‹ Les phénomènes d'autoscopieChapitre 15 sur 38 · PREMIÈRES OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

PREMIÈRES OBSERVATIONS

gauche et elle eut tout à coup Timpression « que son cœur rentrait dans sa poitrine, et se logeait dans le côté, la tête en bas » et elle ajouta : « Mais je ne sais pas si c'est bien sa place. » Elle en sentit ensuite plus nettement les battements en disant : a II ne battait tout à l'heure qu'en bas, au niveau de la pointe et maintenant, il bat également en haut. » Elle fit quelques réflexions et accusa enfin une sensation de bien-être, pour se réveiller bientôt après. Je la questionnai alors sur ce qu'elle avait éprouvé. Elle me regarda surprise : « Mais rien, dit-elle, cependant je suis maintenant très bien, . beaucoup mieux que d'habitude, et il me semble que je vis, oui, il y a quelque chose de nouveau en moi. » Et ce fut tout.

« J'avais été,~£goute Comar, très étonné de ces faits mais je n'ai voulu jusqu'à ce jour y faire aucune allusion dans les observations que j'ai eu l'occasion de publier. Je pensais que je m'étais cette fois trouvé en présence d'une hystérique instruite (elle avait, 'en effet, fait des études assez sérieuses) et j'avais supposé que ce qu'elle m'avait dit dans l'hypnose n'était peut-être que le résultat de réminiscences. Elle avait appris autrefois la situation, la forme, les fonctiohs du cœur, et sa pen- ;|i

sée étant attirée dans le sommeil sur cet organe, ce :^!^

qu'elle avait appris autrefDis revenait à son esprit. Telle ^

fut l'interprétation que je donnai d'abord à ces faits ; une chose cependant m'avait surpris, c'est la sensation J|

éprouvée par elle au sommet du crâne en sentant son j|

cœur. /|

« J'attendis donc d'autres cas semblables. » "M

II (D"" Comar). — L'an dernier, continue Comar, '{^

et tout récemment encore, j'eus en traitement pen- .^

dant plusieurs mois deux autres malades en état com- ^

plet de vigilambulisme avec anesthésie totale périphérique viscérale et sensorielle, et j'assistai à des phénomènes analogues, mais beaucoup plus curieux encore... Une de mes malades n'ayant, celle-là, aucune instruction, simple fille de la campagne, avait été soignée autrefois pour une coxalgie ; elle me dit étant dans l'hypnose et sentant la jambe malade : « Mais je vois bien comment elle est mon articulation ; elle n'est pas malade : " on s'est trompé ; elle est simplement rouillée ; il y a du liquide dedans, mais il n'y en a pas assez pour la faire bien marcher ; et puis, il y a autour des cordes qui sont trop serrées (elle faisait ainsi allusion à ses muscles contractures ; peut-être voyait-elle aussi ses ligaments articulaires), je vais desserrer ces cordes et ensuite je pourrai marcher. »

« Elle avait donc vu nettement son articulation, et constatait elle-même qu'il n'y avait dedans aucune lésion ; en effet, une fois la sensibilité revenue, elle put marcher très bien, ce qu'elle n'avait pas fait depuis des années.

« La même malade me dit un autre jour en sentant son bas-ventre : « Comme c'est drôle ce que j'ai là au milieu, je ne savais pas que c'était fait ainsi. — Quoi donc? lui dis-je. — Mais j'ai là dans le bas-ventre une sorte de poire dont la pointe est en bas, et du haut de chaque côté partent des ficelles qui arrivent là (elle désigne la paroi abdominale) et tournent ; il y en a plusieurs enveloppées dans les replis d'un voile, et dans un des plis il y a comme une petite noisette, c'est curieux. »

Je ne pouvais cette fois invoquer, pour expliquer ces faits, la réminiscence de choses apprises autrefois, car il est peu probable qu'on eût appris à une fillette la configuration anatomique des organes génitaux ; il

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