‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 276 sur 277 · I. Sirs l I'1 m l W · texte numérisé non relu

I. Sirs l I'1 m l W

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ils viennent, Car ils Boni venus du paj clou Veux Honda, I habitaient llnutcvilli1

Les Barbares de ce pays les forcèrent n s'cnluir Leur ville tiv ricin* i » d'oi et de

choses précieuses..., tprta la ville, les Falaises el les ecucils continuent, Un rochri ressemble il un navire en marche8, le indigènes disent nue c'e i un linteau nue In colère ili\ ine ,i changé en pierre

\insi restitué, ce fragment de périple porte, je crois, sa marque d'origine. Décrivait! successivement le fleuve, lu ville cl le Bateau de pierre, il commeure l,i revue de la côte par le Sud H la finil par le Nord : il trahit ainsi une navigation el une marine allant <ln Sud-Esl au Nord-Ouest, des terres achéennes nux mers italiennes, de Pylos au canal Adriatique. Le poète ;> respecté l'ordre du périple comme il en respectait les mots. Les épisodes de son récil ne -~< • m t que les \ nés de côte successives qu'un navire achéen aurait au long de ces rivages corfiotes. L'histoire commence au fleuve, se poursuit aux lavoirs el sur la roule qui mène à la ville, cl finit, pour le principal, à la Ville, à l'agora el ,111 palais d'Alkinoos. In dernier incident vient recoudre la dernière vue de côte : une fois Ulysse rapatrié, le navire phéacien revienl pour que Poséidon le change en pierre. Kl nous retrouvons ici le procédé que nous avions signalé déjà dans l'épisode de Kalypso. Le poêle n'invente rien. Mais il arrange el dispose. Il ne l'ail que mettre en œuvre les données de sou périple; mais il les travaille à la mode hellénique, soit par la vie anthropomorphique qu'il prêî< aux objets inanimés, soil par l'ordre rationnel el la disposition esthétique qu'il introduit entre les divers éléments. D'une série de vues, il fait un tableau. Ce tableau esl encore une exacte copie de la nature. Mais il est 0 composé " : il a îles parties dans l'ombre et d'autres en pleine lumière, des personnages de fond et des personnages de premier plan. Ce tableau esl complet : le poète ne néglige aucune des données que lui fournissait le périple. Mais pour faire entrer toutes les données dans son cadre, il a dû les grouper, c'est-à-dire les subordonner el les rattacher les unes aux autres, resserrer les unes, développer les autres, el toutes les unir. Nous avions déjà quelques exemples de sa manière : il avait donné à l'île de Kalypso les forêts, les vignes et les sources des côtes mauritanienne ou espagnole; autour du personnage principal que lui avait fourni

1. Cf. j5 93 du Stadiasme : sx toû TteXotyous oy~ Jt**)Pav WKeiviiv vt.t:* sjroaoav Srav Zz 2.-

i-'-'iTf,;. vit: tt,v itôXiv TOtpa8aXâ<T<riov xai Oîva Xeuxèvxat a:-".a;,ov r il -'//.:; zz~\ A£-/.r, o/.r, ■ " ôi oùx z/z:- àaçaXûç ôpjxtÇou i-:. to-j 'Epjzaîou.

'2. Cf. §§ T>0 et ,"1 du Stadiasme de la C<rtui<le Mer : /wpa is-riv Cyr.Xr',- X'.|i.Vp z~: ~3.-'-\ ivifxiù-

u8b>p ï/z: iv t/, itoûtt) va— r, JÎ; -ô repèç votov •xz^o:. sv ~<~> spou o:<o. ôiiêpiov 'Olz: itxpsijLsaivov?3v

ïxpav Jyr.Af.v /.y.': [i,SY»Xiyv xaT' xi-'t;/ 'riz: î:; lâXov xai /.■;jlvtiv \xz';i't,r;/- ivt ô; tiLv S'j&tvûjlttV f icoti)To; 8p|ioç ïz-':-/- z/z: i'z u8up ûteô tJjv z\,/.t;j- 8ià xai ;j toto; Suxfj xaXstxat.

