Odyss., IX. 196 el suiv. ' :». Odyss., XV
i. Odyss., XII. 327-329.
:.. Thucvd., lll. '.'.t.
I I S IIM SU il NS ET L'ODYSSl i
professeur cie tactique, se présente pour les conduire au Delta il<' Thrace, en un - île I elles i ;i//ia*> el île pillages : il fournira toul le nécessaire, des objets de culte, un devin, tic- provisions en abondance, vivres el boissons. Le lendemain, Koiratadas revient en effet avec ses objets sacrés, son prophète, vingt hommes chargés de farine, vingl hommes chargés de vin, trois hommes chargés d'olives, un homme pliant sous une charge d'aulx, un homme enfin chargé d'oignons1.
I ■■-. navigateurs récents de la Méditerranée levantine gardent les mêmes habitudes. \n \\i siècle, Bclon décrit ainsi la vie des corsaires :
Pour ci1 que ce mol de Coursaires n'esl bien entendu es régions niédi terra nées..., j'en veult maintenant donner l'intelligence.... Trois ou quatre duicts a la marine el hardis se mettent i l'adventure, qui dès le premier commencement -mil pauvres, n'ayant
que quelque petite bai qu i frégate ou brigantin mal équipé. M;i is au reste ils uni une
I le de quadran i naviguer nommé le Buxsolo et ont aus>i quelque appareil de guerre.
Pour h m vivre, il- ont un sac de Farine el quelque peu de biscuit, un bouc d'huyle, iln miel, quelques liaees d'aulx el oignons, qui est pour la provision d'un mois. Cela fait,
ils se mettent à l'adventure Si le vent les contraint de se tenir en port, ils tireront
leur barque en terre, qu'ils couvriront de rameaux d'arbres, el tailleront »lu bois avec leurs congnéesel allumeront <ln fcu avec leur uisil el feront un tourteau de leur farine, qu ils cuiront... sur une tuile ou laine de cuivre ou de fer battu qu'ils appuient dessus deux pierres et roui du îeu dessous*.
Vctucllemenl encore, dans li"> Iles cl terres grecques, le batelier de Syra el l'ouvrier (1 Vrcadic vivent <ln même régime. Mu pain plus ou moins cuit, de la hnhn in albanaise (c'est-à-dire de l;i farine de maïs grossièrement moulue, délayée dans «le l'eau ri cuite sur une plaque de métal à la manière indiquée par Itrlou), du vin, quelques olives et quelques sardines conservées, de l'huile H des oignons crus forment le fond <lr ce régime5. La viande n'apparaît qu'aux jours de rôle ou de bombance, quand on nMil mm agneau que I dm dévore tout entier, entre amis.
Il faut donc une grosse provision il eau à bord. Cette provision s'épuise vite.
II faut relâcher souvent, et presque chaque soir, pour la renouveler. Auprès des souri es connues el constantes, chaque soir « > 1 1 débarque afin <l apprêter, comme dit Eurvloque à I Ivsse, un bon souper4. Or, sauf exceptions faciles à dénombrer.
sources qui bordent la Méditerranée levantine ^nil peu abondantes H tarissent parfois. Pour qu'un établissement soit assuré de ne manquer jamais
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provision suffisante, il l'util plusieui étirer > i li mule ; l'Ile rie KalvpMo en uvuil iituitrc :
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II. Caverne. Les autres caractères de notre site sembleraient moins impoi ImiiIs aux marins d'aujourd hui. La caverne, surtout, m' leur sérail pas il un grand sen ice. Aux marins de ['Odyssée, les cavernes côtières sonl indispensables. Mais pour en bien faire comprendre la nécessité, il faul une dissertation assez longue sur les bateau* el les us el coutumes de ces navigateurs. Je prie le lecteur de prendre patience, y.
