‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 84 sur 277 · so Salami ne (Vie.ueVdie · texte numérisé non relu

so Salami ne (Vie.ueVdie

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l'n . 30. — Salamine et Mégare1.

notenl soigneusement. Mais, dans la langue maritime, un promontoire n'est pas toujours une roche qui pointe vers le ciel; c'est d'abord une langue déterre qui s'avance dans les Ilots. La prétendue Minoa, avec son cône presque régulier, se détache nettement sur la plaine : elle sera soigneusement notée ej dénommée par les terriens. Mais prenez une vue de côtes et non <lt> plaine : sur colle rive toute hérissée de languettes, de caps et de saillies en dentelles, cette butte continentale ou insulaire, noyée dans les terres ou le marais, n'a jamais pu recevoir le nom de promontoire.... Et rapprochez des textes anciens notre vue de côtes.

Thucydide connaît encore cette lie sous le nom de vf,<ro<; Mtvwa. Deux chenaux

I. Ci' carton ;i été dessiné d'après les cartes marines et la carte de l'Expédition de Morée. Je rappelle au lecteur que le nom de Nisaia doil être transporté sur la droite, à la colline côtière dominant les fonds de 53 mètres. I.a petite huile, qui domine les fonds de '2* mètres et qui porte ici le nom de .Nisaia. est en réalité la Roche d'Athèna la Mouette.

198 l l s PHÊNII IENS ET L'ODYSSÏ l

l,i liniiliMii alors. L'un, profond el large, la sépare * 1 * * Salamine qui projette vers die le promontoire «!«• Boudoron. L'autre, forl étroil el s;uis profondeur, la sépare de l.i Méguride. Ce dernier chenal n'esl ;i vrai dire qu'une bande <lr marécages, au travers de laquelle un ponl el une chaussée établissent la communication entre l'Ile Minoa el la terre mégarienne. Thucydide nous explique très clairement cel étal des lieux :

S us Nikias, lil- de Nikératos, les athéniens Qrenl une expédition contre l'Ile de Minoa, qui gtl au-devani de Mégare, V xû-ï: - M /:<.>•;. Les Mégariens s'en servaient comme de forteresse, après j avoir construH une tour. Nikias voyait plusieurs avantages ;'« I acquisition de cette il<'- Pour les athéniens, la garde sur le chenal I»' plus étroil remplacerai! utilement la garde qu'ils avaienl au Boudoron et a Salamine (sur le chenal le plus large); les Péloponnésiens ne pourraient plus (derrière Minoa) masquer leurs incursions par mer el leurs envois, comme dans le passé, de trières ou de corsaires; les M n irions ne pourraient plus rien faire entrer dans leur port. houe, au moyen de ses machines, Nikias renverse deux tours saillantes, s'ouvre ainsi le passage entre l'Ile et la terre, débarque el occupe l'Ile qu'il fortifie «lu côté de la terre, car une attaque «le ce côté était facile, grâce pont «|iii. à travers le marécage, s'en allait de l'Ile au continent toul voisin. \\.mi terminé cette œuvre en quelques jours el ayant ensuite laissé dans l'Ile des ouvrages fortifiés et une garnison, Nikias rentre vers Athènes avec son .ii un

-t par voie de terre que se fail l'expédition «le Nikias, èorpàceuo'av, -:<;> tt:7-(.). «lit Thucydide. Dans cette période de la guerre, les Athéniens, chaque année, fonl une incursion «-n Mégaride, avec huiles leurs forces <!«' terre, citoyens el métèques, icavo7j|xel, xurol xal oi uiTotxoi, -7V7-v/:'.r. Quelquefois, quand la ll«>iie athénienne esl dans le voisinage, elle vienl ;mssi prendre pari ,i h réjouissance, el l'on coupe les oliviers, <>n brûle la moisson, «m pille ;i cœur joie*. Mais cette expédition annuelle ne peul ravager qu'une partie de l;i Mégaride : la plaine comprise entre les monts d'Eleusis el les deux forteresses de \|, [rare el rie Nisaia esl seule exposée ;« ses coups. Mégare esl défendue par ses citoyens. Nisaia esl occupée par une garnison péloponnésienne que les Mégariens mil appelée. Entre les deux forteresses, une ligne «le Longs Mms maintient ommunication. Ces Longs Murs avaienl été construits jadis parles Athéniens, .m temps où Mégare étail nue alliée. Ils rcjoignaienl la ville ;« la marine el mettaient la ville a portée des secours, nuis aussi «les interventions el des usions de la flotte. Quand les Athéniens, devenus les ennemis de Mégare, vonl être maîtres < I * • Minoa, les Mégariens détruiront les Longs Murs qui ne peuvent plus servir qu'à I » • 1 1 1 amener les incursions athéniennes. Mais cette destruction esl postérieure à l'attaque «!«• Nikias. Quand Nikias vienl attaquer Minoa, les Longs Murs existent encore. Entre Mégare el Nisaia, entre la ville

