Thucyd., IV
'l I v mu \n || \ v. || | 'ODYSSI I
I iitic mute, même uvanl le travail de l'homme, étail d'un tracé moins heurté. Elle traverse le Péloponnèse «lu Sud-Ouest. Elle pari du golfe d'Élide et va .m golfe de Lnconie, en empruntanl les deux vallées fluviales qui coupenl »l un véritable chenal les massifs méridionaux de la péninsule. Commençant .ni\ bouches <l«- I Alphée, elle remonte ce lleuve jusqu'à la haute plaine de Mégalopolis; puis des pentes sans raideur el la vallée de l'Eurotas la conduisent doucemenl a Sparte. Elle traverse :iinsi. «In golfe * I * * l'Alphée au golfe de l'Eurotas, un isthme véritable. D'une mer a l'autre, son canal <lr vallées esl continu, avec un seul passage diflicile, le défilé du Lvcée, « mi l'Alphée, en brusques cascades, quitte la plaine supérieure de Mégalopolis pour sauter dans la gorge il Héraia. Mais en se tenant aux flancs des monts, la route peut sans grands efforts franchir celte passe. Partout ailleurs, la nature ;i\;iil fail le premier tracé — Celte voie ne con*espond pas aux besoins des marines grecques de l archipel. Mais si jamais une marine étrangère ilul pour ses échanges fréquentera la fois les ports de l'Unir el les ports laconiens la mer Cretoise el les mers italiennes, on peul prédire que les caravanes étrangères empruntaient
sûrement cette route isthmique au long de I Uphée el de l'Eurotas C'esl près
des bouches de l'Alphée, que Strabon el les Plus Homériques plaçaient la Pylos triphylienne el le débarcadère de Télémaque.
Le Péloponnèse n'a pas d'autre route intérieure pour desservir le marché Spartiate. Les touristes, qui aiment 1rs chemins impraticables, connaissent
pourtant un troisièi :hemin vers Sparte. C'esl un sentier de chèvres el de
brigands, qui de VIessénie peul conduire en Laconie par-dessus le Taygètc : de la plaine de Kalamata, la Langada mène par-dessus les monts à la plaine de
I I tas. Ce sentier a joui d'une assez grande renommée durant 1rs derniers
siè< les : il fut, au temps des Turcs, --iii\i par les ânes el 1rs bêtes de somme (1rs indigènes. C'esl que les Maniotes vivaient alors au flanc «1rs monts, dans une complète indépendance. Mais le bas pays étail aux mains <lu Turc. Les montagnards ne pouvaient, sans risques, descendre de leurs repaires. Il leur fallait pourtant trafiquer avec les \illrs tin voisinage el avec 1rs peuples de la mer. Les routes de la plaine leur étant fermées, ils durent, pour 1rs échanges entre 1rs deux façades de leurs monts, chercher un passage intérieur et se contenter de cette périlleuse Langada. Mais quand on snil cette gorge, on admire vraiment 1rs graphes de cabinet, qui fonl circuler le char <lr Télémaque à travers ers roches éboulées, ces pierres pendues, ces échelles de cailloux roulants ri ces étroits paliers vertigineux. Les seules bétes i\r somme, avec une charge légère, peuvent la franchir au pa . i la queue leu-leu. Les cavaliers doivent mettre pied à terre pour la moitié du parcours. Nos ingénieurs cherchent encore le moven d'ouvrir une route dans cette passe, aujourd'hui comme autrefois, entre la Messénie ••! Sparte, le seul chemin carrossable ne franchit |>;is le Taygète, mais le contoui ne par le Nord : la large porte de Léondari, qui s ouvre entre la plaine messcuienne el le pavs de Mégalopolis, permet aux charrois messéniens
rT **
mu 1 1 s m mm; m roi 1 1 n in h uni
de rejoindre lu vallée HiipiSriciirc il«' I Uphéc ol d'cmpruntei la grande roule dos fleuves décrite plus luiut.
Il semble donc (|iie lu topogrii|ihic nou donne une pré umplion en favi m de lu Pylos tripiiylienue. Lu seule route terrestre, qu nil pu vraisemblablement uivre Télémaque, côtoie I Uphéc el l'Kurotus. C'est vraisemblablement aux bouclu1 de l'Alphéc une rélémuquc u kiissé son buteuu pour lu voiture. Nous uvous un
moyen rupido de vérifier «mi il infirmer aussitôt cotte présomption pi i culcul
tissez précis. I. Qdyxsôe nous fournil des distunces el des étapes que nom nylons nppli(|iier à cet itinéraire.
Nous axons d'abord lu durée du voyage maritime, ol cette durée seule localise peut-ôtre Pylos. De dix ou onze heures du soir jusqu'au lever du soleil, le vaisseau vogue à pleines voiles durant une courte tiuil d'été : qui dit navigation primitive, en effet, dil aussi belle saison, du milieu du printemps au début de l'automne. Donc la traversée ne dure que huil ou neuf heures, au grand maximum. Elle se rail dans les conditions les plus favorables : Uhèna ;i envoyé une forte luise arrière. Calculons un maximum de parcours, cinq à six nœuds à l'heure. Les poèmes homériques nous permcttenl d'établir ce calcul. Dans VIliade, Ulysse part du Camp des Grecs pour ramener Chryséis à son prie. Il navigue vers le Sud. Il profite des vents de Nord <|ui sortent des Dardanelles avec le lever du soleil. Il part dès l'aurore. Apollon, que sert le père de Chryséis, envoie au bateau d'Ulysse la môme forte luise arrière qu'Athèna à ><ui cher Télémaque, el le vaisseau court ainsi loul le jour: >< Depuis le Camp des Grecs devant Troie jusqu'à Chrysè, il y a, dit Strabon, sept cents stades, c'est-à-dire la navigation d'un jour. (Test bien le trajet qu'a pu l'aire Ulysse d'après le récit de [Iliade : parti dès l'aurore, il est arrivé le soir1 ». Peur les bateaux homériques, la navigation d'un jour est d'environ sept cents stades, o ~z -aoj; $— axemov -ryj araSûov sa-dv TjU.spy,<nôç -(oç. Sept cents stades du lever au coucher du soleil, c'est au maximum, dans les conditions les plus favorables, cent vingt à cent trente kilomètres en quatorze ou quinze heures, soit au grand maximum (on verra tout à l'heure pourquoi je calcule toujours sur des maxima) neuf kilomètres à l'heure. Par l'étude des navires homériques, de leur construction el do leur gréement, et par le calcul approximatif de leur vitesse maximum, nous reviendrons au même chiffre dans la suite. Hérodote (IV. 86) nous dit que dans les longs jours, en de lionnes conditions, un navire peut l'aire 70 000 orgyies, et 00 000 par nuit, vr.O; sicwcav [Jt-àXiarâ xr, xcnravûst sv [xaxp^jjLspÎTp opyuiàç £7CTaxwp.uptaç vuxtoç oî é![axw[Jiupîaç, soit environ (70 000 X lm.77i cent vingt-quatre kilomètres dans un long jour et cent six kilomètres dans une nuit, en tout deux cent trente kilomètres eu vingt-quatre heures, c'est-à-dire neuf à dix kilomètres à l'heure.
Appliqué au voyage de Télémaque, ce chiffre nous donnerait, pour les huit ou