Id.. îbid., I. p
T.. Perrol el Chipiez, VI, p. "77: cf. Steffen, Karlen von Mykenai.
i. i L les Gardiens de routes », ôâosûXaxsç, du Grand Roi. Herod.. VII. 259.
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compte. Il ne leur restait entre les mains qu'une faible pari des rançons el munir* extorquées par eux aux caravanes. Mal vêtus, mal armés, logés dans «I infectes masures, campés sous une tente de paille ou de poil de chameau, ces pauvres hères faisaient triste figure : leurs postes déserts n'onl laissé que de misérables ruines. Mvcènes lui riche, bien bâtie, Eux-çtuevov. \mh admirons les ruines de cette « ville dorée ••. itoXuvp'joow Mux^vrjç1. Les barons de Mycènes m" devaient rendre compte de leurs extorsions ;'i aucun suzerain.
Mais, île pari el d'autre, .1 Mycènes comme ;i Tirynthe, apparaissent nettement certaines conditions qui lurent indispensables ;i la fondation cl ;i la prospérité de ces habitats. Si telle de ces conditions n esl pas remplie, il est impossible que If problème ail eu jadis la solution que nous venons de constater. \ quoi Itou, -m cette plage «I Vrgolide, les fortifications cl les magasins de Tirynthe, si. dans >lfe, des navires étrangers ne venaient pas charger les provisions qu'entassaient chei le seigneur les redevances du pays voisin? An temps des marines franques, c'est pour trafiquer avec les gens de la mer que les émirs syriens, les aga» cl dere-beyt turcs, les beys ri capitaines albanais installent «le pareilles Hrynthes sur le-- rivages d'Europe ri d'Asie. V quoi serviraient de môme les imprenables remparts de Mycènes el d'où viendraient 1rs richesses accumulées dans ses tombeaux, m |,i route du bas n'avait été fréquentée par de riches caravanes, m à cette étape, auprès de cette source, une « douane » n'avait été levée >iir nu trafic régulier entre Ifs deux mers du Levant ri du Couchant?
Prenez en Albanie un terme <\r comparaison plus précise et voyez comment mil vécu, jusqu'au milieu du \i\ siècle, les beys d'Elbassan, de Béral el de Tépéléni. \ l'entrée des dervends qui mènent de l;i côte adriatique aux vallées intérieures du Pinde, ces Im-\s n'onl pu construire de grands châteaux, entretenir i\r somptueuses résidences, qu'aux dépens des muletiers valaques qui, des ports de Durazzo el d'Avlona, menaient en Macédoine ou en Thessalie lés marchandises européennes. Ces nobles pillards levaient une lourde douane sur le trafic européen que I insécurité des mers forçait alors à prendre cette route terrestre. Les vaisseaux de Trieste <»n Ac Venise amenaient à la <ùlr adriatique, à Raguse,
Durazz 1 tvlona, les ballots que ces muletiers se chargeaient de convoyer à
travers le Pinde vers Monastir, Larissa, Salonique el Constantinople. Quand ce trali< terrestre des Valaques diminua; quand nos grands vaisseaux se mirent ;i contourner la Péninsule, à travers la mer libérée dr corsaires, ce fui fait de la puissance i\<^ lir\s albanais el de la richesse de leurs demeures. Leurs fortes murailles croulenl aujourd'hui comme onl croulé 1rs remparts *\r Mycènes. La fortune d'Ali-Pacha, le « bej des beys », peut donc nous instruire de la fortune d vgamemnon, le « n»i des rois ». Mycènes ne se peul comprendre sans le transit d un commerce étranger -m s;, route, sans les arrivages de marchandises étrangères sur 1rs plages i\<h Nauplie el >\r Corinthe.
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ou en dehors d'elle, elle rencontrera bien plusde in\ 1ère encore, et va uni h-
abîmes profonds do l'humanité primitive, sauvage ou inconnue, qu'elle
aidera surtoul a éclairer. La préhistoire cl l'histoire de origines deviendroul Sun domaine. Klle nous en fournira de nombreuses limes, quelle euM o i capable de l'etrouver. Kilo nous en classera ou nous en expliquera de plus nombreux documents que d'autres études peuvenl fournir (archéologie, linguistique, anthropologie, etc.), mais quelle seule peul sérier el dater avec une approximation raisonnable. Klle résoudra, je crois, le problème des origines grecques.
