‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 47 sur 277 · Paus., VIII · texte numérisé non relu

Paus., VIII

Ml! 'l l s Mil Mi IENS I I I ODYSSÉE.

de iti assure la vie de Siuanou. Sous les Turcs, Léondari el sa mosquée comman« daieul la double descente vers Mislra el vei*s Kalainala el surveillaienl la grande route militaire entre les forteresses turques de Coron el Modon au Sud el là capitale de Tripolitza au Nord. Sous les Vénitiens el les Francs, Karytaina barrait le couloir vers la mer d'Klide. \u\ temps préhelléniques, Lykosoura, mieux placées pouvait tenir à la fois l'entrée de la Néda el l'entrée de I Uphée, la double route vers la mer Occidentale.

Si donc Lykosoura devinl puissante el célèbre^ c'esl < 1 1 1 1 * vers celle mer de I Occident descendait le trafic contemporain. Au\ temps primitifs, les caravanes passent ici. Entre la mer < I m Sud et la mer de l'Ouest, Lykosoura esi l'étape médiane. Les coursiers de Télémaquc ne s'} arrêtent pas. Mais les sommiers «les marchands ne • volaient • pas d'un tel bond. Ils coupaient en deux journées les cenl kilomètres qui séparent Aliphèra de Sparte. Le premier soir, ils montaient dans la ville haute de Lykosoura pour \ passer la nuit, comme Télémaquc est monté dans l.i haute ville de Phères. <m s'étonnera que la Télémakheia ne mentionne même pas le nom de Lykosoura. Mais nous avons déjà vu que I \ 1 1 . i < 1 1 1 - homérique n'esl plus l'Arcadie des \ieu\ Pélasges : sous l'influence des Hellènes, elle a déjà troqué sa vieille capitale de Lykosoura pour sa nouvelle capitale de Tégée. Rappelons-nous, en outre, «pie le poète ne connaît pas les lieux de visu. Domicilié dans quelque ville maritime des Iles «m «les côtes asiatiques mous donnerons les preuves de ce domicile), il parle comme les récits ou comme les périples des gens de mer. il ne répète que ce que lui apprennent ses sources écrites ou orales. Or, quand la route des isthmes est un peu longue, d'autres exemples nous mil montré que les marins ne la font pas tout entière. Ils ne montent qu'au premier bazar. Là, ils rencontrent les caravanes de l'intérieur, qui leur prennent leurs manufactures et leur amènent des matières premières. Ce bazar commun est, suivant les cas, plus ou moins éloigné de la côte, parfois à quelques heures de l'échelle, le plus souvent à une petite journée. \u temps de la thalassocralie éginétique, nous «lil Pausanias,

les Éginètes, débarqués à Kyllénè, chargeaient leurs marchandises sur des ImIi's de somme el montaient chez les Arcadiens jusqu'à Phigalie. Pompos, roi de cette ville, les combla d'honneurs el proclama son amitié pour eux en appelant son fils Kginétès1. ■ Voilà une belle route «lu commerce antique. Les

vaisseaux «I bgine i I pas fait le tour <l«' la péninsule par le Sud, puisqu'ils

débarquent sur la côte Nord-Ouest pour venir à ces cantons occidentaux. S'ils eussent fait le tour «lu Vialée, ils auraient abordé par le Sud-Ouest cette façade

lentale du Péloponnèse el ils auraient débarqué, non pas à Kyllénè, mais

.1 Navarin ou Kyparissia. Ces marins prudents ont donc évité !<■ Malée el suivi li route que Strabon recommande aux navigateurs d'Asie Mineure en Italie: débarqués sm h plage orientale «!«■ I isthme <!<• Corinthe, ils mil franchi cet

ils m I i 1 1 > i i S HOHI i M l \ 1811 MIM i i.i il.

isilinir ,i |ni'i! ci ropris In mer clana Ici golfe de Pnlni I oui nu loii| iIi n'»t<

arllécillics ri clci'iinc . il mil en inlr < < ■ 1 1 1 < 1 1 n in- I.i |.n .ni. Nonl-OlIC' I |||< I.i

jii'iiim huIc ri bomI riiim venus mouiller a il premici | .< > 1 1 qui loin offrait une route commode vers I intérieur do I U'cadie, .1 Kyllénè

