‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 89 sur 277 · Cm.. XXVI, 19 cl suiv · texte numérisé non relu

Cm.. XXVI, 19 cl suiv

:>. Paiis., I. 40, I.

i. Paus., 1. 58, 9.

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dans les alluvions marécageuses au pied il"'-- monts eôtiers, sonl des ueujc ronds, |u ■niitniU. des i/ih i noirs ou bleus (le môme mol sémitique in ou oin désigne tout i la loi- \ n-il el la KOiiree), telle la Source Noire de l'Ile de Pharos, donl Ménclas parle a Téléina<|iie.

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ou telle encore la Source Bleue, Kuâviî, qui s'épanche dans le fond marécageux du golfe de Svracuse*. \ Mégare, la mère des deux jumeaux Léarchos el Mélikerlès esl une fille il»' Kadmos, Ino. Elle descend de Béotie en Mégaride pour se jeter a la mer. Elle \ devienl Leucothée, \cuxo6ea, la Déesse Blanche. Les Mcgni iens uvaienl celte légende en commun avec les Béotiens el les Corinthiens. De tanne heure, elle étail entrée dans la mythologie générale des Hellènes, ronnail déjà •■ la fille de Kadmos, Ino la déesse blanche, <|iii j;»dis étail uni- mortelle el qui maintenanl dans la merjouil tics honneurs divins »'. (•h retrouve cette lille do Kadmos sur les côtes a pourpre de la Laconie. Elle y apparaît a presque toutes les aiguades. <>n I adore près des sources, a Épidaure Limera, à Brasiai, h Leuktra, à Thalamai. Il faul noter qu'elle ne quitte jamais les aiguades entières el qu'elle s'> trouve voisine «le noms de lieux earactérisliqucs : • Non loin d'Epidaure Limera, esl I eau que l'on appelle d'Ino, 'Ivouç xaXoûuevov ûous, nappe peu étendue, mais très profonde, dans laquelle, au jour de la fête d'Ino, <>n jette des mazes » el ceci, nous l'avons \u ;i propos de Phigalie, esl peut-être un mol sémitique emprunté par les Grecs : '"iï'z, musa. dans l'Écriture, désigne le pain sans levain, comme !»• maze des Grecs). « Non loin de lit. esl le promontoire Minoa, abritant un golfe semblable à toutes les aufractuosités laconienues; mais ici la plage esl couverte de coquilles hvs belles el 1res variées de couleurs. • Nous reviendrons a ces côtes laconiennes. .Nous en étudierons les mouillages, les aiguades cl l'onomastique, à l'occasion des pêcheries de pourpre. Nous verrons alors que cette nymphe Ino, cette fille de Kadmos adorée près des sources, esl bien une descendante des Phéniciens : elle rfesl que la Source phénicienne, yv. In. donl le nom sémitique fui orné par les Hellènes, comme ils fonl toujours en pareil cas, d'une terminaison indiquant le sexe de ce personnage divin, ïn-o, "Iv-u (cf. 1rs noms des Néréides, Speio, lh>i<>, Prolo, Kyino, Emîu, Âû?u, flpûru, Kûu.u, etc.] <|ni est ;iussi la Blanche Déesse. Ino esl la mère du double dieu Mélikertès-Palémon. C'esl encore el toujours l,i même parenté dm filiation anthropomorphique établie par 1rs Hellènes entre noms ou phénomènes voisins. Mégare el la Béotie avaient au temps de l'occupation phénicienne quelques Sources de Melkart, In-Melkart, semblables ;> la source du temple de Gadès : • dans l'enceinte d Héraklès à Gadira, il \ a une source d eau douce », dit Strabon; du MrlLnl tvrien, 1rs Hellènes avaient fail a

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ou rencontrerait les efl'ols. Mais mi pcul dire qui1 ce lui le procédé kivi r"

excellence, parer ijiiil elail II) |)|||S COIlIbl nie ;i l.i lenil.iiire MMU'ICI'C de i ■ • |ieiinle. lonl ramener a l.i condition humaine : l.nie île I lininnie le rentre il le juge de lonl : imposer llll ninnile des ehes e| des elinses l.i règle rationnelle de

uns connaissances ei In mesure île nus syllogismes : le Grec m .i jamais pu l*oii revoir une l'univers ne lïil pas un domaine, un jardin d'humanité, iloiil llininiiie esi la |dns lielle plante, sans doute, nniis donl toutes les autres plantes ressemblent à riiomme par leur nature intime. Pour les Grées, toul \il il lu moue humaine el toul peul se diVrirc el se ligurcr à la mode Itumaiuc, sous des traits el des noms humains. Les mythologues allemands, disciples de Max Midler.

sonl allés chercher dans le soleil cl dans l.i lime l'explication des msllies

grecs : leurs exercices philologiques passent aujourd'hui de mode. Mais voici

venir une autre bande d'augures Ce u'esl pins le mythe solaire, c'csl le

totem qui va nous expliquer, en un lourde main, toutes les mythologics el toutes les religions passées, présentes el futures. Or, voyez la logique de celle hypothèse nouvelle.