3. Cf. jj 19 du Stadiasme : i-l toû àxpwrTjpto'j txjoo! Sûo 10: vf-o'. îvaTsîvovrîç £•.: -u -r/,i-;o;.

I I s Mil Mi II NS ET 1 ' i»l> > SSI I

l'Ile de l.i Cachette, il ;i\;iit groupé en épisodes ou en qualités secondaires les autres particularités du Détroit. Ce n'est pas autrement qu'ici il l'ail assister les Phéaciens. réunis sur le port, à la pétrification «lu croiseur qui revient d'Ithaque. Ce bateau pétrifié n'est pas un»1 invention. Il existe. Kl le périple en parlail comme le poète, et le périple le situait au bout < I * * la terre phéacienne, comme le poète le met au bout de son histoire phéacienne. Mais le périple ne disait pas que du port phéacien on aperçût le Rocher «lu Bateau : entre la baie de Liapadais tournée vers le Sud et ce rocher du Karavi sur la côte septentrionale, le Saint-Ange et l'Arakli interposent leur gigantesque écran; du haut seulement de leur montagne côtière, les Phéaciens pourraient apercevoir le Bateau, comme les garnisons vénitiennes du Saint-Ange l'apercevaient, à l'horizon lointain Mais le poète a fait rentrer le Croiseur de Pierre dans son

tableau par un artifice très simple, commun à toutes les œuvres d'art, et l'on ne \nii pas au reste comment il eût pu faire autrement. Probablement le périple spécifiait môme que, d<- la sille. ce rocher esl invisibkî. Voyez avec quelle fidélité le périple dépeint toul le reste du pays; il esl invraisemblable qur sciemment il eût, pour le site «lu Karavi, commis ce léger oubli. El ici encore, comme dans toul li' reste, le poète n'a fait que rendre ce que le périple lui donnait, en inventant seulement des personnages <»n des incidents pour animer celle matière inerte. Si. dans le dernier détail «In Bateau, le poème semble quelque peu inexact, ce n'est pas, je crois, qu'il fût moins bien renseigné par le périple moins explicite.

Mais, ii sa mode, le poète introduit un incident merveilleux cl moral tout ensemble. Poséidon pétrifie d'abord le Bateau, puis il encercle et couvre la ville d'une haute montagne. Donc, à l'en croire, avant que le Bateau fût pétrifié, jadis, la ville était découverte el pouvait au loin surveiller toute l'étendue des mers. La margelle de l'Arakli n'a surgi qu'après le passage d'Ulysse : aux temps antérieurs, on pouvait de la ville apercevoir la place où le Bateau fut pétrifié; le peuple d'Alkinoos peul donc assister à celle pétrification. M. <i. Fougères, a qui je dois cette dernière remarque, veut bien dans une lettre me signaler encore ceci :

l.i colère de Poséidon contre les Phéaciens et les manifestations de celle colère sont bien conformes aux plus vieilles el aux plus chères conceptions des Grecs. Les Phéaciens ne sonl pas des m. nui- ordinaires, qui se contentent de trafiquer dans les rades, i golfes el les mers dont le dieu permet l'accès aux bateaux des humains. Leur spécialité, leur gloire, c'est d'avoir dompté l'Adriatique et, par un service «le messages extra-rapides, supprimé ce grand abîme de mer. Leur orgueil, et les dieux ne

\ ni j. un. h- d'un œil favorable les humains orgueilleux, esl donc fait de deux

l,i rapidité surhumaine de leurs croiseurs esl une bravade à Poséidon, dont elle écourtc en quelque raçon l'empire : le dieu la punil en immobilisant à jamais l'un de ces croiseui - trop rapides. En outre la suppression d'un grand abîme de mer esl encore un outrage aux dieux. Chaque fois que l'homme se vante de forcer »>u de changei la nature.il outrepasse Bes droits : c'est une violation de l'ordre divin;

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li> dieux » ■ 1 1 1 1 >« • < • 1 1 . • 1 1 1 \it\i- île • - • • 1 1 1 •• i I \ili<> i 1 V imii il iMivrii I i tliiui' il< < lin

Poséidon r.i|i|M'lli' uux Phéacicn colle notion de limite, en l«*u | il m le il

llli'llli' ! 1 1 1 1 1 .1 1 1< 1 1 1 .1 1 >l i ' 111,11 "•'Ile fie I \l ilvll.

