‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 87 sur 277 · Instruct. naut., q° 691, p. liti · texte numérisé non relu

Instruct. naut., q° 691, p. liti

•2. Instruct. naut., q° 691, p. liô.

I I ^ IMIÊNII IENS II L'ODYSSI l

i»ut*s différentes, les deux langues se rencontrent el se mêlent. Si notre li\|>«>ttiese esl juste, ronomastique locale gardera peut-être quelque trace d'une période bilingue. Défait, ronomastique mégarienne esl un mélange de noms •n'i -, que l'étymologie grecque explique -ans peine, el de noms étrangers, dont l.i langue grecque ne peul nous rendre compte1.

h. ui> l'antiquité déjà, les trois noms, Megara, Nisaia, Minoa, n'avaient aucun sens pour les Hellènes, qui donnèrent à chacun d'eux une histoire ou uni' légende explicatives. De ces légendes combinées, on lii ensuite l'histoire primitive «In pavs. Nisaia ;i\;iii pris lo nom d'un Ih'tos qui jadis régnai I sur toute la contrée : c'était \isos, mari d'Âbrotè. Nisos ;i\.iii un cheveu de pourpre cl l'oracle lui avail promis que son règne n'aurait pas de lin. tant qu'il conserverait ce cheveu. Mais lo Cretois Minas vint attaquer la ville; Skylla, fille de Nisos s'amouracha de l'étranger ri. pour lui assurer l;i victoire, coupa If cheveu paternel. Maître de la ville, Minus refusa d'épouser Skylla, qui se précipita dans l;i mer cl lui changée en poisson ou dévorée par les oiseaux. Nisns lui aussi métamorphosé: il devint l'un ilo ces aigles marins, qui chassent mit les Mois, ci il continua de poursuivre s;i fille. Voilà pour Nisaia ci Minoa. Quant à Mégare, on racontait que le héros Mêgareus, son fondateur, était venu de Béotie, qu'il était lils de Poséidon on d'Onchestos ci qu'il était devenu l'allié «le .Nisos par le mariage «le sa sœur Abrotè. Notons bien cette origine «le Mégareus, l'un «le ses lil^ Evippos lui encore tué par le lion «In Kithéron, -ni' la route d'Eleuthères dont nous parlions pins haut, cl ces relations «le Mégare avec la Béotie où les antres sacrés s'appellent des mégares, uiévapa. A Mégare, Déméter avait l'un «le ces mégares. Ce mégare était dans la partie liante «le la ville, sur le sommet «le l'Acropole «pie l'on nommait Karia, «ai souvenir «In héros Kar, lils de Phoronée; !<■ héros Kar régna jadis en cet endroit et c'est lui qui fonda le sanctuaire.

Quand «m dresse la liste «le ces noms mégariens, il semble bien «pie Ton ail une longue séi ie de doublets gréco-sémitiques. Prenons l'un après l'autrechacun de ces doublets.

Megara, qui signifie Vantre, le trou, In caverne, esl nue transcription exacte,

nous l'avons vu, «In sémitique n yo, megara, «pu a le même sens. Sur la côte sicilienne, un peu an nord de Syracuse, une ville grecque porte aussi le nom «!•• Mégare. Elle passe pour l'une des premières fondations grecques. Mais Thucydide nous prévient qu'avant les Grecs, les Phéniciens avaient occupé sur tout II- pourtour de l'Ile II'- promontoires el les Ilots c<'»iiers. Il semble bien mous reviendrons longuement sur l'occupation phénicienneen Sicile) que celle Mégare soil ;nissi un Port de In Grolle. Les Instructions nautiques nous décrivent ainsi l.i rade voisine : • Les falaises forment plusieurs criques et l'on y voil «I»' nombreuses grottes; a 3 encablures vers le nord, se trouve !«• rocher Grotta Santa,

I l roii Roacher, Lexù Vi//// je préviens le lecteur, une i"i~ de plut, qu'il trouvera

lin les i que je ne pui« donner chaque IbU que je cite un nom légendaire

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la double prononciation que nous avons reconnut! nu V émitique, tantôt . ni

lin. il ri h iilini pur un g, tan loi faible ol négligé duus le Iruiittcripl grecquei

mi lutines. Megnra étuil aussi lu nom il un quartier de < arlhuge Maiara était oncoro le nom d'un bourg syrien, dont noua parle Strabon : dan In région de l'Orontc, ce bourg relevuil d'Apuméc, A ->/ . i',,, \. feu iav , La r< ion

il \ puînée ' csl semée, à l'heure actuelle, de cavernes: mu min mi ma'arrat, disent les Arabes, Mà'an'a^en-Noman, McCarrat Masrin; maarret ou mequaret, disuienl les Croisés, pour qui Mà'arra-en-Noman étail la Maarre, et Waîarral Masrin la Meguarel Meserin : *<■>;//, M' .'•'/',IV '>['ur> Arcauéiov, disent h

inscriptions gi'ëco-romuines*. C'esl toujours lu môme alternance que sur la cote sicilienne, Mégara et Mèara, Miyapa et Méapa ou Méupa, le y tantôt rendu par un g et tantôt supprimé.

Nisos, changé en oiseau de proie qui chasse sur la mer, nous ramène aussi au doublet gréco-latino-sémitique que nous avons découvert plus haut, grâce à noire Ile sarde des Eperviers, i|ni csl aussi Vile des Nises, car nisos n'est que l'épervier des Sémites, vto,oç=UpaÇ = accipi7er=yj, nés ou rï*.

Karia, dit Pausanias, csl l'acropole de la ville, tt|v ixpéTîoÀiv èç 7|uSç sti xaXouuivTiv Kaptav : c'est la vieille ville, la ville par excellence, la « ville » néXiç tout court comme à Athènes, iv -rr, vùv 'AxpoitôXei, tôt: ok ovou.aCou.evip Q6XeiB. Or la traduction exacte de ville, rcôXiç, serait en hébreu nnp, que le texte hébraïque actuel vocalise Kiria, mais dont l'ancienne vocalisation était sûrement Karia : l'arabe dit Karia et, dans les Septante et la Vulgate, on trouve Kapîa, Caria, comme transcriptions de certains noms propres où le texte hébraïque dit aujourd'hui Kiria; c'est ainsi que Kiriat-Iarim et Kiriat-Sepher sont rendus en Karia-s-Sophar, Kapiaw&œap, et Kariat-Iarim, KapiaGiapeîp, par les Septante et les lexicographes. [Le p initial est rendu par un x. Les Grecs aux temps historiques n'avaient pas gardé celte1 lettre p. que les Latins conservaient entre le p et le r et qui est devenue notre <\. La transcription du p en x est la règle : ©Tp donne Kâor,;. SjOD"Tp Kaouv/,A, -|pp Kâpxap, nmp KapOà, et nttnrrmp Kapy^owv, Carthago, la )ï//r-.Yc</re.|

Dès l'abord, voilà trois doublets significatifs. Mais L'onomastique mégarienne semble en contenir beaucoup d'antres. La légende de Mégare connaît deux frères jumeaux, qu'elle nomme Léarchos et Mélikertès, Aéap^oç, MeXwépv/iç. Le premier de ces noms esl grec : il signifie Chef <lu Peuple. Roi de la Ville. Le second a toujours été rapproché d'une épithète de l'Héraklès tyrien, mpio, Melkart, le

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