On constate qu'il y a des variations de peaux entre les diverses humanités el l'on ne veul |>as constater des variétés de cerveaux. On constate que les Grecs oui de lonl temps possédé nue certaine forme ne raisonnement, le syllogisme; que les plus vieux Hellènes en avaienl déjà l'instincl el l'usage, sinon la théorie; que les Grecs les plus dégénérés el les plus .« turcisés » le possèdenl encore; qu'un Grec esl incapable de penser une minute sans syllogisme; que les autres humanités n'onl eu celle forme logique que du jour où elles ont accepté les leçons de « l'humanisme » grec; que certains cerveaux humains semblenl rester toujours rebelles à celle forme; que les Arabes d'aujourd'hui, comme les Hébreux d'autrefois, juxtaposent leurs sensations ou leurs idées, mais ne les coordonnent pas: que les langues sémitiques n'ont pas même le matériel ^^'

conjonctions ou d'adverbes indispensables à celle opération Bref, on constate

(pie la cervelle grecque est toute particulière : elle produit des raisonnements dont la règle esl de tout rapporter à la mesure humaine el d'affirmer que, toujours el partout, une règle posée par l'homme est applicable et souveraine. Kl Ton veul que celte cervelle grecque produise des mythes entièrement semblables aux mythes sortis de la cervelle d'un Peau-Rouge ou d'un Négrito. » Le pommier, disait le sage Renan, produit des pommes, el le poirier des poires. » Si d'autres peuples, si beaucoup d'autres peuples, si tous les autres peuples n'ont produit que des mythes totémiques et n'ont été, dans leur religion comme dans leur sculpture, que des animaliers, il ne s'ensuit nullement que les Cirées n'aienl pas eu une mythologie anthropomorphique connue leur sculpture et

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■ "ii une tous Inn - OUVI*ageS. VoVCl nnunieiil ils animent lui il CC (|iii les entoure,

rommenl ils personnitieul les uhivivs mêmes île leurs tnaius dI comment, dans li longue île leurs architectes ou de leurs maçons, tel anthropomorphisme crée d< jolies tournures. La colonne, pour eux, u'esl pas un pieu sans vie, ni même un membre inanimé, • un pied », comme nous disons. C'esl une personne : •• I. espril •: i <•«■ . avec son liabitude de toul animer el de toul personnifier • I ; 1 1 1 ~- la nature el dans l'art, s'esl complu à comparer la colonne au corps humain. Il n même été jusqu'à lui prêter tel ou tel sexe, suivant qu'elle appartenait ii tel ou ici ordre. Pour lui. le chapiteau étail lu tête de lu colonne, comme l'indique le nom. "n avail assimilé au cou de l'homme l'espace que

scrivaieul l'annelel supérieur cl l'annelel inférieur'. * La suite de noire

étude va nous conduire devanl nue colonne que, des les temps homériques, les Hellènes avaienl déjà personnifiée : Kalypso, la Cachette, esl fille d'Atlas, le Pilier du Ciel....

La légende mégarienue nous offre une autre liliation de môme sorte dans la famille de Sinon, pèiv de Hkulla. Nous savons commenl Nisos esl le ni* sémitique, l'épervier ou l'aigle marin. Skvlla, maudite par son père, avail été jetée .1 la mer par Minus, son perfide amant. Sou corps avail été poussé par les flots jusqu'au lointain promontoire Skvllécu, SxuXXoîov, qui marque au Nord d'Ilydra l'entrée du golfe Saronique. Mais là, on ne montrai I pas son tombeau : les oiseaux de la mer avaient déchiré son cadavre*. Dans huile la Méditerranée antique, un grand nombre de promontoires portent les noms de Skulle, ExûXXa, SxjÀXaîov, i/.j/./.y./.'.o/ mi I/j/./.^t'.ov. Sous ces formes peu différentes, le nom présentai! un sens aux marins grecs : c'était la Pointe du Chien, oxûXiov, z/.j/j'z. Le monstre du détroit de Sicile, Skvlla, avail nue ceinture de chiens marins el abovail comme un jeune chien :

... S9b)V7 llèv 0371 TX'jAOCXOC .

