‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 37 sur 277 · NS OE TROIE · texte numérisé non relu

NS OE TROIE

HCLLESPONT \4*

[lion.

l'Archipel «m vers les Dardanelles, sans rencontrer d'obstacles, le Skamandre se pourrait jeter dans la baie de Koum- Kaleh ou dans la baie de Besika. Actuellement, le courant principal pousse vers Koum-Kaleh; mais des bras secondaires se détournent sers Besika et vers les étangs voisins. Aujourd'hui encore, colle vallée n'esl qu'un détroit mal comblé. Il lui un temps où la mer s'étendait là. Le massif (\\\ Sigée fut une il"' côlière. Le courant dos Dardanelles entourait cette Ile de toutes paris. Le détroit avait déjà sa grande porte actuelle au Nord de Sigée; mais il avait aussi nue autre poterne qui, dans le Sud, aboutissait à la baie de Besika. Coupé en deux par le massif insulaire) le courant se divisait pour enfiler cette double passe — Mais, ici comme sur toute la façade occidentale de l'Asie Mineure, les fleuves et rivières de boue firent leur besogne. Ces descentes d'alluvions, qui déjà frappaient d'étonnement les Vnciens et qui successivement comblèrent les ports de Milel et d'Ephèse, vinrent boucher lune des passes de noire double détroit. Imlre I lie de Sigée el les collines d'Ilion, les alluvions construisirent un cordon d abord, puis une jetée plus large, puis une vallée qu'elles ne cessent encore aujourd'hui d étirer vers le Sud et vei s le Nord.

Les descriptions de V Iliade prouvent qu'aux temps homériques, des champs boueux unissaient déjà les collines d'Ilion aux collines de Sigée. Le couloir util. ni déjà une route terrestre entre les baies de Besika et de Koum-Kaleh. Il est vraisemblable que ces baies, beaucoup moins comblées, étaient beaucoup plus

rroic esl empruntée A I UUu VidaLLablache, p. II.

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lie l'isthme. Mais. ;ill\ |elll|i luilliri I • 1 1 1 < ' . 1,1 N.illee el .1 1 . n 1 le 1 11 1 e II e e\i lu. ni déjà, cl c'csl .'m boni du celle mille 1 I h 111 ii|iie, juste .1 nu chemin du deilX

baies, qu'lliou choisi! une butte pour installer on acropole. ' .elle roule

isilnnii|ue éluil Pu ri courte : dix kilo 1res toul nu plus. Wui elle étuil Ire

importante. I Me devuil être 1res fréquentée. Les hutti'ucliowt nautique* vont nous expliquer pourquoi1. Les voiliers, qui de I Vrchipel veulent passer (Jim *l«i

Marmara, iviiconli cul à 1,1 liuuclie illl détroit ileii\ obstacles SOUVeill iusUrillOII-

lubies, un uouranl contraire cl un venl contraire :

l.e couranl général dans les Dardanelles porto, de la mer de Marmura vers In Médilerranée, c'est-à-dire qu'il a la direction du S.-u. La Force du couranl esl variable '-i dépend beaucoup de la force * 1 1 1 venl ou «le sa direction, comme aussi, ce qui esl facile à comprendre, de l'abondance «les pluies ou de la fonte des neiges venant gonfler les fleuves qui se jettenl dans l;i mer Noire. Lorsque le venl souffle du Nord, la Inné du couranl augmente, surtout dans les passages étroits, el l'on a constaté qu'elle atteignail parfois cinq nulles à l'heure entre les Vieux-Châteaux. i\ec les vents forts *\i\ S.-O., le couranl renverse quelquefois. Mais ce phénomène esl rare el comme les \enis du Y-L. prédominent pendant neuf mois de l'année, on peul considérer le couranl S.-it. comme presque permanent. De Gallipoli à Koum-Kaleh, on peul prendre comme moyenne du couranl sur toute la distance la vitesse de I mille I 2 à l'heure.... Les vents du V el ceux du N.-K., ou vents Etésiens (appelés meltems par les Turc- 1. prédominent en moyenne neuf mois de l'année : les vents irréguliers de la partie Ouest durent ;'i peine trois mois. En hiver les vents du N.-K. seul accompagnés de brouillard el de neige : la navigation est impossible pour un navire à voiles. En été, ils seul plus constants. Ils se lèvent généralement le malin el tombent au coucher du soleil. Il n'est pas rare de voir dans le canal de Ténédos OU dans les autres mouillages, deux OU trois cents navires attendant une luise favorable. Avec chaque brise légère du Sud. ils appareillent, mais seulement pour aller d'un mouillage à un autre, et ils n'atteignent la mer de Marmara qu'après avoir parcouru par petites étapes la distance qui les en séparait*.

