I. W. Helbig, L'Epopée homérique, trad. Trawinski
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vallées, îles Milices, apparaissent el disparaissent lour ;i loin*. Aussi l'on peul se demander si (dans la description «lu bouclier d'Ajax) le poète n'a |>;is cité h' nom de In ville de llvlè, uniquement pour donner un cachel personnel l\ son tableau, nuis s;ms attacher à ce nom de conception géographique bien déterminée. Il était certain d'avance qu'aucun de ses auditeurs ne lui demanderait, question embarrassante, si réellement il > avait une localité de ce nom dans la I >.i 1 1 h' du (ils de I élamon. »
Je n'ai pas à discuter ce que valent les théories de Hercher pour le reste des poèmes homériques. M;iis il me sera facile de prouver, el cet ouvrage n'a pas d'autre but, qu'elles sont inapplicables à la Télémakhie el aux Voyages il I lu*** Vyanl lui moi-môme i mars-juin l'.Mil i le voyage; ayant soigneusement noté l' aspect des lieux, la disposition el le caractère des sites: ayant pris les photographies el vérifié les cartes de l<>us les endroits décrits par le poète, je reste fidèle aux conceptions «1rs Plus Homériques, Sauf 1rs interpolations faciles ;i reconnaître, je crois qu'il faut, mot par mot, suivre le texte de l'épopée, el je crois que, pour comprendre vraiment ce texte de I Ulysséide, il faut replacer l'ouvrage dans la série des livres analogues que, de siècle en siècle, de thalassocratie en thalassocratie, les marines méditerranéennes se sont fidèlement transmis, dans la série des Instructions nautiques, Portulans, (Inities des Pilotes, Flambeaux ou Miroirs de la Mer — Car les marines successives ne se transmettent pas seulement leur onomastique, leurs aiguades el leurs roules : les nouveaux venus empruntent encore les habitudes de navigation, les cartes et renseignements de leurs prédécesseurs. Toutes les marines actuelles copient leurs Instructions nautiques dans les Pilots anglais :
Cet ouvrage, disent mis hydrographes dans V Avertissement <lu n° 7."l de leurs Instructions, contient la description des côtes occidentales de l'Italie. <in s'est servi <lu Vediterranean Pilot de l'amirauté anglaise, livre en usage à bord des bâtiments delà (lotte italienne. Pour les Iles <l>' Malte el de Gozo, «mi a traduit textuellement les instructions du Vediterranean Pilot, vol. I. édit. 1885, en les complétant à l'aide des renseignements publiés depuis cette date par le Bureau hydrographique de Londres.
I i thalassocratie anglaise répand ainsi les Pilots d'outre-Manche. Aux siècles précédents, la thalassocratie franque ;i\;iil vulgarisé les Portulans de Marseille : de 1702 à 1830, toutes les marines méditerranéennes copient le Portulan de Henr) Michclot, ancien pilote hauturier sur les galères du Roi. Mais, avant Michelot, les Français copiaient, <lil-il lui-môme dans sa préface, les i irtes '•! documents hollandais, sans môme en corriger les fautes les plus choquantes :
l irtes hollandaises sont remplies de fautes qui paraissent surtout dans les différents Miroirs de Wei On j donne des démonstrations de côtes el plusieurs plans de !>• .t i - . havres et baies, qui font connaître que leurs auteurs n'ont jamais été sur les lient. I ii portulan imprimé nu Havre-de-Grâce dit, en parlant «lu port <lr Palamos, que
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Les Miroir* <l<"^ Hollandais avaient copié h loin loin le portulan i paguol mi italiens, qui n'étaient eux-mêmes que In copie ou lu un e an pouil des périples anciens de lu Grèce ol de llorne. Les marines clai ique b leui loin
avaient trtuiuil 1rs périples (intérieurs de Cartilage, de Tyr laiUeui Non*
verrons par In suite conimcnl un périple carthaginois d'Iliinilcon, trflduil d'abord en grec h une époque inconnue, fui mi^ en vers latins pai un poêle de l;i décadence, 11. \viénus. Un autre périple carthaginois dllannon nous esl parvenu sous sa traduction grecque et, des marines classiques, il s'esl transmis aux marines de la Renaissance, grâce à J.-B. Ramusio, qui, en 1558, ouvre son recueil délie Navigazione et Viaggi par la navigation de llanone capitano de Carlaginesi.... Muis nous aurons à revenir longuemenl sur cette transmission des Instructions, Portulans el Périples. UUlysséide n esl môme pas la tête de cette série : les monuments égyptiens nous forcent à I hypothèse qu au \*m siècle avant notre ère, I»1 genre littéraire <lu périple existai! déjà. Sur les murs de Deir el Bahari, la reine Haitshopsitou ;i voulu raconter el dépeindre les belles navigations de ses Molles vers les Échelles de l'Encens. .Nous étudierons longuemenl les récits el les tableaux de ce périple pharaonique. G. Maspero suppose avec raison que les Phéniciens empruntèrent à l'Egypte la mode d exposer dans leurs temples leurs périples écrits ou dessinés : le périple dllannon. dit la traduction grecque, étail exposée Carthage dans le temple de Kronos.
J'emploie le mol dt* genre littéraire, car il ne faut pas croire à l'avance que, remise en pareille série, ['Odyssée ait quelque chose à perdre de notre admiration ni de l'estime des littérateurs. Tout au contraire : il n'est jamais inutile de bien comprendre pour mieux admirer. Expliquée à la façon des Plus Homériques, VOdyssée prend une couleur et un relief qui en l'ont véritablement une œuvre d'art et une œuvre personnelle. <m peul alors, avec de bonnes raisons, admirer cette poésie dos premiers Hellènes. On y peut reconnaître le travail conscient d'un ou de plusieurs grands poètes. Ce n'est plus l'informe sécrétion ou les balbutiements de la foule anonyme : « Plus on envisagera le*monde et le passé tels qu'ils sont, en dehors des conventions et des idées préconçues. — disait un jour Renan, — et pinson y trouvera de véritable beauté. C'est en ce sens que l'on peut dire que la science est la première condition de l'admiration sérieuse. Jérusalem esl sortie, plus brillante et plus belle, du travail eu apparence destructeur de la science moderne. Les pieux récits, dont on berça notre enfance, sont devenus, grâce à une saine interprétation, de hautes vérités el
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r'esl i nous autres critiques qu'il appartient vraiment de dire : Stantes erant - rtox/ri in niriis tuift, Jérusalem!* •• Dans cet atrium de la Grèee, qu'est le monde homérique, le lecteur dira si l .m découvert plus il. ni et plus de réelles beautés. J'ai tâché du moi n> A' s péné- .1 m mis en pratique le double conseil de S. Reinach ri de E. Gurtius : j ai cherché ilmi^ le • vrai grec •. comme le voulait S. Reinach, cl dans la géographie, comme le voulait K. Curtius, quelques lumières sur les mystérieuses origines du peuple cl de l'art grecs; j'en ai rapporté plus d'admiration et plus de respect pour les premiers monuments littéraires de ce peuple et de cet art.
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