L'histoire écrite de la Méditerranée commence pour nous avec les Grecs. Si haut que nous remontions dans notre notion commune îles navigations méditerranéennes, ce sonl les tirées qui en occupent I arrière-fond. Leurs héros navigateurs nous semblent perdus dans la brume des mythes, dans |(« crépuscule des dieux. Nous croyons, d'une foi |>lus ou moins raisonnée, mais ;is-,c/ générale, qu'au commencement il y avait des Grecs el que les Grecs firent toul pour l'aménagement commercial de celle mer : nous rangeons leurs Argonautes en tête des plus vieux conquistador s, dont l'audace ouvril le chemin des océans mystérieux. A la réflexion, pourtant, des impossibilités apparaissent. L'histoire grecque ne remonte qu'à une dizaine de siècles avant noire ère. Si Ton songe aux milliers d'années des chronologies chinoises, assyriennes ou égyptiennes, celle histoire grecque apparaît comme le début îles temps modernes et, vraiment, l'histoire moderne s'ouvre aux guerres Médiques. Est-il croyable que jusqu'à des temps si proches de nous, la Méditerranée n'ait pas eu de .navigateurs? Que l'on examine, même superficiellement, les sites et les conditions de (■("lie mer.
La Méditerranée est découpée par les péninsules en un grand nombre de tout petits bassins. Elle a une ceinture de côtes hospitalières, une multitude de rades et de poils, des chapelets d'îles qui sollicitent la curiosité du terrien et créent chez lui l'esprit d'aventures. Klle a un régime de vents stables el modérés. La Méditerranée a ses tempêtes et ses dangers. Mais elle n'a ni les cyclones ni les récits des grands océans. Pour une période de mauvais temps, qui occupe quatre ou cinq mois de son hiver, elle offre au cours de son été sept ou huit mois de beaux temps presque lixes. Cette alternative de saisons tranchées est faite pour inspirer la confiance aux barques les moins stables. Dressez le compte d'autres avantages encore : voisinage des forêts, abondance des bois résineux et faciles à
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travaille] . absence des marées, faiblesse des courants, et, surtout, rareté de ces res el mascarets qui, dans les océans, dressent un mur entre la batellerie nuviale et la navigation maritime, etc — Conclusion à peu près inévitable : la Mt'ditei i.iiiiv n'a pu demeurer, des centaines de siècles durant, uni' mer désertée des hommes, abandonnée aux troupes des oiseaux el des monstres marins.
Les grandes navigations, dira-t-on, n'onl commencé qu'au i\'' ou xe siècle avant notre ère, avec les Grecs, avec les populations actuelles <»u leurs ancêtres directs. Car il esl des races à qui l;i navigation el la colonisation sont antipathiques' Siu le pourtour de la Méditerranée, toutes les humanités, indoeuropéennes ou sémitiques, grecques ou barbares, franques mi maures, espagnoles "ii arabes, turques ou chrétiennes, sont en quelques générations devenues maritimes et navigantes. Vrabes et Druses de Syrie, Lazes et Turcs d'Asie Mineure, Nègres de Cyréuaïque, Maures el Berbères d'Afrique, Latins d'Espagne, il Italie ou de France, Slaves de Russie ou de Macédoine, à travers tous les changements de civilisation el de races, imites 1rs humanités méditerranéennes ont été influencées el tournées vers la mer par les mêmes conditions de nourriture ft de \i'-. Le gardien de moutons, en Espagne comme en Grèce, en Italie nomme en Asie Mineure, vit, durant l'été, sur la montagne « » < ■ le plateau. Mais, l'hiver, il doit ramener son troupeau aux pâturages maritimes, et, durant de longs mois, il séjourne ave lui au bord des golfes tranquilles, en lace de la hum souriante, à (|ii<'li|iit's brasses de ces Mrs qui, toutes proches, tentenl sa rêverie. Vers ces il<'~~. parfois, une ligne de nulles émergées semble faire un pont. Le berger s'embarque. Il découvre 1rs des côtières. Il les trouve propres à la pâture. Il \ transporte (1rs chèvres ou «les moutons, qui facilement s'acclimatent, se reproduisent ••! reviennent à l'état presque sauvage : j| M',.sl besoin ni d'enclos ni de gardiens pour les surveiller; il suffit de venir à l'époque «les fromages ou de la tonte, l'eu à peu le berger prend l'habitude de la nier' — L'Albanais descendu en Grèce durant lexvn'ou le xvm* siècle devient au début du \i\ le matelot d'Hydra el de Spetzia.
\\,uii 1rs Grecs, qui sonl «1rs lard venus dans le monde levantin, les humanités antéhelléniques n'onl pu vivre autrement que i<ms leurs successeurs. une l'on imagine ces premiers autochtones aussi barbares que l'on voudra, ils devront encore nous apparaître semblables à ces populations malaises <l<>ut
inierriers, armés de jade et outillés de bois, sillonnaient les immensités du Pacifique bien avant que les voiliers de nos conquistadors en eussent découvert le chemin. Vvant les argonautes, la Méditerranée dul connaître d'autres marines. Vvanl l'histoire grecque, il \ eut une préhistoire méditerranéenne. Les monuments égyptiens mentionnent constamment ces « peuples de la mer ». Les Vnciens, au reste, avaient cette opinion. Avanl les lhalassocraties, comme il- disaient, d'Athènes, d'hgiue, de Mégare, d'Ionie ou de Crète, ils affirmaient
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