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J l S l'lll: N1C1ENS l I L'ODYSSÉE.
iii> par rapport au fleuve voisin. Perché sur une roche parasitaire, le site est île tous points comparable à notre Ville d'Alkinoos; ce n'est qu'un tlol monta- mimi\ baigné de ton-- côtés par la mer el rattaché seulement à la montagne rùtière par un isthme bas. Ce comptoir phénicien, étroitement couvert par les monts, s'est écarté du fleuve voisin, le Var, qui débouche à quatre ou cinq lieues d'ici. Les Hellènes choisiront d'autres sites : dans le delta même «lu Var, sur les roches qui le bordent à l'Est el à l'Ouest, les Marseillais installeront ensuite leurs colonies * I * * .Nice et d'Antibes. C'est que les Hellènes ne veulent plus seulement commercer avec les indigènes; ils veulent occuper el coloniser le pays, posséder la plaine. Mais les pillards ligures inquiètent sans repos ces \illes helléniques. C'est une lutte perpétuelle que Nice et Antibes oui à soutenir. Il faut la vaillance el l'endurance de l'hoplite grec pour se maintenir en ces postes île combat.
Les gens il'' Marseille, dit Strabon', B'adonnèrenl d'abord à la seule navigation el se tournèrent tout entiers vers la mer. Puis leurs forces s'étant accrues, ils voulurent soumettre les plaines côtières du voisinage et c'est alors qu'ils construisirent leurs villes il v'lc. île Tauroention, d'Olbia, d'Antibes el île Nice. C'étaient eu réalité des forteresses contre le- indigènes, Vgde contre les Barbares du Rhône, Antibes, .Nice el les autres contre le- Ligures des Alpes. Les forêts voisines fournissaient eu abondance le bois des constructions navales, mais aussi le matériel des constructions et des machines militaires, propres à assurer la résistance centre les Barbares, ôpyoîvcov -<ov te 7r;ô; tiç
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Nos Phéaciens habitent loin du fleuve, parce qu'ils entendent bien ne pas vivre
sur ee pied de -lierre. Ile sont îles marins et mm des soldais. Comme le peuple
anglais répugne aujourd'hui au service obligatoire, à la conscription el à la caserne, qui forment nos armées contemporaines, le peuple d'Alkinoos répugne aux exercices violents qui forment l'hoplite grec. Le pugilat el la lutte ne leur -mit pas familiers,
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IU courent. Ils canotent. Ils dansent. Ils chantent. Ils jouent au tennis. Ils changent de linge. IU aiment la laide, le bain el l'amour. Ils ne se soucient pas de risquer dans de sanglantes bagarres leurs beaux habits el leur tendre peau. IU sont gens de sport, mais mm gens de guerre — Le site et la position de leur ville correspondent a leur- mœurs el à leur genre de vie. Dans la description odysséenne, tout se tient. Il faut fi rmer les veux sur la réalité pour ne voir en tout cela qu'inventions poétiques, fantaisies et invraisemblances. L'examen topologique nous montre, au contraire, la logique interne de cette description el sa vérité profonde. Et la topologic nous montrerait encore commente! pour-
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Sur le pourtour d'une Ile, nous savons comment les villes el les emporta* c déplacent et, les uns les autres, se remplacent suivant les variation de cou ranls commerciaux. V Rhodes, à Kos, h Samos, à Thèra, à Salaminc, dans la plupart des iles grecques, nous connaissons de vieux port9 <»u des ■ \ 1 1 1 * ■ vieilles » qui tournent le dos ;iu\ terres helléniques pour ouvrir leurs mouillages vers le Sinl ei vers l'Extrôme-Levant. Le jour où les Hellènes, maîtres de ces lies, disposent librement «le la terre el de la mer. ils abandonnent ces vieille! capitales: les villes ou poils helléniques se transportent sur les côtes insulaires de l'Ouest ou du Nord, en lace de la Grèce el des terres grecques. La capitale classique de Corfou fui de môme fondée ou transportée par les Hellènes sur la mer du détroit, en face des terres et des mers grecques, pour le I esoin du commerce »i de la colonisation helléniques.
Étudiez en effet le site de la ville grecque de Korkyre. Assise au bord du détroit, sur la presqu'île <pii sépare la baie de Kastradais el la lagune de Kallichiopoulo, elle occupe, à peu de chose près, le siie de la Corfou moderne. Ces deux villes correspondent au même état de civilisation et aux mêmes besoins de trafic. Hellènes cl Vénitiens voulaient tenir le détroit, grand chemin de leur commerce, et ils voulaient tenir les plaines de l'île, grand champ de leur colonisation. Depuis les temps helléniques jusqu'à nos jours, la capitale de l'île esl donc restée en cet endroit parce que les maîtres du port et de la mer étaient en même temps les propriétaires îles champs et des cultures. Mais la possession de celle acropole implique la domination du pays et la soumission des indigènes. Visible di' Ions les points de la plaine el de tous les pies de la montagne, la ville ne saurait échapper longtemps aux convoitises des indigènes. Elle ne peut rester aux mains i\c l'étranger que si le fondateur ou l'occupant, grec, romain, angevin, vénitien, français, anglais, etc., dispose d'une puissance reconnue, d'une force toujours prèle : Venise entretient à Corfou neuf régiments d'Italiens et deux régiments d'Esclavons, sans parler de l'artillerie el du génie'.
El ce n'est pas contre les insulaires seulement qu'il Tant se tenir eu garde. Les incursions des sauvages de l'Épire sont sans cesse à redouter. Le détroil n'offre qu'un médiocre obstacle aux convoitises et fantaisies albanaises. Un coup de vent amène les barques des pillards. La possession tranquille de Corfou ne dure pas sans l'occupation ou la surveillance des mouillages de la côte en l'ace.