I. Grasse! Saint-Sauveur. Il, p. 100 cl suiv
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Rhodes, dans l'antiquité grecque, est obligée d'occuper les poils de la « Pérée » karienne, ->nr l'autre rive de son détroit, pour surveiller et pour maintenir les pirates kariens. Korkyre occupe de même une bande de la « Pérée » épirote el \ entretien! une forteresse1. Dès que la surveillance se relâche ou dès que les forteresses cessent d'appartenir aux Korkyréens, les Arnautes franchissent le canal. descendenl dans l'He, ravagenl les moissons, coupent les vignes et 1rs oliviers, el rançon nenl les bourgs. Même avec la plu-- étroite surveillance, il sulïit encore d'une unit obscure el d'une flottille de barques pour jeter à la côte de l'Ile une bande d'Epirotes qui razzienl le pays plat, dévalisent les paysans el forcent même la ville h se racheter' Maîtres de Corfou, les Vénitiens après les Hellènes occupent lous les mouillages iln détroit sur la côte albanaise, de Butrinto .1 Prévéza, el dans ces postes, « il \ avoil toujours de garde, sous le canon du fort, une galîote ou toul au moins un brigantin pour tenir en respect les Albanais; le gouverneur avoil de plus une barque à ses ordres8 » pour prévenir la garnison de Corfou à la première alerte. Malgré ces précautions, il esl impossible de compter les incursions des Albanais ou des Turcs sur la Corfou vénitienne.
Les Phéaciens, qui ne se soucient ni de l'arc ni des carquois el qui n'ont ni hoplites ni chevaux, ne sont pas gens à défendre leurs murs tout à la fois contre les Insulaires el contre les t pi rotes. Leur ville n ira donc pas se poster sous l'œil des uns el des autres dans les plaines de I Ile. Ils ne sont pas tirées, d'ailleurs, el leur navigation ne se fail pas dans le détroit. Ils n'ironl doue pas installer leur porl en face des terres helléniques ni sur le bord du canal. Comme les vieux ports de Rhodes, de Kos, de Salamine, etc., le porl préhellénique de Korkyre doil tourner le dos au porl hellénique, et c est bien dans ce rapport de dos a dos que se présente la baie phéacienne de Liapadais el les mouillages grecs de Corfou. .t priori, non- pouvions dire que si les Hellènes s'installent près des lin--, c'est dans l'autre qu'avant les Hellènes, les étrangère avaienl leur établissement. Pour prendre encore un exemple tout récent dans celle mer Ionienne, comparez les villes helléniques e1 les établissements vénitiens sur le pourtour de Képhalonie.
Képhalonie, comme Corfou, esl au bord d'un détroit : sa façade orientale borde le canal d'Ithaque el Lcucade. Ce canal fui sillonné, de tout temps, par les barques d'Ulysse el de Télémaque el par les galères helléniques el romaines, comme aujourd'hui par les petits \apeuis de Patras. De toul temps, les indigènes ont doue eu des ivlài lies sur la façade orientale de Képhalonie. Les petits vapeurs de Patras rcssuscitenl deux bourgs, dans la double rade de Phiscardo, au Nord-Ouest, et dans la baie de Pilaros, au centre. Les navires anciens avaienl lui la fortune de Samè ou Samos dans [a baie imite voisine de Pilaros: au
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était l'ilo do Suinos ou Si ; les marin la conmii iiioul ou ce nom kcpliu
lonie osl aujourd'hui I llo il Vrgo loli. I e détroit, peuplé do ni i iti i iUlu nous montre déjà commoul les indigène peuvenl in ta II ci une uolto ol une croisière dans I il»' il Vstéris, tjui barre ce canal ), r i délai ■ • do marin étran
gers. L'influence étrangère, vénitienne, a, durant le ièclo do u , Iran port*
la capitale do l'ile sur la façade opposée au détroit, ur lu c lie 01 ridcntalc uui borde lu Mer Sauvage, ^.rgostoli, dans un grand golfe, occupe le flanc il un loin
promontoire qu'il sérail Facile de défendre contre le> insulaire . h lil
toutefois que les défenseurs fussent en nombre cl bien armé < u l'isth • i
