KI(.. 21. — LKS ILES POINTUES
D'après la carte marine n° 3209.
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pélnpouuésiciis OU dcinici r;ip occidental, à lloll'O CQ|1 I i < • | > 1 1 1 > . Il VCUl fftlglICI le
pronumtoirc extrême do Képhalléuic. Il vogue à Icnvcrs le oiimil de Zanle. liuns eo cuitnl, le-- marins connaissent un dnngor nue sigualoul les Instruction» nautiques ol que les enclos marines indiquent soigneusement. <^ est, on pleine nui. un ucolûpcl d'écueils, les uns à peine émergés, les nulres couvecls «l'eau, que les lei'ciens ne conuuisscnl pas. mais que les navi galènes redoutent. Ce sont les Roches \Iontague, comme discul uns Instructions. Ce nom osl lu transcription du vieux nom vénitien Moule [cuto, le .I/o»/ Pointu : « Ce dangereux plateau do roches s'étend sur un espace d un mille <lu Nord au Sud cl comprend quatre pâtés distincts, couverts de cinq à neuf mètres d'eau. La plus petite profondeur trouvée en 1844 sur le pâle .Nord lui de 5m,02. En 1865, on a eu i'".!)!). .M;iis certaines mouilles mil encore pu échapper aux recherches. I n navire à voiles devra tourner ces dangers à bonne distance. Parties vents faibles ou par calme, il pourrait être drossé par le courant qui, par les vents du Sud, est fort dans leur voisinage*. » Voilà les Iles Pointues du poète, qui parle d'après les périples ou les récits de son auditoire de matelots. Un comprend alors l'inquiétude de Télémaque, « que pousse la luise favorable de Zens ». le veut du Sud. Télémaque, en longeant les Iles Pointues, craint d'être drossé par le courant el de perdre l;> vie ou de rester pris dans ces aiguilles de roches.
Cel exemple des Iles Pointues devra nous servir, quand nous rencontrerons le Port Creux el Vile Petite. Ce ne sont pas là des noms communs affublés d'une épithète. Ce sont des noms propres comme les Belle-Ile ou les Château- Roux de notre onomastique. (Nous avons encore notre Port-Creux enfoncé dans les contreforts pyrénéens; les Grecs modernes ont une foule de Mikronisi, Petite Ile, par opposition aux Iles Grandes.) Il suffit quelquefois de retrouver l'exacte localisation de ces noms de lieux pour éclairer soudain tonte une description odysséenne. Kt l'expérience m'a prouvé que l'on peut toujours arriver à celle localisation. Quand nous ne « réalisons » pas une description odysséenne, c'est taule de tout expliquer, faute de respecter le texte, faute d'en suivre tontes les indications et de le traiter eu véritable document géographique. Un pourrail, à première rencontre, s'étonner d'une pareille exactitude. Pour la 7V/<;makheia surtout, on doit se demander comment le poète ionien a connu et si fidèlement décrit cette côte du Péloponnèse occidental avec le site précis, les routes, les légendes et les cultes des différentes villes intérieures ou entières.
I. Strab., VIII. 551; cf. Buchholz, Borner, lirai.. I. p. lis. -1. Inslruct. liant., n" 691, p. t>!» et S7.
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lielle côte de Pylos csl fort éloignée de l'ionie. Elle a peu de relations avec les poiis asiatiques du continenl ou des Iles, dans lesquels vraisemblablement I t>|H)pèe ;i pris -.1 forme dernière. Il ne --* * 1 1 a I » I < * pas que les marins ioniens ou indiens aienl beaucoup fréquenté ees parages de Pylos : l'invasion étolienne avait détruit cette vieille ville achéenne./El pourtant le poète ne décrirai I |»amieux ni ;i \ •'«• plus de détails le pays de Milet, d'Épbèse ou de Phocée. A la réflexion, une hypothèse se présente, que par la suite nous aurons l'occasion de diseutci longuement : peut-être nous fournira-t-elle en fin d'étude la seule explication rationnelle pour l'origine du poème odysséen. Au dëbul de son Epopée Homérique, llelbig prévenait son lecteur :
Un ne pourra pas s'étendre longuement iii sur les problèmes compliqués qui sont connus -mi- le nom de question homérique. On se contentera de signaler quelques rails parfaitement établis ou très probables, en acceptant complètement l'opinion de \cni Wilamowitz-Mœllendorf développée dans ses Homerische Untersuchungen. L'Epopée, telle que nous la connaissons, est l'œuvre de plusieurs siècles. Elle se développa d'abord rhez les Eoliens de l'Asie Mineure, puis chez les populations ioniennes de cette région cl des Iles. Quelques fragments seulement prirent naissance dans la Grèce propre. Le poète qui a compilé l'Odyssée dan- sa forme actuelle était aussi un lils de la Grèce pi opn
