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LES NÉLEIDES EN MORÉE ET EN ASIE MINEURE

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L'étal des lieux convient de tous points : plage <!<■ sables, Poseidion, ville haute. La situation convient aussi. La distance entre le pied «lu Kaiapha el le cap Pheia esl d'environ 30 kilomètres, soit trois ou quatre heures «le mer. La navigation de Télémaque au retour implique cette distance. Même parti de Pylos assez tard dans le jour, Télémaque, avec le bon venl d'Athèna, peul doubler le cap Pheia ;i la nnil close. An cours de cette navigation, je garde le vers rejeté sans aucune raison par les philologues, le vaisseau, <|ni longe la côte éléenne cl les bouches <l<- l'Alphée, peul saluer au passage la Fontaine Krounoi et le fleuve Chalkis. Tous les textes de ['Odyssée trouvenl donc ici leur concordance. M;ii-> V Iliade nous fournil encore d'autres points de repère. Nestor, dans VIliade, conte avec force détails topographiques ses guerres contre les Éléens el contre les Arcadiens. Tâchons sur notre terrain <!<■ suivie la marche des armées.

Voici d'abord la guerre contre les Éléens. Ils assiègenl une ville pylienne, la Ville des Joncs, Thryon ou Thryoessa, qui <ln haul de sa butte surveille le gué de l'Alphée (la moderne Volantza occupe sans doute cette butte «le Thryon). Les Éléens campenl dans la plaine «In bas. Athèna pendant la nnil accourt ;i la ville de Nélée. Elle réveille le peuple des Pyliens. Ions partent en hâte, cavaliers et fantassins mélangés. Ils arrivent d'abord au fleuve Minyeios, qui se jette a la mer non loin d'Arénè. Les cavaliers \ font halte jusqu'à l'aube pour attendre le flot des gens de pied. Au matin, toute l'armée se remet en marche. On arrive vers midi au bord de l'Alphée. <>n sacrifie aux dieux. On fail un repas, nuis s;ms -,• débandei . <»n se repose H l'on dort, mais sans se désarmer. On esl tout près

de l'ennemi. I c lendemain, qi <l le soleil monte de leur, on engage le

combat1. Sur cette route militaire, il faudrait retrouver l'étape d'Arénè.

Pausanias el Strabon en cherchaient déjà inutilement le site : « Personne,

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parmi les Vfessénions ni les Rléons, n'a pu i liquei le ruine « i< ■ . ■ 1 1 . ■ \ 1 1 1 . ■ .

cl le inili^riirs mil Ontl'O CUX < l< ' vn> C COIltl'OVCI V. mu [Mll'lli CMll in olllllli

l'cui i'Iic le Samikon (Uni t-i I l'Arénè du temps des liéro , Cur, uu dire île Vrca dions, le Minyoios osl le même fleuve nui roçul ensuite le nom «I tuigro : il cm Me non loin < 1 1 1 Samikon'. » Pausanias pinçait donc Arénè nu Samikon, < omme Strabon pluçail Pylos trente stades (cinq kilomètres) uu Sud. C'était ton joui sini|ilc hypothèse de leur port : ils disent très frnnchemcnl qu ils m oui recueilli aucun témoignage décisif. Je ne crois pas que ces localisations puissent convenu au texte de V Iliade. Calculez en etTel les étapes en plaçant Pylos au voisinage de Lépréon cl \ivnr au Samikon. Les cavaliers, partis de Pylos pendant la nuit, so seraient arrêtés au Samikon, à 5 kilomètres de Pylos, pour attendre les ^'ih de |iir<l. l'uis, imis ensemble, rcaviruSta, chargés il»1 leurs armes el de leurs lourde cuirasses, »ùv ttùyjtvi 6topv)y6évTc^, dans 1rs sables, à travers les pins el les torrents côtiers, ils seraient allés d'une seule traite, sans autre étape, jiis<pi à la rive de l'Alphée, à 20 ou 25 kilomètres de là. Cette marche <le 30 kilomètres, accomplie en quelques heures «le nuit et de jour par des hoplites harnachés et chargés de bronze, n'est |>ns vraisemblable. La traite ;i dû rire plus courte «'l mieux coupée

