‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 43 sur 277 · I. Slial... VIII · texte numérisé non relu

I. Slial... VIII

'2. Bout an, Mémoire, etc., p. 214

". Instruct. imitl.. n" (i'.M. p. .S.",-S(i.

IIHI

•il S Nil Mi IENS I I I ith\ ssl l

ip, le mouillage était tourné, nous tlil Strabon, vers le Nord cl vers l'Ouesl, ~ ''■' xotl -:ô,- ïpxrov gmovcûei. Cette phrase du Géographe me

semble une nouvelle preuve que, de son temps, les Pêcheries n'avaient |>;is encore noyé le Kaiaphn — rel est le mouillage où, suivant Strabon, Télémaque vient débarquer. Voici la plage où le navire s'échoue, le Poseidion où les IN liens offrenl un sacrilice, et les sables parmi lesquels on banquette « v ■ i l'honneur du dieu. :'-'•. L/w/Ov.,- >i<.i~<;i. La haute ville de Pylos ne doit n;is être loin. Vu temps de Strabon, « • 1 1 * * ;i\;iil complètement disparu. Le Géographe lu cherchait auprès de Lépréon, à trente stades environ du mouillage. Ici nous nous écarterons un peu de la théorie de Strabon, ou plutôt de son hypothèse. Car celle localisation était de sa part simple hypothèse. Entre l'époque homérique i-i -un temps, le p;ivs a continuellement changé de maîtres. Les peuples de l'intérieur, Eléens et Arcadiens, l'ont disputé aux indigènes. Les peuples de l;i mer, Minycns H Kaukones, l'onl convoité et soumis. Chacune de ces conquêtes amenait, avec un changement de vie, le déplacement des villes et le bouleversement de l'onomastique locale. Au temps de Strabon, sous la pain romaine, le pays est partagé entre deux communautés : les Makisiiens. qui soûl les chefs religieux de la Triphylie, tiennent les cantons voisins de l'Alphée; les Lépréates tiennent les cantons méridionaux, voisins de la Néda. Deux siècles plus tôt, au temps de Polybe, ■ la Triphylie, qui s'étend sur la côte entre les Eléens et les Vfesséniens, ;i neuf villes, Samikon, Lépréon, Hypana, Typaneis, Pyrgos, \i|iiini. Bolax, Stylaggion, Phrixa1 ». Au temps d'Hérodote, on se souvient que le p;ivs ,i été conquis par des pirates. Les Minyens en ont soumis les indigènes. IU ont lundi'' Lépréon, Makistos, Phrixa, Pyrgos, Epion, Noudon; « mais de mon temps. 1rs Eléens ont saccagé la plupart de ces villes5 ».

Dans les poèmes homériques, le royaume de Nestor comprend Pylos, Arénè. rtiryon, \i|»n. Kyparisseis, Vmphigéneia, Ptéléon, Elosel Dorion, en tout neuf villes. C'est le même nombre qu'au temps de Polybe. Ce chiffré neuf n'est peut-être pas fortuit. Les neuf \illes ont équipé quatre-vingt-dix (9x10) vaisseaux. Quand Télémaque honve les Pyliens en train de sacrifier ;i Poséidon, il uni rangés suivant un ordre, qui est peut-être rituel : « il v avait neuf bancs, cinquante hommes sur chacun, cl chacun offrait neuf taureaux" ». Vauiïoiis-nous pas ici le sacrifice fédéral de l'amphictyonie pylienne? Les 1 1 i|ili\lirii gardèrent toujours en ce lieu leur sanctuaire fédéral et leurs sacrifices en l'honneur de Poséidon. Les gens de Makistos en avaienl la garde et le "in. ils annonçaient l'ouverture de la trêve sacrée. Ils avaienl la présidence de la fête. Mais tous les Triphyliens concouraient à l'entretien du temple et participaient aux frais comme aux viandes du sacrifice*. Ce culte fédéral remonte peut-être jusqu aux temps homériques.

i i'..i.i, is 71 ii i h I '.*

: ihl,,-- III 7 Il ,1, Mil V,i

'VK .

<ti m imi-I ■

Uti. il. — LA PORTE DES DUNES

Photogravure d'après la planche ôô de l'Expédition de Moire.