Toute celle légende esl il bien grecque de concept i d'e prit !• éléiuenl

coup Bilr étaient dans le périple Mai la façon donl le poète le n mi pn nmvre i i significative : ce n'esl toujours <\uf h diHpoHition logique el morale, loul i m noble, de

iv.ililrs II l.nil i|iic l,i [ii'li iliralinii ,nl lieu HOU le ■ i • I - iiliih' de Plléacieil ilin

(jue In leçon soil efficace ci que ce peuple en soil moral i i Oi le périple di nil un doute que le Râteau n'esl pas éloigné de la ville; mais il ajoutait qu'une haute rnoi

Ligne actuellement l'en sépare. Il faut on conséquence que celte nlagne ne ui

qu'après la pétrification <ln linteau.

En ce premier épisode de I Odysseia, toul semble donc nous inviter fa l'hypothèse tl un périple, donl le poète tira la matière de ses exactes cl précises descriptions. La Télêmakheia nous avail ramenés du public cl des \illes d'Ionie au peuple el à la ville de Pylos. Derrière V Odyssée ionienne ou éolienne, elle nous ;i\;iii t'aii entrevoir l'existence antérieure ^<>ii de poèmes el «le documents péloponnésiens, qu'auraient apportés à l;i côte d'Asie les émigrés de la Pylos néléenne, soit de rhapsodies populaires que, dans les villes asiatiques, auraient composées sur la Pylos néléenne dos auteurs à qui les sites el les alentours pyliens avaient élé familiers : c'esl par des poèmes ou des écrits pyliens, nous sembla-t-il en lin décompte, que l'auteur de la Télêmakheia avail été renseigné si exactement. Nous pouvons soupçonner maintenant que de pareilles sources pyliennes renseignèrent aussi lo poète de VOdysseia sur les côtes do la Phéacie <i sur If peuple d'Alkinoos.

.Nous reviendrons longuement, quand nous aurons fini les aventures odysséennes, à ce problème dos origines, pairie et composition de V Odyssée. Mais à la lin de ce premier volume, au ternie de cette longue première étape, nous pouvons apercevoir déjà le chemin parcouru et le terme final. Voici que des côtes asiatiques, où vraisemblablement le poème a reçu sa rédaction définitive, nous sommes revenus par la Télêmakheia au port de Pylos. où peut-être le poème a pris naissance et corps. Le début de VOdysseia nous conduit maintenant du port de Pylos à la côte corfiote. Il semble que, par étapes, les lieux d'origine probable, pour notre poème ou pour ses sources, s'éloignent de la Grèce levantine et se rapprochent peu à peu de cette mer Occidentale, où l'identification Kalypso-Ispania nous avait si brusquement transportés. D'Homère le Smyrniote à Kalypso l'Espagnole, nous avons déjà les intermédiaires de Nestor le Moiaïte et d'Alkinoos le Corfiote. Kt voici que nous apercevons vaguement une nouvelle escale dans cette» Uypérie des Kyklopes, dans cette Kumè de Campanie, où la tradition hellénique voyait une si vieille fondation des tlialassocrates. C'est vers Kumè maintenant que la suite de VOdysseia et la méthode des Plus Home-

• LES PHÉNICIENS l l L'ODYSSÉE.

viques vonl nous conduire. C'est à Kumè que nous allons trouver la vérification dernière de Iimin nos calculs phéaciens : quelque vraisemblable en effel que puisse nous paraître l'identification de la Ville el «lit pays phéaciens avec notre cote corfiote de la Mer Sauvage, nous n'aurons une complète certitude que si réellement les fondateurs de cette Parga primitive sont venus des mers occidentales, a travers le canal Adriatique, el s'ils se sont fixés au bord de ce canal pour faire le métier de passeurs el vivre de ce passage.

Mm-» celle certitude va nous être fournie par VOdysseia elle-même, si nous l'expliquons à la mode tics I'Ihs Homériques. Dans le pays de Kumè nous trouverons les monstres el les géants, les nymphes el les rois, qui loin à tour accueillirent ou traquèrent nuire héros. Or les Anciens reportaient à l'an l(M!> avant Jésus-ChrisI la première fondation de Kumè. Les modernes ont rejeté cette date : elle est, disent-ils, beaucoup trop vieille pour l'établissement d'une colonie grecque, où qu'elle soi I el quelle qu'elle soir. V Odyssée nous donne l'explication de celle date. La Manie Ville fut réellement fondée en 1049, au xi" siècle, dirons-nous moins précisément, non par des Hellènes, mais par d'autres |peii|iles de Li mer. ijin lui i mposèrenl son nom sémitique de Kumè et que les sauvages indigènes chassèrenl ensuite, comme aux temps historiques ils chassèrent les Hellènes de celle llaule Ville caiii|)anienne. Notre poème otlvsséen esl postérieur de deux générations à celle fuite «les premiers Kuméens, qui ellemême ne ilni pas survenir aussitôt après la fondation de la ville. En comptant donc cent cinquante ou deux cents ans cuire la première fondation de Kumèel la rédaction de Y Odyssée, nous Taisons, je crois, un calcul assez probable et nous retombons sur une date approximative, à laquelle nous ('-lions arrivés déjà par un antre calcul; car l'étude des marines odysséennes nous avail amenés à celte conclusion que, semblables aux vaisseaux égyptiens de la dix-huitième dynastie, les galères achéennes étaient toutes différentes des vaisseaux de Sennachérib.