Dans les périples ogiiuHicjucSi <>u K \ I Ici n • était décrite < me !<• débarcadère

ol le grand portt Phigalio dul être mentionnée comme le bnziir el la grande ville de l'intérieur : auprès do Katakolo, qui esl actuellemenl I échelle il'' 1 e pai nous verrons nos Instructions liant n/iics Bignulcr de même la ville cl le iiuuvhc do Pyrgos. Dans les périples que put lire notre poète odysséeu ou dans le ré< m qu'il put entendre, Pylos csl l'échelle cl e'csl Phères-Aliphèra qui csl le bazar. Les convois maritimes remontent jusqu'à Phères, mais pai plu haul : jusqu'à Phèrcs, les caravanes de la montagne descendent a leur rencontre. Les marins peuvent savoir que ces caravanes arrivent de loin, qu'elles viennent de Sparte en une journée environ. Mais ils ne connaissent ni les relais ni les détails de

la route Le batelier de Smyrne ou <!•' Beyrouth sail aujourd'hui que Marseille

csl l'échelle de Paris; mais il ignore que Lyon el Dijon sonl les grandes étapes intermédiaires.

Khulitv. maintenant ce bazar d'Aliphèra et voyez si l'existence môme <lc <c bazar n'implique pas le débarcadère des étrangers au point où nous I avons mis, à l'échelle du Samikon. C'esl comme une vérification de tout notre calcul topologique que je vous propose. Bien qu'un peu longue, «■elle vérification vaut la peine d'être faite.

Aliphèra est donc le bazar. L'Arcadie occidentale eut de toul temps un bazai de celle sorte, à mie étape, courte ou longue, de l'échelle. Mais ce bazar ne resta pas toujours dans la même ville. Depuis l'antiquité préhellénique jusqu'à nos jours, il se transporta «tans quatre ou cinq places, à Pyrgos aujourd'hui, à Andritzéna sous les Turcs, à Phigalie aux temps helléniques, a Aliphèra aux temps odysséens. Ces changements du bazar coïncidaient, comme on peut le prévoir, avec les changements de l'échelle. Cette échelle elle-même se déplaçait au gré des différentes marines, mais non pas suivant leur caprice : des nécessités inéluctables déterminaient les changements. Pareil aux autres fleuves méditerranéens, l'Alphée ne saurait avoir son port à ses bouches. Nous savons que, Barcelone près de l'Ebre, Marseille près du Rhône, Livourne près du Pô, Smyrne près de l'Hermos, Milet près du Méandre, tous les ports méditerranéens S'installent à l'écart des deltas, sur la première pointe rocheuse ou sur la (dus commode. Aujourd'hui l'Alphée a son grand port à Katakolo, sur le promontoire rocheux ou, plus exactement, sur l'ancienne île de roche noyée dans l'alluvion, qui porte le cap Pheia : Pyrgos dans la plaine voisine esl devenu le grand bazar. Mais, jusqu'au milieu du xixe siècle, c'est Pyrgos même qui, en réalité, était l'échelle; la plage loute proche fournissait un mouillage suffisant pour les calques. Ce mouillage attirait vers Pyrgos les caravanes de l'intérieur. Deux roules montaient alors de Pyrgos vers l'Arcadie. L'une suivait la rive droite

I ix -LES PHI SICIENS II I 'ODÏ s m I

rie l'Alphée rians le Fond de la vallée, jusqu'au ^;ml de Karytaina. C'était la iiiuiiiN importante, étant la moins sûre <i la moins bordée de villages. En cet état de civilisation, tyrannie des Turcs, pillages tirs Klephtes, avanies des Mli. m. us. les plaines étaient abandonnées pour 1rs hauteurs : les lieux habités étaient, tous, au sommet ou à la pente des montagnes, aujourd'hui les villages redescendent lentement mm s le fleuve. Quelque jour, une voie terrée entre Pyrgos et Sparte rétablira la voie antique, à travers les vieilles villes de la vallée, Olympie et Héraia1. Mais, au siècle dernier, c'était l'autre route que -iiiv.ni le commerce. Partie de Pyrgos, cette autre route allait droit au gué de I Uphée : sous la ville des Joncs, elle franchissait le fleuve, l'uis. gravissant les nilliiics de la rive gauche, elle s accrochait aux lianes des montagnes qui bordent le bassin. Elle se tenait sur le versant des monts, a mi-pente. Elle reliait et relie encore un grand nombre de villages perchés. Elle menait au grand bazar de I intérieur, qui était alors Andritzéna. Ce bazar s'était ouvert à une journée environ de l'échelle et à I intersection de deux routes venues de la nier. A cet endroit, en effet, la route venue de Pyrgos rencontre le chemin qui vient de l'autre port de I Uphée, K\ parissia.