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miné pur lu voie 'lu chemin do Ici, lu roto ol nno ligne tirée do M< u< .1 lu butto Suint-Goorgio). Il osl donc impossible quo Minoa, attaquée iitn N'ikiu . oil

dans ce triangle. Il ne fuul pua lu chercher sur lu petite Imii tûVu un le

topographes récents l'on I placée1. (Cette butto porte les ruine d'une forlorV r vénitienne. Le9 Vénitiens avuicnl besoin d'une tour qui surveillai la pluine el le golfe, mais non le détroit où ils ne s'aventuraient plus, faute de fond : leur mouillage n'étail plus entre Salamine el la Mégaride, mais au-devanl de la plage

mégarienne, en face de lu ville 1 Avant d'atteindre cette butte, Nikias se I ni •-« ■ -

rail contre les Longs Murs. Il faul chercher ailleurs.

\ikins veul occuper Minoa pour plusieurs raisons :

I" Les Athéniens ont jusqu'ici gardé l'entrée du golfe d'Eleusis par une garnison installée à Salamine, au promontoire Boudoron : sur cette pointe, un forl et une station navale sonl établis pour empêcher toute entrée el toute sortie de Nisaia, porl de Mégare, «uXaxv) toû u.t\ è<xrcXeïv Mevapeûai ;;.r,o' exirXeïv u,7)8iv'. En face tin poste athénien el du promontoire de Salamine, les Péloponnésiens sur la côte mégarienne occupent Nisaia où les Mégariens ont remisé dans leur arsenal quarante vaisseaux. Un jour les Péloponnésiens mettent à l'eau cette Hotte mégarienne, enlèvent le poste de Boudoron, ravagenl Salamine et menacent le Pirée. La preuve est ainsi faite pour les Athéniens que le poste «le Boudoron, sur l'entrée la plus large, no suffît pas. A l'abri |»le Minoa], XavOàvovreç, les Péloponnésiens de Nisaia peuvent quelque jour renouveler celle sortie et, par le chenal le inoins large, 8t' èXà<j,o,ovoç, refaire ce qu'ils ont déjà l'ait, olov xai ta wplv ysvoijLivov. c'est-à-dire menacer Athènes dans son territoire ou ses dépendances les plus immédiates, tenter une incursion de corsaires ou nue expédition en règle contre Salamine. Eleusis ou le Pirée:

k2" L'occupation de Minoa doit fermer plus étroitement encore le porl de Mégare, c'est-à-dire Nisaia, aux ravitaillements par mer, -o\ç -z MeyapeG<xw xjxa u7)oèv earcXsIv.

Le texte de Thucydide implique donc un certain nombre de conditions pour le sile de Minoa : I" celte île de Minoa commande à la fois le détroit de Salamine et l'entrée de Nisaia: "2° celte île n'est séparée de la Mégaride que par un étroit canal de marais ou de terrains bas sur lesquels on a pu établir une levée. Dans ces conditions, prenez la carte marine et regardez la « longue langue » projetée par la Mégaride vers la haie ou passe de Trupika. ('.'est une roche effilée qui, sur ses façades méridionales et orientales, tombe brusquement el plonge en eau profonde : des fonds de neuf mètres la touchent; à quelque distance, la sonde

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