Vent et couranl contraires durant toul lété, uns grands voiliers éprouvent quelque difficulté à franchir les Dardanelles. L'entrée surtout est hasardeuse. A la bouche du détroit, le vent et le courant régnent en maîtres. Pins haut. « les pointes saillantes de la côte changent la direction du courant et donnent naissance à dos contre-courants qui peuvent, dans quelques parties du détroit et spécialement dans les baies, aider un navire à gagner vers l'Est avec des vents faillies : sur la côte d'Asie, on trouvera des contre-eouranis favorables3 ». Une l'ois entrés, les navires trouvent aussi des brises de terre qui contrarient un peu l'effet du violent N.-E. et l'on peut espérer des vents du Sud avant le lever du soleil ou après son coucher. La navigation dans l'intérieur des Dardanelles est

I. Cf. Instruct. naut., n° 77S. p. .iiid. '2. Instrvct. naut., n" 77*. |>. itiS. T>. Instruct. naut., a" 778. p. It'ti.

v. BÉR.uin. — i. li

I I S llll MCIKNS II I i>M SSI I il. un i « • 1 . 1 1 1 \ i • r i n ■ 1 1 1 i oiiniiHilr. Mais il laill entrer : ;i\;inl de Iraneliir la porte, il

i.nii souvent faire provision de patience. Il Paul s'en aller mouillei plusieurs i'>in>. plusieurs semaines, parfois toute une lunaison, sous Ténédos ou dans quelque autre mouillage à portée du détroit. Il faul être à portée : « on devra tirer profil de tous les avantages, car les vents Favorables ne sonl jamais de longue durée el même se font rarement sentir pendant vingt-quatre heures de Miili

Si in>> grands voiliers en usent ainsi, à plus forte raison les barques primitives devaient-elles longuement séjourner en ces mouillages d'attente. Parmi ces mouillages, le plu-- \ « >i - i 1 1 des Dardanelles et le plus fréquenté, aujourd'hui encore, esl notre baie de Besika. « On \ peut un m il In- par 13 à '20 mètres d'eau; le fond \ esl de vase, de sables el d'herbes; on choisira ce refuge de préférence, la baie esl favorable au canotage à la \ < »i I»*. car. bien que le vent y soit souvent frais, il n'j a en général pas trop de houle ni de courant. La baie esl considérée comme un mouillage d'été sûr. >• Cet abri offrait plus de sécurité encore aux barques primitives, que l'on lirail sur les plages basses <lu pourtour. MaiN uni- fois 1rs barques halées, à quoi bon perdre * I < • longs jours pour attendre un veut favorable qui ne vient pas, et pour risquer ensnite l'entrée périlleuse du détroit? La route terrestre s'offrait : à travers l'isthme, on arrivait en <lru\ heures de marche sur l'autre mer. Débarquant el déchargeant à Besika, il suffisait de porter les marchandises dans la baie de Koum-Kaleh — Les gens d'Ilion gagnèrent leurs richesses à ce portage. Leur ville devint l'en treposi taire • In commerce entre la mystérieuse el tempétueuse mer du Nord et les eaux plus calmes de la mer Intérieure. Les maîtres d'Ilion se firent les commissionnaires de tous les peuples de I ^sie occidentale, qui, imis. devinrent leurs clients el

leurs amis : le catalogue «1rs alliés troyens, tel que is le fournissent 1rs

poèmes I nïques, esl peut-être d'une rigoureuse exactitude.

