fruits, aux mes ni aux bœufs. Ce n'esl |>a> Apollon ou Hermès qui y préside, mais Poséidon : on n'y voil que rames, voiles el agrès. Les hommes naviguent; ce soni d'illustres matelots, vaufflxXuToi, de fameux rameurs, BoXiv^peTfAoi, cpiX^peT[*oi. Les femmes filenl el tissenl : • autanl les Phéaciens sont supérieurs aux autres hommes dans l'art de mener un croiseur, autant leurs femmes le sont aux autres femmes dans l'art du Lissage el de la filature ».
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Ils smiiI les intermédiaires entre le monde achéen el les contrées mystérieuses du Couchant, entre l'humanité << mangeuse de pain - el la sauvagerie des Kyklopes ou Lcstrygons anthropophages, qui habitent de l'autre côté du canal adriatique. En suivant les côtes déjà barbares de la Thesprotie el de l'Épire, on peut encore arriver jusqu'à leur lie. Mais au delà, plus de navigation cotière! La grande mer s'ouvre, el l'on entre en pleine barbarie. Pour atteindre la terre mystérieuse, <|ui par les claires journées apparaît sur l'autre rive du détroit, il
faut affronter la Mer Sauvage, la mer nébuleuse, le grand ;ilm iù le Bora fail
rage : « confiants dans leurs croiseurs rapides, les Phéaciens franchissent ce grand abîme, avec la permission de Poséidon ».
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Toute exagération légendaire mise à pari, ce passage « 1 1 1 canal d'Otrante a toujours été périlleux. Les vents y sont très variables, disent les Instructions, el voici ce que racontent 1rs voyageurs :
Le sixième tir Mars au malin, on porta nos provisions à la felouque el nous nous embarquâmes sur les neuf heures du malin. Nous passâmes à quinze milles de Corfou devant la Madone de Cassope, lieu Tort en vénération particulièrement aux Grecs. En continuant notre route, nous abordâmes à une isle du Fanau, et le lendemain nous reprismes la haute mer pour traverser le canal et prendre terre dans la Pouille. Une grande tempête qui s'éleva sur le midi nous lit courir risque de périr, et sans ladres-. de nos mariniers nous eussions eu de la peine à nous sauver sur une des isles du Fanau. mais déserte. Nous remerciâmes Dieu cependant de ce qu'il nous avoil retires du danger où nous étions. Comme il étoit entré beaucoup d'eau dans notre felouque, nous la tirâmes à terre et chacun se fut reposer de la fatigue que l'on avoil eue. Le temps qui continua d'être toujours mauvais nous obligea de demeurer dans cette petite isle près de trois semaines. Le fâcheux pour nous, c'est que toutes nos provisions se consommèrent en peu de jours: aussi nous nous vîmes forcés de manger des herbes que nous Taisions bouillir avec l'eau d'une petite fontaine qui par bonheur se trouva en ce lieu.
Le vingt-troisième, le temps devenu beau, le vent favorable et la faim nous fit faire foret' de rames et dévoiles pour gagner les terres de la Pouille. Après avoir vogué toute