Perrol et Chipiez. VI, p
ô. Perrol et Chipie/. VI, p. lô.
i. \. Bertrand, la Gaule avant les Gaulois, p. 10.
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I alphabet I voulue/ celle affirmation a la seule lumière du bon sens
pratique. Quand nu peuple emprunte la monnaie du voisin, c'esl qu'il a besoin de trafiquer avec lui, el quand le voisinage établi! un trafic entre deux civilisations, la plus grossière fournil toujours des matières premières et la plus ratlinée des produits industriels — D'autre part, un peuple n'emprunte pas l'alphabet des voisins s'il n'a pas à correspondre avec eux. El l'alphabet in» se transporte pas sous forme de lettres séparées. 1rs Gaulois n'ont pas envoyé à Marseille un ambassadeur chargé de copier l'alphabet grec. Cet alphabet leur est ai rivé sous forme de mots el les mots portaient des idées. Qui donc constate un emprunt de monnaie el d'alphabet, en tous temps el eu tous lieux, peut affirmer un échange de produits el d'idées. Méditez encore la proposition que voici: • M. Undsett, que rien n'effraie, dil nu autre archéologue1, va jusqu'à « roirc que les Phéniciens onl importé en Suisse (\v\\\ poignards de cuivre à soie longue du type chypriote. Etrange commerce phénicien, qui aurait transporté si loin des objets de mince importance, sans jamais apporter en même temps un bijou, un cylindre, un bibelot de prix à faciès oriental bien accusé! » .le ne discute pas le tond de la querelle. Mais le raisonnement archéologique apparail ici dans ^m beau. I n lion archéologue ne peut supposer que les Phéniciens soient allés quelque pari sans \ laisser, à son intention, un cylindre ou un bibelot. Mais, peut-être, les Phéniciens pensaient-ils moins à l'archéologue d'aujourd'hui qu'au Barbare de ce temps-là. Leurs envois visaient à satisfaire les besoins de leur clientèle plutôt que la curiosité de nos académies. Pour les Barbares, qui vivent de chasse el de guerre, on peut admettre qu'un bon poignard de bronze esl d une autre importance que même un cylindre inscrit : nus l'usils ci baïonnettes, objets de menue importance pour nos académies, trouvent plus facilement un marché au cœur de l'Afrique que nos bijoux ou
nos bibelots les plus « modem sl\le ».
L'histoire réelle ou du moins rationnelle des origines humaines demande autre chose que les traces fossiles des héros el des artistes : » La bêche el la
pelle, disait déjà Strabon, ne suffisent pas-, il faudrait aussi la connaissance (les
luis générales du monde. » Jamais ce conseil n'a été plus utile qu'aujourd'hui :
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-.iyi SXr,vs. Les archéologues négligent celle connaissance des luis générales. Ils semblent ignorer de parti pris les nécessités quotidiennes <pii. à travers iiios 1rs siècles, régissent toute société humaine dans ses migrations connue dans s, -s établissements. Leur conception de l'histoire esl moins philosophique, leur classification des diverses humanités esl plus enfantine que les premières tentatives des plus vieux historiens grecs. Ceux-ci partageaient l'humanité en
différents peuples, suivant un caractère qui nous fait un peu sourire, parce
I \ i la i.niilt avant let Gaulois, p, I".
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guaienl les Ichlhyopliages des Itizopliuj <■ lu Maii| i m de Pain comme <lii VOdymtée, dos Mangcui d'Homme . \ l»i tinction
ploiuo do philosophie, à laquelle loi nu lard on reviendra! ( ai elle < i I < > 1 1 • l • < • sur lo caractère le | il us important poul être, le plus fertile en non équence d< ions genres. Car il \ a vraitueul des « Peuples de lu Bière • el de Peuple du Vin ". «1rs Immunités «lu blé el dos humanités du riz. Il il ne faul pu lori^ temps réfléchir pour déduire miellés différences de vie, d'occupations journalières, d'appétits, de désirs, de politique, de poésie cl de morale, entraîne la différence de nourriture ; il vaul mieux vivrCi à coup mit, parmi des Mangeurs de Pain que parmi «les Mangeurs d Homme.
Négligeant ces caractères fondamentaux, les historiens-archéologues s'at-
tachcnl aux menus détails extérieurs, qui permettent de classer dans la vil ■
les produits de la fouille, el ils arrivent à transporter dans I histoire humaine ces classifications de musée. Ils inventent des civilisations morgienne, hallxtaltienne, mycénienne, ègèenne, etc., des humanités de la bouterolle el du casque pointu. Sous forme d'apophtegmes, ils émettent des oracles qui ferment la bouche aux non-initiés : « La bouterolle est hallstattienne — Le casque pointu
esl marnien L'épée en fer est de l'époque de la Tène — Le poignard en
bronze esl hongrois L'épée «le bronze esl morgienne1. » Et parce qu'un
tombeau de la Marne contient un casque pointu, voilà l'histoire encombrée à tout jamais d'une époque marnienne! El parce que les ruines de Mycènes oui été fouillées avant celles de Pylos, d'Ithaque, de Knossos ou de Gortyne, voilà qu'un peuple mycénien est installé dans la préhistoire hellénique!
Le vulgaire doit admettre ces oracles sans toujours les comprendre, sans protester contre les invraisemblances, sans même oser avouer ses doutes. Si parfois il demande des raisons, on lui sert des archéologues : « M. Furtwaengler a dit : « C'est une des pires erreurs de l'archéologie préhistorique, etc. » « Un 1res bon juge, M. Goblet d Alviella, a dit... etc.2 » L'argument d'autorité n'est <|iie trop souvent la seule réplique des archéologues. C'esl par le nombre des références au lias des pages que se juge couramment le mérite d'une œuvre archéologique. La valeur d'un archéologue se cote au poids des fiches qu'il possède eu ses tiroirs. Dans le livre que je lui offre, le lecteur trouvera au bas des pages le minimum de références. Pourtant — et in Arcadia ego! les .1. Wimmer (Lokalisierung der Homer. Insein), les M. Hergl [Quam vere de (h/, vis erroribus Eratosthenes judicavérit), les P. Pervanoglu {La legenda de Ulysse), et P. Matranga, et A. Freiherr vor Warsberg, et Wôlcker, et K. larz me sont familiers, el tant d'autres docteurs dont, hélas! j'ai lu les mémoires sans le moindre profit. .Mais c'est nia théorie de VOdyssée que je voudrais présenter ici et non pas celles d'autrui. .le ne citerai donc que les auteurs dont j'adopte ou