CONSCIENCE ORGANIQUE ET VOLONTÉ
Mais le principe que je rappelais plus haut, et qui est capital, d'après lequel, dans l'état d'hypnose, au cours de la restauration de leur sensibilité, les sujets en vigilambulisme hystérique agissent volontairement sur les organes et les fonctions qui échappent à l'état normal à l'action et au contrôle de la volonté, donne ici la clef de cette soi-disant suggestion que personne n'explique et à laquelle on impute tout ce qu'on ne comprend pas. Il en ressort, en effet, que le sujet ayant conscience de ce qui, à l'état normal, est inconscient, et pouvant agir volontairement sur ce qui, à l'état normal, échappe à sa volonté, il ne fait qu'exécuter des actes qui normalement sont impossibles pour nous, mais qui pour lui sont aussi simples que de lever le bras quand on nous l'ordonne. Et cela parce qu'il se représente et l'organe sur lequel il doit agir et la chose qu'on lui commande. Je reviendrai d'ailleurs plus loin sur les conséquences, au point de vue de la suggestion, de ces faits, d'expérimentation des plus faciles, et qu'on s'étonne de voir critiquer sans les contrôler ni les reproduire, alors que j'en ai donné en détail la technique expérimentale et que les sujets sur lesquels on peut les observer se rencontrent à chaque pas. On n*a cependant pas le droit de critiquer et de méconnaître des faits d'expérience, tant qu'on ne les a pas reproduits soi-même.
56 LES t»HÉNOMÈNES D*AUTOSCOPlE
Ceci dit, passons aux faits. Je rappellerai d*abord ceux du D"^ Coniar, à qui revient T honneur d'avoir étudié les premiers avec le plus de précision et de détails.
I (D** Comar)*. — Au moîïi de mai iSgSj j'avais en traitement une jeune hystérique de i8 ans qui était >enue me trouver, présenl;ini une anes^thésie totale et dans un état complet de vigilauibuli^me. Ce fut une des premières malades que je traitai par la méthode de mon ami le D"^ Sollier. Je réveillai donc d'abord la sensibilité de ses membres, puis celle de ses viscères. Je fus un jour assez surpris dVn tendre ma malade pion - ^H* dans rhypnose, et à qui je faisais sentir son coeur, me dire textuellement ces mots que je notais au fur et à mesui-e qu'elle parlait : *« Comme c'est drôlement fait, on dirait quelque chose en caoutchouc^ ça s'élar- *rit, puis ça se niUonge, et il y a dedans des espèces de petites jK>ches qui s'ou>Tenl^ se referment et manœu- \ ix*nt connue des soupapes en laîs^^nt passer du liquide iKune pioche dans une autre, ta Elle |>arla ensuite des autres sensiUions qu'elle éprouvait : *^ Ça me bat dans la tète en même temps que dans la poitrine », et elle me montrait avec le doigt un point du crâne au milieu de la ligne médiane. « Ah ■ mais ça me gène beaucoup et les cheveux au milieu de la tête louchent mon cœur î Est-ce qu'il restera toujours là ? ** Elle accusa ensuite des sensations d'anp>ïssé, de mort imminente, me déptMgnit les symptOnui^? d^iuirine de poitrine, avec les sensiitions de lourxleur et dt crampe dans le bra