‹ Les Phéniciens et lOdysséeChapitre 91 sur 277 · IX · texte numérisé non relu

IX

I I S Mil NICÏKNS I I I 'ODYSSI I

Vgrigente esl poui les Hellènes IWhelle de notre grande rouie sicilienne, I emhai . . i < li • r i- iln soufre, du v i 1 1 , des Fruits, des céréales cl autres produits indigènes, el le débarcadère îles manufactures, tissus el autres produits étranla lopologie nous fail prévoir que Minoa tiendra ce rôle au temps îles marines sémitiques. Kl la loponvmie vérifie cette prévision.

Les monnaies à légende sémitique nous apprennent que le Cap Blanc porta la ville de mp7Q~*n, Rot Melkart, du Cap de Melkart. La Minoa sicilienne connut, comme la Minoa mégarienne, le culte «lu dieu Mclkart-Mélikerlès. C'esl ce hom de Melkarl que les Hellènes transcrivirent en Makara el qu'ils traduisirent en //. in/. h/ii. La traduction \;i de soi : les Hellènes retrouvaient leur Héraklès dans le Melkarl de l\i. dans • l'Héraklès tvrien ». comme ils disent; la Ville de Melkarl devienl donc pour eux une Héraklée. La transcription Makara, Maxâpa, esl moins exacte : il esl probable qu'elle sort d'un calembour populaire. Melkart ne ili->;iii rien a l'oreille «lu matelot grec; Makara était la ville heureuse, ixâxap, uLÔxavpa1. Ce Melkarl de Sicile ;i\;iil son épithète déterminative comme le Melkarl de Malte ou le Mélikertès de Mégare. C'était le même Melkart, le môme Roi <!<• la Ville, que le Sémite adorait partout, comme nos marins invoquent partout la môme Notre-Dame, la même Reine des Amies. Pourtant nos marins ont ici Notre-Dame de la Garde, là Notre-Dame de Bon-Secours ou de Bon-Repos, ailleurs Notre-Dame du Salut ou Notre-Dame des Grâces. Melkarl étail à Malte le Seigneur de Tyr, Bal-Sour; à Mégare, Mélikertès étail le Seigneur du Peuple, Bal-Emon; sur la côte sicilienne, il était, je crois, le Seigneur du Repos, Bal-Minoa. Voici du moins quelques autres noms de lieu qui me paraissent légitimer cette interprétation de la Formule complète « Hérakleia Minoa ».

In autre porl d'Héraklès, dans la mer Occidentale, .1 conservé jusqu'à nos jours le nom de Monaco. Il suflil de prononcer le nom pour évoquer le site. Au flanc des côtes ligures, au voisinage d'une route terrestre qui pénètre dans les montagnes el conduit par la trouée «In Var jusqu'à une porte des monts — notre col de rende, el jusqu'à la vallée supérieure «lu Pô, Monaco est un rocher presque insulaire, un » promontoire sur la mut » mal rattaché au continent el qui enserre une petite rade close. C'est le tvpe môme des vieux établissements maritimes au flanc d'une côte étrangère : le possesseur de Monaco est, aujourd hui encore, indépendant du souverain côtier. La rade toute petite esl pour nos marins sans importance :

Ouvert h l'Est, entre la côte de Monte-Carlo el le rocher de Monaco, ce porl offre à des navires de tout tonnage un bon abri contre les vents <lu Sud au Nord, ''ii passant par l'Ouest; mais il o'a que trois encablures de longueur el n'esl fréquenté que parles raboteurs. Le vent de Y-o. \ souille par rafales très violentes el oblige à doubler les tiniai r< M h- |i> vent d'Est, qui soulève une grosse houle, esl seul ù craindre. \u pied du rocher de Monaco, In côte peut être rangée à la distance de 50 mètres. La profon-

I i ' Il I ■ ■ Dit Srmil li i tmlii p 217.

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Hocher insulaire un presque insulaire « que courouuciil encore lu ville, le |>uluis h tours crénelées el les fortifications1»; rade ouverte aux seuls veu4 de l'Est (iui ne sonl pas fréquents en ces parages; plage longue el bu *e, favorable au halnge des einhareatîous; doulde ou triple niguade : voila nu mouillage de toute sécurité el de tout repos, où l'on n u rien a redouter du la mer ni des indigènes. C'est chose précieuse sur eette eéte barbare où les montagnards, pâtres, chasseurs, brigands, oui toujours eu triste renommée, el où la mer, soulevée par les grandes boules du Sud, l>al les roches el sème l<' bord de pierres el d'écueils :

Depuis Monaco jusqu'il l'Ètrurie, il n'\ a pas de ports, ilil Strabon : le rivage abrupl

n'offre que «1rs [liages sans étendue cl quelques mouillages en pleii au. Les falaises

de roches surplombent la côte el ne laissent qu'un étroit passage à la route qui longe la mer. Les Ligures vivent d'élevage; le lail el la bière d'orge sonl leurs seules boissons; ils occupent le rivage el les monts; tout le pays csi couverl de forêts. Le porl de Monaco n'est un mouillage que pour les petits bateaux H en petit nombre. <*n \ voit le temple d'Héraklès Monoikos. Les Ligures du voisinage ont été célèbres par leur brigandage sui terre el leurs pirateries3.

D'où venail «i*l lléraklès Monoikos el < § 1 1 * * pouvait signifier son nom? La fantaisie des Grecs ne fui pas en peine pour lui trouver plusieurs sens, lléraklès, disaient les uns. (Mail ainsi nommé parer que, dans.ee temple, il n'avait soufferl aucun parèdre, aucun commensal; il voulait habiter seul. p.ôvo; outsu. Mais non. disaient les autres : la raison est qu'en cel endroit lléraklès le voyageur vint coucher une nuit: il (Mail las: il voulut dormir tranquille; il s'abstint des prouesses nocturnes dont il axait l'habitude avec les tilles de ses hôtes: il coucha

seul: il til lit ou chambre à part, uiôvos owcsw Voilà encore un joli calembour.

La vraie raison est que les Phéniciens avaient en cet endroit leur port àeMelkart du Repos ou de la Halle. nmzrrhv^ mp^G, Melkari Bal Menokha. C'était un dieu du Repos, sur ces mers agitées, un dieu de la Paix, parmi ces tribus hostiles : l'Ecriture donne à Salomon le Pacifique le titre de nmsD %±"x. is menokha, homme de repos. Ce port était un lieu de repos, le Port du Repos, dont Melkari était le Seigneur : « Voici l'Endroit (\u Repos, dil l'Écriture, nniJE-Dipb, Makom- Menokha, la Maison du Repos, nrriDETPa, Beth-Menokha », to-oç ty,; -/.y-y-yj^zo);. owco? y.'sy.-y.j~î<.)z. traduisent les Septante. C'est bien ici qu'Héraklès se reposa

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