Que I on transporte maintenant ces habitudes des navigations primitives dans notre itinéraire de Télémaque. Sûrement, les marins de ['Odyssée, embarqués

Ithaque, n'allaient pas d'une traite débarquer on Laconie. Les pointes extrêmes du Péloponnèse, Malée ou Matapan, ont toujours eu parmi les matelots une lâcheuse renommée. « Gare au Malée! »

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dis.iii un proverbe. • En doublant le Malée, disait un autre, oublie 1rs gens el 1rs choses de rhez loi »,

\iiioiir de ces pointes, les vents soufflent en rafales et brusquement sautent du calme à la tempête. I Ivsse nous contera comment il a manqué le détroit de

I Inlhol VII, 584; Slrab Mil. "

Il 0 1 1 1 s hi Ml i; i i mu 1 1 s iii m KHI Kythcro : Iû courant ol le terrible voiil du Nord I uni chu <■ il»? mei r< i i|in

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Durunl lu içucrrc du Péloponnèse, les Athéniens, malgré leurs llniir nom brouses, ne peuvent suffire a ravitailler leurs troupes campées sous lu Pylo 1 1 1**^^«'* m î« * 1 1 1 m * : .< On craignait que l'hiver n'en rendll lu garde impossible; le transports de vivres ol il urmements ne pourraienl plus contourner le Péloponnèse; en été déjà, ils ne |i(iii\;iiciil suffire à lu tâche1. » Strahon, ayunl décril les dangers du Maléc, ajoute : « C'esl pourquoi les commerçants entre l'Italie el l'Asie évitaient le périple du Péloponnèse : ils préféraient la voie de Corinthc et) débarquant d'un côté de l'isthme, ils se rembarquaient de I autre côté. »

Télémaque ne s'en ira donc pas faire le tour du Mata pan. Il préférera, lui aussi, la traversée y\\\\\ isthme. Débarquant en lace <l Ithaque sur la côte péloponnésienne, au premier point d'où part une route terrestre, il quittera son bateau pour la voiture. VOdyssée donne le nom de Pylos <:| ce point de débarquement. Par la disposition «les roules à travers le Péloponnèse, par la longueur des voyages maritime el terrestre de Télémaque, esi-il impossible de déterminer exactement la situation de celle Pvlos?

A travers le Péloponnèse, deux grandes routes terrestres conduisent à Sparte. L'une, partant du golfe de Corinthe ou du golfe d'Argos, traverse le Péloponnèse oriental. Dos rivages orientaux ou septentrionaux de la péninsule, elle moule brusquement aux passes des inouïs arcadiens. Puis, du Nord au Sud. elle emprunte la ligne des dépressions lacustres qui occupent la moitié orientale du plateau d'Arcadie : Phénée ou Stymphale, Orchomène, Mantinée et Tégée sont ses principales étapes. Elle redescend brusquement à travers les délilés tégéates vers Sparte la creuse.... Cette roule est la plus fréquentée aujourd'hui: elle fui toujours la plus importante dans le Péloponnèse hellénique, c'est-à-dire dans un Péloponnèse orienté vers les terres et les mers vraiment helléniques de l'Est et du Nord : elle servit dans l'antiquité pour toutes les expéditions militaires et pour toutes les relations commerciales des Spartiates. Elle est pourtant âpre, coupée de délilés et de plaines marécageuses, impraticable durant l'hiver à cause de la neige el des eaux débordées, malsaine et fiévreuse durant l'été. Elle correspond d'ailleurs à un certain état de commerce, qui met Sparte dans la clientèle des ports argiens, athéniens ou corinthiens, et cet état n'existe qu'aux temps de thalassocraties grecques.

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