En nous tenant aux arguments géographiques, nous verrons que le poète ou les poètes odysséens parlent en habitants des côtes asiatiques. Pour eux, l'ile de >\ia est " de l'autre côté de Délos vers le couchant », ce qui suppose des navigateurs partis «le Chios ou de Milet el rencontrant, sur le chemin du couchant, d'abord Délos, puis Syra. Pour eux encore, I Eubéc est « la plus lointaine des ilr> », ce <|ni suppose une pareille navigation de Samos à Icaria, Mykonos, rénos el Vndros, pour atteindre, ;'i l'autre horizon de l'Archipel, l'Eubée, la dernière des Ile! . Il -•• peut, je ne le crois |>a-, que l'arrangement final des iH)èmes odysséens ;iil été fail dans la Grèce enropéenne. M;iis la composition des dilTérents épisodes esl antérieure à cel arrangement, el les poèmes furent apportés de la Grèce asiatique dans la forme, ou peu s'en faut, que leur a conservée la rédaction dernière. Comment se peut-il doue faire que l'auteur de la Télémakheia connaisse si admirablement la région pylienne? sur les lieux mômes, il ne l'aurait pas décrite avec plus d'exactitude. Est-ce a dire que la Télémakheia n'est pas venue d'Asie Mineure mais qu'elle a pris naissance dans
Grèce européenne? l'étude des autres poèmes odysséens va nous révéler une pareille exactitude dan- la description d<' pays, qui sonl aussi lointains des côtes asiatiques, beaucoup plu- lointains même, et que les marines ioniennes ne fréquentaient pas davantage : la Télémakheia ne doil pas être séparée des autres épisodes odvsséens.
Voii 1 I explication qui me parail la plus vraisemblable. Composée dans nue Ile
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rime ,i\,ill encore son lui. BU Liinille io\.ile lîl II ('OUI l'oyillc Il VtM le foill
liminaires habituels, hérauts, musiciens, chautcui el poMe ()i le riti ioniennes d laie MintMirc nvaienl choisi leurs famillca royale . nou 'In Hérodote, les unes purtitî les Lyt'ii'iis dcaccnduuta de Glaukos, fila il llippoloi lio . il mitre parmi les Kaukonca Pylions, descendants de Kodros, lila de Mélanthos, <l nu tri enfin parmi les uns et les autres, fiaffi) /. 8 rr^ff«vT0 ol u / auTÛv Vuxiou PXaûxou ~<ij \--'iiJ,/<>j vivovita^, ol Si Kaûxtava^ HuXîou; xwi K6oâou to*j m /,/v'Joj. ol Si /-/•. juvai ou*1. Ilellanicos1 traçai) ainsi la généalogie de ci
Kaukones I Miens : à l'origine Salmoneus engendra I yroi qui de Poséidon enfanta Néléc, <pii engendra Nestor, lequel eul pour descendants successifs Périclyménos, Boros, Penthélos, /Vndropompos, Mélanthos el Kodros. Mélanthos esl le véritable chef des dynasties ioniennes. Jusqu'à lui, les Néléides ne règnenl pas en terre ionienne, mais à Pylos : pour le peuple ionien, ils se perdenl un peu dans la brume de la légende el du lointain. Mélanthos, chassé de l'\ lus par les Hëraklides, transporte la famille dans la future métropole ionienne, Athènes. Il \ vienl avec ses parents Alkmaion, Paion el Pisistratos. Nous retrouvons ce nom de Pisistrate, parmi les Néléides de la Télémakheia . Pisistrate esl le cocher de Télémaque; [>l us tard, c'esl en souvenir du héros odysséen que Pisistrate l'Athénien portera ce nom pour affirmer s;i descendance alcméonide el néléide5.
Mélanthos csl donc le véritable fondateur des dynasties ioniennes. Établi chez les Athéniens, il reçoit la royauté après l;i mort du dernier Théséide, Thymoitas*. Quand les Ioniens émigrenl en Asie Mineure, ils transportenl avec eux des rejetons de Mélanthos. Mélanthos csl le héros auquel les \illcs ioniennes rapporteront plus lard leurs mis. Or examinez la famille de ce Mélanthos.
Mélanthos esl (ils d'Andropompos, le Transporteur d'Hommes, et de Hénioché. la Femme aux licites. Celle Hénioché — llellauicus nous en a tracé la généalogie, comme il convient pour la grand'mère de tant de maisons royales — descend d'Admétos par Eumélos, Zeuxippos et Arménios. Ne voilà-t-il pas une généalogie qui convient aux héros de notre Télémakheia? La Femme aux Rênes, y.v.o/y, lille de riloninie au Char, àpuivioç, xz>xx (les historiens et géographes en feront ensuite un Arménien, àp^svwjç), petite-fille du Lieur de Chevaux. ÇeûÇwnroç, et femme du Transporteur d'Hommes, àvo=6-ou-o;. est bien la parente de ces Néléides odysséens, qui sur leur char transportent Télémaque de Pylos à Sparte :
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