Pour certains caps, relie explication esl peut-être la bonne. Toutes les marines oui leurs Caps du Chien, du Lion, du Taureau, etc. Mais il est possible que cette explication ne convienne pas ,:i tous nus caps: peut-être faudrait-il quelquefois examiner de près celle étymologic populaire. L'Odyssée dil que

>k\ Ma es| une Pierre,

c'esl une pierre chauve qui semble rabotée el polie. L'épithètc, que le poêle donne à Skvlla el qu'il lui réserve, esl netpair,, la pierreuse1. Skvlla esl la Pierreuse comme Pylos esl la Sablonneuse. Cette épithète ne se rencontre nulle pari ailleurs dans les poèmes homériques, lit il semble que Skvlla suit cw réalité

I l'i i roi . i i ln|>n /. \ Il p •"•"•

: Pau il "■', 7.

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|(î Hocher, lu Pierre. I . 1 1 ' 1 1 1 m 1 1 1 .i 1 1 1 ' i l'in.n iju.nl nvei jii h1 i' que toute le Skyllll, Skylloi, Skvlllliotl, etc., nul de localité ll'llllt* iininr h. il | il mi

e,il,n|ere ll'ès déterminé, des poulies de métier (long!1 ■ 1)01] | l,i n.i \ i, .i I khi

cl garni os do brisants. Dons le détroit do Sicile, Skylln <• i eu < - 1 1 < - i une roche

coupée par la inoi\ un proi loin! péninsulaire aux il. mis abrupt! ilo toute

paris, tô SxuXXaîov .-. v / y ppovrjal ,\iji/. De mémo, m la cote du llrul

linin. le eau nue Strabon appelle -■/.■//././,-: ov, ExûâXouov ou SxuAixiov, c i une pointe aigue* ol escarpée, disoul les Instructions nautique* , émergeant il une (•nie liasse el sablonneuse ». Los marins actuels l'appellent Poinlc de Staletti mir// riii/n m Scyllaceum, ilil Virgile4, De môme, encore, le ExûAAaiov il Vrgolide, le cap Skyli actuel, est I o extrémité do la haute chaîne do montagnes qui Forme l;i pointe Sud-Est du golfe d'Athènes" » : c'est un promontoire abrupt, un haut perchoir pour les oiseaux de mer qui dévorèrent Skylla.

Pline cite deux autres Skulles, ExuAAÎa ou SxuAAa, qui, toutes deux, d'après lui, étaient des Iles désertes de l'Archipel Nord, l'une près de la Chersonnèsc de Thrace, l'autre cuire celle Chersonnèsc el Samothrace9. Dans l'Archipel Nord, les Instructions nautiques signalent sur la côte Ouest de Lcmnos deux rochers déserts qu'elles appellent Skylax. Il est possible que nous ayons ici la seconde des iles de Pline. Mais, pour la première, il semble que notre auteur se -"il trompé : au lieu d'une île près de la Chersonnèse, l'autre Skylla est un promontoire <le la Chersonnèse. Du moins, vers le milieu des Dardanelles, sur la presqu'île de Gallipoli, les Grecs connaissaient un tertre, un amer naturel (comme disent les marins pour désigner un point de mire), qu'ils appelaient le

Tombeau dit Chien, Kuvoç ïr.ua, ou le Tombeau d'Héetibe, 'KzàoV,; Srjtxa. C'était, sur un promontoire, une butte qui semblait faite <le main d'homme. Une légende expliquait ainsi le double nom : « Les Grecs vainqueurs emmenaient llécube qui les injuriait. Ils la débarquèrent à cet endroit, la lapidèrent et lireiil sur elle un tertre, xoAtovov. Puis, avant écarté les pierres, ils ne trouvèrent plus à sa place qu'une chienne, o-xûXXav, aux yeux de feu7. » Cet usage de la lapidation, si fréquent riiez les Sémites, étonne toujours un peu chez les Grecs, qui ne semblent l'avoir adopté que pour certains crimes religieux. En hébreu8, c'est le verbe Vpc. sakal, qui signifie lapidée el le substantif, formé suivant la règle générale qui de pakad donne pkouda, de basar, bsoura, de gabar, gboura, etc., nous donnerait nVipo, skoula, B-xûXa, qui signifierait la pierre ou le le tas de pierres. Prenons, en effet, pour point de comparaison un synonyme de sakal, le verbe Ml, ragam, qui, dans toutes les langues sémitiques, veut dire

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