Mais nous retombons aussi sur la date que mois donnait Hérodole : « Hésiode el Homère sont mes aînés de quatre cents ans, p;is plus, rfoîooov yâto xaî Ouv^pov i >•;/:.(/ TETpaxoorîotai :t:t'. ooxito -j.zj izoeaGwzipovç vevéar6ai xal ou -aiot'.. » (.esl mi plus tôt vers 850 avant Jésus-Christ qu'il faudrait, je crois, placer la composition (je ne dis jus la rédaction dernière) de VOdyssée. La Méditerranée que le poème nous fait connaître est au plu* tôt la Méditerranée de l'an mil avant Jésus-Christ. Antérieurement à ce premier millénaire, les fouilles de Crète el le> documents de Knossos suppléeront-ils aux documents grecs, qui ne vonl jusque-là, el aux documents levantins d Egypte ou d Assyrie qui se taisent encore là-dessus? Quand Knossos nous aura livré des documents lisibles, il est possible que nous découvrions une Méditerranée antérieure, toute différente de notre monde homérique'; il esl possible aussi que, à plusieurs siècles de

I ii il. 11,1. / / popée |. .',.',", Je n'insiste pat sur cette discussion a laquelle je reviendrai ■ ni.

/. Virage Oriental, p 53 tujourd'l ui n'hésiterions pan à nous exprimer avec plus

i i s lin \( il \s

distance. «cMc Méditerranée de Mnm . pour lui lluillUM un i i< l*Illl»li'

étrangement ,i notre Méditerranée <l l l\

.le ne cache UQS II 11C9 « dès liianili n.uil . | nu 1 1 1 1 • - | > 1 1 1 1 • • I \n- l.i (j \< (le i i

hypothèses. Lu Méditerranée phénicienne de I .m mille m appareil comme la lin do thalassocralies levantines qui onl duré plusieurs sièclcn : VOdy A marque le dé lml des. thalassoeraties grecques il Kurope on il Isie. Durant de nomhreii n générations avanl V Odyssée, je crois que les flottes d Egypte el de Syrie onl exploité les marchés helléniques, comme les flottes sidoniemies les exploitent encore aux temps odysséens. Pour la Crète en particulier, je croi que nous pourrions répéter le calcul que nous avons fait déjà si souvent pour les autre Iles ci qui constitue, en somme, toute notre théorie : calcul topologiquc el calcul toponymique.

Calcul topologique. La Crète à travers les siècles a toujours eu deux capitales possibles. Aux temps hellénistiques el romains, quand la Crète regarde vers l'Egypte el vers la Cyrénaïque, elle a sa capitale dans la plaine de la Messara,

suc la mer du Sud : c'est (incivile a\ee ses deux ports de Ma ta la el de l.éheu.

Aux temps vénitiens el turcs, quand la Crète regarde vers l'Archipel el vers l'Europe, sa capitale se transporte à Candie, suc la mec du Nord. Or la tradition nous dit que la première capitale de la Crète préhellénique fui à Gortyne cl que là vincenl débarquer Europe el son frère Kadmos. Plus tard, lorsque Minos fonda sa thalassocratie égéenne, il transporta aussi sa capitale dans les environs de Candie, à Knossos, où, suc l'Archipel, il avail son grand port de Hérakleion. Comme à Rhodes, connue à Samos, Kos, Thèra, Salamine* el comme à Korkyre, il semble donc que la première capitale de la Crète ait tourné le dos aux mers el terres helléniques et qu'elle ait tendu ses deux poils vers les convois étrangers, vers les arrivages d'Egypte ou d»' Libye.