assez large el les plaines de I lie, avec les villages indigènes, sonl toutes pro< lu Argostoli ne peul convenir à une station étrangère que si les Lhalassocrates, en nombre et en force, peuvenl imposer leur loi aux insulaires. Mais cette même façade occidentale de Képhalonie sur lu Mer Sauvage offre, en nu autre golfe, l'un de ces promontoires avancés qu'un isthme bas entre deux ports rattache à peine à la grande terre el qui ressemble à lu Ville d'Alkinoos ou à la Pai .i des Vénitiens. C'est le promontoire qui porte actuellement encore l;i forteresse vénitienne d'Asso. Voici comment les Instructions nautiques décrivent ces parages de Képhalonie sur la Mer Sauvage :
A quatre milles dans l'E. q, N.-E. du cap Kakata, se trouve le forl d'Asso. La côte, entre ces deux points, forme lti golfe de Myrto, profond d'environ trois milles, avec des rivages accores et découpés, garnis de baies de sable par intervalles. Il n \ a pas de mouillage dans ce golfe, et un bâtiment sons voiles évitera de s,1 laisser affaler sur la côte, car le venl accalmit fréquemment sons la haute terre el une forte houle de N.-O. port.' à terre. Le porl d'Asso est formé par un promontoire élevé, à double pic, ronronné parles ruines d'une grande forteresse vénitienn i et relié à la grande terre par nn étroit isthme de sable. Le porl. ouvert au Nord, a deux encablures de largeur, trois encablures de profondeur, et offre des commodités pendant les mois d'été aux petits caboteurs qui viennent y charger les produits du pays, qui est bien cultivé. Pendant l'hiver, il est peu fréquenté, car il est ouvert aux vents de Nord, qui y amènent une grosse ni m'. La partie extérieure du port, avec des fonds de 22 à ."I mètres, est abritée des vents du S.-l). par le promontoire. La forteresse, passablement conservé.'. e>t de grande étendue, élevée de 155 mètres et protégée de tous côtés par des falaises escarpées; un fossé creusé à travers l'isthme, et actuellement comblé, la défendait jadis du côté de la terre. Le village d'Asso. situé dans l'Est du tort, avec une population d'environ 1500 habitants, possède une douane et un office sanitaire, et l'ait un commerce considérable en raisins de Corinthe, raisins, vin et huile. On peut s'v procurer quelques provisions et de l'eau douce.
Cette forteresse, au temps des Vénitiens maîtres de l'île, protégeait sans doute le double mouillage du bas. Mais elle devait surtout founiir aux paysans voisins un refuge contre les descentes des Barbaresques : « Les Vénitiens, dit Grasset Sainl-Sauveur, bâtirent cette forteresse en 1595. Dans ses fortifications, on a
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été obligé tli suivre l'irrégularité du terrain; aussi toul j es! inégal, de travers ci défectueux. Malgré toutes ces imperfections, cette forteresse esl plus que suffisante pour l'objet i|ni ;i déterminé à la bâtir. Elle ne doil servir que de retraite aux habitants des rives de la mer, en ras de quelque inclusion de corsaires dans l'Ile. \n pied de la montagne d'Àxo, un trouve un petit porl qui peut contenir au plus Mois on quatre galères. L'intérieur de la forteresse n'offre rien qui puisse le moins possible dédommager de la fatigue tin voyage. Elle renferme la cathédrale grecque, petite église modestement décorée. Le seul édifice public est la maison qu'habitait le provéditeur1 •>.
I i vénitienne Ixos sur la Mer Sauvage et l'hellénique Samè sur le détroit >oni tl;niN le même rapport de sites el de gîtes que la Korkyre tics Hellènes et la \illo d'Àlkinoos, el depuis longtemps, dans une autre Ile bordière d'un autre détroit, à Rhodes, nous avons étudié ce même rapport entre la Lindos de Kadmos el la Rhodes des Grecs. Là encore, les navigateurs étrangers avaient choisi mi promontoire avancé de la Mer Sauvage, une roche entre deux baies pour fonder leur ville el leurs sanctuaires de Lindos; les Hellènes, au contraire, transportèrent leur capitale sur le détroit, dans la plaine qui borde l'entrée du canal.