Considérons d'abord que leurs galères sonl petites, mal pontées, peu confortables '. Ces galères sont petites, puisqu'elles marchent à la rame cl «pi un équipage de vingt rameurs leur suffit, ce <|ni suppose huit ou dix raines sur chaque bord. On tire sans peine ces galères sur le rivage el quelques hommes suffisent pour les remettre à lloi. Ce sonl des embarcations plutôt que des navires. Comme les bateaux de l'Archipel au temps de Tournefort, elles < ne vont que dans la bonaee ou par un venl favorable; à la vérité, «m serait mieux dans une tartane; mais on perdrait son temps à soupirer après les vents1 ». Ces galères sont peu confortables. Elles ne sonl pas, d'un honl à l'autre, recouvertes d'un pont, sons lequel se tiendraient les rameurs, avec des chambres cluses et une batterie où vivrai! el dormirait l'équipage. Mlles n'ont pas de chambre. La cale esl ouverte. Ce sont des « vaisseaux creux ». c'est-à-dire béants, non pontés, qui ont seulement, à l'avant el à l'arrière, des sortes de château, ucpia. ('es ikria ne sonl, je pense, que des estrades émergeant du vaisseau creux et supportées par quatre piliers; on y moule par une échelle. Tel est du moins le sens d'i/iréon dans la langue des Grecs d'Asie. Un texte d'Hérodote nous donne la valeur exacte de ce terme. Hérodote décrit les habitations lacustres de Macédoine el leurs villages sur pilotis : « Ce sonl des huttes sur des estrades, sur dos ikria, que supportent de hauts pieux dressés en plein lac, wcpia siù araupwv •j'Lv-.amv èv [xéorp -r, Xijjlv^3. « J'imagine de même les ikria homériques. A chaque honl Au navire, une plate-forme, dominant la cale el la mer. repose sur quatre piliers; nu bordage la ceinture des trois côtés qui regardent la mer: mais l'estrade est ouverte, sans garde-fou, du côté de la cale, où l'on descend par l'échelle.
I. Je n'expose ni ne discute les différentes théories que l'on a faites sur les vaisseaux homériques, leur disposition générale el leurs particularités de gréemenl ou de construction. Je renvoie le lecteur au chapitre de E. Buchholz, Homcr. Real,, II. p. 239-280. Cf. ;ui<-i W. Helbig, l'Épopée Homér., p. 199, ii surtout A. .lui. Archéolog. Jiav., I. p. ,">0 H suiv.
'2. Tournefort, I. p. 300-301.
r». Hérod., V. 16.
i i v l'in nu ii \ -s i r i.-oin ssi i
Ions Icn ilii.nl-. iln lextc odysséon vonl nous amener à cette conclusion. Sons chacun île ces ikria, entre lt%> quatre piliers, peut-être existe-t-il quelque soute mi quelque réduit, une cabine, i la chambre b comme disent les corsaires francs. Vlais clans Imit le poème, il n esl l'ail aucune mention de ce réduit, .le croirais plus volontiers que le dessous des ikrin ne se distingue eu rien du reste de la cale. Le | >»»**■ l » • ne pai le jamais que ili"- châteaux à l'étage supérieur,
l.i- château il ;i\;ml sert île poste ;i |;i vigie. Le château d'arrière esl la demeure • lu capitaine, du pilote el des passagers » I « * marque : ils s'j assoicul duranl le jinii : ils s'\ étendcnl duranl la nuit. C'esl sur le château d'arrière, que Télémaque cl Mentor, partant vei*s IMi»^. viennent s'installer :
VT.l 3 Bvi imuuvt y.j- •); ïli-'j, xy/l 3 xo xyrÂc
n I r.Àejxayo;1....