Replaçons, suivant notre hypothèse, Pylos au Samikon et cherchons le Minyeios dans quelqu'une des rivières qui |»lns an Nord descendent <le la montagne Makislia vers les Pêcheries. En partant du Samikon, on franchit d'abord la rivière de Tavla el si» fontaine voisine de la rive : nous y avons reconnu le fleuve Chalkis et la source Krounoi. Un peu pins an Nord, le Village du Vent, Anémochori, se dresse sur mie éminence dont une antre petite rivière contourne la hase. In vieux khani, encore noté sur nos cartes, marque en ce carrefour de routes un lien habituel de repos : c'est ici que, «le la route côtière, se détache un embranchement qui franchit les collines el passe dans la vallée d'Olympie. Pour la garde et l'exploitation de cette double route, il dut toujours exister ici un bourg el une acropole. Cette rivière doit être le .Minyeios homérique ; Anémochori doit occuper le site d'Arônè la Charmante, 'Ap/vr, èpaxeiv^. Cette dernière épillièle n'est pas déplacée : nous entrons ici dans l'arrière-pays de Skyllonte; Xénophon, Pausanias et tous les voyageurs modernes font de ce pays une charmante peinture'; entre de douces collines boisées, ses vallons et ses prairies sont une terre d'idylle.

Avec ce site pour Arénè. reprenons le récit de Nestor. Sortis de Pylos durant la nuit, les cavaliers partent du Samikon. Ils franchissent d'une traite les 8 ou 9 kilomètres qui séparent le kaiapha d' Anémochori. Les hoplites chargés suivent comme ils peuvent, un peu à la débandade, Ta o" sTtsppsov eOveacrcsÇûiv : on est encore loin de l'ennemi. Mais à partir du Minyeios. il faut être sur ses gardes. Les cavaliers attendent les gens do pied et l'on repart en ordre, en

I. Paus., V. 6, 2; cf. Slrab., VIII. 546. '2. Cf. Frazer, Pausanias, III. p. 481,

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. uloiuie. "n marche vers le gué de I Uphée. "n suit peut-être le boitl de la hum : ■ m aurai! alors lu un 12 kilomètres à faire, avec précaution, en pays suspect. Peut-être quilte-t-on If chemin cotier pour I embranchement d'01ympie;à travers

les collines el le pays de Skyllonte, on gagnerai! I Uphée en amonl Par la

l'ùte ou pli l'intérieur, on arrive a I Uphée. Les troupes oui besoin de repos après cette marche dans les sables. On les laisse souiller el dormir: le lendemain seulement, on attaque — Si Pylos est au Samikon, cette expédition contre I lëens e t'ompi end sans peine.

Voici maintenant la guerre des Arcadiens : « Les Pyliens el les Arcadiens luttaient sui le Kéladon rapide, près des remparts il*' Pheia, autour des courants du lardanos1. Les Ircadiens habitent à l'Est et au Sud-Esl delà Triphylie, de I autre « ùté des montagnes. Le lardanos el sa prairie maritime sonl au pied «lu Kaiapha, vers le Sud-Est. Le site est bien localisé par des sources sulfureuses que les anciens ont décrites el <pii coulenl encore*. Elles sortent de grottes |>ni profondes, en bas de la montagne de Kaiapha. (les grottes étaient consacrées aux \\ni|>li. is Inigrides: le petit lleuve voisin, i|iii se jette ilans la lagune el que les indigènes appellent aujourd'hui le Fleuve Noir, Mavropotamo, est l'ancien Anigros dont li"- eaux rebroussées par le venl inondèrent la plaine. Entre Mavropotamo et [nigros, je soupçonne quelque parenté toponymique. (1 est par l'intermédiaire de quelque calembour romain nu italien, aux temps des marines «le Pouzzoles un de Venise, <|in' l'Anigros des Hellènes esl devenu un lleuve .Noir. Fluvius niger ou Fiutne nero\ les Grecs modernes onl ensuite retraduit le nom latin en Mavropotamo. L'exemple de l'Hymette devenu, par un calembour étranger, il Matto, el par une traduction subséquente, !•• Mont <ln Fou, Trelovouno, peut légitimei cette hypothèse.