i .h . ;i l'extrémité méridionale iln golfe, tout au bout de la courbe «les (lunes. Kvparissia sur les roches occupe pour l'Alphée la position symétrique à Katakolo. Elle aussi est un port de l'Alphée. Elle est un peu plus éloignée des bouches du fleuve; à certaines époques, cependant, les marins pourront la préférer. Car elle s'offre d'abord aux navires qui viennent du Sud ou de l'Est, comme Katakolo s'offre aux navires qui viennent du .Nord et de l'Ouest. Dr Kvparissia, le chemin vers les vallées arcadiennes est aussi commode : le couloir de la Néda et les défilés des montagnes mènent snii au bassin inférieur de l'Alphée par les passes de Bassai, suii à la (daine supérieure de Mégalopolis par les passes du Lycée. L'Alphée a donc en réalité deux échelles, une de chaque côté de son delta, Kvparissia et Katakolo. Suivant la direction des courants commerciaux, ces échelles alterneront d'importance. Quand le commerce viendra du Nord, c'est Katakolo ou Pyrgos qui sein l'échelle principale. Quand le commerce viendra du Sud. c'est à Kyparissia qu'il aura son débarcadère. Et, suivant l'importance respective des deux échelles, le bazar de l'intérieur sera plus proche de l'une <>u de l'autre. Katakolo ou Pyrgos, fréquentés par les marines modernes, avaient amené le bazar à Andritzéna. Kyparissia, fréquentée parles marines anciennes, avait créé la fortune de Phigalie. .Mais. \ mli ii/ena mi Phigalie, ce bazar ne se déplace que de quelques lieues, au Nord mi .m Sud des passes de Bassai. El nous voyons bien que le bazar ne peut être nue d.uis l'une de ces deux \illes. tant que l'Alphée garde ses ports à Kyparissia .1.1 pyrji i Katakolo. Si donc, aux temps odysséens, le bazar de cette région

<■ i transporté ailleurs, si réellement Uiphèra a tenu le rôle d'Andritzéna ou

I m ih/,1.,,,1 iimi Conaulai Rr/mrts, n 2573 avril 1901 , p. 1 7 : \ne* linc ia now being construi

i ii uiu'li a i- expected, will be complétée! witliin the year.

Ils \||| Mil. s | S MOIII I I I I \ tKIK MIM I III

,|r phigalio, r r i 1 1 1 1 < - I ii 1 1 1 - 1 1 < du Mi 1 1 \ i • ii était nloi m il Katakolo III il K \ | • . i m 1 1 ; i !• i que I \ 1 1 • 1 1 « • « • nvuil lui nuire port.

Sur li' bords actuels «lu golfe ( uvee le uhlc el le hij nue oui i! rnlirciil

l,i rive, i'i duns l'étal ueluel des marines, avec no éi vit i cuux nui

doruatideul des eaux profondes el dei rivuge ueeore . uoti n'imngii pu

que l'Alphée |>u issr avoir d'autre échelle. VI ni ur no curie rétabli on h rivage d'unlrerois. Supprimons les Pêcheries «I igouliuitza. I <■ > . ■ i m i k • > 1 1 redevient un libre promontoire couvrunl un mouillage abrité : les poches de Katakolo el [es nulles de Kyparissiu n'offriront pas un meilleur refuge — llcmcltou dan ces c;ni\ la marine homérique avec ses bateaux peu profonds el légers, que I on échoue an porl de débarquemcnl el que I on haie suc la plage : les sables du