KOI TKS 1)1 Ml II I I m»! rKS 1)1 r K II II I

In,

le .uni 11,111 c (Un il 'in pied du iiiniii Kiiiiiplui . m I ■ ■ 1 1 • - île deux l><> rocheuses (K el I'. fiiç. 14) nui lUiicrfjeiil île In plngc île nlile Dnn Ifl dune

Fig. 15. — L'Acropole'.

coupée de flaques (F), au pied de la montagne, deux petits ilôts calcaires apparaissent encore, à demi submergés par le sable qu'ils dominent de quel. pies mètres à peine. Ces buttes ne laissent entre elles el le pied du mont (pi*. m étroit

I. Photogravure d'après la planche .">" de VEapédition rfr Morée.

KM

'I I S Nil NICIKNS M I ,'0b\ SSfi I

délilé de sables. Voilà, je crois, la Porte de lu Dune, la Pylos des Sables, M-»/ -. où les indigènes uni de loul temps surveillé le passage (nous

allons revenir là-dessus). La ville homérique étail perchée en haut de celte

porte, sur un contreforl du moni Kaiapha. La montagne csi forl haute (744 mètres) el forl abrupte. M;iis elle projette vers la mer un contreforl pointu

(C-B), un éperon qui n'a plus que 302 mètres.

(IVsi encore une belle hauteur, juste au-dessus

des s;i|»|rs iii;iiins, cl

c csi une excellente position pour une vieille \ ille haute. Car cel éperon conique est isolé tic huiles parts. Vers la terre, un ravin profond

lui sert de lusse el l<'

sépare des hauteurs voi-

sines. Vers la mer, la

pente se creuse d'un double versanl en éventail. L'éperon présente donc à lit

mei un grand amphithéâtre naturel, que couronnent a droite et a gauche deux

lu. Il lur du Samikoi

l | . . i, |i. I" ■ ■< 18 «onl ' ■ ■ • • | • i ■iinti'r- i l.i planche '• rie I Expédition rie \tnrér,

nul 1 1 s m mi i; i i imi 1 1 s m m mu

esplanades i \ i'i u. Voyei lu plan (|u eu oui donne le topograplu ilu I / > \-

ililiou (if '/"/<<•. L|| M' iiiilil.iin c île relie HCl'Opolu IIV<*< M \ < -in- nu pillait

h .iiiii, mie C'est, de pari cl d'autre, lu môme u plamide ni - intuiln^ni

il u unie (A), les n u u u' ravins d les même roehei cuccrclunl le pourtour, In même source bu pied (ti). La seule façade iiiaiïtiine oITre une pente iirce iblc aux lacets d'une route et à l'enchevêtrement dei ruelle J'imagine m l'csplu n.ulr du soimuel li' palais royal ou la Ibrtere e, et sui lu double pente du vci siini le troupeau des case9 populaii e Pausanias cl Strabon signalaient déjà les ruinci remarquables i|m couvrent

l'esplanade. Ces ruines ,

subsistent encore. Les topographes de I Expédition de Morée en ont dressé le plan el dessiné les \ nés. Ces ruines ont frappé tous les explorateurs par leur caractère de grandeur el de force :

« C'est peut-être le plus beau spécimen d'ancienne maçonnerie polygonale : elles remontent certainement à une haute antiquité'. » Voilà donc une

ville haute bien construite, à la mode homérique, alitù ïrcoXteQpov, sùxxîtxevov

TrcoXUQpov. Strabon et Pausanias n'en savaient plus le nom. Ils l'appellent Samos ou Samia à cause du promontoire Samikon. Mais ils pensent aussi que peut-être cCst Arénè. Dans toute l'antiquité, le promontoire s'appela Samikon « à eau-»' de sa hauteur sans doute, dit Strabon; car les anciens Grecs donnaient le nom de Saines à toutes les hauteurs5 ». Strabon ajoute que 1rs périples ne mentionnent jamais la prétendue ville de Samos ou Samia; ils l'ignorent, soil que depuis toujours elle soit à l'état de ruines, soit que d'en lias, de la mer. les rameurs n'aient jamais pu l'apercevoir. Les poèmes homériques ne mentionnent pas non plus cette Samos. C'est que cette ville haute est précisément la Pylos odysséenne. Du moins tout ce que les poèmes homériques nous disent de Pylos peut dans le moindre détail s'appliquer à notre site.

Fie. 18. — Murs du Samikon.

Page 1