\n retour de Pvlos, c'est sur le château il»' la poupe que Télémaque dépose la lance du suppliant Thcokh ménos; c'esl là qu il s'assied lui-même el l'ail asseoir rhéoklvménos auprès de lui :
i yj stuvr(o,a^ ot ÈSéçaTO yàXxcov syvo^,
•/•/•. -.', •■ vr îxotôcstv ràvucev vsô; iu.œieXtaa'Yic'
XV '": •/-/'•. v.JTO,- V7,Ô$ l'jtZi-', 7lOVT07tÔûOlO,
zv npuuvr 3 xo Ëmcra xx6s£e?o, rcèta oè or. x'jtû :r.T£ BeoxX'juevov1
l.i miii venue, le capitaine, qui parfois esl ni môme temps I*' pilote,
-/•.:•. •■■).'. tîoox vr.ô; èvumiov, ouSs t<o xXXu
o<ô*y Étxsojv ■./-/ 8âo*»ov '.xot.ueOx -y-zvrj. vatav",
ou le capitaine el le pilule, avec les passagers de marque, peuvenl s allonger sur
le ponl ilu château d'arrière, ÊV Ixoiéœi tcpuuvtc*. (! Vs| là nue les Phéaciens fnnl i i » t i • i
un h! pour I Ivsse, avec une couverture, p^YOî» (,l des draps de lin, Xîvov, el c esl l.i quTlyssc dorl d'un sommeil de plomb duranl la traversée; 1rs Phéaciens, -.in^ l'éveiller, le déposent sur la plage d'Ithaque, roulé dans sa couverture el
dans *.!••> draps1 " -I ai chez moi, ilil Nestor, assez de couvertures el de literie
pour que le iil- de mon vieil ami I Ivsse ne s'en aille pas dormir sur le château de
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Slll If 1)0 lll illl i -II. lie. ni il ,i\ Ulll . ni I • 1 1 1 1 . 1 1 < I < I . i \ . 1 1 1 1 • 1 1 1 < I < 1 1 1 < i . 1 1 1 1 • 1 1 1 |m ii
M'Ill (le IIH'llh l'Irlldir prllil.illl |,| mil! M, H li' .in |||< I • 1 1 1 1 1 | > i ilili i' il. in
le creux du vaisseau, l'unie ou dm i nous lu pluie el kouh l'embrun lliru ne Ici
rouvre. Luire les ilt'ii\ châteaux d'arrière cl il'iivnut, îxpw l n >
ivric, le vaisseau esl creux, vXasupy,, non iiiiiilt*. l'.m ce creux «lu vu i *eiiu,
sunl alignés l08 lianes des i -Mineur- .. pcrpcinliruhiii 'Cllieil I .m boi'dlIgC Il lu (Mil .ni iinlii'ii iln VlÛSSCtUI un esp.ice Mue. un IlllSSlIgC, unr « OU] »|V : lil < OUI < • < 1 1 1 1 m i - l.i i ne île lu ^;ilèie. 1)111' l;n|iielle mi \,i il un l)UII I il I aulre' », h un liuhl il l'util i i' (lll vaisseau . v.'/ V7|&$ Lwv, UlysSC SC |»i iiineii.inl sur l;i COUI'sio e\lnn lises liuniines ;ui iiiuineul île franchir Skvlhl :
-J.j-.j-. BVW V.v VTtÔ; '.<■'/ UT3UV0V ETaîpO'J
Celte expression >> aller à travers le vaisseau », Stà vrtô^ uov, nous csl plus claireincnl expliquée dans la dernière \isiie il AJkinoos au vaisseau phéacien. On ;i toul préparé pour le rapatriement il I lysse. Le vaisseau gréé esl mis b Uni. puis amené par les rameurs el ancré dans le goulcl < I n port. La houle du large le balance. On \;i partir dans quelques heures. Les Phéacicns onl envoyé à hord les cadeaux destinés à l l\sse. chaudrons, trépieds el autres manufactures. On a disposé ces objets encombrants dans le creux du vaisseau, sous le^ lianes des rameurs, de chaque côté de la coursic. Alkinoos vienl passer la dernière isnpcction. D'un bout à l'autre du vaisseau, -j-j-ô; Lwv 8wt vréô;, il se promène sur la coursic cl vérifie l'arrimage, « afin que rien ne gêne les hommes quand ils donneront le coup de raine" ». Sur les galères italiennes ou provençales, une expression était employée qui traduirait exactemenl noire mol homérique : c'esl correr ht n/iii ou courir ht nef, correr ht cossia ou courir ht coursie. C était ce que l'on appela plus lard en franco courir ht bouline. Les matelots rebelles ou délinquants étaient condamnés à passer plusieurs fois d'un boul à l'autre de la galère en courant sur la coursie; l'équipage rangé de chaque côté frappait le condamné à grands coups de bouline, de corde raide*.
Dans lo creux A\\ vaisseau, sur la coursie. on peut coucher le mal. quand, amenant la voile, on démâte pour rainer.
iv<rràv~sc o s~aooi vsoç Loriot •xrzj-yy.y-o i t 'i
xal Ta ulv sv vr.l "Àa'-i'jor, Osffav3
Certains navires onl peut-être dos chevalets pour recevoir et maintenir le mal couché, lo-coSôxr,. Mais un seul passage i\c V Iliade ef un passage dos hymnes homériques mentionnent ces chevalets qui ne doivent pas être d'un usage courant. C est à même la cale ou sur la coursie que l'on couche le mât et les agrès. Quand