I. Strab., XIV. 654; Diod.. V
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s «, iir . . cl i|iii s'explique sans peine par des étymologics sémi-
tiques. C'esl ee courant phénicien qui, dans noire Salaininc, après avoir créé l.i vieille ville, apporta les noms * I » * Salamis, liokaros, ete. C'esl ee eouranl qui, plus au Suil déjà, vers l'entrée du golfe Saroniquo, avail laissé la Pierre Oiseaux, Skoula Muni, que les Grecs uoininenl Skullaion. Ce eouranl pliéuicîeii dépassant Sulamine-lle de lu Paix el continuait! sa poussée vers le Nord, Fail de Minon I Ile de la Halte. Là s'arrêteni les vaisseaux. Mais les marchandises el les lioinmes débarqués poursuivent leur route par voie de terre. Il» longent la plage de Kerkyon el la Souree de l'Amitié. Puis ils traverscnl le massif montagneux qui sépare il*' la mer la cuvette béotienne. Ils montent en liéotic vers la ville de Kadmos.
La légende nous affirme que Kadmos, lils d'Agénor ou de Pboinix, csl venu de Sidon fonder la Thèbcs béotienne. Les philologues peuvent nier cette tradition, qui gène quelque peu leur système de mythologie indo-européenne1. Mais l.i tradition porte en cllc-inôme les marques île son authenticité, marques toponvmiques el marques topologiques.
Je n'insisterai pas sur la toponymie. Il \ ;i longtemps que l'on a découvert des élvmologics sémitiques pour 1rs grands noms de la légende thébaine, Kadmos, Europe*, etc. M;i i^ on n .1 pas suffisamment dit que ces noms forment L> n Ire eus un système complet el que l < m 1 1 ce système se peut expliquer par une hypothèse unique. Kadmos el sa sœur Europe sont nés de Phoinix ou d'Agénor el de Téléphassa. Le nom de Phoinix parle de lui-môme. Quant à Téléphassa, Delephat, AiÀeca?, dil Hésychius, est, chez les Chaldécns, le nom de l'astre d'Aphrodite, de l'étoile Vénus. Cette étoile csl double. Elle parait le matin cl le soir, avant l'aurore et avant le crépuscule. Elle s'appelle l'Etoile de l'Aurore ou de la Lumière, Ecoacsôpoc, 4>u)?oôpoc, el l'Étoile iln Soir, Eoirepoc. L'astrologie orientale enseignait que. mâle le matin, cet astre était femelle le soir"', ou, |»lu> exactement, mâle «lu lever au coucher «tu soleil cl femelle du coucher au lever*. Pour les Sémites, la traduction exacte de Ewo'oépo;, l'Astre du Vlatin, serait empruntée à la racine DTp, kadatn : DTp, Kedein, signifie l'Orient. De môme ■ est la racine i"". <ir<il>, cl la forme participiale ou substantive nany, 'eroba, qui désignerait le couchant. Erobe nous conduit à Europe, Euoûtt/;, par un calembour populaire qui, poui la compréhension de ce mol étranger change : en ~ : Eypiûirr,, ilil Hésychius, jxoTetvf,, yûpa -r,; oj^ko;, Europe est l'occidentale, la sombre. L'Etoile de Vénus, Uelephat-Telephassa, csl bien la
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mère du héros KodniQë et do I I * • - ic Europe * < * ■ • i nie. Kuroix'1 devient la
femme du lt«»i de I \-.ln\ [a ter ion), ol nous avons ici une légende ri Ironomiquc
toute pareille h celle que nous découvrirons par lo uito i lo I a Venu 'lu
Malin oU «In Levant, Delephat-Kadetn, est mâle le Hellènes ilismi que \< ■!•• phassa obI mère de Kadmos. La Vénus du Soir un du Couchant. Delephnt-Erobp,
est femelle : les Hellènes disent que Téléphassa esl mère aussi «II. pe, i e i
toujours le môme anthropomorphisme familier au cerveau grec. ,
Pour le nom de Thèbes, la suite de nos études nous fora découvrir un double! égypto-phénicien, qui nous donnera la véritable étymologie de ce mol sémitique. Mais la seule topologie nous fournirai! une preuve d'origine pour cette fondation phénicienne. L'étranger Kadmos, venu «le l'Orient, fonde Thèbes, el le ^i t < • de Thèbes prouverait à lui seul que ce bazar el celle capitale de la Béotie supposent en effet un commerce étranger venu «les mers orientales. Thèbes n'est pas au milieu de la cuvette béotienne, mais .'i l'une de ses extrémités. La capitale indigène et le marché agricole «le la Béotie devraient «'ire an milieu «les champs el des recolles, dans le centre «le la cuvette, en quelque sile comparable à l'Orchomène «les Minyens. C'est à Orchomène, comme le veut la légende, que «lui fleurir la première puissance indigène. Orchomène est presque au milieu de la cuvette et les travaux de dessèchement, exécutés par ses antiques possesseurs, lui avaient donné toute nue plaine fertile qu'inondent aujourd'hui les boues ou les marais «In Copaïs, mais «|iie les ingénieurs modernes auront fini «le recouvrer demain. Éloignée «In centre, Thèbes a d'autres avantages : elle est au croisement «les roules terrestres «|ni coupent la Béotie et «|ni. pour «les marins orientaux surtout, serviraient à relier les mers du Sud et la mer du Nord. Une thalassocratie phénicienne implique un comptoir et nue forteresse en cet endroit.
