I. Odyss., V
'2. Thucvd., VII. 27-28. Sur toul ceci, ci. Frazer. Pausanias, 11. p. iii" cl suiv.
I i.n Nil SIC1ENS II l '0D> SSl I
r. » 1 1 . i . -^ — . • continentale? Uhenes esl encore maîtresse de la nier : elle a dans le c un pu ri bien défendu el une flotte nombreuse i|ni assure à ses convois ou ,ni\ convois étrangers le libre usage des détroits menant vers l'Eubée. Les marchés eubéens qui ravitaillent Vthènes sont des poils insulaires à l'abri de toute insulte Spartiate. Quelle influence peul donc avoir la prise de Dékélie sur les arrivages de l'Eubée'? les bateaux, qui viennent de Chalkis ou d'Érétrie, en descendant l'Eu ripe, en contournant I Utique el le Sounion, arriveront-ils moins sûremenl au Pirée? En sens inverse, 1rs bateaux qui remontenl du Pirée -ri ont-ils ;u i étés dans loin traversée vers Marathon el l'Euripe? Les conceptions et habitudes de noti*e commerce nous rendraienl incompréhensible le texte de Thucvdide : tanl que la mer reste libre, les marchés athéniens, croyons-nous, peuvent regorgei de provisions eubéennes. Mais le texte môme de Thucydide nous révèle des habitudes toutes différentes, car l'auteur ajoute que c'est par voie de loin' que les blés d'Eubée arrivaient alors aux Athéniens.
Chargés à Chalkis ou à Erétrie sur dos barques, les blés franchissaient le détroit aux points les plus resserrés. Par les voies de mer les plus courtes, ils venaient débarquer on face, sur la côte de Béotie on d'Attique, à Aulis, Délion ou Oropos : Oropos surtout était le grand marché des subsistances eubéennes. Ils prenaient alors la route de terre. \ dos d'ânes ou de mulets, par le col de Dékélie, il- franchissaient le Parnès el descendaient vers la plaine d'Athènes. Dékélie, qui tient le col, disposait doue de celte roule terrestre. Occupée par les maraudeurs Spartiates, Dékélie gêne ou interrompt le trafic des caravanes et le ravitaillement. Les arrivages d'Eubée doivent prendre la route maritime, faire
lr i du Sounion et s'en aller par mer jusqu'au Pirée. <>r celle roule, dil
Thucydide, esl bien moins rapide et bien plus coûteuse, r, ts tûv ô-'.Ty,o-û.)v -jyj-/.',)v,i, ./. -i,: Eùêoîa;, npÔTepov bx tou 'Qpamoû xaxa yt|v 8ia rï,; AexeXeîaç 'r/z-'jy ',j-j, -;-.•. Soûviov y.j-.i BàXaauav tcoXutcXtjç èYtYveTo. Il esl impossible
d'exprimer en n - de mots le contraire de toutes nos conceptions. Jusqu'au
milieu du \i\ siècle, jusqu à l'installation des grandes marines à voiles ou ,;i vapeur, c'est pourtant la conception des Anciens qui subsiste : la voie de mer reste la plu- coûteuse et la plu- longue.
En conservant, eu effet, l'exemple d'Athènes el de ses relations avec l'Eubée, • m peut voir qu'aux wh" ri vrm* siècles encore, la rimie de Dékélie esl le chemin ordinaire. De Nègrepont, Paul Lucas veut aller visiter Athènes : une barque lui fait passer le détroit en face d'Egripo (Chalkis); puis, a cheval, il longe la côte béotienne el franchit le Parnès « au long de chemins raboteux qui lui donnent bien de la peine' ». Il suit donc la rouir du commerce ancien : le vieux Barque, dans -a Description de lu Grèce, se plaignait déjà >\r ces mêmes chemins raboteux entre Oropos et Athènes, npoaàvcï) navra*. Mais, au temps de P. Lucas, cette route n'est suivie que par les convois militaires et les courriers
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V 1 Didol I p 100.
