‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 273 sur 277 · V. liKliAI'.D. I · texte numérisé non relu

V. liKliAI'.D. I

l l S PHÉNICIENS I I I ODYSSÉE

Le Pharaon n'est donc roi absolument légitime que si, lils d'un frère et d'il ne sœur, il esl encore l'époux de sa propre sœur. Amënothès ;i\ail épousé Vhhotpou, -.1 sœur de père et de mère; la fille <|ui naquil de celle union Vhinasi, lui donnée en mariage a l'un de ses frères, Thouthmosis, qui n'était que le iil> d'une concubine. C'était donc \hmasi qui, reine de plein exercice, aurail |ni réclamer le pouvoir suprême ; mais elle le laissa à son mari el se contenta

du second rang '.

Il semble bien que, chei les peuples levantins qui sont soumis à l'influence égyptienne, la mode de ces unions entre frère el sœur, comme tant d'autres modes d'Egypte, s'implante dans les familles royales. A lire s;uis parti-pris certaines pages de l'Ecriture, il semble que ces unions ne paraissent ni incestueuses ni mêmes étranges dans le harem de David : « Amnon, l'ainé des ii|s de l>;i\id el d 'Akhinoam, celui que son âge semblait désigner comme I héritier de la couronne devint éperdumenl amoureux d'une de ses sœurs qui élail forl belle, Tamar, fille de David el de Maaka. Au lieu de la demander en mariage, il feignit d'être malade, insista pour être soigné par elle, el quand il la tint seule dans sa chambre, il la viola malgré ses larmesfLe crime consommé, il fui s;u-i de dégoût el de haine; il la repoussa et, connue elle le suppliait de lui rendre l'honneur eu l'épousant, il la lit chasser avec opprobre |>ar ses valets. Elle alla crier vengeance chez Absalon, son frère de mère. David s'indigna. Mais il aimail son premier né el ne |>ul se résigner à le punir. Absalon dissimula sa colère; mais au boul de deux ans il tua Amnon — On remarquera que Tamar demandée Vmnon de l'épouser cl que l'unique reproche adressé au fils du roi est, après avoir violé sa sieur, de n'en avoir |»;is fail su femme '. » Le texte des Ecritures dil liés clairement que ces unions entre frère el sieur sont possibles el légitimes. Quand Vmnon l'ail les premières avances à sa sœur, Tamar refuse

par ces mots : ,. Non : les choses ne se passent |us ainsi en Israël. Mais parle au

mi : il ne me refusera pas il lui ' », Tamar veul être épousée régulièrement, au grand jour, par son frère, el elle ne prévoil aucune objection de leur père commun. Au reste, la poésie amoureuse des Hébreux comme des Egyptiens donne aux mois de frère el de sœur la signification d'amant el de maîtresse. Dans l,i langue el dans les mœurs des ports phéniciens, l'influence égyptienne si profonde avail eu sans doute les mêmes résultats. Kl c'esl pourquoi, dans notre périple odvsscen, il faul nous en leuir au sens strict el unique «le parents,

r',/.r/>, : /irrr cl nirrr : \re|e el Alkilloos solll frère el sieur, el leur n>\;illlè n'en

parail que plus divine —

Il faudrait n'attacher qu'une minime importance à ces particularités des i du tûmes el des mœurs phéaciennes, el I ou n'en tirerait légitimement aucun indice certain, si le texte odysséen lui-même ne nous faisait connaître l'origine

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i' '" ». l'ivs des Kyklopes arrogants qui le» Iruni nient,

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les anciens ignoraient déjà le site d'IIypt^rit; cl il promenaient les KykloiK' de Sicile en Italie el de Lycie en Morée. La suite du poème odj éen va non conduire dans lo pays des Kyklopes. Nous verrons alors que les noms authentique nlgvecsdcKykl-ope-rOEHRond k ;•//.-<.»■>. et â'Hypérie-la Haute, i ■■> .

ne sont que l;i traduction de noms étrangers bien connus. \\ec ces noms gre< el ces noms étrangers, nous allons reconstituer encore une chaîne des doublets gréco-sémitiques. L'équivaleni sémitique de oeil, w<|>, étanl t'y, oin, el celui <!•• cercle, xtixXo;, étanl moy, <>ir'<i. le vrai nom de la Kyklopie, du Paw« rfe« IVwa Homls est Oin-otr'a, donl les Grecs onl fail Oivwrpia el les Latins Oinotria. De même l'équivaleni de /a Haute, TitepstTi, esl raip, Kum'a. El nous arrivons ;i cette traduction parfaitemenl claire : « Les Phéaciens habitaient jadis Kumè de Campanie, eupifyopoç, près «les Oinotriens, » el c'étaient dos Leukadiens ou Leukaniens, car le nom Qaîaxeç ou $atT,xeç, Phéaciens, qui n'a aucun sens en grec, n est aussi que la transcription d'un nom sémitique : la racine sémitique pria, h. c. q, signifie être blanc el exprime les qualités de blancheur el d'éc/a/; sa vraie traduction grecque serait Xeuxaîvw. El la transcription de D'pro, Beakim, en 3>a£axe; est lonl ;i l'ail légitime. Nous savons <|ih> le 3 sémitique n'esl pas l'équivaleni exael tin 6 grec, mais que les Hellènes lo rendent par un -. un z, on par une lettre double •x- on lu®. Onanl aux deux antres consonnes, n es! : ou *'.. p est •/..... Les Phéaciens sont des navigateurs venus de l'Occidenl qui. jadis établis à Kumè de Campanie. puis chassés par les montagnards oinotriens, transportèrent leur ville sur la côte corfiote.

Je ne légitime pas ici, de poinl en point et lettre par lettre, les transcriptions ou traductions de ces noms propres. Ulysse va nous mener an pays dos Kyklopes. C'est alors, sur les lieux, que nous discuterons la toponymie grecque et préhellénique de cette Italie napolitaine. Pour le moment, je réclame du lecteur un crédit provisoire. Je lui demande d'admettre que nos Phéaciens, venus de Kumè au long des côtes italiennes, ont abordé l'île de Corfou par le Nord-Ouest. Du dernier cap italien S. Maria di Lenca. ils ont traversé le canal Adriatique. atteint l'île de Fano, puis longé l'île de Samotraki. Saluant ensuite le Karavi, le Bateau de pierre, ils ont enfin côtoyé le rivage occidental de Corfou, en atterrissant près dn cap Kephali, comme disent les modernes : Phalakron, disaient les Anciens, la Tête Chauve. C'est la route la pins directe et la pins ordinaire des navires à voiles : .< Partis de Urindisi, dit Strabon. les navires ont dix-sept

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