‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 86 sur 277 · Michelof, Portulan, p · texte numérisé non relu

Michelof, Portulan, p

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montagne forl haute qui en est la reconnaissance. On \ charge de lu cire, de l'huile, ries laines et du blé*. Mais ce Port-Lion n'a aucune importance. Il ne serl même pas d'échelle h ce village qui apparail nu pied du château, sur la montagne tlu Nord, el qui esl Uhènes avec son acropole. Car 1rs portulans nous décrivent, à coté de Port-Lion, l'échelle d'Athènes qui est l'ancien Phalère : « Le village est à une lieue, à la montagne; on mouille rievanl le village qui reste .m Nord el l'on rsi par les vingt-deux brasses, fond de vase; il vaul mieux rependanl allei au Poi t-Lion en hiver ' ».

Jusque dans le premier quart «In \i\' siècle, j u-( | n ;i lu délivrance <lc la Grèce, le Pirée reste une baie désolée, où « 1 1 1 1 * I « j 1 1 1 *^ barques pourrissent dans [a vase, auprès d'une misérable douane turque : • Ce port, aussi renommé (|iii' ceux de Tyr el «le Sidon cl <|ni avait contenu jusqu'à quatre cents galères, ne reçoit plus aujourd'hui que des barques <lr pêcheurs. \n fond, on aperçoit quelques masures où s'abrite une pauvre famille turque. Les douaniers, qui sont là comme gardiens du désert, avaient pris la fuite à notre approche; nous n'avons trouvé personne pour nous enseigner le chemin . » Nous avons expliqué pourquoi cette rade close du Pirée, si commode aux marines indigènes, n'attira ni les in.ii ines primitives ni 1rs marines chrétiennes. Les unes el les autres <»nl préféré l.i baie ouverte de Mégare. Cette préférence entraînait un complet changement dans les routes de terre.

Parmi 1rs routes terrestres qui aboutissenl au Pirée, il en rsi une que nous avons longuement décrite. A travers la péninsule de l'Attique, elle va, par Dckclie el Oropos, jusqu'au détroit de l'Euripe. C'était la route < I m commerce antique entre l'Eubée el 1rs marchés d'Athènes. Ce fui aussi la route des armées <•! des pachas hues entre la forteresse <lr Nègreponl el le château «le I acropole. I ne autre route plus importante détourne, aujourd'hui encore, vers 1rs quais du Pirée, le trafic de la Béotie et de la Grèce continentale. Partant du Pirée poui aboutir à Thèbes, cette route coupe la plaine athénienne, du Sud vers le Nord-Ouest, franchit au col de Daphnî 1rs monts <lr l'Ouest, redescend dans la plaine d Eleusis qu'elle traverse toul entière, et gagne la Béotie |>ar 1rs défilés du Kithéron. aujourd'hui, c'est au long de cette route que montent vers la Béotie 1rs manufactures el 1rs produits *\*' I Europe, débarqués au Pirée, et que descendent vers Athènes ou vers le Pirée 1rs blés, fruits, vins, bestiaux, etc., <lr i ande cuvette béotienne. Grâce à cette route, le Pirée est le porl <lr la Béotie -m I \i chipel méridional.

Entre Thèbes el Eleusis, cette route béotienne esl tracée par la nature même : sa direction el se- étapes lui suni imposées par les gorges el rois du Kithéron, par la trouée d Eleulhèrcs. Mais nous voyons bien qu'à partir d'Eleusis, c'est le caprice <»ii l'intérêt i\<^ hommes <|ni la pousse vers le col '\<i Daphni el vers le

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s'ils descendent par lu grand'routc jusqu'à Kleusis cl il lougcul en ni te lu plage occidentale du lu rode, lu réalité il' oui une route |>ln brève encore. Sans descendre jusqu'il hleusis, iK peuvenl direcleinenl venir d'KIciitlu'Ti hi baie de Mesure, u travers les monts de Méguridc, par lu pai e de Koudoura. De Thèbes au Pirée, il Paul compter quelque K5 ou 90 kilomètres : de 1 1 1 • l •• à Mégare, il n \ en u guère que 05 ou 70. t.i lu route vei*s Mesure esl plus nu-. car, entre Eleusis el le Pirée, la passe de Daphni esl propice aux coups de main el aux rançonnements. El pour les botes el pour les gens, lu route vers Mégare, jalonnée de sources, sein |ilus commode que le tour oriental de lu rade d'Kleusis, <»ù l'on manque d'eau : « On ne peul pas faire d'eau dans la baie, disenl les Instructions nautiques, parce que les sources, qui font marcher les moulins de Rheiti, sont Portement imprégnées de nitre1. o

\ ce tracé, les navigateurs étrangers trouveront aussi leur compte. Notre Ile de Minoa, qui ferme le détroit, semble créée tout spécialement pour leur servir d'entrepôt. C'est le type même de ces Ilots cûtiers, en travers d'un détroit, que nous venons de décrire. Pour une marine primitive, c'est le débarcadère idéal. Mouillage, aiguade, forêts, plages liasses, elle a près d'elle toutes les conditions qui font le bonheur des matelots. Elle est facilement abordable «lu côté de la mer. Près d'elle les vaisseaux peuvent mouiller et restera l'ancre : « Dans cette baie de Mégare, nous disenl les Instructions nautiques, on n'a guère à redouter que les bourrasques du vent du .Nord". » A l'abri de l'île, au sud de Minoa. les navires sont couverts de tous les vents. Les rochers de Minoa arrêtent les vents du Nord. Les petits îlots de Rhevituza el de Trupika masquent les brises el les houles du large. Vers l'Est el vers l'Ouest, les langues de terre et les ilnls semblent ingénieusement imbriqués pour former paravent toul en laissant les chenaux nécessaires. .Nos grands vaisseaux ne seraient pas à l'aise en cel étroit espace. Mais les flottilles primitives y pouvaient manœuvrer.... I>u côté de la terre ferme, l'île esl facilement abordable et facilement défendable à la lois. Le marécage lui l'ail un fossé, eu travers duquel un pont ou les piles d'un pont volant peuvent porter une route ou un plancher; le moindre rempart suffît pour clore celle Ile du Mur, Tikho. On imagine sans peine nu comptoir étranger dans ce sile. Une guette au haut des rochers surveille les alentours, plaine et détroits. Le malin, on ouvre le pont sur le i'ossé et les convois indigènes sont admis. Le soir, le pont est relevé et l'île esl close. Minoa étant ainsi le débarcadère des étrangers, Nisaia et Mégare deviennent le bazar et l'avant-bazar des indigènes, le point où les échanges ont lieu, où les deux peuples et, quand ils parlent des

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