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cuhnrots et do I nos niilior)(C! Vthènc», ville continentale, i i*e entre le deux
iiiris, ;i\.ui on réalité deux porl . deux échelle . le Pirée sur lu mei du Sud, Oropos sur lu mer du Nordy Du l'échelle il Oropos vei le mari lié il Uh< ne 1 1 nulle de Dékélie oiïrnil alors le môme pectaelc que In route du Pirée vei Athènes aujourd'hui : o chaque nrhrc domuinl un peu d'ombre, auprè de chaque puits, un I, haut mi un petil café s uuvruil uux pa (nul . avec de buveui attublés, des files do petits ânes cl dos embarras de charrettes. Comme le pin • aujourd'hui, l'ancienne Oropos, au I >« > 1 1 1 de cette route, étaîl un repaire de gabclous el de liions, que le diable 1rs emporte!
rcàvteç -:'/.<•>■/ y., nàvreç tiviv i^r:;' xâxov téXoc vévoiTO toîc Qoumfoiç1.
Il suffit de lire en unie le texte < 1 » * Dicœarque pour \ « »i r que je u ai rien ajouté à sm peinture. Si l'on veul bien maintenant déduire l<"- conséquences probables d'un Ici étal de choses, je crois < 1 1 it> l'on découvrira sans peine la raison de quelques particularités. Oropos esl en terre béotienne el pourtant les gens d'Oropos, ajoute Dicsearque, « renient leur béotisme; ils veulenl cire des Athéniens en Béotie ». Sans méjuger ces cœurs helléniques, on peut croire que les bénéfices de la caravane inclinaient surtout vers Athènes les cœurs des Oropiens. Inversement, il semble que ce trafic ait popularisé parmi les Athéniens un culte venu de Béotie. A la première fontaine au sortir d'Oropos, on rencontrait le sanctuaire d'Amphiaraos. C'était un héros local que les indigènes divinisèrent et dont ils inculquèrent la dévotion aux gens d'Athènes et, par eux, à tous les Grecs*. La fortune de ce pauvre petil dieu sérail surprenante, n'était le voisinage de la grand'route. Car ce n'était qu'un petit dieu, mais fort utile au peuple des charretiers, trafiquants, accapareurs et brasseurs d'affaires. Il était devin. Il expliquait les songes. Il donnait d'utiles conseils pour les spéculations à la grosse el les entreprises de terre ou de mer. Il annonçait peut-être les futurs arrivages on les naufrages de navires attendus. Comme saint Antoine de Padoue, dont le regain de popularité prit naissance dans une boutique toulonnaise, Amphiaraos retrouvai! sans doute les objets perdus. Aussi lit-il sur place une grande clientèle el de beaux profits : il put relever son temple, l'agrandir, le décorer de marbres et de statues. Au dehors, il lit une pareille fortune dans l'estime des Athéniens et de tons les Hellènes. Les inscriptions, trouvées sous les ruines du sanctuaire, nous montrent que l'oracle ne fonctionnait pas toute l'année. L'hiver, supprimant la navigation, interrompait aussi la caravane : l'oracle, faute de clients, chômait et pouvait fermer. Mais dès les derniers jours de
I. Geogr. Graeci Min..\. p. 100 : Eîç'Qpwzôv 68àv èXsu8sptj> p«5ÊÇovr! z/iwt -r ■xz^x;. -sotïvtt, -âv-ra. iW -r, -mv vwtTaXûasùiv -0Aj-AT,8îLa -à irpôç tàv ;iov lyouo-a à'ï9ova xa:. ivareaûaetç xiùXikt xôitov i',".'-~ vsaOat to?î ôSoiiropoOatv. 'Il il -'j"h:; -ùv 'Qpuieîuv tj voix ta Btjxwv i~i. asTaooAiov èpyaaîa, -ïawxôv àvj-ioÔArTo; -/.:ov:;'.a. îa -oaaiôv /povtov ivsTt'.ôé'Ccp TCOVTjpîa T-.'>T£f)isa;j.;jLî'/T,.
