Odyts., VI. t
I i s Nil SICIE>'S I l l 'ODYSSÉE.
cents stades jusqu'au promontoire de Kassiopè. Les navires partis de Tarente mit .1 peu près la même distance jusqu'à un autre cap corfiote dans le Sud-Esl de Kassiopè '.
\ , ■ m 1 1 -• de l'Ouest, c'est à la côte occidentale »lt' I il»1 que ces marins primitifs devaîenl fixer leur établissement. Nous connaissons la règle générale de ces ports insulaires, tournés vers la partie de l'horizon qui leur amène les flottes et leur trafic, lu ceci, la Korkyra préhellénique ressemble encore aux autres lies levantines avec leurs capitales antérieures aux Hellènes. Il faul encore et toujours revenir à l'exemple de Rhodes. Située sur le détroit qui ouvre les mers grecques aux bateaux levantins, Rhodes esl la porte hellénique du Levanl : sur le détroil qui ouvre l'Occident, Korkyre esl vraiment la porte ou la sortie occidentale des mers helléniques. Les deux des symétriquement placées se fonl pendant aux extrémités du monde grec. A Rhodes, depuis les Hellènes jusqu'à un-, jours, le grand porl esl installé sur le bord même du détroit, dans la plaine il,- l'île, pour le besoin du trafic insulaire et du transit maritime. Mais ce grand porl ne remonte, nous le savons, qu'au cinquième siècle avanl notre ère. Le premier emporion n'étail pas là. Tournant le dos au détroit, Lindos regardait la mer du Sud-Esl qui lui avait amené les Molles de Danaos et de Kadmos. Éloignée de la plaine, Lindos s'appuyait à une haute montagne « qui la couvre loul autour . et sa baie offrait un double porl aux lianes d'une acropole péninsulaire. Compare! maintenant l'histoire et la topographie de Korkyre. Depuis l'antiquité classique jusqu'à uns jours, les bateaux n'ont fréquenté que la rive orientale de Corfou, la côte de la plaine et du détroit. 1rs périples et les géographes n'ont connu que les stations de cette côte. Nul, parmi 1rs Anciens, ne mentionne les mouillages et le bourg de notre baie de Liapadais. Au xviii® siècle, Bellin dit encore : • L'isle a dix ou onze lieues de longueur : on j compte environ quarante mille âmes. Il n'\ a que deu\ villes, sa\oir Cassopo, qui est le Cassiopè des anciens, et Corfou, qui esl la capitale, "n assure qu'il v a une centaine de
villages dans l 'Mo Il y a quelques autres ports dans l'isle, propres pour de
médiocres bâtiments. Mais ils ne me sont pas connus et d'ailleurs ils ne sont pas fréquentés, si ce n'est par de petits bâtiments qui y vont pour le peu de commerce qui s'] fait . Mais avant la capitale grecque, Corfou avait eu comme Rhodes une Lindos tournant le dos à la plaine et au détroit, s'appuyant a la montagne qui la couvre des indigènes, et ouvrant ses deux (torts aux arrivages «les étrangers, aux (lottes de l'Italie ou de l'Afrique, «le Kumè, d'Utique ou de i ,11 thage : c'est notre \ ille d'Alki is.
Comme Rhodes encore. Korkyre est sans doute une Ile grecque, mais un peu
à l'écart, aux extrémités du monde grec. Les Hellènes fréquentent ou possèdent
i es deux lies. Mais souvent aussi ce sont des étrangers, des peuples de la mer qui
occupent : Rhodes durant trois ou quatre siècles demeure la possession des
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pirates lutins qui n'intitulent chevalici ilci Ithode ■. Corfou re lu \ liinl
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ol les mouillages do ce» doux Iles. Moi ■ actuellement e rc, Hhodc i»| CoiToii
sont en dehors du bourdounetncul des haryucs hellénique Une multitude de cargo-boats indigènes, de voiliers <>u do petits vnpoui . ralturlionl pai mille réseaux les autres i 1rs Ioniennes a la t'Aie du Péloponnèse cl au porl de Pat ni Corfou n'a qu'une ou doux lignes de grands bateaux, de baleuux étraugci . entre elle el la terre hellénique. Ces relations actuelles nous expliquent les relations d'autrefois.
Aiix temps homériques, la terre des Phéacicus c>i a l'écarl des terres achéennes : Ithaque fait partie < 1 1 1 monde tichéen, I lyssc est un héros de l'armée achéenne; Aikinoos esl un étranger. La Phéacie esl pourtanl en rapports avec la Patras de ce temps, je veux dire avec la Pylosde Nestor. Car Pylos esl alors le grand porl achéen sur la mer occidentale. Les barques pyliennes el les bateaux phéaciens tout la navette de l'une à l'autre : Ithaque, à mi-chemin, <>si leur étape médiane, leur reposoir el leur bazar commun. Les marines achéennes connaissent donc la Phéacie. Mais celle Ile écartée n'apparall à la foule achéenne que dans la brume du lointain. On sent bien, à lire le texte de VOdyssée, <|ne les relations sont parfois empreintes de défiance : les étrangers ne trouvent pas en Phéacie un accueil toujours cordial. Il est impossible cependant de rien comprendre à ce texte odysséen si l'on ne suppose que des rapports prolongés OU «les périples écrits donnèrent aux marines achéennes une connaissance minutieuse et très exacte des parages phéaciens.
I. "étude de la Télémakheia nous avait déjà conduits à cette demande : comment le poète a-t-il pu décrire si exactement, si minutieusement, les sites, routes el mouillages de Pylos? Kl nous n'avions trouvé qu'une réponse : c'esl qu'à la COUr des Néléides, dans les villes d'Asie Mineure, des poèmes on des périples se transmettaient, qui rendaient familiers aux oreilles de tons, les sites, les routes, les cnlles et les parages de l'ancienne ville des aïeux. I, "étude de la Phéacie conduit à une pareille demande : comment le poète a-t-il possédé une connaissance si précise du pays phéacien? Les philologues répondent : « J'admettrais volontiers (pie des marins d'Ionie. étant allés à Corfou, ont pu rapporter chez eux le souvenir d'une ile lointaine, très riante, très fertile, peuplée d'excellents marins, et (pie ces contes de matelots, transformés par l'imagination populaire, ont pu devenir nue légende merveilleuse1. » Légendes merveilleuses, contes populaires, imagination, fantaisie, il y en a dans VOdyssée, mais beaucoup moins qu'on ne suppose. VOdyssée est une (envie d'art grecque. Or. en nue œuvre grecque, quelle qu'elle soit, taire la part prépondérante à l'imagination et à la fantaisie -, voir en une œuvre grecque autre chose que la tidèle peinture. la copie d'un modèle déterminé: mettre sur le même pied la raison hellénique