Calcul toponymique. Les relations primitives des îles avec le Levant étanl ainsi prouvées, c'est par des doublets toponymiques que nous avons découverl la nation et la race de ces premiers navigateurs. Les doublets gréco-sémitiques nous montrent que ces navigateurs parlaient une langue sémitique. <>r ces doublets peuvent, je crois, se retrouver en Crète et surtout dans la légende de .Minos. J'ai dit que Ida-Diktè me semblait l'un de ces doublets et que les Daktyles-Idaiens sont bien les fils de Daktylos et d'Ida, parce qu'ils sont ces génies du doigt ou de la main, daktulos en grec, ida dans les langues sémitiques. J'établirai quelque jour que l'histoire de Minos. connue les aventures d'Ulysse, nous serait peut-être entièrement expliquée par une chaîne de semblables doublets : le nom même de Knossos me paraît venu de langues sémitiques.... Mais il convient d'attendre la fin des fouilles entreprises à Knossos et ht publication

île confiance : c'est pour le moins au début du XXX siècle avant notre ère que doit remonter en Egypte l'influence du monde septentrional. La civilisation mycénienne 1700-1100 av. J.-C.) n'est qu'un épisode local de la civilisation égéenne. Celle-ci est bien antérieure sur les rives mêmes de la Méditerranée ;'i l'éclat de Tirynthe el de Mycènes, puisqu'elle comprend la plus ;n cienne bourgade troyenne, qui ne peut guère être plus récente que la période entre 5000 el 2500 av. J.-C.

LES PHI Mi IENS ET L'ODYSSEE.

complète des résultats. Pour le moment, faute de documents écrits el déchiffrés, l'histoire d<,,> origines grecques s'arrête aux poèmes homériques, au premier millénaire avant Jésus-Christ, au temps, dont parle Thucydide, « où les Phéni- . nii^ mêlés aux Karicns occupaient la plupart des Iles ».

Rendant compte tout récemment des rouilles de M. Evans, M. Salomon lirin.it li terminait *-<hi étude de ta Crète avant f Histoire1 par ces mots :

- me, les rouilles de M. Evans sont, dans l'histoire de l'archéologie, un événement i apital : elles nous révèlent une civilisation encore plus riche el plus avancée que celle dont les découvertes de Schliemann nous avaient instruits; elles portent le coup à toutes les théories <|iu attribuent aux Phéniciens une pari prépondérante dans les très vieilles civilisations de l'Archipel; mais peut-on dire qu'elles résolvent définitivement le problème des origines mycéniennes? J'ai déjà dit que je demande la permission d'en douter.

Quelques pages plus haut, M. Salomon Reinach dum.it :

M. Milchhœfer signalail déjà les influences Cretoises sur l'art archaïque de l'Italie : ' Plusieurs traditions mentionnent des relations anciennes entre le Péloponnèse el la 1 d'une part, la grande Grèce el la Sicile de l'autre. Le Cretois vristoklès exécuta

une offrande | r Evagoras de /.unie. Dédale, selon la légende, est venu à (.mues, d'où

s.i réputation s'est étendue sm- une grande partie de l'Italie; les villes siciliennes de Minoa el d'Engyon passaient pour avoir été fondées par les (.reluis; Athénée et Strabon vont jusqu'à dire que toul le peuple des lapyges est originaire de Crète. » Les rapports entre la Crète el l'Italie méridionale, attestés par les écrivains anciens, oui encore été mis en lumière par M. Ettore Pais en 1892 el en I S '. * i . Ce savant a fait observer que la Crète possédai! une rivière du nom de Messapios (à rapprocher des Meuapieru de l'Italie méridionale); que Phalante, le héros national des Messapiens, avait été sauvé dans le golfe de Crissa par un dauphin, comme les Cretois j avaient été guidés par Apollon iMhien >niis |a forme du même animal; que lapyx, éponyme des [apygiens, était, suivant un historien, Gis de Dédale et d'une femme Cretoise. En 1896, H. Patroni cita, à l'appui de |,i même opinion, des arguments archéologiques qui confirment dune manière éclatante les vues de M. Milchhoefer. I ne série de vases archaïques découverts en territoire messapien présentent île- analogies tout à fait frappantes avec les céramiques mycéniennes, alors que les vases italiens sont chronologiquement 1res postérieurs Il semble donc bien que le style mycénien a été introduit dans l'Italie méridionale par les Cretois el qu'il j a survécu, comme en lllyrie, à Chypre, sur la côte d'Asie, dans la Russie méridionale el suis doute ailleurs encore, à la révolution industrielle produite dans la Grèce propre par l'invasion des barbares doriens. .Nous possédons des inscriptions messapiennes que nous ne comprenons pas; qui s;iii si l'on n'\ découvrira pas un jour une langue apparentée à celle de l'inscription inintelligible de Praesos el de ces inscriptions indéchiffrables de Crète, dont le premier spécimen. comme mais l'avons dit, a été signalé en 1881 par M. Stillman?