i est auprès de l'Anigros que les guides anciens montraient la prairie el le tombeau de lardanos. L'Anigros, ajoute Pausanias, prend sa source en territoire arcadien, au monl Lapithos. Pausanias fait nue petite erreur. Dans le réseau de fleuves cotiers, de ruisseaux el de rivières, qui tout le long de ce pays incliné dévalent a la mer ou a la lagune, il a embrouillé quelques fils. Le Mavropotamo, I Vnigros, n'a que quelques cents mètres de long el prend sa source dans le monl Kaiapha. ni territoire triphylien. Mais, ion i près, coule une autre rivière beaucoup plus longue, qui descend en effet par une gorge étroite des derniers monts arcadiens. Elle prend s;i source dans le territoire d'Aliphèra, la dernière ville arcadienne. Elle se jette à la mer près du Khani de Saint-Isidore. Nous ignorons le nom antique <\>' cette rivière. On serait tenté, par le voisinage du lardanos, de lui appliquer h* nom t\r l'autre fleuve homérique, Kéladon. Sa vallée trace une route commode pour une invasion arcadienne vers IM<»s. Les \m adiens descendraient le Kéladon rapide, c'est-à-dire le fleuve de Saint-Isidore. i Pvliens les mettraient en déroute auprès du lardanos, c'est-à-dire au pied du

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i m n-, mmuaissous ne su n ru il être mis eu cuusc : c'est un nip, i ne ville, ni \v

Arcudicus, pas plus que le royaume 1 1 < • Nestor, ne sonl jamais iillé jn que In.

Lu faute do texto pu ru II cerluiue : uucuiic ville dn Péloponnèse m de lu '

ne portuil ce nom de Pheio. Les critiques anciens ont proposé deux correction La première esl radicule; elle bouleverse toul le passage : Strabon, njfanl

découvert en Triphylie sur les bords d'un lleuve Ikidon les ruines d ■ ville

Chaa, propose de corriger Pheiaeu Chaa, el Kéladon en Akidon — Lu seconde esl bien plus siiiijilc. Le Scholiaste nous <lil : « An lieu il<' Pheia, il Paul lire Pliera, ainsi que Didymos I a fait, car on connail par Phéréeyde la guerre de Nestor autour de Phèra1. » Cette correction du Scholiaste me semble préférable. Elle rend bien compte de la faute elle-même el de la façon donl la faute s'esl produite : c'est un <■* » | »ï ï-> l « * maladroit qui de Phèra, $épa du 4>ijpa, a fail Pheia, $sïa, el cette lecture est entrée dans le texte classique «lu jour où, la Phères pylienne ayant disparu (le vocable loul au moins : nous allons retrouver la ville elle-même sous un nom à peine différent), 1rs commentateurs el critiques anciens ne connurent plus dans ces parages que la Pheia d'Élide. La correction concorde, en outre, avec les récits des vieux mythographes, de Phérécyde en particulier, et elle concorde mieux encore avec les autres textes homériques. Car elle nous l'ail retrouver la Phères de la Télémakheia. C'est sous la Phères de Dioclès, lils de L'Alphée, que Nestor combat les Arcadiens, de même que Télémaque, traversant l'Arcadie, va reposer une nuit dans la Phèra ou Ali-phèra de PAlphée. y-

Non loin dos sources du lleuve de Saint-Isidore, gardant le passage cuire l'Alphée et Pylos, une ville arcadienne portail le nom de Ali-phèra, 'AXicp^pa. Elle était bâtie dans une 1res forte position. A Nv2w2 mètres d'altitude, elle occupait le sommet d'une grosse et raide hutte absolument isolée2. Tout autour. les affluents de l'Alphée creusent de larges et profonds ravins. C'est pour les gens de l'intérieur la clef du passage vers la Triphylie maritime. Lise/ dans Polybe' la campagne du roi Philippe. Montant de l'Alphée et de la ville d'Héraiaj il veut chasser les Etoliens de Triphylie. Les Étoliens occupent Aliphèra « située sur une hutte abrupte de tous les côtés, qui a plus de 10 stades de pied et que couronne une acropole ». Philippe enlève Aliphèra de vive l'orée. Alors tous les Triphyliens s'enfuient et ne songent plus qu'à se mettre en sûreté chez eux. La Triphylie esl ouverte. Philippe, sans autre bataille, entre dans la capitale Lépréon.

Si fou examine les vieilles légendes, il semble bien qu'Aliphèra soit la Phères

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