Il faut rectifier un peu certaines idées «|iie nous pouvons avoir sur la Béotie el sur son rôle commercial. La Béotie pour nous «>sl une plaine continentale, sans grandes relations avec la mer. une terri' «h1 paysans et de bouviers', sans grande influence sur les courants et les roules «lu commerce maritime. Mais il ne faut pas oublier les habitudes «les vieilles marines et notre « loi des isthmes ». Pour les peuples «le la mer. la Béotie n'est pas seulement la riche et grasse plaine que nous vantent les géographes et les poètes anciens1, la contrée agricole d'où les navigateurs tirent leurs approvisionnements, leurs chargements de blés, de fruits, de légumes, de laines et d'animaux, par l'intermédiaire des caravanes indigènes. Il esl d'autres raisons qui forcent les navigateurs à monter eux-mêmes, à pénétrer et à séjourner dans l'intérieur «lu pays, à y posséder quelques points de défense et d'entrepôt : la Kéotie est un carrefour de routes isthmiques. « La Béotie, dit Éphore, a une grande supériorité sur tous ses voisins: elle touche à trois mers et le grand nombre de ses excellents ports fait
I. Cf. Aristoph., Paix, \. 1003 el suiv. ; cf. Dicaearque, Geog. Grsec. Min., p, ï&l el 9uiv,
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• 1 1 1 «-II»* »'•>! .m luiiiliii'iii des routes tini vienneul des mers d'Italie, de Sicile el il \iin|iir. d'une part, de Maeédoiue, de l'Hellespont, de Chypre el d'Egypte, d'autre part*. • Cette tieureuse situation tic la Béotie entre les trois mers étail proverbiale parmi les anciens. Les manuels de géographie la décrivaient à qui mieux mieux el le prétendu Seymnus de Chios la célèbre dans ses vers «le mirliton : Voici la Béotie, grand pays, position favorable; seule, dit-on, elle jouit de 1 1 * » i -> mers el possède des ports vers tous les horizons ». Ceci nous ramène a notre loi des isthmes el à la traversée des continents par les caravanes des lhalassocrates. L'histoire de la Béotie moderne nous peul rendre son histoire primitive. La Béotie fui toujours sillonnée de caravanes étrangères. La Grèce continentale, au pouvoir des Occidentaux, lianes. Catalans ou Vénitiens, eul ■-«'ii grand bazar, *-« mi centre des routes commerciales el militaires en Béotie, dans la ville «le livadi que les Turcs conservèrent ensuite pour capitale. Le
■ oinmerc :cidental avail créé cel entrepôt, parce que Livadi était à l'extrémité
sud-occidentale de la cuvette béotienne, an poinl où débouchent, sur la plaine intérieure, les deux roules venues de la mer de l'Occident, je veux dire du golfe,
de Coi iullie.
i es deux rouies partent des deux mouillages les plus sûrs el les (dus fréquentés du golfe sur s;i côte Nord-Ouesl : l'une vienl de la baie de Salone ou de Ki is.i. ci l'autre vienl de la baie d'Aspra Spitia ou d'Anticyre. Le premier de ces mouillages, durant l'antiquité, étail le |dus important. La grand'route antique, la Xeoxrpépo? de Pausanias', partait de Krisa. Passantau pied du grand sanctuaire de Delphes, |>uis longeant les escarpements du Parnasse, elle empruntait la vallée du Plistos avec le célèbre carrefour des Trois Chemins où Œdipe tua son père tains. Partie de la haie d'Aspra Spitia, l'autre roule, ardue el montagneuse, ./ T-.-/y il-/ t: v>o,- /.y. opeivr,, étail la moins fréquentée jadis. Mais, plus courte, elle esi devenue l;i grande voie commerciale des modernes, et, remplaçant pour les chrétiens l'oracle el le temple delphiques, le sanctuaire fameux de Saint-Luc en marque, depuis mille ans. l'une dos étapes : « Le porl d'Aspra Spitia, disent le- Instructions nautiques, est l'échelle de la ville de Livadia el fail un commerce considérable ». Ces deux routes de la mer confluent au bord de la cuvette béotienne. Sur les dernières collines qui dominent la plaine, auprès de sources abondantes el toujours claires, Livadi s'est installée: de Livadi, divergent au .Nord, au Nord-Est el à l'Est, les roules qui, rayonnant à travers la Béotie, s'en vont a l'autre boul de la cuvette franchir les montagnes ou le- colline- côtières pour redescendre aux échelles de la mer <l Eubée, Aulis, \iiiliidoii. Vtalante, Thronion ou Lamia.
