‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 42 sur 277 · Strab., VIII · texte numérisé non relu

Strab., VIII

\. BÉIURD. — I. 7

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I l Inlr ■ esl sûrement lu ligne de hauteurs qui « 1 > ■ mont Kaiapha s'allonge vers Sorti, en sabaissanl au ilcrnier coude de l'Alphéc. La source Krounoi esl une fontaine, que signalent les voyageurs, sur la i i \ »• continentale des Pêche- . un peu au Nord «In Kaiapha, à l'entrée du vallon de Tavia. La rivière do rav la sérail leChalkisaux belles eaux. \u temps de Strabon, la rivière se jetait m mer libre : Strabon admet que Télémaque a pu la voir. I n siècle plus tard, Pausanias traverse ce pays pour aller du Samikon à Olympie : « c'esl un p;i\> de sables, planté de pins sauvages' : Pausanias n'a vu ni lac ni lagune. Tous lc-> voyageurs modernes parlent longuement de ces Pêcheries fl de ces marais salants qui Font lu richesse de la côte. Tous les gouvernements modernes les ont chèrement affermés aux paysans des alentours. Si lu lagune eût existé déjà, le fisc romain n'aurait pas négligé une telle source de bénéfices et Pausanias ou Strabon nous l'aurait signalée, comme ils nous signalent la lagune de Létrini un les pêcheries il"' telle côte espagnole .

Les Pêcheries ne semblent donc p;is dater «le l'antiquité classique. Représentent-elles une parcelle «lu golfe ancien, séparée de la mer par «les cordons littoraux, et li' rivage continental de la lagune dessine-t-il encore l'ancien rivage pélagique? Est-ce au contraire un morceau de la plaine d'autrefois, qui lut inondée comme l'ancienne plaine de L'Anigros? Je croirais plus volontiers qu'au milieu « 1 1 — Pêcheries, le chapelet d'Ilots, qui s'allonge du .Nord au Sud. nous fournil les « témoins - do l'ancien rivage maritime : il délimite à droite un morceau do plaine inondé, à gauche une parcelle de golfe barrée pur le cordon littoral. M. n- le mode d<- formation n'importe que pou. ho toute façon, les fleuves, sources el ruisseaux de ce rivage aboutissaient autrefois ;i la mer. Aucun obstacle ne séparait de la mer lo> Krounoi et le Chalkis aux belles eaux. l>o In mer, les marins apercevaient la fontaine el le petit fleuve, que le cordon littoral masque complètement aujourd hui. Ces changements de rivage sont conformes ,i ce que nous apprend l'histoire la plus récente de oe pays. A noie, en tenir, en effet, aux documents les plus modernes, il esl bien certain que, depuis un siècle i peine, cette côte a encore changé. Sans parler dos embouchures mobiles de l'Alphée el des barres capricieuses, qui en sont la conséquence, la lagune de Kaiapha ;i\;iii au temps de Leake une embouchure visible vois la mer : cette embouchure a complètement disparu*, ^r*"

Donc, aux temps homériques, les Pêcheries n'existaient p;i>. el voilà <pii changeait du tout au tout les mouillages de ce golfe. Entre les bouches <lo I Vlphée el le mont Kaiapha, la côte se creusait alors en demi-cercle jusqu'au pied des collines. Le Kaiapha puml.ui vers la mer libre son promontoire dégagé, golfe n'avail p.i^ encore sa courbe de sables continue depuis les roches de Pheia au Nord jusqu'aux roches de Kyparissia au Sud. Les roches du Kaiapha le

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divisaient en doux compartiment : doux plage clc*i ni. un- iilltucul iIi

rochers vers Pheiu ol vers Kypari in. Le Kuiupliu, uin i | i ni. <■ pn i m

i.ni ;m\ navigateurs comme le porl central du double ifolfe. '""' invitait vei co mouillage. Me ta pleine mer, lu houle borne du mon) Uvénu i indiquait ol

guidait la manœuvre Coite colonne naturelle uppurull de loin, d mil d<

douze coula mètres le troupeau des collines qui ne dépn oui pu liuil ccnl moires. La plago de sables ofTraîl su ponte à l'échouagecl su pluinclle uu eampement. Huns les sables, sourd une Fontaine que lu carlo rrançuiso signale (G quelques mètres do la rive. C'osl ici que les indigènes avaient leur sanctuaire fédéral dans le temple du Dieu de la Mer. au Poseidion Samien. i. esl ici qu ils avaient leur échelle el leur plage d'embarquement, 6 /.y- xw:b opjxo;, di1 Strabon'. Les marins trouvaient ici l'aiguade el la protection du temple. Ce sanctuaire isolé, sur la plage déserte, resta, durant l'antiquité classique, <-«>iiiiii<* le souvenir d'un autre âge où ce si ir ;i\;iii connu la prospérité. Pareillement aujourd'hui, sur la même plage de ce golfe, mais un peu au Sud du Kaiapha, « on trouve une église grecque abandonnée, quoique à peu près intacte, qui peu! passer pour un des plus charmants modèles il»1 l'architecture byzantine. Cette église, maintenant isolée, prouverait, s'il était besoin de preuves, qu au Moyen Age le pays était beaucoup plus peuplé qu'aujourd'hui, car elle ne ressemble en rien aux nombreuses chapelles que Ton rencontre partout dans les champs. Elle est d'une construction très soignée, qui indique qu elle a été élevée par une population riche ' > .

Sans remonter bien haut ni même aller bien loin, la côte éléenne peut nous offrir encore la réplique du vieux mouillage pylien, dans celle plage «le <ilarentza, qui fut si longtemps célèbre parmi les marines occidentales :

Le cap Glarentza, disent les Instructions nautiques, esl formé par nue projection rocheuse de la côte ail bout d'un rivage bas, de sable, boisé et cultive dans l'intérieur. Sur le côté du cap, le rivage forme une baie ouverte au Nord. A l'extrémité Ouest de cette baie, on trouve le village de Glarentza avec une douane et un petit môle. Les produits des riches cultures du voisinage y sont embarqués, pour Zante principalement. Devant le village, il y a un excellent mouillage d'été. Les caboteurs mouillent près de terre. A partir du cap de Glarentza, la côte à falaises longe une haute terre avec une colline remarquable, élevée de 261 mètres, sur laquelle se trouve un château. Kastro- Tornèse. Au pied du château est bàli le petit village de Klemoutzi3.

Changez les noms propres : vous aurez le mouillage ancien du Kaiapha ou, comme dit Strabon. du Samikon. Los Pêcheries étaient alors un golfe ouvert. avec une plage de sables recourbée vers le Nord, comme la plage de Glarentza. Le Kaiapha était un cap pointé vers le Nord-Ouest, comme le cap de Glarentza.

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