L'Italie méridionale fait lace h noire Phéacie. Elle est sur l'un des Lords de ce

I / \nthropologu janvier-févriei 1908

I I I III \l II Gunal il ' Miaule, i li m il l.i Ville il \ II» icciiim" l'autre rive. \ > Phéacien ■

it'C 1 1 c 1 1 1 ( - 1 1 1 il «Mil VCI1U9 do Kniih. nul iln |,i |mm , i |,i rniiii.iili i' r|. i vi'lli

iiinii ils oui lui ' ur notre rive orientale du détroit de n émitiqui de lu

rorme Kerkyra el Schéria, il serai I étrange, invrai cinhluhle, que m la rive occidentale, d où ils venaient '■! où les ramenai! choque joui leui inctici de passeurs, ils n'aionl laissé auoun pareil souvenir,

Or l'onomastique de cette côte italienne présente quelques particularit* remarquables, D'abord elle semble aimer les terminaisons en entutn ou anl : Tor-cii/nm . disent les Latins; Tar-anta, disent 1rs Grecs; Ver-enlum, Uz-enhtm. etc. Sur le pourtour de In Méditerranée, un autre pays possède des nom de forme similaire : c'est la Karie avec ses Œno-anda, \lab-anda, etc. La ressemblance ne me semble |»;is accidentelle ni lointaine : si l'Italie a sa ville insulaire de Tar-entum ou Tar-anta, lu Karie a nui lie de Tar anda. Le sens "lices mois nous échappe. Quelques-uns pourtant semblent explicables el la karienne Labr-anda avec son culte de Zeus à la Hache semble bien être la Ville de la Hache : labr-us, disent les Anciens, est un mol lydien ou karien pour désigner la hache.

Antre particularité : l'Italie méridionale ;i toute une collection de vocables pour désigner la seule péninsule, que nous appelons aujourd'hui Pouille et qui, chez les Anciens, était la Messapia, la lapygia, la Calabria, le Salentin, etc. Strabon essaie vainement de discerner ces différents vocables el «le donner à chacun un domaine séparé. Il semble bien pourtant qu'ils (lurent à l'origine être appliqués par différents peuples à des régions différentes el qu'ils sont d'origine diverse. Parmi ces noms, il en est que nous retrouvons ailleurs : Messapios se retrouve en Crète, en Béotie, en Laconie, en l.ocride: lapyge se retrouve silices mêmes côtes italiennes. Il tant prendre garde à ce dernier nom.

L'Italie méridionale a un Promontoire lapygien, "Axpa Ix-jyla. et le> Trois (laps des lapyges, "Axpat Tpe"ïç 'la-ûyor.». Le Promontoire lapygien est notre cap Santa Maria di Leuca : dans l'antiquité, il abritait déjà le petit mouillage de la Ville Blanche, Leuka] en ce point, avait débarqué le Cretois lapyge qui venait de Sicile. Depuis le Détroit de Sicile jusqu'au Canal d'Otrante, depuis le promontoire de la Pierre Blanche, Leukopetra, jusqu'à la Ville Planche. Leuka, la côte méridionale de l'Italie présente partout la même vue de falaises blanches, dont l'éclatante blancheur est encore pins frappante pour qui vient de quitter les Côtes noires de la Sicile, la lave tonte noire de l'Etna et les noirs promontoires de Catane à Naxos. Les Instructions nautiques, décrivant ces parages siciliens, nous disent : « Le cap Schiso, bas et noir, a été formé par le pins ancien et le pins grand torrent de lave connu.... Trizza est entièrement construite en lave. dont la couleur noire, contrastant avec la couleur blanche des linteaux et montants de porte, produit un singulier effet, etc.1 » La côte italienne, au contraire.

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