Samikon deviennent le meilleur débarcadère du golfe Rétablissons enfin, h

travers les collines de l'intérieur, la coule des caravanes vers Uiphèra : Pylos devienl le porl le plus voisin de I Uphée. Pylos esl alors pour l'AIphée exacte ii km 1 1 ce que (ièues esl pour le Pô, huiles proportions gardées. Séparée du bassin Huvial par les montagnes, Pylos en esl pourtant le véritable débouché suc la mer, parce que les défdés <lu Kaiapha détournent vers elle, comme les défilés des Vpennins détournent vers Gênes, une coule [dus courte que la descente du Même lui-môme. Par la trouée «lu fleuve de Saint-Isidore el par la plaine du lardanos1, celle roule directe mène de I Alphée moyen à la côte, en passant par Aliphèra el en aboutissant à notre Pylos. Quand donc Pylos, grâce à celle coule, devient l'éclielle. Aliphèra devienl le bazar; au pied de Phères, se rencontrent les caravanes de l'intérieur et 1rs caravanes de la mer. Voilà, je crois, tout notre calcul topologique vérifié : l'échelle à Pylos entraîne le bazar à Phères, et réciproquement.

Fréquentant l'échelle de Pylos. les marins primitifs connaîtront le bazar de Phères. Voyez comment nos Instructions nautiques décrivent auprès de leur échelle de Katakolo le bazar de Pyrgos :

Katakolo est fréquenté par les paquebots et, pendant la saison des fruits, de grands vapeurs viennent charger des raisins de Corinthe el dw vin provenant des plaines de Pyrgos. L'eau y esl rare; il n'existe qu'un puits dans le fond de la baie. La ville de Pyrgos, avec 5000 habitants, esl bâtie suc une colline à sepl milles de Katakolo. Elle possède un télégraphe. Les plaines environnantes sont Lien cultivées. Mais près de la côte les miasmes des lacs rendent l'air insalubre*.

Parmi les détails importants, nos Instructions noient qu'il y a uu télégraphe à Pyrgos. C'est un instrument commode pour la rapidité des échanges. Mais c'est, mieux encore, un véritable garant de la sécurité et de la légalité, la voix du

I Cette rouir mu siècle dernier étail encore très fréquentée. I ;i cuir de Lapie, avec laquelle les troupes Françaises lirenl l'expédition de Morée, porte cette route qui, partie du Forl Clidi, longe

d'abord la mer sur la levée de la lagune) puis re nte par la trouée du fleuve de Saint-Isidore vers

Xerochorion; elle rejoinl enfin la grand'route Pyrgos-Andritzéna.

'1. Instruct. imiil.. ii"i)'.l|. p. SN.

m .1 I v PHI NICIENS M I 'ODYSSI I

droit el de la justice. Nos marins et nos trafiquants introduisent partout ce i.ni«l régulateur, qui rend moins Fréquentes les rapines populaires ou les exactions de l'autorité. Ce n'est pas que les indigènes accueillent mal 1rs peuples de la mer : Pompos jadis donnait ;i son fils le nom d'Eginétèsen l'honneur des marins d'Égine; aujourd'hui les u«'n^ de Pyrgos donneront à leurs rues les noms de Gladstone ou de Gambetta. Mais ce bon vouloir peut être intermittent, et les peuples de la mer ont toujours dû veiller h ses caprices. Faute <le télégraphe, les marins d'autrefois, pour se protéger, apportaient leurs dieux et s'efforçaient d'en inculquer le respect aux barbares de leur clientèle. Le culte commun était le seul garant de la paix et des contrats. Qui dit alors bazar commun, dit aussi cultes communs : le commerce régulier ne peut se faire qu'à l'abri de la religion; les échanges de marchandises supposent forcément un échange de dieux. C'est ce que les mythologues semblent parfois oublier pour cette période des origines grecques. El pourtant le spectacle des dernier-, siècles devrait leur fournir matière à réflexion. Jusqu'au jour où le télégraphe installa les principes du droit international dans le monde levantin, et ce jour est tout récent et les principes s'installent à peine, ce lui toujours sous le seul abri d'une communauté de cultes et de serments religieux que le commerce |»ul s'établir. Une influence commerciale se traduisit toujours par une influence religieuse : l'Anglais apporta sa Bible; le Franc amena son jésuite ou son capucin; l'Arabe apporta son Coran et son tapis de prières. \ Memphis, dans le Camp «les Tyriens, Hérodote ;i vu le temple de l'Aphrodite Étrangère*. Au temps des Croisades, les Vénitiens se réservent, dans chacune des villes prises, l'emplacement d'une église et d'un marché : partout ils installent le culte de saint Mure'. Il n'en lui pas autrement au bazar primitif d'Aliphèra : certains cultes de celle ville sont des importations de l'étranger. i h;nis la fôte d'Athèna, dit Pausanias, on sacrifie d'abord au héros Myiagros, qui délivre des mouches. • Ce héros Myiagros, que les Aliphériens honorent auprès de leur grande déesse Uhèna et de leur dieu guérisseur Asklépios, semble de môme origine que le /eus Apomyios, chasseur de mouches, dont Héraklès ;i\;iil introduit le culte à Olympie, l\ quelques lieues plus dans la même vallée de l'Alphée. Ce dieu éléen, que d'autres appellent Mvioriès et Mviagros, est aussi un dieu de la santé, car, chassant les mouches, j| supprime la peste, muscarum multitudine pestilentiam afférente. Or c'est ;iiiss| mi dieu de la santé, ce dieu de la Mouche, Baal-Zeboub, lia-//. Muïa, traduisent Josèphc et les Septante, qu'adoraient sur la côte syrienne les l'Iiilisfnis d'Akkaron et que le roi d Israël Ochozias, malade, envoyait consulter : l.i mouche pestiféré, dit VEcclésiasle*. Un croit que les peuples de la mer

