I. Uiad., II. 508; Paus., I
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helléniques. les philologues, commentateurs el géographes cherchent vainement cette Nisa homérique dans In cuvette béotienne. Leur Béotic n'a |»;i^ de Nisa, ;, ■ \ - . .<:--)•. ty.c Boiurctaç. IU ne peuvent songer à la
\i-.i locgaricunc, parce que, de leur temps, toul lien commercial est rompu entre Thcbes el Vlégare : Thèbes trafique avec Chalkis el le Pirée. Les commentateurs eroienl 8 une Faute. IU corrigenl donc le texte homérique el les uns lisenl hoa, Iv6vts Ça8fr,v, d'autres Kreusa, Kpeûuàv te Çaôirjv, d'autres encore Phare», 'i' ■:/.-. Quelques-uns, enfin, découvrenl dans l'Hélikon un
bourg de Vw*fl\ qui semble inventé pour les besoins de la cause: Strabon cl les seholiastes, qui le copient, ^<nii les seuls ;i nous en parler; Hésychius inventa niir autre Nysa béotienne près d'Erythrées, dit-il. La Béotie n'a jamais eu d'Ervthrécs; mais sur la côte d'Eubée une Nysa csl voisine d'Erétrie*. .Nous voyons clairement l'erreur ou l'invention d'Hésychius. L'erreur ou l'invention de Strabon esl moins facile ii prouver. Mais Nisa, dans Homère, est divine, '->{).i,. el celte épithète de divine, X'/Oir,. semble réservée par le poète aux îles ou villes rôtières : Killa de Troade, Pharai de Messénic, Krisa de Phocide, Kythèra de Laconic . C'esl une particularité sur laquelle nous aurons à revenir. Je crois donc que VIliade parle bien de Nisa, l'échelle mégarienne : aux temps homériques, Nisa esl béotienne, comme Mégare el Aegosthènes redevinrent béotiennes aux temps hellénistiques. Nous voyons, en effet, par les inscriptions de ces villes à l'époque des successeurs d'Alexandre, que toutes deux appartiennent alors à la confédération des Béotiens et datent leurs décrets4 par les archontes fédéraux d'Onchcstos, c'esl la patrie du légendaire Mégareus. La prospérité il Uexandric cl l'exploitation par les Grecs du monde levantin rétablit alors une grande route de commerce entre le Levant égyptien ou syrien el Thèbes, qui esl le grand marché agricole de la Grèce centrale. Ce nouveau courant hellénistique reprend les voies el les étapes du vieux courant phénicien : au fond du golfe Saronique, Mégare redevient l'échelle béotienne, l'embarcadère îles villes continentales, le débarcadère des vaisseaux étrangers —
Mais bientôt le commerce hellénistique disparait. Ce n'esl plus vers la Grèce que voguenl les flottilles du Levant, mais vers l'Italie el vers Rome. Les marchés - perdent toute importance el les ports grecs sont délaissés. Mégare redevient ce qu'elle ;i\;iil été avant l'apparition des premiers navigateurs : dans la plaine desséchée, un pauvre bourg; auprès des plages marécageuses, des échelles inutiles, que peuplent seulement les troupes il oiseaux marins. Avant l'arrivée des Levantins de Tyr ou de Sidon, il en était ainsi. Cette côte était couverte d'oiseaux de mer, dont 1 • ■ toponymie garda toujours l<' souvenir. Les Eperviers occupaient Nisa. Les Mouettes campaient sur la butte voisine, la roche conique de
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I i. i, \ :: 2* 200-212 .li :JJ il Foueorl fi ' II., 1880, p. 83.
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l'oll'es risllnne ail été le perchoir, le rcndcz-VOUS des oiseaux marin . I .<• ilelfnil
de Minoa surtout, avec ses marécages cl ses eaux peu profondes on viennent frayer les bandes de poissons, pouvait nourrir les troupes d'épcrvici'9 et d'oiseaux de proie : l'autre dieu. il vers la baie intérieure d'Eleusis, le détroit de Psyttalie sur la façade Nord de Salamine, eut aussi la Roche de l'Épervière on les exégètes plus lard montrèrent le Tombeau de l'Epcrvière-Kirke *. Mais mie telle abondance d'oiseaux n'indique ni une côte très fréquentée ni une terre couverte de \illes. Les premiers navigateurs ne trouvèrent i<i que ces hôtes
ailes. La bulle de Nisa et l'île de Minoa ressemblaient à telle autre Ile, dont i -
parlent les anciens géographes : « l'Ile esl vide d'hommes, mais des quantités innombrables d'oiseaux y sont campées » \ et l'Odyssée elle-môme connaît I une de ces Iles dans le golfe Saronique : « Égisthe alors transporta l'aède dans une Ile déserte où il l'abandonna pour être la proie des oiseaux »,
oy. tôt: TOV U.SV KOlSàv y.-or/ le vytov ir/'JLY.v
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Avant l'arrivée des Phéniciens, la plaine était déserte : la topplogic nous montre que Mégare n'est pas une ville hellénique, indigène. Mais les Phéniciens s'établirent sur celle côte. Leur établissement dut cire important, continu et durable. La seule présence des doublets gréco-sémitiques, en si grand nombre et qui ont persisté si longuement, nous permet de conclure sûrement à l'existence d'une population mêlée, qui parlai! ou comprenait les deux langues.
I. 'histoire subséquente des marines méditerranéennes nous offre îles phénomènes tout pareils. Au cours des xvne et xyiii" siècles, l'Archipel turc, exploite par la lhalassocralie française, va reproduire, avec des différences presque négligeables, l'Archipel préhellénique, exploité par les thalassocraties levantines. Dans l'Archipel turc, le commerce franc a des Minoa cl dos Mégare, je veux dire des « reposoirs » (c'est le mot couranl alors) et des bazars. A Milo, à Nio, à Mycono, dans tous les reposoirs francs, le séjour des corsaires et la fréquentation des négociants occidentaux créent une population mêlée et un sabir gréco-italofrançais donl les restes subsistent encore3. Milo a gardé, depuis ces temps