Entre la vieille Lindos el la ville des Phéaciens, il ne semble pas qu'il y ail seulement ressemblance de situation; il \ a parité il»* date. Car Lindos fut fondée, dit-on, par le commerce phénicien el nous voyons par la toponymie «les Phéaciens que des Sémites mil aussi dû l'inventer : Korkyra Scheria, mntu mais, semble de même origine el île môme époque que les doublets «les îles \iiisincs Paxoê'Plateia, Samè-Kêphallènia, etc., ou des autres Iles grecques, Kasoê- [chnè, Bhèneia-Keladoussa, etc. Si l'on prend bien garde au texte odysséen lui-même, ou \ peut relever, semble-t-il, certains indices de cette origine levantine.
Par quelques détails île leur costume el «le leurs mœurs, les Phéaciens sem-
blent se distinguer îles Achéens el se rapprocher de-- nations de l'Extréme-
Levanl : • les Egyptiens, dit Hérodote, portent des vêtements de lin qu'ils
veulent toujours fraîchement lavés; ils \ attachent le plus grand soin, car ils
vont jusqu'à pi Iférer la propreté à l'élégance, Eijxaw SI Xlvea œopéoufft aUl
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On croirait entendre Nausikaa : « Mes frères veulent toujours des vêtements fraîchement lavés ■■.
01 8' v. . 9 Xou<7i veônXoTa Eiuat' evovreç L'épith le i.',-i j-.',: m- se trouve qu'en ce passage des poèmes homériques :
I / 691, p. 5 et S mil -S mveup, loe, < ii
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i i i ni K'.IKNS l'épilliMo équivalonlc >■ > >", bien lavé, ne ■ ■ roi Ire au i ijii appliqua aux
filiales, iluiil le-, riiciricn I • > 1 1 1 présent .1 I I )
Autre détail. Le roi el la reine don Phéai ien . \lkm i \n\>- uni fVj»rc el
sieur, en nicnie loiUDS liue 111,111 ri femme.
... KO •.'-//,<•)/ tû)V rj-.t,,/',:. 1 l KOV \i /.'./>,<,> Jj /-:/!,'
Ils « sont nés »lcs mêmes parents »|iii leur onl donné le jour », tx tox?î<ov pwv «utùjv. Ces mois ne peuvent prêter h amphibologie. Parents, -.>, /.<,:. ne m rencontre dans les poèmes homériques qu au pluriel pour désigner les deux
ailleurs de vie, les prie cl mère :
[ir 0' levai 8 là ScôuaQ' ïv 'àvveiXeie toxgûViv, itacrpl tpiXcj) xal U7|Tpls
Ce mot ne peul avoir el n'a jamais eu d'autre sens : il désigne celui qui a engendré el celle qui a enfanté. Alkinoos el Aréiè. fils el fille des mômes parents, sont donc frère el sieur el pourtant ils sonl mari et femme. Voilà qui scandalisa plus tard la morale grecque : on ne put admettre que le Poète, source de huile sagesse cl de toute vertu, eût écrit une pareille énormité. Car les Hellènes, en général, ont sur les mariages entre frère et sieur les mêmes idées que nous. Que les Dieux. Zens et liera par exemple, aient commis de pareilles unions, la tradition l'admet el la nécessité le légitime : la première famille divine, comme la première famille humaine, semblait n'avoir pas pu se reproduire autrement. Mais que parmi les hommes, parmi les personnages de l'épopée, de telles mœurs abominables aient pu fleurir et que le Poète les ait notées sans un mot de blâme, sans un étonnement, voilà qui pour la conscience grecque est inadmissible. Les scholiastes se hâtent donc, par une note, d'expliquer à leur façon, c'est-à-dire à contresens, le texte odysséen : « parents, disent-ils. est ici pour grands-parents, to vào tox^cov or./.o7. xal -h -ooyôviov* ». La morale grecque serait sauvée, en effet, si Alkinoos et Arélè. descendante des mêmes ancêtres, étaient seulement oncle et nièce ou cousin et cousine. Aussi la note des scholiastes est aussitôt accueillie par les éditeurs. Mais elle ne suffit pas encore. Comme le texte homérique est mis dans toutes les mains, expliqué dans toutes les écoles, il ne faut pas que les jeunes esprits puissent être induits à des idées fausses ou à des pensées malhonnêtes. Une main pieuse intercale dans le texte primitif treize vers, qui sont une évidente interpolation. Voyez plutôt le passage :