I, Hérod, Il IIS

S II, .1 I p 136 el 152

', pausaniaa MM. .<■ 5-6 Clem i Ganncau, Journal asiatique, \. p, 157; Pline, \. M); \\l\:

",; Il /; il i.i/' i . Pausania», III. p. 558,

Ils \l I I IIU s I \ MOItl I M IN \MI MIM I lll

uni de le missionnaire i Uiphèni comme .1 Olymnie, 'I'- 1 <■ dieu de lu Muni lie.

Site ri situation, plage cl roiftes, le Samikon réunit donc toutes I'' 1 ondilion pour être la Pylos homérique. Sons doute, des fouille dan cette ville haute seraient le meilleur moyen de vérifier notre calcul. ^handonnccH déjà pur* le? Ancien^, ces ruines mil pu nous réserver quelque autre Mycèncs. Mais, a défaut de monuments archéologiques, nous avons les traditions historiques et légcn duires. Lorsque Télémaque, rentré de Sparte, va s'embarquer sur la plage de Pylos, un arrière-petit-iils du devin Mélampous vient supplier qu on le prenne à bord : la source des Nymphes Ànigrides, au pied du Kaiapha, devait son odeur sulfureuse aux purifications de Mélampous et c'était Mélampous qui avait amené

chez Nestor les bœufs de Phylakè' Le mont Alvéna était dédié aux divinités

infernales. Il portait le nom de Minthè, à cause d'une concubine de Pluton que Proserpine avait transformée en menthe îles jardins. Il avait un sanctuaire d'Hadès, qu'entretenaient aussi les Makistiens, et un bois sacré de Proserpine*. tladès, d'après la légende homérique, a été blessé par Héraklès, èv llj/.<;i. ,:i Pylos5 : Nestor raconte longuement celle invasion de la force herculéenne*. A la sonne de noire Meuve de Saint-Isidore, près du village de Troupais, la terre brûle chaque année avec une odeur désagréable. Pausanias signalait déjà cet accident volcanique, qu'il faut rapprocher des«sources sulfureuses du Kaiapha, des sources pétrolières du cap Plioia et de Zanlo, et des tremblements de terre qui désolent annuellement celte région5. Ces Trous doivent être voisins de l'ancien sanctuaire d'Hadès.

L'histoire traditionnelle de Pylos mérite surtout qu'on s'y arrête. Pylos n'est pas une ville indigène. Ce sont des peuples de la mer qui Tout fondée. On sait que Nestor et son père Nélée sont venus de Thessalie. Ils sont de la race de Poséidon, de Tyro et de Salinoneus. Leur famille régnait à lolkos, sur le golfe Pagasétique, où s'était rassemblée jadis la flotte des Argonautes. Or la ville du Samikon est bien le type des établissements étrangers sur une côte méditerranéenne, un Gibraltar primitif ou. comme disait Thucydide, l'un de ces promontoires surplombant la mer. ïxpa hz\ -?, BaXàa-aTp, que les Phéniciens tout autour de la Sicile occupent en même temps que les ilôts entiers. Au-dessus d'une lionne plage de débarquement, c'est une forteresse indépendante îles indigènes. Elle est facile à défendre du côté de la terre, grâce au ravin qui la sépare des montagnes voisines. Ce ravin coupe Pylos de la terre ferme. C'est, en

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