•J. Paus., 1. 34. Pour la rouit' entre Érëtrie, Oropos et Athènes, cf. Hérod., VI, 101,
I K<S 1*111 Ml IKNS ET L'ODYSSI I .
l'hiver, 'lii le règlement du temple, le prêtre « I • >i t être à son poste; durant toute la belle saison, il < 1 « > i i rester dans le sanctuaire, l\ lu disposition des fidèles, au moins dix jours par mois, cl ne jamais s'absenter quatre jours tic suite1.
i m |ni^ comme premier exemple le petit isthme de l'Attiquc. M;ii^ on n'hésii.ni pus devant l,i traversée d'isthmes beaucoup plus larges : ici encore les voyageurs récents nous font comprendre telles traditions invraisemblables de l'antiquité. Voici M. de Marcellus qui, vers 1820, veut se rendre tic Smyrne ;'< Constantinoplc. Il tait d'abord ce que nous ferions aujourd'hui : il attend un bateau cl un vcnl favorable. « Mais, pendant trois jours, je ne vis rien venir qu'un vent de Nord direct, lequel fermait à toute navigation le détroit des Dardanelles il la mer de Marmara. Je me déterminai alors à prendre l;i voie de terre el à • . « - 1 n • i à travers l'Asie Mineure l'échelle de Moudania sur la Propontide, il où le trajet maritime jusqu'au Bosphore étail possible à peu près en tout temps3. • Entre le golfe de Smyrne el le golfe de Moudania, entre l'Archipel el
la mer de Marmara, une route de caravi s a toujours été fréquentée par les
voyageurs qui ne veulent pas s'aventurer dans les Dardanelles capricieuses : pour les Turcs, Brousse marquait la grande étape du commerce entre Smyrne el Constantinople.
\u\ débuts de l'histoire écrite, ce sont les Milésicns qui, les premiers des Hellènes, entreprennent l'exploitation commerciale du Pont-Euxin. Ils ont à Ions les mouillages, depuis Milel jusqu'à Trébizonde, des comptoirs ou tirs colonies. Mais les anciens leur attribuent aussi la fondation de certaines villes continentales : Skepsis au milieu de l'Ida esl d'origine milésienne. Cette tradition semble indigne de foi. Suivez pourtant la roule terrestre qui unirait le golfe il \ilr,nii\iiioii sur l'Archipel au golfe de Kyzique sur la Marmara : au long de celle roule qui sérail exactemenl parallèle à notre rouie Smyrne-Moudania, vous verrez que Skepsis esl justement l'étape médiane, à égale distance des deux mers. Comme M. de Marcellus, les Milésiens avaienl à compter avec les vents du Nord qui ferment le détroit. Comme M. de Marcellus, ils se lassaient d'attendre une accalmie ou une saute favorable; car ces vents du .Nord ou du Nord-Esl sonl les vents dominants de l'été; ils régnent pendant presque toute la saison navigante. Comme M. de Marcellus, les Milésiens coupaient l'isthme, d'une mer à huître. Mais peu sûrs de l'amitié des indigènes, ils avaienl choisi le trajet le plus courl : quittant le dernier golfe de l'Archipel, ils allaient retrouver le premiei golfe de la Marmara.
I lut-il montrer encore, par d'autres exemples, que cette traversée des isthmes,
[rcs nu resserrés, esl une conséquence forcée de la petite navigation à voiles? Voici la rade de Smyrne profondément enclose entre le promontoire de Phocée .ni Nord el la presqu'île <\r Clazomène au Sud. De Smyrne au Kara- Bouroun cette presqu'île s'allonge, se contourne el se bifurque très loin el très
l i i i II, p '.Tu i t. G. G s h 235.
Un. s... | Orient. II. 181.
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