‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 81 sur 277 · UNE STATION ÉTRANGÈRE · texte numérisé non relu

UNE STATION ÉTRANGÈRE

I'mv. I. 39, 6.

Voilà toutes les raisons qui font île l'ile de Kalypso un coin * I * * paradis, el voilà toutes les conditions que < I « > i t réunir le porl idéal, au ^iv de ces premiers n;i\igatcurs. Il est peu de mouillages qui les réunissent toutes. Mais chaque lois que l'une de ces conditions est convenablement réalisée, le port voit arriver les flottilles étrangères et, dans les périples comme dans la langue «les thalassocratcs, ■ e poi i esl soigneusement noté. Les équipages lui donnent un nom. Les périples ont grand s<>in de I»- décrire. Il devient célèbre parmi les marines «lu temps, qui toutes d'ordinaire le désignent sous la même appellation, et «cite ; i j > | >« * I lation esl fournie, le plus souvent, par telle des particularités étudiées tout à l'heure, arbres, oiseaux, sources, prairies, guettes, cavernes, <>n par la forme et la grandeur du mouillage. Les marines méditerranéennes oui toujours en des l'irirrs du Corbeau, des limites au.r Mouettes, des lies des Vignes ou des Oliviers, etc. Les Grecs el les Latins avaient leurs Ports delà Caverne, "Avrptov, Spelunca, leur lie îles Eperviers, lepàxtuv >t~'ti. Accipilrum insula, leur Ile des /'///s, \\:-.j'jj--j. leur Port des Cyprès, KuTtapioo-la, etc. Avant eux, on peut être sur que leurs prédécesseurs usaient déjà <l<' noms pareils. Si donc on peut faire l'hypothèse (el l'étude « I • - la Pylos homérique nous s a conduits) qu'avant les Grecs une marine sémitique exploita la Méditerranée, peut-être il uns la plus vieille onomastique méditerranéenne devons-nous retrouver quelques-uns de ces vocables sémitiques. Pour I un de ces vocables, la recherche n'esl ni longue ni difficile.

I ///■ <lrs Eperviers du monde grec cl latin étail située sur la côte Sud-Ouest de la Sardaigne, dans la rade de Carloforte que fréquentaient el que fréquentent toujours les bandes <!»• liions avec les bandes d'oiseaux de proie qui les suivent : d'où le nom de cette il«'. \mis savons que les côtes sardes avaient été colonisées pai les Carthaginois el par les Phéniciens avant eux. Pline donne ;t notre Ile des Kpcrviers le nom de E-nosim ' : ce nom de E-nosim forme avec

I l'Im III T l-i.,|. ,,, m 3 p 193

UNI 8TA riON I il; tNGl i: I

\ccipilrum Imuln un doublel Inl sémitique i m In i émitique »n, ai, ou •

i, voul dire (le : bous lu formo ni, e , i, u, . • . on le retrouve ne vIIhIm1

initiulo <l;i n^ un grand nombre de voeublc in uluire île Gre< el i\v I uttn . |i géographes el les éditeurs du Corpu* hmcriplionum Srmiticarum* oui signalé les nombreuses Iles méditerranéennes doul le nom commence oui ce monosyllabe, E-busus, Ae-nari'a, I-gilium, elc. Quant à nosim, l'orthographe sémitique nous en est donnée par une inscription punique trouvée en Sardaij ne

el parlant de cette mô Ile des Ëperviers : c'esl S¥J, nosim, plui iel de w, '«' '*

on ni«, qui en hébreu veul dire êpervier, La transcription de Pline esl exacte. Le // latin ou le v grec son I L'équivalent du 2 sémitique. La seconde consonne, v. «•si une dentale-sifflante que ions les Sémites possèdent el que l'alphabet hébraïque intercale entre le p <'l le q. Mais les Grecs el les Latins, impuissants à l;i prononcer comme nous-mêmes, l'ont rejetée de leur alphabet. De cette lettre unique, les arabes ont fail une sifflante, sad, el une dentale, dad. Il semble bien que chez les Chananéens «le l'antiquité cette lettre étail susceptible aussi de deux prononciations. En transcrivant les noms sémitiques, les Grecs l'ont rendue tantôt par une sifflante, tantôt par une dentale : dans les deux mois sillon. StStov, el Tyr, Tûpoç, c'esl la même consonne initiale y qu'ils rendent par un - d'un côté, par un T de l'autre. .Nous avons donc lu transcription régulière de ûïJ en nosim el nous pourrions transcrire le singulier p en nés ou nis : si nous ajoutons une terminaison latine ou grecque, ce que les Anciens font toujours en pareil cas, — nous aurons le doublet nesus ou nisus, vItoç ou vto,oç = lépaÇ, accipiter.

De même, pour la Caverne : on doit retrouver dans la plus vieille onomastique méditerranéenne quelques noms semblables à celle ('.avoue îles Sidoniens, DW myo, Megara Sidonim, dont parle l'Ecriture*. La transcription grecque et latine de ce megara serait sans doute megara, p.éya.pa.. Il ne peut \ avoir doute que pour la seconde consonne, y, rendue par un y ou un g. Cette consonne " occupe dans l'alphabet hébraïque la place de l'o dans les alphabets grec et latin. C'est une gutturale profonde, que nos gosiers sont inaptes à émettre el que les Grecs et les Latins furent incapables aussi, parait-il. de prononcer. De celte consonne inutile pour eux, ils tirent une voyelle». Dans l'alphabet arabe, celle consonne, dédoublée comme le v. donna deux lettres aussi, une gutturale rau que, le gain, el une gutturale 1res atténuée, h> 'aïn. Les Aoux noms de ces lettres arabes marquent la différence d'impression qu'elles produisent sur nos oreilles. Nous entendons le gain comme un g dur. Le 'aïn ne représente pour nous qu'une sorte d'hésitation, d'aspiration ou d'expiration que nous sommes incapables de noter el que nous négligeons le [dus souvent de rendre dans nos prononciation el transcription de mots arabes. Le " hébraïque et phénicien devait produire le même effet sur les oreilles grecques ou latines. Tantôt rauque, il

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