Mais -i Livadi esl le bazar des Occidentaux, c'est Thèbes, qui, pour une marine orientale, tiendra ce rôle. \ l'extrémité orientale de la cuvette béotienne, Thèbes oi 1 1 1 1 •• - l.t position exactement svmétrique à celle de Livadi, el une position lout
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l,i i > l . 1 1 1 1 < - vuisîuo. I m' source < < >i i li ' .m pied, i|ih' l.i l • • ■ • - 1 1 < I • ■ de KuiImki ,i rend ne
i virliiv. ci'llc - ri' IHrkÎJ OÙ I'' lui" I'Ihiih n'ii (llll lulle île li' ii|i<iil.
lil-. de l.i terre, el contre les géants aillocIlloUC Le le 'I'' Ifl uni Ol'll'll
liile aboutissent ici : iIhi. divergent a travers la plaine, vei le échelle dispersées aux quatre coins de l'horizon, les routes d Kgoslhèiu ,Kreu i , ïhi I" cl Hulis sur le irolfe de Coriiillie, d'Aiilhédou, uilis, Délion el Oroim m le détroit il l.nliee, d'Eleusis el Mégare sur le golfe Saronique riièhes, dfl un géographe ancien, n'a pas de rivale comme ville d'été. L abondance de se eaux fraîches, la verdure * le ses jardins, la douceur il»' ses brises, le bas prix de ses légumes, de ses fruits el de toutes les subsistances en foui un séjour délicieux1. »... La légende ;i donc raison de placer ici une Livadi orientale, un marché el un reposoir phéniciens.
Cette légende de Kadmos fail débarquer s<m héros au porl de Delphes : par les Trois Carrefours el la roule qui mène à Livadi, Kadmos viendrait, ii travers la plaine, jusqu'à Thèbcs. Il esl possible que la seule renommée de I oracle de Delphes ail fail imaginer cel itinéraire. Il es! |iossilile aussi que le golfe de Delphes ail eu quelque station du commerce oriental -, les légendes el les vieilles traditions delphiques gardent le souvenir des marines Cretoises qui seraient venues débarquer là. L'étude de la Télémakheia nous a fail retrouver la route maritime que suivaient les Phéniciens, de Crète vers Pylos et vers l'Elide divine.
Contournant le Péloponnèse par l'Ouest, cette roule prolongée | vail mener
ensuite les galères phéniciennes au golfe de Corinthe et à l'échelle de Kris;i: nous l'étudierons plus lard. Mais le commerce oriental avait une voie bien plus courte pour atteindre le bazar de la Béotie. Cette voie partait du golfe Saronique, de nos mouillages mégariens.
Deux roules monteni vers Thèbes du fond du golfe Saronique. Foules deux parlent de Mégare et de Minoa. Mais l'une franchit par le col d'Eleuthères la liante montagne du Kithéron : elle traverse, elle aussi, une terre sacrée, un grand sanctuaire hellénique, Eleusis. L'autre route contourne la montagne el traverse les champs de Platées. Ces deux roules n'ont pas une égale importance. La seconde n'est qu'un sentier. Mais, sur lune et sur l'autre, il est facile de retrouver quelques traces du vieux commerce préhellénique. Sur la grand'route, le Kithéron nous a conservé, je crois, un souvenir indiscutable. Voici deux textes du moins qu'il sut'lil peut-être de rapprocher :
Pour commémorer la réconciliation de Zeus et d'Hèra, les Platéens célèbrent les Daidala, fête ainsi nommée à cause des xoana, qui s'appellent dédales, BatSaÀa. Les Daidala reviennent tous les sept ans. m'a dit un exégète du pays; à dire la vérité, ils reviennent plus souvent, sans que l'on puisse établir une moyenne lixe. ('.es premiers Daidala, ou petits Daidala, sent particuliers aux Platéens.... Mais ils ont en outre les grands Daidala